René Guy Cadou

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René Guy Cadou

Activités Poète
Naissance 15 février 1920
Drapeau de la France Sainte-Reine-de-Bretagne
Décès 20 mars 1951 (à 31 ans)
Drapeau de la France Louisfert
Mouvement École de Rochefort

René Guy Cadou est un poète français, né le 15 février 1920 à Sainte-Reine-de-Bretagne (Loire-Atlantique, alors Loire-Inférieure) et décédé le 20 mars 1951 à 31 ans à Louisfert (Loire-Atlantique).

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en Grande Brière, il est fils d’instituteurs laïques. Il grandit dans une ambiance de préaux d’écoles, de rentrées des classes, de beauté des automnes, de scènes de chasse et de vie paysanne qui deviendront plus tard une source majeure de son inspiration poétique : « Mon père s’y plaisait en costume de chasse, Nous y avions de tendres rendez-vous… » Puis viendra à 7 ans à Saint Nazaire la découverte de la ville et du cinéma populaire. En 1930 (il a dix ans), c'est le départ à Nantes pour le 5 quai Hoche, et pour le lycée Clemenceau. La mort de sa mère Anna le 30 mai 1932 plongera le tout jeune adolescent dans une mélancolie profonde. La nostalgie de Sainte Reine et de cette enfance terrienne, végétale et heureuse, mais aussi la ville et sa vie ouvrière, et la mort hanteront plus tard sa poésie.

Le 22 octobre 1941, trois camions bâchés roulent vers la Sablière de Châteaubriant, transportant les 27 otages qui seront fusillés quelques instants plus tard : l’instituteur Cadou rejoint alors en vélo l’école du village où il enseigne et croise le chemin des otages. Les poèmes de « Pleine Poitrine » s’ancreront sur cet épisode terrible de la barbarie nazie, pour revendiquer dans ce ton si personnel de la poésie de Cadou, la liberté, l’amour, la fraternité des hommes…

C’est à Rochefort-sur-Loire, dans l’arrière boutique de la pharmacie de Jean Bouhier, que se retrouveront un groupe de jeunes poètes, en rupture avec le conformisme littéraire du régime de Vichy, et qui revendiqueront le droit de chanter l’amour de la vie. On y comptera René Guy Cadou, Jean Rousselot, Jean Bouhier, Luc Bérimont qui fera plus tard, comme écrivain et journaliste littéraire, tant pour faire connaître les poètes et la chanson poétique à texte, Marcel Béalu, Lucien Becker, Michel Manoll… Rochefort, une école littéraire ? Cadou avait l’habitude de répondre « tout juste une cour de récréation ».

Le 17 juin 1943, une jeune fille native de Mesquer, Hélène Laurent (1922-2014), elle-même poète, vient avec un groupe d'amis le voir à Clisson. Débute aussitôt une correspondance poétique et amoureuse ; il l'épousera en 1946 et la célébra notamment dans "Hélène ou le règne végétal". Nommé instituteur titulaire à Louisfert en octobre 1945, Cadou s'y installe et mène avec les gens du village la vie simple du maître d'école en sabots et pèlerine; et c'est la kyrielle des copains, "Les Amis de haut bord" qui, la classe terminée viennent saluer le poète. C’est après la classe que le poète pose la blouse grise d'instituteur et monte dans la chambre de veille : Cadou sait que le temps lui est compté, c’est dans cette petite chambre, qui s’avance telle la proue d’une navire sur « la grande ruée des terres » qu’il écrira en cinq ans une œuvre lyrique de première importance.

Mais bientôt la maladie va faire son œuvre inéluctable : interventions chirurgicales en janvier et mai 1950 suivies d'une période de rémission qui ne durera que le temps d'un été. Quelques jours après avoir signé Les Biens de ce Monde, René Guy Cadou meurt dans la nuit du 20 mars 1951, entouré d'Hélène et de Jean Rousselot qui était venu le voir par hasard. "Le temps qui m'est donné, que l'amour le prolonge."

