Odet
| Odet | |
L'Odet et le château de Kerambleiz |
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| Caractéristiques | |
|---|---|
| Longueur | 62,7 km [1] |
| Bassin | 724 km2 à Bénodet |
| Bassin collecteur | Odet |
| Débit moyen | 7,46 m3⋅s-1 (Quimper (Kervir)) [2] |
| Régime | pluvial océanique |
| Cours | |
| Source | à proximité de Coat-Plencoat |
| · Localisation | Saint-Goazec |
| · Altitude | 175 m |
| · Coordonnées | |
| Embouchure | l'océan Atlantique. |
| · Localisation | Combrit/Benodet |
| · Altitude | 0 m |
| · Coordonnées | |
| Géographie | |
| Pays traversés | |
| Département | Finistère |
| Régions traversées | Bretagne |
| Principales villes | Quimper, Bénodet |
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| Sources : SANDRE, Géoportail, Banque Hydro | |
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L'Odet (Oded en breton) est un fleuve côtier breton long de 62,7 km[1] qui prend sa source dans les montagnes Noires à Saint-Goazec, au lieu-dit Yeun-ar-Vouster, et aboutit dans l'Atlantique entre Sainte-Marine et Bénodet – en breton Ben" = « embouchure » et donc « embouchure de l'Odet ».
Sommaire |
Nom [modifier]
Le nom Odet dérive de od, racine hydronymique générique. L'Odet donne son nom à la commune de Briec-de-l'Odet et donna son nom révolutionnaire, autant qu'éphémère, à Quimper : Montagne-sur-Odet. Il se retrouve aussi dans le nom d'une célèbre marque de papier à rouler, OCB, acronyme de Odet-Cascadec-Bolloré.
Géographie [modifier]
La partie fluviale [modifier]
L'Odet prend sa source à Saint-Goazec, sur le versant sud des montagnes Noires, à 175 mètres d'altitude, au pied du Menez an Duc, une colline dont la hauteur avoisine les 285 mètres[3]. Il coule dans un premier temps vers le sud-ouest, et s'éloigne progressivement de la chaîne de collines qui l'a vu naître. Les Montagnes Noires sont en effet orientées selon un axe OSO-ENE. Son cours s'infléchit ensuite sensiblement vers l'ouest. Sur cette partie de son cours, il reçoit sur sa rive droite des ruisseaux de plus en plus longs descendant des hauteurs des montagnes Noires : le Guip (6,2 km), le Ster Pont Nevez (8,7 km), et enfin le Langelin (13,3 km). Arrivé à la hauteur du village de Tréouzon en Kerfeunteun, il décrit un grand coude et tourne de 90 degrés vers le sud. Arrivé 2 km à l'est du centre-ville de Quimper, il est rejoint par le Jet (28,5 km) important affluent qui lui apporte les eaux de la région d'Elliant et reprend son chemin en direction de l'ouest. Au cours de sa traversée de la ville de Quimper, il est rejoint par un autre important affluent : le Steïr (27,9 km). La confluence de l'Odet et du Steïr est à l'origine du nom de la ville (confluent se dit en breton Kemper). Dans la partie amont de son cours, il coule dans la haute-vallée de l'Odet. Son cours est marqué par la traversée des gorges du Stangala, lieu touristique également réputé par les kayakistes. Son régime de type torrentiel comme la plupart des cours d'eau bretons crée des inondations d'automne et d'hiver dont il semble que l'importance soit augmentée par l'imperméabilisation des sols due à l'urbanisation et à l'arasement des terrains de culture (destruction des talus depuis les années 1960).
