Basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay

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Basilique
Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay
Ancienne abbatiale
de l'abbaye de Vézelay
Image illustrative de l'article Basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay
Présentation
Culte Catholique romain
Type Basilique (ancienne abbatiale)
Rattachement Fraternités monastiques de Jérusalem
Début de la construction 1120
1185 (chœur et transept)
Fin des travaux 1150
1190 (chœur et transept)
Style dominant Roman
Gothique(chœur et transept)
Protection Logo monument historique Classé MH (1840)
 Patrimoine mondial (1979)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne
Département Yonne
Commune Vézelay
Coordonnées 47° 27′ 59″ N 3° 44′ 54″ E / 47.466389, 3.748333 ()47° 27′ 59″ Nord 3° 44′ 54″ Est / 47.466389, 3.748333 ()  

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Basilique Sainte-Marie-Madeleine de VézelayAncienne abbatiale de l'abbaye de Vézelay

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Basilique Sainte-Marie-Madeleine de VézelayAncienne abbatiale de l'abbaye de Vézelay

La basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay est une ancienne abbatiale française établie à Vézelay, dans le département de l'Yonne en Bourgogne.

Sur la route qui mène à Vézelay, la croix Montjoie symbolise la joie du pèlerin apercevant pour la première fois la basilique.

En effet, c'est à pied qu'il faut rejoindre ce haut lieu de la chrétienté du Moyen Âge, lieu de pèlerinage important sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle.
Le tympan du narthex de la basilique est un des chefs-d'œuvre de la sculpture romane.

La basilique fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840[1]. Elle est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 1979.

Fondation[modifier | modifier le code]

Contexte : la France au début du Xe siècle[modifier | modifier le code]

Vers 850, la France était dirigée par la dynastie carolingienne ; mais sous la pression des attaques vikings et sarrasines, l'autorité royale s'était fortement affaiblie et les princes territoriaux et les seigneurs avaient pris leur indépendance de fait. L'effacement du pouvoir royal était particulièrement prononcé au sud de la Loire.

Histoire de l'Abbaye[modifier | modifier le code]

Façade de la basilique
  • Vers 858 ou 859, fondation d'un monastère de moniales par Girart de Roussillon et sa femme Berthe à l'emplacement actuel du village de Saint-Père, placé sous l'invocation de la Vierge. Une bulle pontificale de Nicolas Ier, en 863, garantit la protection directe par le Saint-Siège de l'abbaye de Vézelay qui échappe ainsi à l'autorité des évêques d'Autun. Les privilèges de l'abbaye seront confirmés en 868 par le roi Charles le Chauve.
Article détaillé : Girart de Roussillon.
  • En 873 l'abbaye de Saint-Père est dévastée par les Normands qui remontent la Seine, l'Yonne et la Cure. Les moines bénédictins s'installent au sommet de la colline de Vézelay, l'abbaye passe sous le vocable de Saint-Pierre.
  • Les premiers conflits entre les abbés de Vézelay et les comtes de Nevers éclatent en 1027. Ces conflits reviennent en 1147, en 1149, en 1152, en 1161. Avec l'appui du comte de Nevers, Landry de Nevers, l'abbé de Cluny, Odilon, intervient à Vézelay pour rétablir l'ordre. Il chasse de l'abbaye de Vézelay l'abbé Hermann. Cette intervention de l'abbé de Cluny intervient à un moment d'affrontement entre Cluny, les évêques et la papauté. L'abbé de Cluny, Odilon, prétextant d'un privilège du pape Grégoire V sur le libre choix du prélat consécrateur avait choisi un autre prélat que l'évêque du diocèse dont relevait Cluny. Les évêques réunis dans un concile à Anse en 1025 rappellent que ce privilège était en violation du canon IV du concile de Chalcédoine qui soumettait les monastères à l'évêque de leur diocèse. Le 26 mars 1027 le pape Jean XIX répond au cours d'un concile réuni à Rome par la primauté de l'église romaine, « tête et gond » de toutes les églises de la chrétienté. Il ajoute qu'une traditio avait fait de Cluny la propriété de la seule papauté qui était, de ce fait, placé sous la seule juridiction de l'évêque de Rome. L'acte pontifical du 28 mars 1027 confirme l'exemption clunisienne. Pour justifier l'intervention de Cluny les responsables citent les privilèges apostoliques consacrant la liberté de l'abbaye de Vézelay face à la règle de soumission de l'abbaye à l'évêque du diocèse. Cette liberté était basée sur les privilèges pontificaux obtenus depuis 863. À partir de cette tradition rattachant Vézelay à Rome, les abbés de Cluny cherchent à obtenir que tous les monastères dépendant du siège de Rome relèvent de l'acte pontifical du 28 mars 1027. L'évêque Adalbéron de Laon raille en 1027 le « roi Odilon ». Les évêques s'opposent violemment à cette intervention de Cluny. Guillaume de Volpiano, pourtant proche de Cluny, écrit que la réforme de Vézelay était dangereuse pour Cluny. Cluny doit abandonner son projet et, Hermann, l'abbé « ignominieusement » chassé peut revenir à Vézelay avec ses moines.