Biographie détaillée[modifier | modifier le code]

Origines familiales[modifier | modifier le code]

René Guy Cadou[1] est le second enfant de Georges Cadou (1884-1940) et d'Anna Benoiston (1889-1932)[2], tous deux instituteurs publics. Ils se sont mariés le 1er août 1910 et installés à Piriac-sur-Mer. Georges Cadou, mobilisé le 1er août 1914, a été soldat sur le front de l'est (en dernier lieu : sergent-major chargé du ravitaillement) jusqu'au 11 octobre 1918, date à laquelle il a failli perdre la vie lors d'un arrosage d'obus, comme dix des douze soldats qui se trouvaient là. Gravement blessé, il a été évacué et hospitalisé à Rochefort-sur-Mer où il a appris l'armistice[3].

À Piriac, ils ont eu un fils qu'ils ont appelé Guy[4] et qui est mort très tôt. Le second fils a donc été prénommé, selon une coutume ancienne, René Guy.

La famille Benoiston est de Saint-Nazaire. La grand-mère de René Guy est veuve en 1924, mais elle a d'autres membres de sa famille sur place : son fils Emile, qui travaille à la compagnie d'électricité et la famille de son fils Isidore, marin[5]. De Sainte-Reine, les Cadou vont régulièrement[6] passer le mercredi soir et le jeudi à Saint-Nazaire, qu'ils rejoignent en train par la ligne de la Brière.

La famille Cadou est du sud du département. Le père de Georges, instituteur et secrétaire de mairie, est mort très tôt ; sa mère s'est remariée avec un autre instituteur[7], grand-père adoptif de René Guy ; ils sont fixés au Pellerin et séjournent chaque année plusieurs semaines à Sainte-Reine. Georges a un frère à Clisson, une sœur à Pornic et un autre frère qui après avoir fait l'École normale d'instituteurs, s'est lancé dans d'autres activités, notamment la représentation commerciale.

L'enfance[modifier | modifier le code]

Sainte-Reine-de-Bretagne (1920-1927)[modifier | modifier le code]

En 1920, ses parents sont instituteurs à l'école publique de garçons de Sainte-Reine-de-Bretagne, commune des marais de Brière. Il naît dans l'école, et le lendemain son père le présente aux élèves de sa classe. À Sainte-Reine, il vit une enfance heureuse. Dans son livre de mémoires, il ne parle pas des autres enfants du village, mais évoque surtout ses relations avec différentes personnalités locales : le maréchal-ferrant, notamment, chez qui il passe pas mal de temps, ou le comte de la Villesboisnet. Il grandit dans une ambiance de préaux d’écoles, de rentrées des classes, de beauté des automnes, de scènes de chasse et de vie paysanne qui seront plus tard une source majeure de son inspiration poétique : « Mon père s’y plaisait en costume de chasse, Nous y avions de tendres rendez-vous… ».

La nostalgie de Sainte-Reine et de cette enfance terrienne, végétale et heureuse hantera plus tard sa poésie lyrique. En effet, en 1927, la famille part pour la ville, d'abord à Saint-Nazaire.

Saint-Nazaire (1927-1930)[modifier | modifier le code]

Le départ pour Saint-Nazaire est vécu comme un déchirement ; à sept ans, la perception qu’il a de cette ville est en effet plutôt négative. Malgré tout, il va y trouver un certain nombre de nouveaux centres d’intérêt, en particulier le cinéma. Sa première séance de cinéma a eu lieu à Sainte-Reine à l’occasion de la fête du 14 juillet 1927 ; à Saint-Nazaire, René Guy devient amateur de cinéma, sinon cinéphile : il fréquente régulièrement, le jeudi, la salle de l’Athénée[8]. Il est particulièrement fasciné par le personnage de Charlot, mon copain. Au cours sa dernière année à Saint-Nazaire, il assiste à l'apparition du cinéma parlant[9], avec notamment Sous les toits de Paris ; un peu plus tard, il reçoit en cadeau un projecteur et des films[10] qu'il projette à ses camarades. L'un d'eux lui fait découvrir la bande dessinée ; il aime particulièrement la série Le petit Buffalo qu'il suivra pendant cinq ans et la revue Cri-Cri). À la même époque, son père lui fait donner des leçons particulières de violon, dont le résultat paraît avoir été très décevant.

