Canal latéral de Roanne à Digoin

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Canal latéral de Roanne à Digoin
Illustration.
Jonction du canal latéral à la Loire, au premier plan, et du canal de Roanne à Digoin, à droite, à Chavane
Géographie
Pays France
Coordonnées 46° 02′ 25″ N 4° 05′ 03″ E / 46.04027778, 4.0841666746° 02′ 25″ N 4° 05′ 03″ E / 46.04027778, 4.08416667  
Début La Loire
Fin Le canal latéral à la Loire
Traverse Loire, Saône-et-Loire, Allier
Caractéristiques
Statut actuel En service
Longueur 55,6 km
Altitudes Début :  m
Fin :  m
Maximale : 268,50 m
Minimale : 231 m
Gabarit Freycinet
Mouillage 2,20 m
Hauteur libre 3,45 m
Usage Canal latéral
Infrastructures
Ponts-canaux 1
Écluses 10
Hauteur des chutes d'écluses Moyenne : 3 m
Maximale : 7,19 m
Histoire
Année début travaux 1831
Année d'ouverture 1838
Concepteur Louis Marie Hyacinthe Pascal

Le canal latéral de Roanne à Digoin est un canal latéral au gabarit Freycinet longeant la Loire.

Géographie[modifier | modifier le code]

Long de 55,6 km, il comporte dix écluses et relie les villes de Roanne (42) et Digoin (71).

À Chavane, sur la commune de Chassenard (03) à un kilomètre de Digoin, il rejoint le canal latéral à la Loire qui forme son prolongement vers Briare. De l'autre côté, le même canal latéral à la Loire va, après avoir franchi la Loire au moyen du pont-canal de Digoin, se raccorder un kilomètre plus loin au canal du Centre qui le relie à la Saône et donc au bassin du Rhône.

À Roanne le canal prend naissance dans le bassin du port, en communication directe avec la Loire qui l'alimente.

  • Altitude à Roanne : 268,5 m
  • Altitude à Chavane : 231 m
  • Chute moyenne de six de ses dix écluses : 3 mètres
  • Plus haute chute : écluse no 7 de Bourg-le-Comte, 7,19 m

Deux autres écluses, Artaix no 4 et Chassenard no 8, présentent chacune une chute de 6 m. Celle de Roanne, à l'opposé, n'a qu'un dénivelé de 0,6 m.

Autre ouvrage remarquable présent sur le parcours du canal, le pont-rivière de l'Oudan, à la sortie de Roanne. Ce « pont-canal à l'envers » (la rivière passe au-dessus du canal et non l'inverse comme d'habitude) est dû au même ingénieur qui a conçu le pont-canal de Briare : Léonce-Abel Mazoyer. Il y a appliqué la même technique de la bâche métallique, fabriquée à Bourges, aux forges de Mézières. Ce pont-rivière est lancé le 27 août 1897, lors des travaux d'élargissement du canal.

Historique[modifier | modifier le code]

Le canal à Artaix

Le canal de Roanne à Digoin est un des très nombreux canaux inscrits dans le « plan Becquey » défini par les lois du 5 août 1821 et 14 août 1822 par le ministre et directeur des Ponts et Chaussées Louis Becquey. Le but du canal est de suppléer à l'insuffisance de la Loire face à la demande croissante de l'industrie en plein essor (c'est la Révolution industrielle). Sa deuxième fonction est de contribuer à l'alimentation en eau du Canal latéral à la Loire.

Les travaux débutent en 1832, et le canal est ouvert en 1838, en même temps que le canal latéral à la Loire[1]. La société le gérant fut parmi les premières cotées à la Bourse de Paris.

Le canal est financé par la Compagnie Franco-Suisse composée de financiers roannais et genevois. Son siège est à la banque Devillaine, près du carrefour Helvétique qui tire son nom de cette compagnie. Le bâtiment de la banque deviendra par la suite la sous-préfecture de Roanne.

L'ingénieur chargé des travaux du canal est Louis Marie Hyacinthe Pascal, quoique la conception de l'ensemble soit fréquemment attribuée à Joseph Benoît de Varaigne, concepteur du pont de Loire à Roanne[2].

