Amboise

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Amboise (homonymie).
Amboise

{{{image-desc}}}

Amboise#Héraldique
Détail
Administration
Pays France
Région Centre
Département Indre-et-Loire
Arrondissement Tours
Canton Amboise
Code Insee abr. 37003
Code postal 37400
Maire
Mandat en cours
Christian Guyon
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes Val d'Amboise
Site internet site officiel de la ville
Démographie
Population 13 063 hab. (2009)
Densité 321 hab./km²
Gentilé Amboisiens ou Ambaciens
Géographie
Coordonnées
géographiques
47° 24′ 15″ Nord
         0° 58′ 48″ Est
/ 47.404167, 00.98
Altitudes mini. 52 m m — maxi. 127 m m
Superficie 40,65 km²

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Ville historique d'Indre-et-Loire, Amboise est située sur les bords de la Loire, dans l'arrondissement de Tours.

Cette cité est l'une des grandes étapes touristiques du Val de Loire. Elle doit sa renommée au célèbre château qui la domine, à la porte de l'Horloge, à l'église Saint-Denis, au Clos Lucé, où s'éteignit Léonard de Vinci, et à la proche pagode de Chanteloup. Son nom est aussi attaché à la sanglante conjuration de 1560.

Sommaire

[modifier] Héraldique

Blason d'Amboise

Les armes d'Amboise se blasonnent ainsi :

Palé d'or et de gueules de six pièces, au chef d'azur chargé de trois fleurs de lys d'or

[modifier] Géographie

Amboise s'étend, pour l'essentiel, sur la rive sud de la Loire, à un endroit où le fleuve se sépare en deux bras. Il enserre une île (dénommée île Saint-Jean, en souvenir d'un prieuré malmené par les crues, Grande-Île ou Île-d'Or), qui fait partie du territoire communal.

Bord de Loire à Amboise

La ville est protégée des crues de la Loire, au sud, par de très puissantes digues (promenade du Mail, en forte surélévation par rapport aux premières maisons). Le faubourg établi sur la vaste île fut cantonné dans sa partie la plus élevée et défendu des hautes eaux par une digue (1780).

La cité ancienne est surplombée par le plateau sur lequel est établi son château.

Amboise s'est également développée au nord de la Loire, avec le quartier de la gare.

Communes limitrophes : Lussault-sur-Loire, Saint-Martin-le-Beau, La Croix-en-Touraine, Civray-de-Touraine,Souvigny-de-Touraine,Saint-Règle, Chargé, et du coté nord de la Loire : Nazelles-Négron, Pocé-sur-Cisse et Limeray.

[modifier] Histoire

[modifier] Préhistoire et antiquité

Le plateau des Châtelliers, sur le bord duquel est bâti le château d'Amboise, recèle un des plus importants site néolithique chasséen des Pays de Loire, découvert lors de fouilles effectuées par A et S Högström entre 1954 et 1957. On y découvrit en particulier une idole féminine remarquable.[1]

Les fouilles mirent également à jour un dépôt de l'âge du bronze final et un atelier de fondeur. Selon la tradition, vers -300 les druides du pays chartrain auraient formé un établissement, administré par un vergobret, sur le rocher qui domine la zone marécageuse où la petite rivière l'Amasse se jette dans la Loire.[2] Pour certains, Amboise pourrait avoir été le centre religieux et commercial initial de la tribu des Turones.[3]

D'après une chronique de la fin du XIIe siècle,[4] Jules César y installa un camp, après le siège de Bourges en -51. Il y aurait construit un palais foteresse et une colossale statue du dieu Mars[5]. Près du château il existe en effet, sur le plateau des Châtelliers, un lieu-dit "le camp de César" qui est bordé par un fossé considérable et garni en son centre d'un tumulus important. On n'y a pas trouvé de vestiges romains, mais de nombreuses monnaies celtiques. On pourrait en déduire qu'il s'agirait effectivement d'un campement romain provisoire contenant des restes de pillages, mais il semble plus probable que se soit les restes d'un oppidum, ultime retranchement Turones durant la révolte de Sacrovir, à l'époque de Tibère, en l'an 21.[6]

Vers 285, la région fut envahie par les Bagaudes, troupe hétéroclite révoltée contre l'occupation romaine. Entre autres ravages, ils démolirent la construction romaine mais laissèrent en place la statue de Mars. Vers 376, Anicien, envoyé par l'empereur Gratien en qualité de comte de Tours prit possession des lieux et y fit reconstruire la forteresse. Il contruisit également les ponts de bois qui traversaient la Loire de part et d'autre de l'Ile d'or.