L'adolescence : Nantes (1930-1940)[modifier | modifier le code]

Études secondaires et événements familiaux[modifier | modifier le code]

En 1930, ses parents obtiennent une mutation à Nantes, son père devenant directeur de l'école primaire située au no 5 quai Hoche[11],[12].

René Guy fait ses études secondaires au lycée Clemenceau, où un de ses condisciples est Sylvain Chiffoleau[13]. Il est externe et fait quatre fois par jour, à pied, le trajet du quai Hoche au lycée[14]. Il évoque son année de sixième comme une période assez morne. À Nantes, il cesse de fréquenter le cinéma, dont l'accès lui est plus difficile qu'à Saint-Nazaire.

En mai 1932, il subit la mort de sa mère, qui le plonge dans une mélancolie profonde. À partir de là, il perd manifestement le goût des études et trouve un peu plus tard un refuge dans la création poétique, dont il a la révélation par son père[15].

En 1938, son père (remarié en 1935) tombe malade et est mis en congé ; la famille quitte le quai Hoche pour le quartier Saint-Jacques au sud de la Loire[16]. René Guy échoue au baccalauréat 1re partie en 1937, la réussit en 1938, mais échoue à la 2e partie en 1939. En 1939-40, il travaille de nuit au tri postal ; son père meurt le 31 janvier 1940[17].

Les débuts littéraires[modifier | modifier le code]

Dans son livre sur René Guy Cadou, Michel Manoll indique que celui-ci a commencé à écrire des poèmes après que son père lui ait montré, vers 1933, ceux qu'il avait lui-même écrits dans sa jeunesse. Mais c'est leur rencontre qui oriente René Guy Cadou vers une poésie plus originale. Cadou fait connaissance avec Michel Manoll, qui est alors libraire près de la place Bretagne, au début de 1936 et est mis par lui en contact avec des Nantais intéressés par la littérature, comme Jean Bouhier, alors étudiant en médecine, et surtout Julien Lanoë[18]. Par son intermédiaire, René Guy Cadou établit des relations épistolaires avec Pierre Reverdy et Max Jacob qu'il rencontrera une seule fois, en février 1940, juste après la mort de son père, à Saint-Benoît-sur-Loire. En 1937, il publie son premier recueil, Brancardiers de l'Aube, suivi de deux autres jusqu'à la guerre ; durant cette première période de création, en plus de sa scolarité assez difficile, il est confronté à de nouvelles épreuves : la mort de son père, la guerre, la débâcle.

La période de la 2° Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Soldat puis instituteur[modifier | modifier le code]

Il est mobilisé en juin 1940, et se retrouve dans les Basses-Pyrénées, à Navarrenx puis à Oloron-Sainte-Marie où il est hospitalisé. Il est démobilisé le 23 octobre 1940 et regagne la Loire-Inférieure où il va travailler comme instituteur suppléant. Le hasard de ses nominations le conduit aux quatre coins du département : Mauves-sur-Loire, puis, en 1941, Bourgneuf-en-Retz, où il retrouve son camarade et futur éditeur Sylvain Chiffoleau, mais aussi Saint-Aubin-des-Châteaux près de Châteaubriant, Pompas (commune d'Herbignac), Saint-Herblon près d'Ancenis, Clisson, Basse-Goulaine et Le Cellier. Le 16 septembre 1943, il se trouve à Nantes au moment du premier grand bombardement, et échappe de peu à la mort.

L'école de Rochefort[modifier | modifier le code]

En 1941, Jean Bouhier, installé comme pharmacien à Rochefort-sur-Loire, décide de regrouper quelques-uns de ses amis autour de la publication d'une revue, Les Cahiers de Rochefort, et fonde l'école de Rochefort. C'est chez lui que se retrouvent assez régulièrement un groupe de jeunes poètes, en rupture avec le conformisme littéraire du régime de Vichy, et qui revendiquent le droit de chanter l’amour de la vie. Outre Jean Bouhier, on y comptera René Guy Cadou, Michel Manoll, Jean Rousselot, Marcel Béalu, Lucien Becker et Luc Bérimont qui fera beaucoup plus tard comme écrivain et journaliste littéraire, pour faire connaître les poètes et la chanson poétique à texte. À la question : « Rochefort, une école littéraire ? », Cadou avait l’habitude de répondre : « tout juste une cour de récréation ».