Il comporte alors treize écluses de 31 m sur 5,2 m. Son mouillage est de 1,6 m pour accueillir des bateaux enfonçant 1,2 m, sa hauteur libre sous ouvrages est de 3 m. Les bateaux peuvent porter jusqu'à 150 tonnes. C'est le « gabarit Becquey ».

Un barrage est établi sur la Loire, à Roanne, afin d'en relever le niveau pour alimenter le canal par un passage entre eux deux, le « linquet ». Ce premier barrage est emporté par la crue de 1846, et remplacé aussitôt par un autre, bien plus en aval, composé d'un déversoir fixe en oblique, et d'une passe navigable mobile à aiguilles de 70 m de large.

En 1863, le canal est racheté par l'État qui entreprend de grands travaux de transformation pour le rendre plus compétitif par rapport à la voie ferrée déjà très agressive.

Entre 1890 et 1905, le canal est mis au gabarit Freycinet. Les écluses sont ramenées au nombre de dix, aux dimensions de 39 m sur 5,2 m. Trois groupes de deux écluses très rapprochées sont transformés en écluses de haute chute, les trois mentionnées plus haut. Le mouillage est porté à 2,2 m, la hauteur libre à 3,5 m. Les bateaux peuvent porter 250 tonnes, et parfois même 280.

L'ingénieur chargé de ces travaux est le célèbre Léonce-Abel Mazoyer (1846-1910), auteur du pont-canal de Briare. Il est secondé par l'ingénieur ordinaire Lesierre.

En 1909, le barrage de 1846 est remplacé par un troisième ouvrage, un peu plus en amont, entièrement mobile. Ce barrage est modernisé en 1939, puis restauré à partir de début 2005.

Le fret était une fonction essentielle du Canal, vu ici dans l'Entre-deux-guerres.

L'apogée du transport sur ce canal se situe en 1917. Elle correspond avec la mise en chantier de l'arsenal de Roanne, qui disposera de son propre port sur le canal, avec pont mobile. Néanmoins, la chute de son fret ne sera dramatique qu'à partir des années 1960 et surtout 1970. On parle même de le couvrir en partie pour en faire une voie rapide.

En juin 1992, la CCI de Roanne décide l'arrêt de l'exploitation commerciale du port de Roanne. La navigation de plaisance a déjà pris le relais. Dès lors, le port de Roanne commence à être réaménagé pour cet usage.

Le canal est géré et entretenu (tant bien que mal, à cause de l'effectif réduit : 11 personnes en tout et pour tout)[non neutre] par la DDE de la Nièvre, subdivision de Decize. Il est à cheval, pour un tiers chacun, sur trois départements, la Loire, la Saône-et-Loire et l'Allier qui appartiennent à trois régions différentes : Rhône-Alpes, Bourgogne et Auvergne, ce qui ne va pas dans le sens d'une simplification de sa gestion.

Il appartient encore aux Voies navigables de France, c’est-à-dire à l'État. Mais sa vente aux collectivités locales est envisagée dans le cadre de la mise en place d'un « réseau régional » dévolu au tourisme.

Liste des écluses[modifier | modifier le code]

Ecluse du Canal à Roanne
  1. Roanne
  2. Cornillon
  3. Briennon
  4. Artaix (autrefois deux écluses rapprochées)
  5. Montgrailloux
  6. Chambilly
  7. Bourg-le-Comte (autrefois deux écluses rapprochées)
  8. Chassenard (autrefois deux écluses rapprochées)
  9. Beugnets (commune de Chassenard)
  10. Bretons (commune de Chassenard)

Liste des biefs[modifier | modifier le code]

  1. No 1 Port de Roanne
  2. No 2 Cornillon
  3. No 3 Briennon
  4. No 4 Artaix
  5. No 5 Montgrailloux
  6. No 6 Chambilly
  7. No 7 Bourg le Comte
  8. No 8 Chassenard
  9. No 9 Beugnets
  10. No 10 Bretons

Ports[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références
  1. Un canal… des canaux, sous la direction de Pierre Pinon, Picard et CNMH éditeurs
  2. « Canal de Roanne à Digoin — De Varaigne vs Pascal », sur projetbabel.org (consulté le 18 septembre 2013)