La grandeur de l'abbaye de Vézelay[modifier | modifier le code]

  • En 1037, l'abbé Geoffroy (1037-1052) remplace l'abbé Hermann et réforme l'abbaye. Il expose les reliques de Marie-Madeleine. Des miracles se produisent. Les pèlerins affluent et font de Vézelay le point de départ du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle.
  • En 1050 l'abbaye, qui était à l'origine placée sous l'invocation de sainte Marie, passe sous le patronage de Marie-Madeleine.
  • En 1058 le pape reconnaît solennellement les reliques. Les textes ne permettent pas de connaître la succession des abbés de Vézelay entre 1050 et 1096, date de l'élection de l'abbé Artaud. On suppose que le rattachement de l'abbaye de Vézelay à l'abbaye de Cluny n'a pu intervenir qu'après la mort de l'abbé Geoffroy, probablement avant 1058, et que l'abbé de Cluny, Hugues de Semur, a rempli la fonction d'abbé de Vézelay pour rétablir la discipline monastique. C'est ce que laisse penser la Vie de saint Hugues rédigée par Renaud de Semur vers 1126 : « Qui ramena l'église Sainte-Marie-Madeleine à la primitive observance régulière, si ce n'est ce saint homme ! ». Un acte délivré par le pape Étienne IX en mars 1058 place l'abbaye de Vézelay au nombre des monastères soumis, à cette époque, à l'abbé Hugues de Cluny. Cette hypothèse est d'autant plus probable qu'un acte du pape Victor II délivré le 11 juin 1055 confirmant les concessions de Cluny ne mentionne pas l'abbaye de Vézelay. En 1069 les textes mentionnent un abbé Boniface.
  • La réputation de l'abbaye permet au village de prospérer. Le bourg se développe et devient une ville qui attire de plus en plus de pèlerins tels que le duc de Bourgogne Hugues II et sa cour en 1084. Ou, plus tard, Bernard de Clairvaux (saint Bernard) qui vient pour prêcher la 2e croisade en 1146, Philippe-Auguste et Richard Cœur de Lion, avant leur départ pour la 3e croisade en 1190, ou encore Louis IX en 1248… En 1076 le pape Grégoire VII cite l'abbaye de Vézelay parmi les neuf abbayes soumises à l'ordinatio de Cluny.
  • 1096 : L'abbé Artaud entreprend l'édification d'une nouvelle église, un nouveau chœur et un nouveau transept sont construits, les travaux dureront jusqu'en 1104. Seule la nef de l'église carolingienne sera conservée.
  • En 1098 l'évêque d'Autun, Norgaud de Toucy, (1098-1112), profitant de la querelle avec l'église de Saint-Maximin, jaloux de l'indépendance de l'abbaye, interdit le pèlerinage.
  • Dans un acte du 15 novembre 1100 le pape Pascal II confirme le rattachement de l'abbaye de Vézelay à celle de Cluny. Dans cet acte il réduit les dépendances de Cluny au rang de prieurés, mais autorise douze maisons à garder leur titre d'abbayes. Il rappelle que l'abbé doit être désigné, sans violence ni ruse, par l'accord de tous les frères ou par la sanior pars, selon la Règle de saint Benoît, mais avec l'avis de l'abbé de Cluny. Ces abbayes, comme Vézelay, étaient souvent plus anciennes que Cluny et acceptaient mal cette dépendance. En 1103 les moines obtiennent l'appui du pape Pascal II qui fait une bulle d'approbation des reliques.
  • Le 21 avril 1104 a lieu la dédicace du chœur et du transept de la nouvelle église. Mais en 1106 les habitants, qui ne supportent plus la charge du financement des travaux de construction de la nouvelle église, se révoltent et tuent l'abbé Artaud. Renaud de Semur (1106-7 août 1129), petit-neveu de l'abbé de Cluny Hugues de Semur, devient abbé de Vézelay avant d'être archevêque de Lyon. Les chapiteaux sont peut-être commencés dès cette date.
