Adour

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Adour
L'Adour à Bayonne.
L'Adour à Bayonne.
Bassin de l'Adour.
Bassin de l'Adour.
Caractéristiques
Longueur 309,2 km [1]
Bassin 16 880 km2
Bassin collecteur Bassin de l'Adour
Débit moyen 350 m3/s (Boucau)
Régime pluvio-nival
Cours
Source Pic du Midi de Bigorre, Pyrénées
· Localisation La Mongie, France
· Altitude 2 150 m
· Coordonnées 42° 54′ 39″ N 0° 08′ 43″ O / 42.9108, -0.1453 (Source - Adour)  
Embouchure Océan Atlantique
· Localisation Anglet/Tarnos, France
· Altitude 0 m
· Coordonnées 43° 31′ 49″ N 1° 31′ 30″ O / 43.5303, -1.525 (Embouchure - Adour)  
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche Échez, Léez, Gabas, Louts, Luy, Gaves réunis, Bidouze, Nive
· Rive droite Arros, Midouze
Pays traversés Drapeau de la France France

L'Adour est un fleuve du bassin aquitain dans le sud-ouest de la France, classé site Natura 2000 (SIC/pSIC)[2]. D'une longueur de 307,1 km (en France : 308,8 km)[1], il prend sa source dans le massif pyrénéen du Pic du Midi de Bigorre, au col du Tourmalet (Hautes-Pyrénées) et se jette dans l'océan Atlantique après Bayonne, à Tarnos (Landes) pour la rive droite et Anglet (Pyrénées-Atlantiques) pour la rive gauche.

Étymologie[modifier | modifier le code]

En gascon, adour (terme ancien) signifie « source », « cours d'eau » et adourgà ou adorgar signifie « irriguer ». Le mot adur s'est spécialisé en basque dans le sens de 'destin', « onde magique » (sens présumé de « humeur »).

Adour, en basque Aturri, en latin Aturrus, est un nom de rivière pré-latin peut-être apparenté aux mots basque iturri « source » et languedocien teron « fontaine ». On lui doit les noms de rivières Eure (Atura), Aar (Arura), Arroux (Aturauos), Arve (Aturaua), Orne (Otorna), Ourcq (Aturicos) ou de ville espagnoles : Tarazona (< Turiasso; Aragon), Tossa de Mar (< Turissa; Catalogne), Túria (Aragon, Valence), etc. sans oublier Aire-sur-l'Adour (Atura, du nom au fleuve).

Au XIVe siècle, le chroniqueur Jean Froissart mentionnait l'Adour en ces termes « la belle rivière de Lisse qui court tout au milieu de Tarbes » .

On peut aussi rapprocher la racine -adour du brittonique Dwr (Dour, en breton), signifiant « eau ».[réf. nécessaire]

Hydronymie[modifier | modifier le code]

L'hydronyme Adour apparaît sous les formes Aturus (Ier siècle[3], Lucain), ό Aτoύρις (IIe siècle, Ptolémée), Aturrus Tarbellicus et Atyr (IVe siècle[3] pour ces deux formes, Ausone), Alpheanus et Aturris (vers 982[3] pour ces formes, cartulaire de Saint-Sever[4]), Ador et Audor (respectivement 1241[3] et 1319[3], rôles gascons).

Géographie[modifier | modifier le code]

L'Adour se forme dans la vallée de Campan en Haute-Bigorre de la réunion de trois torrents :

L'Adour s'écoule vers le nord sur près d'une centaine de kilomètres à travers les Hautes-Pyrénées jusqu'au département du Gers. Là, il s'oriente vers l'ouest, contournant le vignoble de Madiran, et rejoint le département des Landes où il sépare les coteaux prépyrénéens de Chalosse (au sud) des Landes de Gascogne (au nord).

Il est rejoint à Port-de-Lanne par les Gaves réunis, de débit supérieur, qui apportent les eaux du Lavedan, du Haut-Béarn et de Soule. Puis il se jette dans l'océan Atlantique entre les Pyrénées-Atlantiques (Anglet) et les Landes (Tarnos).

Autrefois, l'Adour se terminait par un delta correspondant au Maremne, autour de son estuaire principal de Capbreton. Son exutoire actuel dans l'Atlantique, à hauteur d'Anglet, lui a été donné en 1578.

L'Adour est un des rares fleuves européens à posséder encore des frayères à saumons (Salmo salar).