Le lieu prit alors le nom latin d'«Ambacia», «Ambatia» ou « Ambasi»,[7] appellation qui apparaît pour la première fois dans les textes qu'au IVe siècle[8]. Une ville se développa sur le coteau opposé au promontoire, par delà le marais de l'Amasse progressivement assèché, aux alentours de l'actuelle église Saint Denis, quartier qui fut longtemps surnommé « la vieille Rome  ». C'était une étape sur la voie suivant la Loire entre Orléans (Genabum) et Angers (Juliomagus) en passant par Tours (Turonorum). C'est sur ce site que fut construite la première chapelle chrétienne qui devint une église dès 475. Saint Perpet, évêque de Tours y légua une croix et des reliques qui furent conservées en l'église Saint Denis jusqu'à la révolution.

Sulpice-Sévère relate que c'est Saint Martin qui, vers 374, dans sa campagne d'évangélisation de la Touraine, renversa miraculeusement l'idole qui subsistait sur le promontoire :

« Dans le bourg d'Amboise (c'est-à-dire dans le vieux château, maintenant habité par un grand nombre de moines) on voyait un temple d'idoles élevé à grands frais. C'était une tour bâtie en pierres de taille, qui s'élevait en forme de cône, et dont la beauté entretenait l'idolâtrie dans le pays. Le saint homme avait souvent recommandé à Marcel, prêtre de cet endroit, de la détruire. »
« Étant revenu quelque temps après, il le réprimanda de ce que le temple subsistait encore. Celui-ci prétexta qu'une troupe de soldats et une grande foule de peuple viendraient difficilement à bout de renverser une pareille masse de pierres, et que c'était une chose impossible pour de faibles clercs et des moines exténués. Alors Martin, recourant à ses armes ordinaires, passa toute la nuit à prier. Dès le matin s'éleva une tempête qui renversa le temple de l'idole jusque dans ses fondements. Je tiens ce fait de Marcel, qui en fut témoin. »[9]

Durant la période gallo-romaine, Anicien avait été nommé comte de Tours par l'empereur Gratien. A sa mort, Amboise devint la propriété de sa fille Placide, qui légua la ville à sa fille Fauste, épouse d’un certain Billejus avec lequel elle eut une fille nommée Lupa (Louve)[10]. Ses enfants étant morts prématurément, elle légua tous ses biens à Clovis 1er qui devint ainsi propriétaire d'Amboise.[11]

[modifier] Moyen-Âge

Au début du VIe siècle des rivalités permanentes, à la fois territoriales et religieuses, opposaient les Francs saliens, chrétiens, dirigés par Clovis, qui occupaient le nord de la Gaule, et les Wisigoths, ariens, dirigés par Alaric II, qui en occupaient le sud-ouest. Pour tenter d’y mettre fin, le roi des Ostrogoths, Théodoric le Grand, écrivit des lettres aux deux protagonistes pour les convaincre de trouver un accord. Cette démarche aboutit en 504 à une rencontre entre les deux rois qui se déroula sur l’île d’Or d'Amboise (actuellement Ile saint Jean). Les deux rivaux se promirent une alliance éternelle qui demeura lettre morte, puisque le différent ne fut réglé que par la mort d’Alaric II à la bataille de Vouillé en 507. En 546 le seigneur d’Amboise était Saint Baud évêque de Tours, sans que l’on sache au juste la nature de son lien de dépendance au roi Clotaire Ier. Ensuite on ne dispose plus d'informations historiques jusqu'au milieu du IXe siècle.