La poésie du temps de guerre, Pleine poitrine[modifier | modifier le code]

Alors que la poésie de ses premiers recueils est dominée par l’influence de Pierre Reverdy, une correspondance très nourrie avec Max Jacob fait évoluer son écriture poétique, et l’expérience de la guerre l’oriente vers une expression beaucoup plus poignante et personnelle face à l’horreur : Pleine Poitrine marque la rupture avec le ton abstrait des premiers recueils. Le 22 octobre 1941, alors que René Guy Cadou se rend à bicyclette à l’école de Saint-Aubin-des-Châteaux, où il enseigne, il croise les trois camions bâchés qui roulent vers la carrière de la Sablière à Châteaubriant, transportant les 27 otages qui seront fusillés quelques instants plus tard[19]. Les poèmes de Pleine Poitrine s’ancreront sur cet épisode de ce qu'il appelle « la barbarie nazie », pour revendiquer dans le ton si personnel de la poésie de Cadou, la liberté, l'amour, la fraternité des hommes…

Louisfert (1945-1951)[modifier | modifier le code]

En 1946, après de longues fiançailles, il épouse une jeune fille originaire de Mesquer, qu'il a rencontrée en juin 1943 à Clisson : Hélène Laurent, elle-même poète, fille d'un couple d'instituteurs nantais. Il l'a célébrée dans Hélène ou le règne végétal. Louisfert, c'est aussi la kyrielle des Amis de haut bord qui, la classe terminée, viennent saluer le poète. Mais c’est aussi la poésie : après la classe, l’instituteur-poète pose la blouse grise et monte dans la chambre de veille. Il sait que le temps lui est compté. C’est dans cette petite chambre, qui s’avance telle la proue d’une navire sur « la grande ruée des terres », qu’il écrira en cinq ans une œuvre lyrique de première importance.

René Guy Cadou est inhumé dans la même tombe que ses parents, au cimetière de la Bouteillerie à Nantes[20].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Brancardiers de l'aube, Les feuillets de l'Ilôt, 1936
  • Forges du vent (Sagesse - 1938)
  • Retour de flamme (Les Cahiers de la Pipe en écume - 1940)
  • Années-lumière (Cahiers de Rochefort - 1941)
  • Morte-saison, René Debresse Éditeur, Paris, 1941
  • Porte d'écume (Proses - Cahiers de Rochefort - 1941)
  • Bruits du cœur (Les Amis de Rochefort - 1942)
  • Lilas du soir (Les Amis de Rochefort - 1942)
  • Amis les Anges (Cahiers de Rochefort - 1943)
  • Grand élan (Les Amis de Rochefort - 1943)
  • La Vie rêvée (Robert Laffont 1944)
  • Pleine poitrine (P. Fanlac - 1946)
  • Les Visages de solitude (Les Amis de Rochefort - 1947)
  • Lettre à Jules Supervielle, Éditions Sylvain Chiffoleau, Nantes, 1947)
  • Quatre poèmes d'amour à Hélène (Les Bibliophiles alésiens - 1948)
  • Saint-Antoine et Cie, Éditions Sylvain Chiffoleau, Nantes, 1948)
  • Le Miroir d'Orphée (Gallimard - 1948)
  • Les sept péchés capitaux (1949)
  • Roger Toulouse (P.A.B Alès - 1949)
  • Automne 1957
  • Guy Bigot, Éditions Sylvain Chiffoleau, Nantes, 1949)
  • Art poétique, Éditions Sylvain Chiffoleau, Nantes, 1949)
  • Le Diable et son train (Chez l'auteur - 1949)
  • Cornet d'adieu, Éditions Sylvain Chiffoleau, Nantes, 1949)
  • Moineaux de l'an 1920, Éditions Sylvain Chiffoleau, Nantes, 1950)
  • Avant-printemps (P.A.B. Alès - janvier 1951)
  • Les Biens de ce monde (Pierre Seghers - février 1951)
  • Usage interne (Les Amis de Rochefort - 1951)
  • Hélène ou le Règne Végétal (Pierre Seghers - février 1951)
  • Les Amis d'enfance 1973
  • Ravensbrück (Éditions Seghers - 1973)

