Mont Saint-Michel

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne l'île. Pour la commune française, voir Le Mont-Saint-Michel. Pour les autres significations, voir Mont Saint-Michel (homonymie).
Mont-Saint-Michel et sa baie *
Patrimoine mondial de l'UNESCO
Le mont vu depuis la grève
Le mont vu depuis la grève
Coordonnées 48° 38′ 10″ N 1° 30′ 40″ W / 48.636111, -1.51111148° 38′ 10″ Nord
       1° 30′ 40″ Ouest
/ 48.636111, -1.511111
  
Pays Drapeau de France France
Type Culturel
Critères (i) (iii) (vi)
Numéro
d’identification
80
Zone géographique Europe et Amérique du Nord **
Année d’inscription 1979 (3e session)

Géolocalisation sur la carte : Bretagne

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Mont-Saint-Michel et sa baie

Géolocalisation sur la carte : Basse-Normandie

(Voir situation sur carte : Basse-Normandie)
Mont-Saint-Michel et sa baie

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Mont-Saint-Michel et sa baie
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche, et dont le nom vient de saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il fut couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue la plus grande partie du territoire de la commune Le Mont-Saint-Michel.

Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du mont Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.

Le mont Saint-Michel est le deuxième site touristique le plus fréquenté de France après l'Île-de-France, avec plus de 3 000 000 visiteurs chaque année[1] (3 250 000 en 2006[2]). Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 170 mètres au-dessus du rivage. Élément majeur, l'abbaye et ses dépendances sont classés au titre des monuments historiques par la liste de 1862[3] (60 autres constructions étant protégées par la suite[4]) ; la commune et la baie figurant depuis 1979[5] sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le Mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires[6]. »

Sommaire

La baie [modifier]

Article détaillé : Baie du mont Saint-Michel.
Vue aérienne du mont Saint-Michel

Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du mont Saint-Michel, elle aussi classée au patrimoine mondial de l’Unesco.

La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres[7].

Le Mont en 1900.
Le Mont en 2004.

Aux grandes marées le mont redevient île [modifier]

Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le Mont-Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.

La digue [modifier]

La digue-route qui relie le mont au continent fut construite en 1879. Elle retient le sable, et aggrave donc l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont pourrait cesser d’être une île.

L’ancien train du Mont-Saint-Michel à son terminus, sous les remparts.

Le projet de restauration du caractère maritime de l’île [modifier]

Construction d'un nouveau barrage sur le Couesnon.

24 juin 1983 : François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la Roche Torin.

1995 : les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la Commission du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.

D’où le projet[8] :

  • Suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit), et une navette spéciale amènera les visiteurs par une route-passerelle au Mont ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3) ;
  • Côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 23 à l’Ouest en Bretagne et 13 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes).

Les travaux de désensablement de la baie du mont Saint-Michel ont débuté le vendredi 16 juin 2006.

Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport[9], le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.

En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 2008[10].
Le nouveau est mis en service en mai 2009[11]. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont Saint-Michel[12].

Histoire [modifier]

Le mont Saint-Michel sur une carte de 1758.
Article détaillé : abbaye du Mont-Saint-Michel.

Le temps des pèlerinages [modifier]

Le village, implanté sur le mont en 709, s’est développé à l’ombre de son abbaye médiévale. Au nord de l’église Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.

L’économie du Mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française. On venait de toute l’Europe du Nord en pèlerinage à l’abbaye : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie.

Le temps du tourisme [modifier]

Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France. On compte aujourd’hui trois millions de visiteurs annuels, dont un tiers seulement monte jusqu’à l’abbaye. Le temps moyen de visite est de deux à trois heures et il y a jusqu’à 20 000 visiteurs par jour en période estivale[réf. nécessaire].

Les prisons [modifier]

Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire[13],[14],[15].

Monuments et lieux touristiques [modifier]

61 immeubles de la commune sont protégés au titre des monuments historiques[4], par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.

Présence humaine sur le mont [modifier]

Article détaillé : Le Mont-Saint-Michel.

Les Fraternités monastiques de Jérusalem [modifier]

Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.

Le Festival 13 siècles entre ciel et mer [modifier]

Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décidèrent, entre autres, de créer un festival d'Art Chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ». Celui-ci aurait lieu en juillet 2008 et concorderait avec les Journées mondiales de la jeunesse 2008 de Sydney.

Après ce festival il fut décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine.

Économie [modifier]

Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville. On compte 300 commerces pour 3 millions de touristes, alors que la commune compte une quarantaine de résidents, une cinquantaine de commerçants et une centaine d’électeurs.