Amboise vue du château

En 840, au cours des invasions normandes, les ponts de bois qui traversaient la Loire furent détruits. Le château fut à nouveau ravagé par les normands en 853, puis en 878. Dans le dernier quart du IXe siècle, une certaine Aelindis reçut en dot de ses oncles Adalard (Adalardus) archevêque de Tours de 875 à 890 et Rainon ou Renaud (Regino) évêque d’Angers, le fief d’Amboise, lors de son mariage avec Ingelger, vicomte d'Angers. Vers 878, à la demande des deux prélats, Louis II de France dit le Bègue fit relever et fortifier le château et reconstruire les ponts. A cette époque le territoire d'Amboise était divisé en trois seigneuries dont la plus importante (La Maison consulaire) était celle attribuée à Ingelger. La seconde seigneurie (dite de la Tour) appartenait à Sulpice Ier de Buzançais, père d’Hervé, futur trésorier de l'abbaye Saint-Martin de Tours. La troisième était celle dite de la Motte. Ces trois seigneurs s'opposaient fréquemment, ce qui n'était guère favorable au développement de la ville d'Amboise. Très occupé à rétablir la paix dans la région, Ingelber confia Amboise à Robert, fils de Haimo, un homme puissant qui lui était fidèle et qui possédait une partie de la forteresse par droit héréditaire.

Durant la période allant de 878 à 1107, les deux principales seigneuries d'Amboise cohabitèrent:

Au retour de croisade, Foulques Nerra confia la garde du château à Lisois dont il avait apprécié l'intelligence et le courage à ses côtés. Lisois épousa Hersende de Buzançais, fille d'Archambaut et nièce de Sulpice, réunissant ainsi château et bourg et créant la Maison d'Amboise.


[modifier] Renaissance

L'histoire de la ville se confond pour l'essentiel avec celle de son château. Très attaché à la vieille forteresse où il avait passé sa jeunesse, Charles VIII avait décidé sa métamorphose au lendemain de son mariage avec Anne de Bretagne. Louis XII et, surtout, François 1er, qui donna ici fête sur fête, poursuivirent les aménagements.

[modifier] Période moderne

[modifier] Période contemporaine

[modifier] Seconde Guerre mondiale

Pendant la bataille de France, à partir de fin mai 1940, Amboise devient le point de passage d’un flot continu de réfugiés fuyant l’avancée ennemie, bientôt suivis par les soldats en déroute. La solidarité des habitants s’organise autour de la Croix-Rouge, permettant d’offrir de l’assistance aux plus fragiles et de servir jusqu’à 50 000 repas par jour.

Après la chute de Paris le 10 juin, le haut commandement militaire tente d’établir une ligne de résistance sur la Loire. Les 16 et 17 juin, des avions ennemis[13] bombardent la cité et détruisent notamment la gendarmerie. Le 17 juin à 16h30 les soldats du génie font sauter la partie du pont séparant l’île d’Or du pied du château. La défense de la ville est assurée par une unité de chasseurs, renforcée par le 21e bataillon d’infanterie coloniale du Maroc et quelques autres éléments.

Les premiers dommages importants sont causés le 18 juin par une erreur de tir de la batterie française de 155 installée à Chanteloup : un obus destiné aux assaillants incendie le pavillon de Penthièvre du château qui est totalement détruit. En empruntant la partie nord du pont restée intacte, les allemands s’installent sur l’île d’Or et dirigent un feu intense sur les défenseurs réfugiés dans le château. Des salves de l’artillerie française infligent des pertes considérables aux convois allemands, mais ne peuvent empêcher le franchissement par bateaux de la Loire en amont, à hauteur de Chargé. Malgré la résistance acharnée de ses défenseurs, la ville tombe le 19 juin en fin d’après-midi.

Les dégâts infligés par les combats touchent essentiellement le château et les bâtiments alentours dans la ville et sur l’île d’or : chapelle Saint-Hubert gravement atteinte, toitures éventrées, tours et terrasses criblées d’impacts, plusieurs habitations très endommagées. Dès le 20 juin, les allemands installent un pont de bateaux, remplacé en juillet par une passerelle en bois et un bac. Pendant l'occupation, un camp de 600 soldats prisonniers est installé au lieu-dit « la Patte d’Oie ».[14] [15]

[modifier] Principaux monuments

Le château d'Amboise

[modifier] Personnages célèbres

L'importance du château royal explique souvent que le nom de nombreux personnages relativement connus ou célèbres soit attaché à Amboise.

[modifier] XXe siècle, et contemporains

Politique

Art

[modifier] XIXe siècle

  • L'émir Abd El-Kader, fondateur de l'état algérien, fut assigné à résidence au château d'Amboise de 1848 à 1852.

