Jacques Villon

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Jacques Villon, né Gaston Émile Duchamp à Damville (Eure) le 31 juillet 1875 et mort à Puteaux (Hauts-de-Seine) le 9 juin 1963 (à 87 ans), est un peintre et graveur cubiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

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Famille[modifier | modifier le code]

Gaston Émile est le deuxième fils d’Eugène et de Lucie Duchamp, une famille aisée au tempérament artistique. Quatre de leurs six enfants vont devenir des artistes accomplis. Alors que le garçon est encore jeune, son grand-père maternel Émile Frédéric Nicolle, homme d’affaires arrivé et artiste, enseigne l’art à ses petits-enfants.

Les 3 frères Duchamp (de g. à d.): Marcel Duchamp, Jacques Villon (Gaston Duchamp) et Raymond Duchamp-Villon

Le futur Jacques Villon est le frère aîné de :

Jeunesse[modifier | modifier le code]

En 1894, Gaston part s’installer avec son frère Raymond dans le quartier parisien de Montmartre et il fait son droit à l’université de Paris. Son père l'autorise à étudier l’art à condition de continuer à étudier le droit. Pour se distinguer de ses frères, Gaston Duchamp adopte le pseudonyme de Jacques Villon en référence au poète du Moyen Âge.

L’essor de la communauté artistique de Montmartre où vit Jacques Villon achève de lui ôter tout intérêt pour la poursuite d’une carrière juridique et, pendant les dix années suivantes, il travaille dans les arts graphiques, fournissant des dessins et des illustrations aux journaux parisiens (comme la La Libre Parole illustrée, la collection des cent, L'Assiette au beurre, etc.), ou dessinant des affiches en couleur. En 1903, il aide à organiser la section dessin du premier salon d'automne à Paris. En 1904-1905, il étudie l’art à l’académie Julian. Sa carrière de dessinateur de presse marquera les débuts de son jeune frère Marcel qui profitera de ses contacts dans le milieu des caricaturistes.

Très influencé par Edgar Degas et Toulouse-Lautrec à ses débuts, Villon participe plus tard aux mouvements fauviste, cubiste et impressionniste abstrait.

La gravure[modifier | modifier le code]

En 1906, Montmartre étant devenue une communauté très active, il déménage pour le quartier plus tranquille de Puteaux où il consacre la majeure partie de son temps à travailler à la pointe sèche, la gravure en creux (intaglio), une technique qui crée des lignes foncées et veloutées qui ressortent en contraste avec la blancheur du papier.

Son isolement de la bourdonnante communauté artistique de Montmartre, ainsi que sa nature modeste, ont fait que sa production est restée obscure pendant un certain nombre d'années.

À partir de 1911, il organise chez lui, avec ses frères Raymond et Marcel, un groupe de discussion qui se rencontre régulièrement avec des artistes et des critiques comme Francis Picabia, Robert Delaunay, Fernand Léger et d’autres auxquels on donnera bientôt le nom de groupe de Puteaux. Villon a joué un rôle majeur dans l’exposition du groupe sous le nom de « section d’Or » d’après la « section d’Or » des mathématiques classiques. Plus de 200 œuvres par trente et un artistes figuraient à leur première exposition à la galerie La Boétie en octobre 1912.

Le cubisme[modifier | modifier le code]

En 1913, Villon crée ses chefs-d’œuvre cubistes, sept grandes pointes sèches où les formes se cassent en plans pyramidaux obscurcis. La même année, il expose au célèbre Armory Show de New York, qui contribue à introduire l'art moderne aux États-Unis. Ses œuvres connaissent une grande popularité et se vendent sans peine. Sa notoriété grandit tellement que dès les années 1930, il est mieux connu aux États-Unis qu’en Europe.

La galerie Louis Carré organise une exposition de son œuvre à Paris en 1944 (préface de René-Jean), à la suite de quoi il reçoit des récompenses dans un certain nombre d’expositions internationales. En 1950, il reçoit le prix Carnegie et, en 1954, il est nommé commandeur de la Légion d'honneur. L'année suivante, il reçoit la commande des vitraux de la cathédrale à Metz, La France. En 1956, le grand prix de la Biennale de Venise lui est décerné à l’exposition.

Les plus grandes réalisations de Villon en gravure sont sa création d’une langue purement graphique pour le cubisme, une réalisation dont aucun autre graveur, y compris ses camarades cubistes Picasso ou Braque, ne pourrait se vanter.

En 1967, son frère Marcel a contribué à monter à Rouen une exposition intitulée « Les Duchamp : Jacques Villon, Raymond Duchamp-Villon, Marcel Duchamp, Suzanne Duchamp ». Une partie de cette exposition familiale a ensuite été présentée au Musée national d'art moderne du Centre Georges-Pompidou de Paris.

Les vitraux de la cathédrale de Metz[modifier | modifier le code]

A 82 ans, Jacques Villon réalise cinq baies vitrées de la cathédrale Saint-Étienne de Metz (Chapelle du Saint-Sacrement) . Dernière grande réalisation d'une carrière déjà bien remplie, cet artiste va étonner encore les amateurs d'art par la puissance colorée des verrières ainsi que par le mouvement engendré par la mise en scène de multiples formes géométriques. C'est le thème de la crucifixion dans le vitrail axial qui va révéler toute l'originalité du travail de Jacques Villon. Il s'est inspiré de l'évangile de Saint Jean relatant l'événement de la lance portée par un soldat romain qui va percer le côté de Jésus d'où "il sortit aussitôt du sang et de l'eau" (Jn.19, 31-37). Avec cette lance, l'artiste, va créer un axe "déictique" en réalisant une perspective qui traverse le Christ mais également le spectateur lui-même, c'est un vecteur qui relie le point de vue au point de fuite[1].

De même, à la manière d'un Piero della Francesca pour ses fresques d'Arezzo, il va faire de la croix le symbole de tous les croisements. "Le présent et le passé, la séquence et le symbole, l'objet dans l'espace et la position du spectateur par rapport à cet objet"[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « La crucifixion selon Jacques Villon », sur Le Nouveau Cénacle (consulté le 21/11/2014)
  2. Rosalind Krauss, "La matrice de LeWitt" dans Sol LeWitt, Metz, Centre Pompidou de Metz,‎ 2012, 59 p. (ISBN 978 2 359 83 0170)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • René-Jean, Jacques Villon, Paris, Braun, 1945
  • Paul Éluard et René-Jean, Jacques Villon ou l'art glorieux, illustré de planches en lithographies de Jacques Villon, Paris, Louis Carré, 1948
  • Colette de Ginestet et Catherine Pouillon, Jacques Villon Les estampes Les Illustrations, Art et métiers graphiques, 1979 (ISBN 2-7004-0033-X)
  • Colette de Ginestet, Géométrie poétique et secrète de Jacques Villon, Revue du Tarn no 121, Fédération des Sociétés Intellectuelles du Tarn, Printemps 1986
  • Germain Viatte, Jacques Villon. Né Gaston Duchamp (1875–1963), Paris, Expressions contemporaines, 2012 (ISBN 978-2-909166-27-8)
  • Christian Schmitt, Les Vitraux de Jacques Villon, cathédrale Saint-Étienne de Metz, Éditions des Paraiges, 2014 (ISBN 979-10-90185-33-3)
  • Dictionnaire Bénézit, Dictionnaire critique et documentaire des peintres,sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays, vol. 14, éditions Gründ,‎ janvier 1999, 13440 p. (ISBN 978-2-7000-3024-2), p. 254-257

Articles connexes[modifier | modifier le code]