Préhistoire de la France

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

La Préhistoire de la France est la période qui commence avec la première occupation humaine du territoire actuel de la France et qui s'achève avec la conquête romaine, lorsque le territoire entre dans le domaine de l'histoire écrite.

Tout le Paléolithique français est compris dans l'époque géologique du Pléistocène, caractérisée par de longs stades glaciaires avec régression marine, entrecoupés par des stades interglaciaires plus cléments. Les populations humaines sont alors constituées de groupes de chasseurs-cueilleurs nomades. Plusieurs espèces humaines se succèdent sur le territoire actuel de la France jusqu'à l'arrivée de l'Homme moderne au Paléolithique supérieur.

La première trace connue d'occupation humaine en France est datée de 1,2 million d'années, à Lézignan-la-Cèbe, dans l'Hérault. L'Homme de Néandertal, dont les plus anciens fossiles sont datés de 430 000 ans à Atapuerca, en Espagne, est attesté en France à partir d'environ 210 000 ans avant le présent. Homo sapiens lui succède à partir de 43 000 ans avant le présent. Il est l'auteur d'un riche art pariétal et mobilier.

Au Néolithique, qui commence en France au milieu du VIe millénaire av. J.-C., apparaissent l'agriculture et l'élevage, qui renforcent la sédentarisation des hommes. Ces innovations sont apportées par deux courants migratoires venus de l'est : celui de la céramique cardiale, par la côte méditerranéenne, et celui de la culture rubanée, par la vallée du Danube. Les premiers mégalithes sont érigés au Ve millénaire av. J.-C. et se multiplient à l'Âge du cuivre.

La recherche préhistorique a commencé sur le territoire français au début du XIXe siècle. Elle a bénéficié des travaux de pionniers comme Jacques Boucher de Perthes et Jean-Baptiste Noulet, puis de grands chercheurs comme Henri Breuil, François Bordes et André Leroi-Gourhan.

Paléolithique inférieur[modifier | modifier le code]

Biface acheuléen du site éponyme de Saint-Acheul

Le Paléolithique inférieur débute en France avec la première occupation humaine connue, sur le site du Bois-de-Riquet, à Lézignan-la-Cèbe, il y a 1,2 million d'années[1].

Les plus anciens ossements fossiles connus en France, attribués à Homo heidelbergensis, sont ceux de l'Homme de Tautavel, datés de 570 000 à 300 000 ans, mis au jour depuis 1965 à la Caune de l'Arago, dans les Pyrénées-Orientales.

Aux premières industries lithiques à galets aménagés succède l'Acheuléen. Cette industrie doit son nom au site français de Saint-Acheul, à Amiens, et comprend des bifaces et des hachereaux. Quelques-uns des principaux sites archéologiques français de cette période sont la Caune de l'Arago, Terra Amata et Menez Dregan. Ce dernier site abrite l'un des plus anciens foyers aménagés connus en Europe, daté d'environ 400 000 ans. Il a livré une industrie nommée Colombanien, qui s'étendrait autour de la Péninsule armoricaine[2]. Le Clactonien est une industrie définie par Henri Breuil. Il la considérait comme contemporaine de l'Acheuléen en Europe du Nord-ouest. Ne présentant pas de bifaces, elle est désormais plutôt considérée comme un faciès particulier de l'Acheuléen.

Paléolithique moyen[modifier | modifier le code]

La principale culture du Paléolithique moyen en Europe et au Moyen-Orient est le Moustérien, dont le site éponyme est Le Moustier (Dordogne). En France, elle est l'œuvre des Néandertaliens. Ces derniers ont évolué à partir des proto-Néandertaliens, qui auraient eux-mêmes évolué en Europe à partir d'Homo heidelbergensis.

Le Moustérien a été divisé en plusieurs faciès technologiques (Moustérien de type Quina, Moustérien de tradition acheuléenne, etc.) dont les interprétations sont nombreuses et controversées. Le Moustérien est marqué par la généralisation d'une innovation technique dans les méthodes de débitage de la pierre avec la méthode Levallois, nommée d'après les industries lithiques de Levallois-Perret. François Bordes et d'autres auteurs l'ont définie comme une méthode de débitage caractérisée par une préparation préalable du nucléus impliquant une prédétermination de l'éclat recherché. Ces définitions ont été développées par Éric Boëda (de) pour inclure les modalités récurrentes permettant le débitage de plusieurs éclats Levallois prédéterminés successifs aux dépens d'un même nucléus préparé.

Les premières sépultures néandertaliennes identifiées ont été découvertes à La Chapelle-aux-Saints en 1908 puis à La Ferrassie en 1909[3]. Elles ont apporté des arguments majeurs concernant la capacité des Néandertaliens a développer des croyances métaphysiques[4],[5], conférant à cette espèce une forme d'humanité alors qu'on lui prêtait jusqu'alors volontiers des caractères plutôt simiesques[6].

On a trouvé des preuves de cannibalisme chez les Néandertaliens sur les sites de Moula-Guercy et des Pradelles[7].