La partie maritime [modifier]
Sa partie maritime va officiellement du pont du Palais (devant le palais de Justice) à la mer, mais la marée est sensible 2 km en amont près de la gare. Un port de commerce comportant 500 m de quais a été établi au Corniguel (à l'entrée de la baie de Kerogan) en aval de Quimper pour les petits cargos et les sabliers. L'estuaire, long de 20 km, s'élargit progressivement à la sortie de la ville pour prendre les dimensions d'un vaste lac intérieur quelques km en aval, et former la baie de Kerogan. Ses rives se resserrent considérablement par la suite et son cours devient tortueux. Il coule alors au fond d'une gorge boisée, le passage des Vire-Court (deux rochers s'appellent "Le saut de la Pucelle" et un autre "La chaise de l'Évêque"), qui lui a valu le surnom de plus belle rivière de France. Ce lieu est visible par la route au niveau de la cale de Rosulien, mais surtout par bateau. La "Pointe des Espagnols" est dénommée ainsi car des pirates espagnols vinrent un jour de Bénodet dans l'espoir de piller la ville de Quimper. Apercevant les arbres des deux rives, ils eurent l'impression que la rivière s'arrêtait à cet endroit et rebroussèrent chemin, mais s'approvisionnèrent à la "Fontaine des Espagnols". Le lit de l' Odet s'élargit à nouveau et ce dernier termine sa course entre la station balnéaire de Bénodet et le port de Sainte-Marine. Un peu en amont de son embouchure,le pont de Cornouaille, reliant le pays Bigouden au pays Fouesnantais, l'enjambe. L'estuaire de l'Odet est une attraction touristique visitable en bateau.
Le bassin versant [modifier]
Le bassin versant de l'Odet appartient à l'aire d'influence de la ville de Quimper, principale ville traversée. Sa superficie varie selon que l'on tient compte ou non de sa partie estuarienne : 724 km2 dans le premier cas et 329 km2 dans le second. Il correspond au pays Glazig si l'on en excepte la partie orientale qui appartient au pays Melenig.
Les principaux affluents [modifier]
D' amont en aval :
- le Guip (6,2 km)
- le Ster Pont Hezrou ou ruisseau de Lochrist (4,3 km)
- le Ster Pont-Nevez ou ruisseau du Pont Neuf (8,7 km)
- le ruisseau de Langelin (13,3 km)
- le Jet (28,5 km)
- le Frout (11,4 km)
- le Steir ou Teyr (27,9 km)
Au niveau de l'estuaire :
- le ruisseau de Keriner (5,7 km)
- le ruisseau de l'Anse de Saint Cadou (12,3 km)
- le Corroac'h (16,8 km) qui forme dans sa partie aval ennoyée par la mer l'Anse de Combrit
Hydrologie [modifier]
Hydrométrie [modifier]
Le bassin versant de l'Odet est affecté dans sa totalité par un climat océanique, il reçoit entre 900 et 1 300 millimètres de précipitations annuelles avec un gradient positif des pluies du littoral vers la partie amont (900 millimètres à Bénodet et1 300 millimètres près de la source). L'amplitude thermique est faible puisque les hivers sont doux (6,9 °C l'hiver) et les étés frais (18 °C).
La surface du bassin versant de l'Odet est de 329 km2 à Quimper, au lieu-dit Kervir, en aval de la confluence avec le Jet. Le module y est de 7,46 m3⋅/s et le débit spécifique de 23,9 l/s/km2. Le débit instantané maximal y a été mesuré le 13 décembre 2000 à 3h21 et était de 165 m3⋅/s. Le débit journalier maximal y a été mesuré le 26 janvier 1995 et était de 119 m3⋅/s. Le débit minimum sur 3 jours consécutifs y a été mesuré pour la période du 19 au 21 août 1976 et était de 0,211 m3⋅/s. La lame d'eau écoulée dans son bassin versant annuellement est de 758 millimètres/an. Si on la compare à celle des bassins versants voisins cette valeur est nettement supérieure à celle du Blavet à Languidic 434 millimètres/an) et de la Vilaine à Rieux (225 millimètres/an). Cette valeur élevée peut s'expliquer par l'abondance des précipitations sur l'ensemble du bassin versant ainsi que par des terrains en forte pente favorisant un écoulement rapide des eaux.
La surface de bassin versant de l'Odet est de 715 km2 si l'on tient compte de la totalité de ses affluents.
les crues historiques [modifier]
Si les crues de 1995 et 2000 sont encore bien présentes à l'esprit, l'Odet et ses affluents ont débordé à bien d'autres reprises causant ainsi des dégâts dans la ville de Quimper. C'est ce qu'atteste les archives de la ville de Quimper qui nous apprennent que des crues se sont produites en 1651, 1664, 1765, août 1769, 1788, février 1838, mars 1846, juin 1856, décembre 1865, février1883, novembre 1892, janvier 1925, janvier 1928, février 1935, avril 1939, 1957 et février 1974[4].