Si l’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux, Éric Vannier, actuel maire et propriétaire du groupe de la Mère Poulard (détenant la moitié des restaurants, commerces et hôtels de la commune, ainsi que des musées), Jean-Yves Vételé à la tête de la Sodetour (deux hôtels, dont le Mercure La Caserne) et Patrick Gaulois, ancien maire, se partagent les principaux établissements de la commune.

Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 2009[16].

Personnages célèbres [modifier]

Gastronomie locale [modifier]

Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons de pré-salé). Le mouton ou l’agneau de pré-salé est ainsi une spécialité locale, à déguster de préférence grillé au feu de bois.

Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.

Références culturelles au Mont Saint-Michel [modifier]

Dans la peinture [modifier]

La Fête de l'Archange, Les Très Riches Heures du duc de Berry, musée Condé, Chantilly, ms.65, f.195

Dès le Moyen Âge, le mont Saint-Michel fait l'objet de représentation, particulièrement dans des manuscrits enluminés. La représentation la plus célèbre se trouve sans doute dans les Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Mais on retrouve le mont représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle. C'estle cas notamment dans Les Très Belles Heures du duc de Berry ou heures de Bruxelles, dans une scène de fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)[17].

Dans la littérature [modifier]

Dans la bande dessinée [modifier]

  • En 1999 et 2000, Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse des Aventures de Vick et Vicky ayant pour cadre le Mont-Saint-Michel, sous le titre commun Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
  • En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une vieille légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel, et se trouve agrémenté d'un livret pédagogique pour mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.

Dans la musique [modifier]

  • En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est dédié au Mont-Saint-Michel.
  • En 1998, le compositeur français Patrick Broguière publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement dédié aux légendes du Mont-Saint-Michel.
  • En 1999, le musicien harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
  • En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le Mont-Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.

Au cinéma [modifier]

En philatélie [modifier]

  • Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
  • En 1966, nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire du Mont-Saint-Michel.
  • En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
  • En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le Mont-Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial[18].

Dans les jeux vidéo [modifier]

  • Le Mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
  • Le Mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 2010[19],[20].
  • Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.

Notes et références [modifier]

  1. Pierre Le Hir, « Le Mont-Saint-Michel rendu à l’eau », dans Le Monde du 29 juillet 2007, [lire en ligne]
  2. Tourisme en France - Palmarès 2006 des sites les plus visités selon l’ONT
  3. Notice no PA00110460, base Mérimée, ministère français de la Culture
  4. a et b Liste des monuments historiques sur la commune du Mont-Saint-Michel, Base Mérimée, Ministère de la Culture.
  5. Site Unesco
  6. Extrait de L’Avranchin monumental et pittoresque, t. 2, p. 310, 1846
  7. Chantal Bonnot-Courtois, La Baie Du Mont-Saint-Michel et l'estuaire de la Rance : environnements sédimentaires, aménagements et évolution récente, Technip, 2002, p. 15-20 
  8. Projet Mont-Saint-Michel
  9. [PDF] Rapport du CGPC sur la desserte ferroviaire du mont
  10. Remplacement du barrage du Couesnon.
  11. Mise en service du barrage du Couesnon.
  12. Le Moniteur no 5464 du 15 août 2008, page 8
  13. Histoire du Mont Saint-Michel comme prison d'état par Fulgence Girard (1849) disponible sur Google Livres.
  14. Les prisons du Mont Saint Michel par Etienne Dupont (1913).
  15. Le quartier des prisonniers politiques au Mont-Saint-Michel (1832-1834)
  16. Préfecture de la Manche - Recueil des actes administratifs - 3 septembre 2009
  17. Sophie Bourdon, « Quelques représentations médiévales inédites du Mont-Saint-Michel », Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, Tome 106, numéro 2, 1999. pp. 9-32.[lire en ligne (page consultée le 02 octobre 2011)]
  18. Catalogue Yvert et Tellier, tome 1
  19. (fr) Ubisoft. Le Mont Saint-Michel dans Assassin's creed, sur letelegramme.com, consulté le 7 janvier 2010
  20. (en) Assassins Creed Brotherhood DLC Trailer [HD], sur youtube.com, consulté le 7 janvier 2010

Voir aussi [modifier]

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Bibliographie [modifier]

  • Chronique du Mont-Saint-Michel (1343-1468), éditées par Siméon Luce, sur Wikisource
  • Édouard Le Héricher, Avranchin monumental et historique, t. 2, Avranches, Tostain, 1846 [lire en ligne], p. 197-439 
  • La 7e porte sur Dervy-Medecis (étude sur la symbolique du jardin de pierre qui orne l'intérieur du cloitre, 2002)
  • Guillaume de Saint Pair, Le Roman du Mont Saint-Michel (XIIe siècle), Presses universitaires de Caen, 2009, 400 p. 

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]

Crédit d'auteurs [modifier]