Paléolithique supérieur[modifier | modifier le code]

Le Paléolithique supérieur débute en France avec le Châtelperronien, du nom du site français de Châtelperron. Présente surtout dans le sud-ouest de la France, cette industrie est attribuée aux derniers Néandertaliens. Le Châtelperronien est caractérisé par les premiers éléments de parure européens ainsi que par le développement de l'industrie sur matière dure animale (os, bois), selon certains sous l'influence des Homo sapiens venus du Proche-Orient et porteurs de l'Aurignacien. Celui-ci s'étend sur le territoire à partir de l'Europe centrale. Son site éponyme est la grotte d'Aurignac. Les Néandertaliens disparaissent du territoire actuel de la France aux alentours de 32 000 ans avant le présent. En France, l'Aurignacien est caractérisé par l'une des plus anciennes grottes ornées au monde, la grotte Chauvet. Datée d'environ 31 000 ans avant le présent, son dispositif pariétal témoigne d'une complète maitrise technique et artistique, brisant les idées jusqu'alors établies d'une progression de l'art paléolithique depuis des expressions abstraites jusqu'au réalisme.

Feuille de laurier solutréenne

À l'Aurignacien succède le Gravettien à partir de 31 000 ans avant le présent. Alors qu'il s'étend sur toute l'Europe, il doit aussi son nom à un site français, La Gravette (Bayac, Dordogne). Le Gravettien est surtout connu pour la généralisation des statuettes anthropomorphes dites « Vénus paléolithiques », bien que quelques exemples de ce type de représentation féminine apparaissent dès l'Aurignacien. En France, la fameuse dame de Brassempouy est attribuée au Gravettien.

Le Solutréen, dont le site éponyme est la Roche de Solutré (Saône-et-Loire), apparait aux alentours de 22 000 ans avant le présent et est présent dans la zone franco-cantabrique. Toutefois, le nord de la France est quasi-inhabité puisqu'on est alors en plein maximum glaciaire. Les sites solutréens les plus septentrionaux se trouvent dans le sud du bassin parisien et en Mayenne. Cette culture est caractérisée par des éléments lithiques d'une étonnante finesse comme les feuilles de laurier. L'aiguille à chas et le propulseur seraient deux innovations majeures de cette période.

Le Badegoulien apparait vers 18 000 ans avant le présent et sa zone de répartition est à peine plus étendue que celle du Solutréen[8].

Le Magdalénien apparait vers 17 000 ans avant le présent. Il est marqué par l'utilisation du harpon, la généralisation du propulseur ainsi que de l'art figuratif sur les outils en matières dures animales. L'art magdalénien est en général caractérisé par son grand réalisme, avec une attention particulière portée au rendu du mouvement. La grotte de Font-de-Gaume est un exemple de site magdalénien célèbre pour son art pariétal.

Mésolithique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mésolithique.

Néolithique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Europe néolithique.

Âge du cuivre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Âge du cuivre.

Âge du bronze[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Âge du bronze en Europe.

Âge du fer[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Âge du fer.

Au Ier millénaire av. J.-C. se succèdent les cultures proto-celtiques de l'Âge du fer, de Hallstatt puis de La Tène.

Au IIe siècle av. J.-C., les romains désignent ce territoire comme la Gaule, puis le conquièrent entièrement entre 59 et 52 av. J.-C..

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Yves Crochet et al., "Une nouvelle faune de vertébrés continentaux, associée à des artefacts dans le Pléistocène inférieur de l'Hérault (Sud de la France)", vers 1,7 Ma", Palevol, n° 13, 2001, p. 111-128.
  2. Anne Gebhardt, Bernard Hallegouet, Stéphan Hinguant, Jean-Laurent Monnier, 1992 - Le gisement Paléolithique inférieur de Ménez-Drégan 1 (Plouhinec, Finistère). Bulletin de la Société Préhistorique Française, 89, 3, pp. 77-81
  3. Nougier L.-R., 1963, La préhistoire : essai de paléosociologie religieuse. Paris : Bloud & Gay : 43-44
  4. Binant P., 1991 - Les sépultures du Paléolithique. Paris : Errance
  5. Collectif, 1976 - Sépultures néandertaliennes. CNRS
  6. Postel B., 2008 - « Néandertal et la mort », Archéologia n°458 : 6-11
  7. The caves that prove Neanderthals were cannibals
  8. Le Badegoulien était auparavant appelé Magdalénien ancien ; toutefois les dernières recherches ont conduit à donner à ce que l'on pensait être une phase ancienne du Magdalénien une appellation propre.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bulletin de la Société préhistorique française, publié sans interruption depuis 1904, c'est la plus importante revue de Préhistoire française avec des articles originaux de Préhistoire, du Paléolithique au premier âge du fer. (lire en ligne : 890 numéros accessibles en 2012, soit 8627 contributions pour les années 1904-2007)
  • Bonifay E., Les premiers peuplements de l'Europe, La Maison des Roches, 2002, 127 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]