Urville (Manche)
| Urville | |
L'église Saint-Julien. | |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Normandie |
| Département | Manche |
| Arrondissement | Cherbourg |
| Intercommunalité | Communauté d'agglomération du Cotentin |
| Maire Mandat |
Jean Lefauconnier 2020-2026 |
| Code postal | 50700 |
| Code commune | 50610 |
| Démographie | |
| Gentilé | Urvillais |
| Population municipale |
190 hab. (2023 |
| Densité | 37 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 49° 27′ 05″ nord, 1° 26′ 03″ ouest |
| Altitude | Min. 6 m Max. 33 m |
| Superficie | 5,15 km2 |
| Type | Commune rurale à habitat dispersé |
| Unité urbaine | Hors unité urbaine |
| Aire d'attraction | Hors attraction des villes |
| Élections | |
| Départementales | Canton de Valognes |
| Législatives | Première circonscription |
| Localisation | |
| modifier |
|
Urville est une commune française, située dans le département de la Manche en région Normandie, peuplée de 190 habitants.
Elle est communément appelée Urville-Bocage pour la différencier des autres communes qui portent le même nom.
Géographie
[modifier | modifier le code]Les communes limitrophes sont Colomby, Flottemanville, Le Ham, Hautteville-Bocage, Hémevez et Orglandes.
Hydrographie
[modifier | modifier le code]La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par le Merderet, la Sinope[1], le bras 01 de Boudosville[2], le cours d'eau 01 de la commune d'Orglandes[3], le cours d'eau 02 de la commune d'Urville[4], le fossé 01 de la Veziellerie[5], le Merderet[6] et un autre petit cours d'eau[7],[Carte 1].
Le Merderet, d'une longueur de 36 km, prend sa source dans la commune de Tamerville et se jette dans la Douve en limite de Beuzeville-la-Bastille et de Sainte-Mère-Église, après avoir traversé 17 communes[8].

Climat
[modifier | modifier le code]Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[9]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[10]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[11] et est dans la région climatique Normandie (Cotentin, Orne), caractérisée par une pluviométrie relativement élevée (850 mm/a) et un été frais (15,5 °C) et venté[12]. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[13],[14].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,1 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 10,9 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 826 mm, avec 13,7 jours de précipitations en janvier et 6,9 jours en juillet[9]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Sainte-Marie-du-Mont à 17 km à vol d'oiseau[15], est de 11,6 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 890,0 mm[16],[17]. La température maximale relevée sur cette station est de 37,2 °C, atteinte le ; la température minimale est de −8,3 °C, atteinte le [Note 3].
Urbanisme
[modifier | modifier le code]Typologie
[modifier | modifier le code]Au , Urville est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[18].
Elle est située hors unité urbaine[19] et hors attraction des villes[20],[21].
Occupation des sols
[modifier | modifier le code]L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (100 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (100 %).
La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (44,6 %), prairies (40,9 %), terres arables (14,5 %)[22].

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].
Toponymie
[modifier | modifier le code]Le nom de la localité est attesté sous les formes Ureville en 1146, Urvilla en 1180, Orvilla en 1222[23].
Dans le passé, elle s'est aussi appelée Urville-Haimevez au XIVe siècle, puis Urville-près-Valognes, aussi Urville-sur-le-Merderet.
Elle est communément appelée Urville-Bocage pour la distinguer des autres communes portant le même nom ou un nom approchant.
Histoire
[modifier | modifier le code]Antiquité
[modifier | modifier le code]Urville est traversée par l'ancienne voie romaine Alauna-Cosedia (Valognes-Coutances). Des fouilles entreprises sur le territoire communal ont permis la mise au jour de 452 pièces romaines du IIIe siècle[24].
Temps modernes
[modifier | modifier le code]À la fin du XVe ou au tout début du XVIe siècle, la paroisse a pour seigneur Robert Josel, écuyer, également seigneur de Launay, époux de noble damoiselle Marie du Bois, dame de Beuzeville-sur-le-Vey, fille du seigneur de Pirou[25].
En 1548, Louis Pellevey, seigneur d'Aubigny, hérite des fiefs d'Urville et de Rouville, par sa femme Isabeau de La Rocque, à la mort de Pierre IV de La Rocque, chevalier, seigneur d'Urville, de Flottemanville, de Saussey, d'Omonville-la-Folliot, de Crasville, du Breuil à Anneville-en-Saire, de Rouville à Orglandes, de Baudreville, de Thury à Lieusaint et de la Haulle. En 1567, Louis Pellevey est taxé pour les fiefs d'Urville, Rouville et Hammevieville, de 4 livres et 8 solz dans le rôle du ban et d'arrière-ban de la vicomté de Coutances, effectué par Gilles Dancel lieutenant général du bailli de Cotentin les et . Le fief noble d'Urville relevait de la seigneurie d'Olonde[26].