Villes traversées ou longées [modifier]
Bénodet, Combrit, Gouesnach, Plomelin, Quimper, Ergué-Gabéric, Briec-de-l'Odet, Landudal, Elliant, Langolen, Coray, Trégourez, Leuhan, Saint-Goazec (source).
La vallée de l'Odet en aval de Quimper : la « Route des châteaux » [modifier]
Cette partie de la vallée de l'Odet, aux rives boisées, soumise à l'influence de la marée et navigable, a attiré depuis des siècles de nombreuses familles aristocratiques, puis aux XIXe siècle et XXe siècle des industriels et des artistes, qui se sont fait construire des manoirs ou des gentilhommières avec vue imprenable sur l'Odet, suscitant la création d'une véritable riviera. Leurs habitants, aisés, sont parfois dénommés du sobriquet un tantinet moqueur : "Ceux de la rivière"[5].
Parmi ces propriétés :
- le château de Lanniron, juste en aval de Quimper, ancienne résidence d'été des Évêques de Cornouaille, avec son jardin à la française et son orangerie. Ses propriétaires actuels (la famille du comte de Massol) y ont installé un camping "4 étoiles", un golf 9 trous, un restaurant "Le potager de Lanniron"[6].
- le manoir de Rossulien, qui date du XVIIIe siècle, est entouré de palmiers royaux. Ce manoir cacha des députés girondins pendant la Terreur.
- le château de Toulven (en Quimper) date du XIXe siècle et est de style néogothique[7] ; certaines de ses salles peuvent être louées pour des mariages ou autres évènements festifs.
- le manoir de Penanros (en Plomelin)
- le château de Kerdour[8] (en Plomelin) date pour partie du milieu du XIXe siècle et pour le reste de l'extrême fin du XIXe siècle et du tout début du XXe siècle; son style est très éclectique.
- le château de Kerouzien (en Plomelin) dont le parc est classé par les Monuments historiques (Référence base Mérimée : IA29000340). Des salles du château sont louées pour des mariages ou autres évènements festifs[9].
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Plomelin : le château de Kerouzien sur la rive droite de l'Odet 1
- le manoir de Kerbernez (en Plomelin), désormais lycée horticole.
- le château du Pérennou[10], en Plomelin, (qui appartient à la famille du navigateur Bertrand de Broc), qui date du XIXe siècle, domine la vallée de l'Odet, et son parc des cinq continents qui fut aménagé par Félix du Marhallac'h et est dénommé ainsi à cause des espèces de plantes qui s'y trouvent[11] dont des séquoias parmi les plus hauts de Bretagne, des magnolias et un gingko biloba. Le jardin fut dessiné dans la décennie 1840 par Denis Bülher, grand créateur de parcs en France au XIXe siècle. Le château, de style classique à l'origine, fut profondément transformé entre 1893 et 1899 en château de style néogothique. Un monument mégalithique (trois dolmens) et des vestiges de bains romains datant du 1er siècle après J-C se trouvent sur le domaine, ainsi qu'une glacière datant du XVIIIe siècle. En 2008, le Conseil général du Finistère a acheté deux ha situés en contrebas du château du Pérennou incluant les vestiges des thermes romains, qui firent l'objet de fouilles en 1833, puis en 1889 et à nouveau en 2012. Une partie du contenu de ces fouilles (dot des mosaïques) se trouve au Musée départemental breton de Quimper.
« Long de 16 m et large de 7 m, le balneum se divisait en six pièces : un vestibule, le fomix (chaufferie), le caldarium (salle chaude), le tepidarium (salle froide) et l' apodyterium (vestiaire et salle des onguents). Les fondations et le reste de l' hypocauste (système de chauffage par en dessous utilisé par les Romains) qui sont encore visibles ont été restaurés. Les salles froides et chaudes étaient décorées de pavements de marbres de quinze origines différentes et de couleurs variées ainsi que de peintures murales. (...) Une photo aérienne du site a par ailleurs permis de retrouver les traces d'un chemin menant à une villa romaine située à 450 mètres au-dessus, une « villa à portique en "U" »[12]. »
- le château de Keraval (date en partie des XVIe siècle, construit initialement par Guillaume Moreau, et XVIIe siècle)[13]. Il a été remanié au XIXe siècle et possède désormais des parties de style néogothique. Il est situé dans la commune de Plomelin.