Dans un lointain passé géologique, l'Adour a creusé une profonde vallée, aujourd'hui sous-marine. À 35 km au large, l'entaille atteint 1 000 à 1 500 mètres de profondeur : c'est le Gouf de Capbreton, qui ne se résorbe dans la grande déclivité océanique qu'à 50 km de la côte.

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : Estimé à la confluence des Gaves réunis et de l’Adour, excluant la Bidouze

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Derrière les « grands fleuves » français, l'Adour est le fleuve côtier le plus important par son débit, alors qu'il est devancé par la Dordogne et la Charente par la longueur.

Ce fleuve de type montagnard, de régime pluvio-nival, est redouté pour ses crues, avec des débits journaliers jusqu'à 2 000 m3⋅s-1 et des étiages jusqu'à 30 m3⋅s-1.

Sous-bassin Surface
(km2)
Débit annuel moyen
(m3/s)
Moyen-Adour 5780 64,2
Midouze 3590 20,5
Gaves 5400 182
Affluents basques 2110

L'Adour est navigable sur 75 km, sans écluse. C'est un cours d'eau de première catégorie (torrentiel) en amont de Maubourguet.

Les déviations et leurs conséquences[modifier | modifier le code]

À l'époque glaciaire, l'Adour a creusé le Gouf de Capbreton, un fjord aujourd'hui sous-marin qui entaille profondément le plateau continental sur 50 km au large de l'ancienne rade de Capbreton (aujourd'hui le lac d'Hossegor et celui de Moïsan).

Grâce à des documents anciens, on peut suivre la course capricieuse imposée à l'Adour par les sables.

L'Adour a souvent changé d'embouchure. Il errait au gré de l'ensablement de son delta de Trossoat (devenu le Boucau nau 'nouvelle embouchure') au Plecq (devenu alors Port d'Albret et depuis le Boucau bielh ou Vieux-Boucau).

S'il s'écoulait encore à Capbreton au début de notre ère, en 910 une crue le dirige vers le nord par Soustons et Vieux-Boucau. En 1164 il perce la dune face à Bayonne puis retourne à Capbreton, qu'il délaisse en 1390 pour Port-d'Albret.

En 1562, la ville de Bayonne, alors en déclin, obtint de Charles IX de France qu'on lui donnât un accès direct à l'océan. C'est Louis de Foix qui, aidé par une crue providentielle de la Nive, fit réaliser la trouée vers l'océan dans laquelle le fleuve s'engouffra le 25 octobre 1578. À cette époque la branche bayonnaise de l'Adour remontait de Trossoat vers le nord pour rejoindre le Boudigau.

Malgré l'endiguement, l'ensablement de son estuaire crée un conflit de masses d'eau connu sous le nom de barre de l'Adour, qui rend délicat l'accès au port de Bayonne et impose un dragage régulier de la passe.

Principaux affluents[modifier | modifier le code]

Le bassin de l'Adour est le bassin versant de l'Adour et de ses affluents. Les principaux affluents de l'Adour sont :

  1. en Haute-Bigorre :
  2. en Rivière-Basse, de Maubourguet à Riscle (Hautes-Pyrénées et Gers)
  3. Armagnac & Vic-Bilh, de Riscle à Aire-sur-l'Adour
  4. Pays de Marsan rive droite et Chalosse rive gauche, d'Aire-sur-l'Adour à Sainte-Marie-de-Gosse
  5. Pays de Gosse et de Seignanx rive droite et Pays basque rive gauche

Histoire[modifier | modifier le code]

L'Adour entretenait une forte activité de transport de marchandises sur galupes (gabarres landaises), permettant d'écouler la production de l'intérieur du Sud-Ouest et notamment les vins des vignobles gascons. Cette activité perdura jusqu'à l'orée du XXe siècle où elle s'inclina devant l'arrivée du train, plus rapide et plus économique. Les quatre principaux ports de l'Adour étaient, par ordre décroissant de tonnage réalisé :

À cela, il convient d'ajouter le trafic en provenance du port de Mont-de-Marsan, empruntant la Midouze avant de rejoindre l'Adour à hauteur de Tartas.

Aujourd'hui encore, l'Adour sert de vecteur d'exportation de certaines productions locales comme le maïs.

Ouvrages d'art[modifier | modifier le code]

Galerie photographique[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Sandre, « Cours d'eau : fleuve l'adour (Q---0000) » (consulté le 10/04/2009).
  2. Site FR7200724
  3. a, b, c, d et e Paul Raymond, Dictionnaire topographique Béarn-Pays basque
  4. Cartulaire de Saint-Sever, d'après Pierre de Marca, Histoire de Béarn

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]