Lénition

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La lénition (ou adoucissement[1]) est une modification phonétique qui consiste en un affaiblissement de l'articulation des consonnes, à savoir le passage d'une série dite « forte » (fortis) à une série dite « douce » (lenis). Elle se traduit par une élévation de la consonne affectée sur l'échelle de sonorité. C'est le phénomène inverse du durcissement.

Cet affaiblissement peut se produire :

Diversité du phénomène de lénition: quelques illustrations[modifier | modifier le code]

La lénition se manifeste de manières variables, suivant la hiérarchie (du degré le plus fort au plus faible) : consonne non voisée > voisée ; consonne géminée (double) > simple ; occlusive > affriquée > constrictive > sonnante > semi-voyelle.

Elle intervient dans diverses positions:

(a) entre voyelles (position intervocalique)

C'est le cas le plus fréquent, illustré par les exemples donnés plus haut (autres exemples, cf. l'article Mutation consonantique).

(b) en initiale absolue devant voyelle

Adoucissement des occlusives tendues dans certains parlers bavarois: Pech > Bech « malchance », Tag > Dåg « jour », Knecht > Gnecht « valet ».

Le corse[2] présente un cas intermédiaire entre (a) et (b) et oppose la lénition des consonnes initiales après voyelle atone, au phénomène inverse (durcissement) après voyelles toniques :

  • ['trɛ 'ppani] « trois pains » / [u 'banɛ] « le pain ».

(c) devant consonne

Telle est la spirantisation des occlusives sonores dans une série de mots du russe parlé : когда « quand », translit. kogda, transcription [kʌɣda].

(d) en position finale

Spirantisation de la finale : hébreu מלך melex « roi », comparer avec מלכה malka « reine ».

Stade ultime de la lénition : chute de la consonne[modifier | modifier le code]

En diachronie, la lénition est souvent une étape menant à la disparition pure et simple de la consonne. Ainsi s'explique la finale -ée, des participes passés français :

  • latin portata > ancien français porté(d)e (d présent dans de nombreuses langues romanes modernes) > français moderne portée[3].

Cf. aussi la réalisation fréquente du mot russe ci-avant : [kʌda].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Georges Mounin, Dictionnaire de la linguistique, Paris, PUF (coll. Quadrige), 1993, [rééd.]), s. v.[Quoi ?]
  2. J.-Ph. Dalberra & M.-J. Dalberra-Stefanaggi, « Grands corpus dialectaux ou la phonologie indiscrète », revue en ligne Corpus.
  3. P. Fouché, Morphologie historique du français moderne, Paris, Klincksieck (coll. « Tradition de l'humanisme », IV), 1981 (2e éd.), chap. IV.

Articles connexes[modifier | modifier le code]