  • Nommé en 1116/1117 par l'abbé Pons de Melgueil, Pierre le Vénérable est écolâtre et prieur à Vézelay jusqu'en 1120 avant de rejoindre l'abbaye de Cluny et d'en devenir l'abbé en 1122. Il est probable qu'il a dû inspirer les thèmes des chapiteaux et des tympans[2].
  • Le 21 juillet 1120 c'est lors de la veillée de Sainte-Madeleine que la charpente de l'abbatiale prend feu et s'effondre (causant la mort de 1 127 personnes d'après la Chronique de Saint-Maixent).
  • L'abbé Renaud de Semur, reparator monasterii Vezeliacensis, entreprend la reconstruction de la nef. Elle est achevée vers 1132. Les irrégularités du plan de la nef près du transept sont dues au raccordement avec les piles de l'église de l'abbé Artaud. La construction aurait été entreprise d'ouest en est. Après 1125 les moines auraient fait appel au célèbre Gislebertus d’Autun pour le tympan du portail central qui offre, malgré les destructions révolutionnaires, quelques traces de son style. Par contre Jean Adhémar attribue le tympan du portail central au maître des chapiteaux du déambulatoire de Cluny.
  • En 1129, malgré les avis répétés du pape Calixte II en 1120 et Honorius II en 1125, après le départ de Renaud de Semur qui a été nommé archevêque de Lyon, les moines passent outre l'avis de l'abbé de Cluny et désignent un abbé qui reçoit la bénédiction de l'évêque d'Autun trop heureux de rétablir son autorité sur l'abbaye. En 1131, avec l'approbation du pape Innocent II, l'abbé de Cluny Pierre le Vénérable choisit le sous-prieur de Cluny, Albéric, comme abbé de Vézelay. Les moines rebelles à l'autorité de Cluny sont répartis dans des monastères clunisiens. Le nouvel abbé doit affronter l'opposition des moines, celle de l'évêque d'Autun Étienne Ier de Baugé puis Robert de Bourgogne, et l'hostilité des comtes de Nevers Guillaume II et Guillaume III.
  • En 1132 consécration de la chapelle des pèlerins qui est très probablement la chapelle de l'hôtellerie. Après 1135 et l’achèvement de la nef, les travaux se poursuivirent par l’avant-nef, construction des trois travées du narthex roman à l'avant de la nef. Renaud de Semur avait voulu donner une signification particulière à sa réalisation grâce à un vaste programme sculpté : les trois portails de la nef ont été confiés à des sculpteurs dont le principal avait exécuté les chapiteaux de l’abside de Cluny. La construction de cette avant-nef s'était imposée pour permettre la formation des processions comme à Cluny.
  • En 1138 Albéric est nommé cardinal-évêque d'Ostie. C'est le propre frère de l'abbé de Cluny Pierre le Vénérable, Ponce de Montboissier, qui est élu abbé de Vézelay. Ce nouvel abbé voulut assoir l'indépendance de l'abbaye vis-à-vis de l'évêque d'Autun. Entre 1145 et 1152 réalisation de la voûte de la chapelle Saint-Michel située à l'étage sur la tribune avec une croisée d'ogives, la plus ancienne de Bourgogne et l'une des plus anciennes de France. Consécration de la chapelle par Hugues d'Amiens, archevêque de Rouen (1129-1164).
  • En 1151 le pape Eugène III institue une enquête sur les droits respectifs des évêques d'Autun et des abbés de Vézelay.
Saint Bernard prêchant la 2e croisade à Vézelay en 1146, d'après un tableau d'Émile Signol (1804–1892).
Louis VII prend la croix à Vézelay en présence de l'évêque de Versailles et de saint Bernard. Miniature de Sébastien Mamerot (vers 1490).
Article détaillé : seconde croisade.
Article détaillé : Thomas Becket.
Article détaillé : Chapelle de la Cordelle.