Sous l'Ancien Régime, René Jourdan de Launay (Golleville, 1673 - 1749), gouverneur de la Bastille, était seigneur de la Motte, fief d'Urville[24]. En 1789, le fief principal d'Urville était la possession du comte de Margerie.
Politique et administration
[modifier | modifier le code]Démographie
[modifier | modifier le code]L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[30]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[31].
En 2023, la commune comptait 190 habitants[Note 4], en évolution de −9,52 % par rapport à 2017 (Manche : +0,13 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
Économie
[modifier | modifier le code]La commune se situe dans la zone géographique des appellations d'origine protégée (AOP) Beurre d'Isigny et Crème d'Isigny[34].
Culture locale et patrimoine
[modifier | modifier le code]Lieux et monuments
[modifier | modifier le code]Patrimoine civil
[modifier | modifier le code]- Manoir d'Urville de la fin du XVe siècle, inscrit partiellement au titre des monuments historiques par arrêté du [35], avec pigeonnier et doubles porte d'entrée, charretière et piétonne du XVIe siècle, rénovées.
- Vestiges d'une motte féodale assez détériorée à 100 m du manoir[36].
- Château du Marais des XVIIIe, XIXe – XXe siècles, au bord du Merderet. À l'intérieur, cheminée ancienne du XVIe provenant du Haut Gallion à Valognes.
- Vestiges de l'hôtel pelé, ancien relais de poste.
Patrimoine religieux
[modifier | modifier le code]- Église Saint-Julien des XIe, XIIIe – XVIIIe siècles inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du [37]. Le tympan du XIIe de la porte méridionale, décoré d'un centaure poursuivant un cerf de ses flèches[38],[Note 5], est classé au titre objet aux monuments historiques[39], ainsi qu'une Vierge à l'Enfant du XVIe, les statues de sainte Catherine d'Alexandrie du XVe, de saint Julien du XVIe, les stalles, lutrin, lambris de chœur et Crucifixion du XVIIIe[40]. Sont également conservés un bas-relief du XVe, un retable aux douze Apôtres du XVe, une chaire à prêcher et confessionnal du XVIIIe, des fonts baptismaux du XVIIe[24].
- Ancien presbytère du XVIIIe siècle.
- Croix de cimetière du XVIIIe siècle.
Personnalités liées à la commune
[modifier | modifier le code]- Jean-Louis Burnouf (Urville, 1775 - 1844), philologue et traducteur.
Pour approfondir
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Daniel Delattre et Emmanuel Delattre, La Manche les 602 communes, Grandvilliers, Éditions Delattre, , 280 p. (ISBN 978-2-9159-0709-4), p. 255.
- René Gautier et al. (préf. Jean-François Le Grand, postface Danièle Polvé-Montmasson), 601 communes et lieux de vie de la Manche : Le dictionnaire incontournable de notre patrimoine, Bayeux, Éditions Eurocibles, coll. « Inédits & Introuvables », , 704 p. (ISBN 978-2-35458-036-0), p. 658.
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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- Archives conservées par : archives départementales de la Manche (37 ED, ead_ir_consult2.php?ref=FRAD050_CC_2013&le_id=928)
- Ressources relatives à la géographie :
- Résumé statistique d'Urville sur le site de l'Insee
- « Climadiag Commune : diagnostiquez les enjeux climatiques de votre collectivité. », sur Météo-France, (consulté le ). Site élaboré à partir des données de projections climatiques de référence DRIAS-2020. Entrer le nom de la commune pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques.
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ Accès au lien de l'article Wikipédia de la commune limitrophe en cliquant sur celle-ci.
- ↑ Les ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.
- ↑ Les records sont établis sur la période du au .
- ↑ Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.
- ↑ Ce motif est proche de celui de l'arc du chœur de Savigny (dans la sacristie aujourd'hui)[38].
Cartes
[modifier | modifier le code]- ↑ « Réseau hydrographique d'Urville » sur Géoportail (consulté le 13 avril 2025).
- ↑ IGN, « Évolution comparée de l'occupation des sols de la commune sur cartes anciennes », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ).
