Vidourle

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43°32′8″N 4°8′3″E / 43.53556, 4.13417

Vidourle
Le Vidourle à Sommières.
Le Vidourle à Sommières.
Caractéristiques
Longueur 95,3 km
Bassin 1 335 km2
Bassin collecteur Vidourle
Débit moyen 7,54 m3⋅s-1 (Marsillargues)
Cours
Source Saint-Roman-de-Codières
· Altitude 630 m
Se jette dans Mer Méditerranée
Géographie
Pays traversés Drapeau de France France

Le Vidourle (Vidorle en occitan) est un fleuve côtier français des Cévennes, du département du Gard, puis à cheval avec le département de l'Hérault dans sa basse vallée à partir de Boisseron, dans la région Languedoc-Roussillon. Il se jette dans la mer Méditerranée.

Sommaire

Géographie [modifier]

Il prend sa source dans les Cévennes, dans le département du Gard, au-dessus de Saint-Hippolyte-du-Fort, sur la commune de Saint-Roman-de-Codières (alt. 630 m), au nord de la montagne de la Fage qui culmine à 931 m. Il se jette dans la Méditerranée, 95,3 km[1] plus loin au Grau-du-Roi. Autrefois doté d'un delta, il a vu son cours détourné durant la seconde moitié du XXe siècle, d'une part par l'installation de portes sur le canal du Rhône à Sète, l'empêchant de rejoindre la Pointe de la Radelle où il se jetait dans l'étang de l'Or ou de Mauguio en cas de crue, d'autre part lors de la construction de la station balnéaire de La Grande Motte au milieu des années 1960. Insuffisamment canalisé vers la mer et ne bénéficiant plus de ses zones d'expansion naturelle, ses eaux s'écoulent avec grande difficulté en cas de « Vidourlade » (crues dangereuses).

Vidourlade à Sommières en 2002


Histoire [modifier]

La régression des populations sauvages de castors, puis les drainages et les déforestations entamées il a probablement plus de 2000 ans ont probablement augmenté le régime des crues. Des gués puis des ponts ont été peu à peu respectivement aménagés et construit pour permettre de traverser la rivière, avec le bétail souvent.

Au moment de la révolution française, l'abolition des privilèges et le partage des bois et près communaux a exacerbé les défrichements, en montagne notamment. Les coupes rases ou cultures sur brûlis dégradent les sols et sont emportés par l'érosion ; Le Vistre connait alors de nombreux débordement et charrie une eau de plus en plus turbide. Dans le département du Gard, les administrateurs, de hauts fonctionnaires, l'ingénieur en chef et des agronomes scandalisés alertent le gouvernement et les députés ; « On brûle les bois de haute futaie pour y semer du blé. On détruit les bois jusque sur les revers des montagnes du nord, et maints incendies on détruit des bois ». M. Mons évalue alors la perte causée par seuls les torrents du Vistre et du Vidourle à un million de francs (de l'époque). « On a ensemencé jusqu'à trois fois et inutilement la plaine. Les débordements perdent tous les blés, et souvent à la veille de la moisson. Les bois sont devenus rares en raison de la fureur des défrichements. Les forêts ne sont plus que de vastes garrigues (../..)Le Gard s'élève aujourd'hui jusqu'à 18 ou 2o pieds et détruit tout dans sa course »[2].

Ses affluents [modifier]

Hydrologie [modifier]

Débordement du Vidourle à Sommières en 2002

Le Vidourle peut connaître des crues spectaculaires : "les vidourlades". Les villes de Quissac et de Sommières furent particulièrement touchées par ces vidourlades le 15 septembre 1575, le 3 juillet 1684, en octobre 1689, du 1er au 3 octobre 1723, le 18 novembre 1745, le 6 octobre 1812, le 17 septembre 1858, en 1891, le 26 septembre 1907, 16 octobre 1907, le 27 septembre 1933, le 4 octobre 1958 et enfin le 9 septembre 2002 notamment, crue inédite au cours de laquelle il a atteint la cote record de 8,20 m en amont du pont romain de Sommières, passant à travers les rambardes de l'ouvrage.