- le manoir de Lestremeur (en Plomelin)
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Plomelin : le manoir de Lestremeur
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Un château de Plomelin sur les bords de l'Odet vu de Pors Keraign en Gouesnac'h
- le manoir de Bodivit (en Plomelin)
- le château de Penfrat[14] (en Gouesnach) date principalement de la 2e moitié du XIXe siècle (1859) (mais des agrandissements successifs datent de 1895 (aile gauche) et 1936 (aile droite); il est de style néo-Louis XIII ; il fut initialement construit comme relais de chasse pour la famille de Cambourg par Joseph Bigot.
- le château de Boutiguéry (en Gouesnach) domine les "Vire-courts" de l'Odet ; son parc à l'anglaise de plus de 20 ha possède plus de 30 000 rhododendrons et azalées à la floraison printanière spectaculaire. Sa visite est autorisée pendant le printemps[15].
- le château de Lanhuron (en Gouesnach) dont le parc est classé par les Monuments historiques (Référence base Mérimée : IA29000345)
- le château de Kergoz (date du XVIe siècle)
- le château néogothique de Kerambleiz (transformé en hôtel)
- le Manoir de Keribinik, appelé aussi le Château rose (en raison la couleur de ses murs), à Sainte-Marine, date du XIXe siècle. Émile Zola et son épouse y séjournèrent en 1883.
Tourisme [modifier]
La compagnie "Les Vedettes de l'Odet"[16] assurent au départ de Bénodet ou de Quimper des croisières sur la partie maritime de l'Odet, permettant de voir les belles demeures et les paysages de cette vallée, ainsi qu'en direction des Îles Glénans.
Voir aussi [modifier]
- Liste des fleuves français
- « Pêcheurs de sables » Film documentaire de Jean-François Perigot relatant l'histoire de la pêche sablière, toujours pratiquée par des navires sabliers au départ de Quimper.
Bibliographie [modifier]
- Le Stangala, Jean-François Douguet, les Cahiers d'Arkae n° 1, Ergué-Gabéric, 2003.
- Quimper, Serge Duigou, Jean-Michel Le Boulanger, Palantines, Plomelin, 2006.
- L'Odet, Serge Duigou, Éditions Palantines, Plomelin, 2007.
- A bord du Penfret : le dernier sablier de l'Odet, Pierre Primot, Revue Le Chasse-Marée, 1990, no49, pp. 2-13.
Notes et références [modifier]
- Références
- Sandre, « Fiche cours d'eau - l'Odet (J4--0190) ». Consulté le 30 mars 2013
- Banque Hydro - MEDDE, « Synthèse de la Banque Hydro - L'Odet à Quimper (Kervir virtuel) (J4231911) ». Consulté le 30 mars 2013
- Carte topographique IGN France 1:50 000; Gourin 0618, Paris 1980
- Les colères de l'Odet et du Steir à travers les siècles
- Katell Pouliquen, "La route des châteaux", Revue L'Express du 27 septembre 2007, consultable http://www.lexpress.fr/region/la-route-des-chateaux_474269.html
- http://www.orangerie-de-lanniron.com/
- http://patrimoine.region-bretagne.fr/sdx/sribzh/main.xsp?execute=show_document&id=MERIMEEIA29002782
- http://patrimoine.region-bretagne.fr/sdx/sribzh/main.xsp?execute=show_document&id=MERIMEEIA29002800
- http://ma-tvideo.france2.fr/video/d4fb38f4724s.html
- http://www.passionchateaux.com/ch_perennou.htm
- http://fr.topic-topos.com/chateau-de-perennou-plomelin
- Delphine Tanguy, article publié dans le journal Le Télégramme n° 20846 du 10 juillet 2012
- http://patrimoine.region-bretagne.fr/sdx/sribzh/main.xsp?execute=show_document&id=MERIMEEIA29002786
- http://patrimoine.region-bretagne.fr/sdx/sribzh/main.xsp?execute=show_document&id=MERIMEEIA29002879
- http://www.boutiguery.fr/
- [1]
