Portbail

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Portbail
Portbail
La vieille ville, le pont et le havre vus du ciel.
Blason de Portbail
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Manche
Arrondissement Cherbourg
Intercommunalité CA du Cotentin
Statut commune déléguée
Maire délégué Francis D’Hulst
2020-2026
Code postal 50580
Code commune 50412
Démographie
Gentilé Portbaillais
Population 1 501 hab. (2018)
Densité 77 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 20′ 10″ nord, 1° 41′ 41″ ouest
Altitude Min. 2 m
Max. 90 m
Superficie 19,56 km2
Élections
Départementales Les Pieux
Historique
Date de fusion
Commune(s) d'intégration Port-Bail-sur-Mer
Localisation
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Portbail

Portbail, ou Port-Bail[1], est une ancienne commune française, située sur la Côte des Isles dans le département de la Manche en région Normandie, peuplée de 1 501 habitants[Note 1] (les Portbaillais), commune déléguée au sein de Port-Bail-sur-Mer depuis le 1er janvier 2019.

Géographie[modifier | modifier le code]

Couvrant 1 956 hectares, le territoire de Portbail est le plus étendu du canton de Barneville-Carteret.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Portus Ballii en 746 et 753 et Port Bahil en 1027[3].

Le toponyme serait issu du latin portus, « port », et d'un anthroponyme germanique tel que Behhilt[4] ou Ballo[3], à moins que le deuxième élément ne soit, comme le suggère René Lepelley, l'ancien français bail, « cour, enclos » (du bas latin ballium)[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

Durant l'époque gallo-romaine, une agglomération portuaire s'élevait sur le territoire de la commune[6]. Carrefour de voie romaine, cinq voies arrivent et partent de Portbail[7], dont une qui longe la côte ouest de la presqu'île, la ville se développe. Charles de Gerville précise que l'agglomération antique était alimentée en eau par un aqueduc. En 1968, sous la nef de l'église Notre-Dame, lors de fouilles dirigées par David Abadie, a été mis au jour des vestiges de thermes d'une villa du IIe siècle de notre ère. Outre le baptistère, daté du IVe ou Ve siècle, il a été mis au jour à proximité de ce dernier les restes d'un petit temple gallo-romain (fanum), ainsi que l'existence d'une villa gallo-romaine et de son atrium. En 1845, l'abbé Louis signalait la découverte d'un « grand fragment de mosaïque ». Au hameau de Lanquetot, existait une source sacrée. Lors de travaux de captage, y fut découvert un dépôt votif[8].

En 1026, Richard III de Normandie donne à son épouse, Adèle de France, fille du roi des Francs Robert II le Pieux, un domaine abbatiam (territoire d'abbaye) nommé Port Bahil situé sur les flots de la Gerfleur avec un port. Avant la fin du XIe siècle l'église Notre-Dame est donné à l'abbaye bénédictine de Lessay et devint un prieuré qui sera déserté dans la seconde moitié du XIIIe siècle[9].

En 1818, Portbail (749 habitants en 1806) absorbe Gouey (1 087 habitants)[10],[11].

La Compagnie des chemins de fer de l'ouest met en service la gare de Portbail le [12], lors de l'ouverture à l'exploitation de la deuxième section, de La Haye-du-Puits à Carteret de sa ligne de Carentan à Carteret.

Portbail fusionne avec Denneville et Saint-Lô-d'Ourville le pour créer la commune nouvelle de Port-Bail-sur-Mer par arrêté préfectoral du [13]. Les trois communes deviennent des communes déléguées.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Porbail

Les armes de la commune de Portbail se blasonnent ainsi :
D'azur, au chevron d'or, accompagné en chef de trois étoiles de même, et en pointe d'un fer de lance d'argent.

Ces armes, qu'arbore la commune de Portbail, sont en fait celles de la famille Hellouin de Ménibus, à la différence que le fer de lance est renversé dans le blason des Hellouin.


Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
avant 1981 ? René Richon DVG  
juin 1995 mars 2001 Claude Boury   Médecin
mars 2001 mars 2008 Richard Yver   Professeur d'histoire-géographie
mars 2008 décembre 2018 Guy Cholot[14] DVD Retraité de la Police nationale
Les données manquantes sont à compléter.

Le conseil municipal est composé de dix-neuf membres dont le maire et trois adjoints[15].

Liste des maires délégués
Période Identité Étiquette Qualité
1er janvier 2019 26 janvier 2019[16] Guy Cholot DVD Retraité de la Police nationale
janvier 2019 mai 2020 Serge Laidet DVD Cadre en retraite
mai 2020[17] En cours Francis D’Hulst   Agent maritime retraité
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2018, la commune comptait 1 501 habitants. Depuis 2004, les enquêtes de recensement dans les communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans (en 2007, 2012, 2017, etc. pour Portbail[18]) et les chiffres de population municipale légale des autres années sont des estimations[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
7127737492 5671 9012 0862 0662 0562 057
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 8211 8631 8641 7401 7861 7761 8691 6741 640
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 5561 5041 4861 2711 3951 3851 3251 4311 448
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2007 2011 2016
1 4311 4991 5911 7071 6541 6751 6361 6441 551
2018 - - - - - - - -
1 501--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2006[19].)
Histogramme de l'évolution démographique
Évolution démographique de Gouey
1793 1800 1806
9598851 087
(Sources : EHESS[11])

Économie et tourisme[modifier | modifier le code]

Portbail est commune touristique depuis août 2009[20].