Anthologies[modifier | modifier le code]

  • Poèmes choisis 1949-1950, Éditions Sylvain Chiffoleau, Nantes, 1950)
  • Comme un oiseau dans la tête, poèmes choisis de René Guy Cadou, préface inédite de Philippe Delerm, édition établie par Jean-François Jacques et Alain Germain, Éditions Points, 2011.

Œuvre complète[modifier | modifier le code]

Prose[modifier | modifier le code]

  • Mon enfance est à tout le monde, Éditions Jean Munier[21], 1969. Rééditions : Éditions du Rocher, 1985 et Le Castor astral, 1995, préface d'Hélène Cadou ;
    Ce livre a été écrit en 1947, du 19 juillet (les Cadou se trouvent alors à Murols, en Auvergne) au 25 décembre. Il s'agit d'une autobiographie portant sur les années 1920 à 1935, divisée en trois parties de longueur très inégale : 1) "Sainte-Reine-de-Bretagne" (pages 19-117) 2) "44, rue de Cardurand" (pages 121-173) 3) "5, quai Hoche" (177-204). Après la mort de sa mère, René Guy évoque rapidement ses débuts dans la poésie (p. 202) et très rapidement sa rencontre avec Michel Manoll.
    Une quatrième partie : "Prose et fragments" (aux Éditions du Rocher[22]) effectue une mise en parallèle de fragments autobiographiques et de fragments poétiques.
  • La Maison d'été, son unique roman, a été publié pour la première fois en 1955 par les Nouvelles éditions Debresse et réédité par la suite au Castor Astral.
  • Testament d'Apollinaire, René Debresse Éditeur, Paris, 1945)
  • Guillaume Apollinaire ou l'artilleur de Metz, Éditions Sylvain Chiffoleau, Nantes, 1948)
    Il s'agit de deux essais sur la vie et l'œuvre de Guillaume Apollinaire.
  • Monts et Merveilles, Nouvelles fraîches, avant-propos de Philippe Delerm. Éditions du Rocher, 1997.
    Ce recueil contient cinq nouvelles inédites : Le Blé de mai, Liarn, A la poursuite de la mer, La Prairie, Les Pas dans le ciel.

Radio[modifier | modifier le code]

En 1949 et 1950, René Guy Cadou a également fait des émissions radiophoniques sur différents écrivains : Max Jacob, Saint-Pol-Roux, Guillaume Apollinaire (1949), Tristan Corbière, Robert Desnos (1950). Sa dernière émission, le 19 septembre 1950, est consacrée à Nantes, cité d'Orphée.

Citation[modifier | modifier le code]

« Le temps qui m’est donné que l’amour le prolonge. »

" J'aimerais assez cette critique de la poésie : la poésie est inutile comme la pluie " (Usage Interne - 1951)