Cette cote ne peut cependant être considérée comme toute a fait exacte compte tenu que l'échelle des crues (qui a souvent varié depuis 150 ans ) se trouve en aval du pont et que celui-ci forme "barrage" avec remous : 0,90m de différence de hauteur d'eau entre l'amont et l'aval du pont ce jour là ... Il ne peut donc s'agir donc que d'approximations, une approche plus réaliste peut se faire sur la Place du Marché par exemple, par différence entre la côte de sortie sur la Place (de l'ordre de 2,40 m) et la hauteur mesurée sur les immeubles. Cependant, dans la grande rue marchande Antonin Paris, le niveau de 2002 a dépassé de 30 cm les crues records de 1933 et 1958 ...

Son débit est souvent faible en été, presque à sec, il n'est guère impressionnant ; le minimal est de 3 m3/s. En revanche, en cas de crues, il peut facilement atteindre 1 500 m3/s, soit le débit de la Seine en crue (plus de 2 650 m3/s à Sommières le 9 septembre 2002 ; à titre de comparaison, le débit maximal de la Seine, lors de la grande crue de janvier 1910 ne fut « que » de 2 400 m3/s).

Principales villes et villages traversés [modifier]

Embouchure du Vidourle de la Passe des Abymes entre les départements de l’Hérault (gauche) et du Gard (droite).

Saint-Roman-de-Codières, Cros, Saint-Hippolyte-du-Fort, Sauve, Quissac, Vic-le-Fesq, Lecques, Salinelles, Sommières, Villetelle et Marsillargues. Le Vidourle passe également à proximité de Gallargues-le-Montueux, sous le Pont Ambroix au pied de l'oppidum d'Ambrussum, de Lunel, d'Aimargues, de Saint-Laurent-d'Aigouze, d'Aigues-Mortes et entre le Grau-du-Roi et La Grande Motte.

Divers [modifier]

La fertilité du fleuve représente un atout de taille, mais il fut endigué en plaine dès le Moyen Âge et plus récemment au XVIIIe siècle par l'ingénieur Henri Pitot. Pendant longtemps, le Vidourle a fait tourner les moulins à huile et à grain. Il était indispensable au fonctionnement des tanneries.

Le Vidourle n'a jamais communiqué facilement avec la mer : il se perdait autrefois dans les marais de Saint-Laurent-d'Aigouze et, pour partie, se jetait dans l'étang de Mauguio.

Aujourd'hui, des embouchures artificielles le mènent à la mer Méditerranée en passant d'une part par un canal qui traverse le Grau-du-Roi et d'autre part par l'étang du Ponant au passage dit Passage des Abimes. Des travaux ont été faits tant en amont du Grau-du-Roi (au Boucanet) qu'en amont des Abimes (aménagement du Ponant) mais il s'agissait là de ses sorties naturelles; une autre sortie existait, au Boucanet même, celle dite du Château Leenhardt, elle a aujourd'hui été totalement transformée par les infrastructures de la ville.

À noter aussi l'aménagement de la fin des années 1960 au début des années 1980, sur le bassin amont, de trois barrages écrêteurs de crues : Conqueyrac, Ceyrac et La Rouvière. Mais ces derniers ne purent contenir la catastrophe de 2002, à peine l'atténuer selon les études[réf. nécessaire], étant donné l'ampleur, l'extension et la virulence de l'événement qui plus est inédit dans sa longueur. Un tel enchaînement n'avait pas été imaginé.

Notes et références [modifier]

  1. SANDRE, « Fiche fleuve le vidourle (Y34-0400) ». Consulté le 4 octobre 2008
  2. Becquerel (Antoine César, M.), Mémoire sur les forêts et leur influence climatérique (exemplaire numérisé par Google) ; 1865 voire pages 43 et suivantes

Voir aussi [modifier]

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Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]