[modifier] XVIIIe siècle

[modifier] XVIIe siècle

[modifier] XVe siècle et XVIIIe siècle

  • Léonard de Vinci, invité par François 1er, finit ses jours dans au Clos Lucé, sa résidence de 1516 à 1519.
  • Le roi Charles VIII naquit et mourut à Amboise (1470-1498)
  • Claude Chappuys, écrivain de la Renaissance, gardien de la Bibliothéque royale et valet de chambre de François Ier de 1532 à 1565, proche parent du Sommelier de l'Echansonnerie du Dauphin, Héliot Chapuis (1468)[17].
  • Gabriel Chapuis, né à Amboise entre 1546 et 1550, neveu de Claude Chappuys. Historiographe de France, secrétaire-interpréte du Roi[18].

[modifier] Démographie

Les habitants sont appelés Amboisiens ou Ambaciens.[19]

Évolution démographique
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
5 659 5 113 5 097 5 276 4 613 4 695 4 715 4 956 4 762
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
4 433 4 570 4 188 4 216 4 475 4 167 4 592 4 480 4 463
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
4 538 4 731 4 660 4 625 4 483 4 129 4 236 4 443 6 736
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2008 2009 -
7 953 8 625 10 680 10 857 10 982 11 457 12 400 13 063 -

Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes

Graphique d'évolution de la population, 1794-2008

  • En 1946, la commune de Saint-Denis-Hors a été intégrée dans Amboise.
  • Amboise est le cœur de la deuxième agglomération d'Indre-et-Loire en terme de population (16 037 habitants en 1999), après celle de Tours.

[modifier] Jumelages

[modifier] Notes et références

  1. Le site chasséen du plateau des Châtelliers à Amboise - G Cordier - Revue archéologique du centre de la France - Joué-lès-Tours - 1995 - V34 - pp109-155
  2. Essais historiques sur la ville d'Amboise -M F Cartier - Les éditions du Bastion - 1842
  3. La touraine des origines à nos jours - Collectif - Editions Bordessoules - 1982 p46
  4. Chroniques des comtes d’Anjou et des seigneurs d’Amboise - Jean de Marmoutier - L. Halphen et R. Poupardin - Paris - Picard - 1913
  5. Ou peut-être de Jupiter à l'image du pilier trouvé à Yzeures-sur-Creuse.
  6. Essais historiques sur la ville d'Amboise - M F Cartier - Les éditions du Bastion - 1842
  7. On trouve également « Ambacca », « Ambaciaco » ou « Ambaciavico » sur des monnaies mérovigiennes.
  8. Vicus Ambatiensis
  9. Vie de Saint Martin - Sulpice-Sévère - traduction Richard Viot - Mame - Tours - 1861 p118
  10. Parfois nommée Léonne (Lionne)
  11. Chroniques des comtes d’Anjou et des seigneurs d’Amboise - Jean de Marmoutier - L. Halphen et R. Poupardin - Paris - Picard - 1913
  12. Jean Orieux, Catherine de Médicis ou La Reine noire, Flammarion 1986.
  13. Faussement identifiés comme étant Italiens
  14. Thierry Vivier, Amboise dans la tourmente de la guerre et de l'occupation, éditions Alan Sutton, 2006
  15. Robert Vivier, Touraine 39-45, CLD, 1990
  16. Voir le site: www.tdnuit.net
  17. Source : minus.stools.net
  18. Source : minus.stools.net
  19. habitants.fr, « Nom des habitants des communes françaises ». Consulté le 23 juillet 2008

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens internes

Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur Amboise.

[modifier] Liens externes

[modifier] Bibliographie

  • Vie de Saint Martin - Sulpice-Sévère - traduction Richard Viot - Mame - Tours - 1861
  • Gesta Consulum Andegavorum par Jean de Marmoutier - Traduite en française par Louis Halphen et René Poupardin sous le titre "Chroniques des comtes d’Anjou et des seigneurs d’Amboise" Paris - Picard - 1913
  • Essais historiques sur la ville d'Amboise - M F Cartier - Les éditions du Bastion - 1842
  • Itinéraire historique et monumental en Touraine - J-X Carré de Busserole - 1891
  • Amboise dans la tourmente de la guerre et de l'occupation - Thierry Vivier - éditions Alan Sutton - 2006
  • Le Guide vert : Châteaux de la Loire, Michelin, Paris, plusieurs rééditions..
Ce document provient de « http://fr.wikipedia.org/wiki/Amboise ».
Créer un livre