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • La problématique du temps dans l'œuvre de René Guy Cadou, thèse de doctorat soutenue par A. Germain.
  • Michel Manoll, René Guy Cadou, Seghers, collection Poètes d'aujourd'hui, 1954, (réédité en 1958, 1963, 1969)
  • Le premier cahier de l'Herne en 1961, dirigé par Dominique de Roux et Henri Kellerbach a été consacré à René Guy Cadou : témoignages de Pierre Seghers, Hélène Cadou, Pierre Reverdy, Marcel Béalu, Paul Fort, Luc Bérimont, Pierre Jean Jouve, Michel Bernanos, Max Jacob, Michel Manoll, Jean Follain, Jules Supervielle, Edmond Humeau, Sylvain Chiffoleau.
  • Michel Dansel, René Guy Cadou, Éditions Larousse, 1981
  • Christian Moncelet, Vie et passion de René Guy Cadou, Bof éditeur, 1975
  • Christian Moncelet, René Guy Cadou. Les Liens de ce monde, Éditions Champ Vallon, 1983 : ouvrage publié avec le concours du Centre National des Lettres.
  • Revue "Signes", no 12-13, décembre 1990 : "Hélène et René Guy Cadou", Éditions du Petit véhicule, Nantes
  • Isabelle Pic, René Guy Cadou. La Quête du divin, Éditions du Septentrion, Villeneuve d'Ascq, 1997.
  • Les Cahiers René Guy et Hélène Cadou et des poètes de l'École de Rochefort-sur-Loire, Études et Créations, no 1, Éditions du Petit Véhicule[23], Nantes, juin 2009. no 2, mars 2001.
  • Les Poètes de l'École de Rochefort, René Guy Cadou et Luc Bérimont, Revue 303, numéro 108, novembre 2009.
  • "Géographies poétiques de René Guy Cadou", Images de Vincent Jacques, textes choisis par Hélène Cadou, Éditions du Petit Véhicule, mars 2011, collection "Le Carré de l'imaginaire" (avec 39 photographies originales apposées à la main).

Livres d'Hélène Cadou sur son époux[modifier | modifier le code]

L'épouse de René Guy Cadou a publié deux livres à son sujet

  • C'était hier et c'est demain, Éditions du Rocher, 2000, préface de Philippe Delerm.
  • Une vie entière - René Guy Cadou, la mort, la poésie, Éditions du Rocher, 2003.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Lieux consacrés à la vie et l'œuvre de René Guy Cadou[modifier | modifier le code]

  • Musée La Demeure de René Guy Cadou, l'ancienne maison-école, à Louisfert.(Membre de la Fédération des Maisons d'écrivain).

Ouverte les week-ends d'été (2 rue René Guy Cadou, 44110 Louisfert-en-Poésie Tél. : 02 40 81 22 64), la demeure est constituée d'un petit musée situé dans l'ancienne salle de classe, et de l'appartement privé d'Hélène et René Guy : sa "chambre d'écriture" reconstituée ne se visite que sur demande particulière. Le musée rassemble un ensemble important d'éléments biographiques, objets, photographies, fac-similé et gravures.

  • Fonds René Guy Cadou à la Médiathèque de Nantes.

Le Fonds rassemble l'ensemble des manuscrits, de la correspondance, des éditions originales, des quelque 80 études universitaires, mémoires et thèses sur René Guy Cadou, et un grand nombre d'autres documents. Il est ouvert aux étudiants et aux chercheurs, et plus largement à tous les lecteurs de René Guy Cadou.

Postérité[modifier | modifier le code]

  • Michel Manoll, Louisfert-en-Poésie, 1952 (poèmes)

Poètes liés à René Guy Cadou[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

  • Itinérance : cette exposition a été présentée à l'Hôtel du Département de la Loire-Atlantique en octobre-novembre 2001, à l'occasion du 50° anniversaire de la mort de René Guy Cadou, puis dans d'autres villes du département (Châteaubriant…). Une version de cette exposition circule, sur demande à la Médiathèque départementale de la Loire-Atlantique.

Discographie[modifier | modifier le code]

Un disque de poèmes de René Guy Cadou dits par Alain Moreau est paru en 1981, avec la volonté de respecter ce que disait le poète : "Les poèmes ne devraient jamais être dits que par leurs auteurs ou par d'autres poètes, un peu comme une liturgie. Les acteurs ont le tort de trop déclamer. Leurs effets de voix, visent plus à leur apporter le succès qu'à servir la gloire ou la mémoire du poète.".