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

Église Notre-Dame vue du pont.
Église Saint-Martin.
Chapelle Saint-Siméon-le-Stylite
Le pont aux treize arches et l'église Notre-Dame.
  • L'église Notre-Dame, classée monument historique du XIe siècle, se distingue par son clocher fortifié couronné de créneaux et de faux mâchicoulis, vestige de la guerre de Cent Ans. Cet édifice religieux occuperait l'emplacement d'un ensemble monastique du VIIIe siècle, qui dépendait de l'abbaye de Saint-Wandrille. Lieu d'expositions et de concert d'avril à octobre, visites guidées. Deux statues du XVIe siècle (saint Jacques et Vierge à l'Enfant) sont classées à titre d'objets[21],[22].
  • L'église Saint-Martin de Gouey des XIIe et XVe siècles est l'actuelle église paroissiale depuis 1909. Une Vierge du XIVe siècle, initialement à l'Enfant, est classée à titre d'objet[23].
  • le baptistère de Portbail, vestige de l’époque gallo-romaine, a l’originalité d’être hexagonal. Il fut construit au VIe siècle, au début de la christianisation du Cotentin. C’est l'un des seuls exemplaires de baptistère retrouvé au nord de la Loire et le seul hexagonal en France. Le baptême par immersion y était pratiqué. Il fut transformé au XIIe siècle en chapelle funéraire (avec cimetière) qui a été détruite en 1697. Des ossements et d'autres vestiges y ont été trouvés[24].
  • Chapelle Saint-Siméon-le-Stylite, abritant une pietà du XVe siècle et une cloche du XVIe siècle classées à titre d'objets aux monuments historiques[25],[26].

Patrimoine civil[modifier | modifier le code]

  • Cinq voies romaines arrivent et partent de Port-Bail, ce qui laisse penser que ce port était une escale de la route maritime de l'étain, qui reliait ainsi la Cornouaille au bassin méditerranéen.
  • Le château du Dick, du XVIe siècle, est inscrit au titre des monuments historiques pour sa cheminée Renaissance[27].
  • Le manoir de la Comté (ruiné). Son porche sud qui subsiste est surmonté des armes de la famille Pigache « d'argent à trois cornets de gueules[28] ». Le manoir de la Comté possession de la famille Briroy jusqu'en 1684, date à laquelle il passe à la famille Pigache de Lamberville qui en avait encore la possession au XVIIIe siècle. La famille Pigache est une vieille famille féodale, originaire de la plaine de Caen, connue depuis le XIIIe siècle et qui s'est maintenue jusqu'en 1967[29].
  • Le Hamel au Bel de la fin du XVIe ou du début du XVIIe siècle. On pénètre dans la cour de cet ensemble bâti par un porche double avec une porte charretière en arc en plein cintre avec double rangée de claveaux et une porte piétonne à linteau plat ; l'ensemble s'appuyant sur un contrefort intérieur. À gauche de la porte charretière une plaque avec l'inscription « Me NICOLAS LE BEL PBRE MA FAICT REDIFIER EN L'AN 1637 ».
Dans un redan d'une des maisons, une meurtrière en « double trou de serrure », pour armes à feu, permet de battre l'entrée. À voir également les demi-fenêtres du rez-de-chaussée, un potager (ou chauffe-plats), dans l'embrasure d'une fenêtre un petit évier, un four de boulanger, ainsi que des graffitis de bateaux gravés sur le manteau de la cheminée[30].
Sur l'angle d'une des maisons, on peut voir un cadran solaire en pierre calcaire avec en dessous le blason de la famille Le Bel « d'azur à trois besants d'argent, à la bordure d'or[31] ».
  • Le pont de 1873 menant vers la plage est composé de treize arches, ce qui est souvent signe de mauvais présage. Les jours de fortes marées, il arrive que le pont se trouve au ras de l'eau, ce qui donne l'impression de marcher sur l'eau.
  • Ruines d'un fortin de 1745[32].
  • La légende désigne la ville de Port-Bail, comme le cadre de l'arrivée miraculeuse par voie de mer, des reliques de saint Georges en terre de France.
  • La gare de Port-Bail est desservie par le Train touristique du Cotentin.

Activité et manifestations[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Manifestations[modifier | modifier le code]

  • Portbail a vu en 2004 l'organisation de la première Gainsbarre, une course cycliste Élite nommée en souvenir de Serge Gainsbourg.
  • Grand raid VTT (52,35 km et 20 km) et course pédestre (6,11 km).
  • Festival de l'enfant.
  • Fête de la musique.
  • La fête de la plage se déroule tous les 15 août, elle a remplacé depuis 2011 la fête du port qui commençait à s’essouffler.
  • Foire aux livres et cartes postales tous les quatrièmes samedis du mois dans l'église Notre-Dame d'octobre à février et en extérieur sur le quai Aubert de mars à septembre.
  • Rando goûter découverte de patrimoine accessible aux familles pendant les vacances scolaires.

