Gabare

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La gabare ou gabarre (de l'occitan gabarra) est un type de bateau traditionnel destiné au transport de marchandise. Deux types de navires sont désignés par ce mot : les gabares fluviales et les gabares maritimes.

Embarcation fluviale[modifier | modifier le code]

Maquette de gabare du XVIIIe siècle à la Maison du marais poitevin de Coulon
Le Port de Bordeaux et ses gabares, Manet (1871)

Le terme gabarre ou gabare gabarros (du grec karabos, avec une métathèse entre le B et le R, coquille) désigne en fait plusieurs types de bateaux fluviaux de différents bassins de la façade atlantique (Loire, Sèvre niortaise, Charente, Dordogne, Garonne). Leur seul point commun est celui de tous les bateaux de transport fluviaux : le fond plat appelé « sole » qui lui permet, avec un faible tirant d'eau, de porter un maximum de charge. Assez souvent aussi, ces bateaux peuvent être gréés.

Sur la Loire et la Charente, cette embarcation est construite à clins, c’est-à-dire que les planches qui constituent la coque sont superposées les unes par rapport aux autres et chevillées par des pièces de bois. Encore, sur la Charente, cette caractéristique ne concerne-t-elle que les types de gabares dits barque de lace et de Port d'Envaux. Dans les autres régions, et notamment la Dordogne, la coque est assemblée à franc-bords.

Selon les régions, le fret se composait de minerai et de produits agricoles divers, de vins (fronton, gaillac, cahors, vins de l'Aveyron, du Lot, du Brulhois, vins du haut pays...), de matériaux de construction (pierre d'Apremont sur la Loire par exemple), de produits métallurgiques (ancres et canons du Nivernais par exemple) et aussi de bois destiné à la tonnellerie (bois d'Auvergne et de Corrèze pour la tonnellerie bordelaise sur la Dordogne ou à la charpenterie de marine, à la descente. La remonte concernait des produits tels que le sel, les produits des colonies (épices, sucre, café...), le poisson séché et notamment la morue salée à l'origine de certaines recettes régionales comme la brandade Parmentier ou l'estouffade (ou l'estofinado en Aveyron). « Vers 1850, le transport fluvial sur gabarre assurait 60 % des échanges de marchandises entre Bergerac et Bordeaux. »[1]. Toulouse était aussi le point de départ de nombreuses gabarres chargées de marchandises variées (vins, produits agricoles, pastel, marbre...).

Plusieurs gabares ont été reconstituées assez récemment, à des fins touristiques ou dans un but de recherche archéologique expérimentale sur la Dordogne, la Charente et la Loire.

De nos jours ce terme est très galvaudé et sert à désigner (à tort) des bateaux extérieurs aux bassins fluviaux mentionnés plus haut.

Embarcation maritime[modifier | modifier le code]

Gabare L'Astrolabe en 1838

À la mer, une gabare est un bâtiment ponté, allant de 120 jusqu'à 450 tonneaux de jauge selon l'époque et le constructeur, gréé d'un mât à trois-mâts, destiné au transport de marchandises. Elles étaient particulièrement utilisées, dès les années 1715, pour le transport des bois de charpente vers les arsenaux royaux, mais aussi pour le transport d'autres marchandises volumineuses. Les plus importantes sont armées de 10 à 20 pièces de canons de 4 ou 8 livres, parfois 12.

Leurs excellentes qualités maritimes (capacité de chargement, robustesse, qualités de navigations sûres) les ont rendues appréciées des explorateurs des XVIIIe et XIXe siècles. C'est à bord d'une gabare, le Gros Ventre, que Saint-Aloüarn découvrit l'Australie le 17 mars 1772. C'est à bord d'une autre gabare, L'Astrolabe, que Jules Dumont d'Urville réalisa son voyage de circumnavigation en 1825-1829, à la recherche de Lapérouse.

Un exemple de gabare maritime encore navigante est le Notre Dame de Rumengol.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Félix Chiocca, Gabares de Dordogne, Éditions Sud Ouest, 2004 (ISBN 978-2-87901-558-3)
  • Yann Laborie, « Les gabarres de Bergerac », revue Arkheia n° 21, Montauban, 2009
  • Guy Mouchel, Ports et gabares de Gironde, Éditions Alan Sutton, 2002, 125 p. (ISBN 978-2-84253-825-5)
  • Guy Mouchel, Gabares de Basse Garonne, Éditions Alan Sutton, 2004 (ISBN 978-2-84253-985-6)
  • Bruno Sepulchre, À la recherche des gabariers de la Charente (avec 91 illustrations, croquis, cartes et photographies anciennes et inédites), publié par l'auteur, 1978, 187 p.
  • Jean-Paul Videau, Dans le sillage des gabares, La Découvrance, 2006 (ISBN 978-2-84265-415-3)
  • Bernard Cadoret, D. Duviard, J. Guillet, H. Kérisit, Ar Vag, TOME 3. Borneurs et dragueurs de Brest à Lorient, Chasse Marée, 1989 (ISBN 978-2903707132)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Yann Laborie, Les gabarres de Bergerac, revue arkheia n °21, Montauban, 2009

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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