Daniel Gélin avait également dit quelques poèmes de Cadou (disque Adès)

Gilles Servat : Hommage à René Guy Cadou (1980)  ; Martine Caplanne : Aller simple ; Manu Lann Huel : Manu Lann Huel chante René Guy Cadou (1993) ; Môrice Benin : Chants de solitude, Comme un fleuve et La cinquième saison ("Chants de Solitude" édité par les Éditions du Petit véhicule à Nantes a reçu le Grand prix international du disque de l'Académie Charles-Cros); Eric Hollande : L'étrange douceur ; Véronique Vella : Véronique Vella chante René Guy Cadou ; René Guy Cadou chanté par Julos Beaucarne, Morice Benin, Michèle Bernard, Martine Caplanne, Marc Robine (collection "Poètes et chansons" - EPM).

Paul Dirmeikis a produit et publié en 2008, sous son label "L'Eveilleur", un double album entre parenthèses[24], regroupant 31 poèmes de René Guy Cadou qu'il a mis en musique, et dont il a composé les arrangements.

Mise en musique de poèmes de Cadou[modifier | modifier le code]

La poésie de Cadou a une rythmique, une musique des mots, un rappel de rimes ou d’assonances qui permet naturellement un travail de mise en musique. Dans la poésie contemporaine, on peut dire qu’il n’y a qu’un seul auteur dont la parole se chante spontanément, qui ait poussé des auteurs compositeurs interprètes célèbres à écrire de la musique sur ses vers, c’est Louis Aragon[réf. nécessaire]. Cadou a suscité un engouement identique de la part de chanteurs poètes, les uns connus comme Gilles Servat, Môrice Benin, Michèle Bernard, Martine Caplanne, Manu Lann Huel ou Jacques Douai, d’autres qui n’ont pas fait ou n’ont pas pu faire de la chanson un métier et qui sont moins ou pas du tout connus. Parmi les interprètes de René Guy Cadou, on peut citer : Julos Beaucarne, Marc Robine, Jacques Douai, Eric Hollande, Robert Duguet, Véronique Vella, Colombe Frézin, Gaël Macho, Philippe Forcioli… Sans doute d’autres voix ne nous[Qui ?] sont pas parvenues. La plus récente réalisation signalée sur le web : un double CD paru à l'automne 2008 et intitulé "Entre parenthèses", qui regroupe 31 poèmes mis en musique, arrangés et chantés par le poète et compositeur Paul Dirmeikis.

Le travail de mise en musique des textes de Cadou requiert une grande exigence. Paul Dirmeikis écrit sur le site de présentation de son projet musical : « La tâche est ardue : mettre en musique la poésie de quelqu'un d'autre demande d'être en symbiose avec l'auteur, exige de l'humilité, ainsi qu'une certaine volonté d'abandonner ses propres "tics", son propre style afin de servir au mieux le texte, sa métrique, ses couleurs, ses élans. »

Anthologie[modifier | modifier le code]

Deux poèmes de René Guy Cadou (Automne et Les amis d'enfance) figurent parmi Les 100 plus belles récitations de notre enfance d'Albine Novarino-Pothier et Béatrice Mandopoulos[25].

Monuments[modifier | modifier le code]

  • Sculpture d'un buste du poète par Jean Fréour, installé à Bourgneuf-en-Retz
  • 1981 : Institut des Monnaies, médaille de Jean Auffret (avers : portrait de René Guy Cadou, revers : Louisfert en Poésie)

Une plaque est apposée sur la façade de l'ancienne école du 5 quai Hoche à Nantes, et sur la demeure de René Guy Cadou à Louisfert.

Lieux portant le nom du poète[modifier | modifier le code]

Rues

De nombreuses rues portent son nom

Écoles
Collèges
Bibliothèques
  • Bibliothèque communautaire à Beaumont (63) Clermont-Communauté