Références
[modifier | modifier le code]- Altitudes, coordonnées, superficie : répertoire géographique des communes 2013 (site de l'IGN, téléchargement du 19 mars 2014)
- ↑ Sandre, « la Sinope ».
- ↑ Sandre, « le bras 01 de Boudosville ».
- ↑ Sandre, « le cours d'eau 01 de la commune d'Orglandes ».
- ↑ Sandre, « le cours d'eau 02 de la commune d'Urville ».
- ↑ Sandre, « le fossé 01 de la Veziellerie ».
- ↑ Sandre, « le Merderet ».
- ↑ « Fiche communale d'Urville », sur sigessn.brgm.fr (consulté le ).
- ↑ Sandre, « Le Merderet ».
- Daniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale », Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography, no 501, (DOI 10.4000/cybergeo.23155).
- ↑ Vincent Dubreuil, « Le changement climatique en France illustré par la classification de Köppen », La Météorologie, no 116, (DOI 10.37053/lameteorologie-2022-0012).
- ↑ « Le climat en France hexagonale et Corse. », sur meteofrance.com (consulté le ).
- ↑ « Zonages climatiques en France métropolitaine. », sur pluiesextremes.meteo.fr (consulté le ).
- ↑ « Réglementation environnementale RE2020 », sur ecologie.gouv.fr, (consulté le ).
- ↑ « Répartition des départements par zone climatique » [PDF], sur ecologie.gouv.fr (consulté le )
- ↑ « Orthodromie entre Urville et Sainte-Marie-du-Mont », sur fr.distance.to (consulté le ).
- ↑ « Station Météo-France « Ste Marie du Mo », sur la commune de Sainte-Marie-du-Mont - fiche climatologique - période 1991-2020. », sur object.files.data.gouv.fr/meteofrance/ (consulté le ).
- ↑ « Station Météo-France « Ste Marie du Mo », sur la commune de Sainte-Marie-du-Mont - fiche de métadonnées. », sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
- ↑ « La grille communale de densité », sur Insee, (consulté le ).
- ↑ Insee, « Métadonnées de la commune ».
- ↑ « Base des aires d'attraction des villes 2020 », sur Insee, (consulté le ).
- ↑ Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur Insee, (consulté le ).
- ↑ « Corine Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole) », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique (consulté le ).
- ↑ Ernest Nègre - 1996 - Toponymie générale de la France - Volume 2 - Page 950 - (ISBN 2600001336).
- Gautier 2014, p. 658.
- ↑ Léonor de Mons, « Montre d'armes de la Hougue en 1512 pour la vicomté de Carentan : essai d'identification des nobles et de la localisation des fiefs », Revue de la Manche, t. 67, no 267, janvier-février-mars 2025, p. 42 (ISBN 979-1-0937-0115-8).
- ↑ Léonor de Mons, « Rôle du ban et de l'arrière-ban de la vicomté de Valognes », Revue de la Manche, Société d'archéologie et d'histoire de la Manche (SAHM), t. 57, no 227, janvier-février-mars 2015, p. 38 (ISSN 1161-7721).
- ↑ Annuaire du département de la Manche, 33e année, 1861, p 103
- ↑ « Jean-Louis Burnouf se représente », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le ).
- ↑ « Jean Lefauconnier élu maire », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le ).
- ↑ L'organisation du recensement, sur insee.fr.
- ↑ Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
- ↑ Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
- ↑ Fiches Insee - Populations de référence de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020, 2021, 2022 et 2023.
- ↑ AOP Beurre d'Isigny et Crème d'Isigny.
- ↑ « Manoir d'Urville », notice no PA50000006, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
- ↑ Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du Moyen Âge en France, Strasbourg, Éditions Publitotal, , 28e éd. (1re éd. 1979), 1304 p. (ISBN 2-86535-070-3, OCLC 1078727877), p. 1192 (cf. Urville).
- ↑ « Église Saint-Julien », notice no PA50000005, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
- Bernard Beck (photogr. Bernard Pagnon), Quand les Normands bâtissaient les églises : 15 siècles de vie des hommes, d'histoire et d'architecture religieuse dans la Manche, Coutances, Éditions OCEP, , 204 p. (ISBN 2-7134-0053-8), p. 111.
- ↑ « Bas-relief : Le combat d'un centaure contre un cerf », notice no PM50001203, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
- ↑ Œuvres mobilières classées à Urville.