Personnalités liées[modifier | modifier le code]

  • Eugène Bretel (1842-1933), premier producteur industriel de beurre, né dans la commune.
  • René Fenouillère (1882-1916), footballeur international, né dans la commune et mort au front.
  • Flavie Flament, Présentatrice TV est originaire de Portbail où elle passe régulièrement ses vacances.

Portbail dans les arts[modifier | modifier le code]

Chanson

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel de Boüard, Port-Bail dans l'histoire, Cherbourg, 1957
  • Michel de Boüard, « Le baptistère de Portbail », Cahiers archéologiques, tome IX, 1957
  • Michel de Boüard, « Nouvelles fouilles autour du baptistère de Port-Bail », Annales de Normandie, tome XVII, n° 4, décembre 1967
  • Arlette Videgrain, La Société rurale de Portbail (mémoire de maîtrise de géographie), Université de Caen, 1973
  • « Sauvetage à Portbail en vendémiaire an VII », Revue du département de la Manche, n° 137-138, 1993
  • Erik Groult, « Port-Bail », Patrimoine Normand n°28,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2018, légale en 2021.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

Altitudes : répertoire géographique des communes[33].
Coordonnées, superficie : IGN[34].
  1. Portbail est l'orthographe retenue par l'Insee. Le site internet communal écrit Port-Bail.
  2. « Géoportail (IGN), couche « Limites Administratives » activée »
  3. a et b Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, t. 2 : Formations non romanes ; formations dialectales, Genève, (lire en ligne), p. 992
  4. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Paris, Larousse,
  5. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Condé-sur-Noireau, Éd. Charles Corlet, (ISBN 2-905461-80-2), p. 200
  6. « Actualité | Un quartier de la ville gallo-romaine découvert à Portbail », sur Inrap, (consulté le ).
  7. Maurice Lecœur, Le Moyen Âge dans le Cotentin : Histoire & Vestiges, Isoète, , 141 p. (ISBN 978-2-9139-2072-9), p. 13.
  8. Georges Bernage, « Portbail et son terroir », Vikland, la revue du Cotentin, no 1,‎ avril-mai-juin 2012, p. 15-16 (ISSN 0224-7992).
  9. Jeannine Bavais, « Origines monastiques de Portbail », Vikland, la revue du Cotentin, no 1,‎ avril-mai-juin 2012, p. 16 (ISSN 0224-7992).
  10. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, « Notice communale : Gouey », sur ehess.fr, École des hautes études en sciences sociales (consulté le )..
  12. Site gallica.bnf.fr, « Rapport de l'Ingénieur en Chef, situation au 1er mars 1890 : 2e section - de la Haye-du-Puits à Carteret », dans Rapports et délibérations : Manche, Conseil général, 1re session ordinaire de 1890, intégral (consulté le 16 juillet 2011).
  13. « RAA SP 94 », sur manche.gouv.fr, (consulté le ).
  14. Réélection 2014 : « Guy Cholot réélu maire, avec 3 adjoints et 2 conseillers », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le )
  15. « Portbail (50580) - Municipales 2014 », sur elections.ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le )
  16. Ouest-France, édition du 31 janvier 2019, « Comme je m'y étais engagé, j'ai demandé au préfet d'accepter ma démission de maire délégué de Portbail. Il a accepté par arrêté du 26 janvier »
  17. « Municipales à Port-Bail-sur-Mer. François Rousseau maire de la commune nouvelle », Ouest-France,‎ (lire en ligne)
  18. Date du prochain recensement à Portbail, sur le-recensement-et-moi.fr, site spécifique de l'Insee.
  19. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 20112012201320142015 2016 2017 2018 .
  20. « Préfecture de la Manche - Recueil des actes administratifs - 3 septembre 2009 »
  21. « Statue : saint Jacques », sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  22. « Statue : Vierge à l'Enfant assise », sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  23. « Statue : Vierge », sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  24. Dominique Auzias et Jean-Paul Labourdette, Normandie 2011, Petit Futé, , p. 338.
  25. « Groupe sculpté : Vierge de Pitié », sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  26. « Cloche dite Lorense », sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  27. « Château du Dick », sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  28. Collectif, Blasons armoriés du Clos du Cotentin, Condé-sur-Noireau, Éditions Charles Corlet, , 214 p. (ISBN 2-85480-543-7), p. 109.
  29. Blasons du Clos du Cotentin, 1996, p. 109.
  30. Blasons du Clos du Cotentin, 1996, p. 106.
  31. Blasons du Clos du Cotentin, 1996, p. 105.
  32. Guy Le Hallé, Châteaux forts de Basse-Normandie, t. II, Louviers, Ysec Éditions, , 160 p. (ISBN 978-284673-215-4), p. 106.
  33. Site de l'IGN.
  34. « Portbail sur le site de l'Institut géographique national » [archive du ] (archive Wikiwix)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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