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source de cette rubrique : Mon enfance est à tout le monde
  2. Dates de naissance de ses parents : pierre tombale au cimetière de la Bouteillerie, Nantes.
  3. Georges Cadou raconte ses souvenirs de guerre à son fils et à sa femme un jour de l'été 1927, après avoir été surpris par l'approche d'un aéroplane.
  4. Ibidem, page 89
  5. Isidore doit être né vers 1885, Anna en 1889, Emile vers 1895. Dans les années 1920, Isidore, que René Guy n'a pas beaucoup vu, travaille sur la ligne Dakar-Natal.
  6. Tous les deux mois
  7. Nommé Viaud ; son prénom n'est pas indiqué
  8. L'Athénée : place Marceau ; à l'origine salle de théâtre ; depuis 1978, complexe cinématographique de 4 salles (SOREDIC).
  9. Salle du Caméo, à Plaisance. Cette salle est détruite par bombardement, reconstruite après guerre ; elle ferme durant les années 1990. Voir page Ma ville.com[1]
  10. Un rapprochement avec l’enfance de Jacques Demy ; René Guy indique aussi qu'il recueillait des bouts de films mis au rebut.
  11. Une plaque en mémoire du poète René Guy Cadou au 5, quai Hoche - Presse-Océan du 20 janvier 2008
  12. « Hoche (quai) », archives municipales de Nantes (consulté le 13 décembre 2014).
  13. Sylvain Chiffoleau, d'une famille d'imprimeurs, est devenu imprimeur et éditeur et a publié plusieurs recueils de René Guy Cadou et d'autres écrivains. Il est un des initiateurs du Musée de l'Imprimerie de Nantes.
  14. Un trajet de près de 2 km : pont de la Madeleine (actuellement pont Audibert) ; rue Fouré ; pont de la Rotonde, encore fluvial à cette époque, les travaux de comblements étant en cours dans les années 1930 ; place de la Duchesse Anne ; cours Saint-Pierre ; rue Clemenceau.
  15. Mon enfance, p. 202.
  16. Quartier Saint-Jacques : ils habitent rue du Frère Louis (à côté de l'hôpital Saint-Jacques).
  17. Michel Manoll, René Guy Cadou. Ce livre, de forme assez littéraire, n'est pas toujours parfaitement clair sur les dates. Il semble que René Guy ait obtenu la 2e partie du baccalauréat en 1940.
  18. Julien Lanoë (1904-1970) est élève de HEC à Paris dans les années 1920, mais fréquente les milieux littéraires, notamment Jean Paulhan et Jean Cocteau. De 1925 à 1928, il édite une revue assez importante La ligne de cœur (32 numéros). En 1928, il arrête sa revue et publie un recueil de nouvelles Vacances. De retour à Nantes, il s'intéresse aux activités littéraires et artistiques locales. De 1930 à 1970, il est président de la Société des Amis du Musée. Cf. La Loire-Atlantique, Éditions Bonneton, 1998, p. 195-196 (Chapitre sur la littérature, écrit par Yves Cosson et Pierre Gauthier).
  19. Parmi ces 27 otages, se trouve le jeune Guy Môquet ; 21 autres otages sont fusillés à Nantes et à Paris en représailles de l'attentat contre le colonel Karl Hotz, à Nantes. La mémoire a retenu le chiffre des 50 otages exigés au départ par les Allemands.
    En ce qui concerne René Guy Cadou, il s'est probablement trouvé sur le chemin d'un camion qui amenait les corps de certains des fusillés au cimetière de Saint-Aubin.
  20. 9, rue Gambetta, Carré RR, 14.25
  21. En 1969, il s'agit d'une édition à tirage limité, impression du texte au recto, les titres de chapitre seulement au verso, avec une police originale, l'ensemble très sobre.
    L'entreprise éditrice, Jean Munier SA, éditeur-imprimeur, se trouvait dans le XVII° arrondissement, rue Villebois Mareuil et rue Descombes Paris 17° (d'où une erreur sur la fiche BnF qui indique : Mareuil et Paris). Actuellement, une entreprise Jean Munier, imprimerie de labeur se trouve toujours dans le XVII° arrondissement de Paris.
  22. La pagination est celle des Éditions du Rocher.
  23. 20 rue du Coudray, Nantes, directeur de la publication : Luc Vidal.
  24. double album entre parenthèses
  25. Albine Novarino-Pothier et Béatrice Mandopoulos. Les 100 plus belles récitations de notre enfance. Editions Omnibus, 2003 (ISBN 978-2-7578-2505-1).
  26. Site de l'école élémentaire René Guy Cadou
  27. Site du collège René-Guy-Cadou de Saint-Brevin-les-Pins

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