Le déclin de l'abbaye[modifier | modifier le code]

  • Cette reconnaissance est suivi deux ans plus tard, le 24 avril 1267 par un transfert officiel des reliques en présence du cardinal Simon de Brion, légat du pape, et du roi Saint Louis, venus spécialement à l'abbaye à qui il offrit deux reliquaires. D'autres grands personnages sont présents comme le duc de Bourgogne et le comte de Champagne.
  • En 1279, l'ouverture du tombeau de la sainte à Saint-Maximin confirme aux yeux de l'église qu'il contenait bien les reliques de la sainte. Les pèlerins vont progressivement se détourner de l'abbaye.
  • Le 6 avril 1295 le pape Boniface VIII prend alors le parti de l'abbaye de Saint-Maximin et réuni les reliques de la Sainte Baume avec celles de Saint Jean de Latran à Rome. Une bulle pontificale confirme l'établissement de dominicains à Saint-Maximin[4].
  • Vers 1347 construction de la tour occidentale en style gothique. Ce sera le dernier grand chantier de l'abbaye avant son déclin.
  • L'Abbé de Vézelay délivre un certificat le 10 février 1449 constatant les titres établissant l'exemption de l'Abbé de l'Abbaye de Saint-Martin d'Autun de la juridiction de l'évêque d'Autun au sujet d'Anzy[5].
  • En 1458 le pape Pie II constate que les pèlerins ont délaissé l'abbaye et que les aumônes sont trop faibles pour les finances de l'abbaye.

« L'église du monastère de sainte Marie-Madeleine de Vézelay (…) a besoin de réparations considérables (…). Il faut en particulier reconstruire son clocher principal, détruit dernièrement par la foudre, lequel était fort beau et répondait à l’importance dudit monastère, ses cloches ont été fondues (…). Mais, à raison des guerres cruelles et meurtrières qui ont duré longtemps en France et surtout dans ces régions, très dépeuplées pour ce motif, à raison aussi des épidémies qui ont sévi, des sinistres événements qui s’y sont produits, ce lieu est peu fréquenté aujourd’hui, et les populations sont tellement appauvries et la piété s’est tellement refroidie, que le sacristie a peine maintenant, et aura plus de difficultés encore dans la suite, à subvenir, par ces offrandes et ces aumônes si modiques, à une partie du luminaire et à la sonnerie des cloches[6]. »

La fin de l'abbaye[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Odet de Coligny.
  • En 1568 et 1569 l'abbaye est occupée par les soldats huguenots puis par les troupes royales.
  • L'indépendance de l'abbaye vis-à-vis du pouvoir ecclésiastique, réalisée par Girart d’Arcy prend fin par un arrêt du Conseil d’État de 1673, les évêques conquéraient légalement un droit de prédominance hiérarchique sur l’abbaye[7].
  • L'ensemble des bâtiments sont au bord de la ruine dans un rapport de 1668 et 1680[8].
  • En 1760 les bâtiments abbatiaux à l'abandon sont partiellement vendus et démolis.
  • En 1790 l'abbatiale Sainte-Marie-Madeleine devient une simple église paroissiale.
  • Le collège des chanoines est supprimé le 6 décembre 1790.
  • L'abbaye est vendue à la Révolution, et sert de carrière de pierres : il n'en reste pratiquement rien. Seule la salle capitulaire est encore en bon état de conservation, servant aujourd'hui de chapelle. Le long de cette salle, il reste quelques arcades du cloître. Les maisons adjacentes portent toutes des traces des bâtiments conventuels qui étaient sans doute de grande proportion.
  • En 1793 les sculptures extérieures et intérieures des portails sont décapitées et mutilées par Hubert Lerond, maçon qui travailla ensuite à la restauration de l'église[8].
  • Le 22 octobre 1819 nouvel incendie dû à la foudre qui s'est abattue sur la tour Saint-Michel.

Redécouverte et restauration de l'église abbatiale de Vézelay[modifier | modifier le code]

  • Le 9 août 1834, Prosper Mérimée découvre l'église abbatiale de Vézelay en ruine et décrit la majesté du monument dans ses Notes de voyage dans le midi de la France[9],[10].

« il me reste à parler des dégradations épouvantables qu'a subies cette magnifique église. Les murs sont déjetés, pourris par l'humidité. On a peine à comprendre que la voûte toute crevassée subsiste encore. Lorsque je dessinais dans l'église, j'entendais à chaque instant des petites pierres se détacher et tomber autour de moi… enfin il n'est aucune partie de ce monument qui n'ait besoin de réparations… Si l'on tarde encore à donner des secours à la Madeleine, il faudra bientôt prendre le parti de l'abattre pour éviter des accidents »

Article détaillé : Eugène Viollet-le-Duc.
  • Le 23 juillet 1876 Victor-Félix Bernadou, archevêque de Sens remets des reliques de Sainte Marie-Madeleine remises par le pape Martin IV et conservées au trésor de la cathédrale de Sens depuis 1281. Cette cérémonie marque le rétablissement des pèlerinages modernes qui seront de nouveaux arrêtés en 1912.
  • Le 29 juin 1898, les reliques sont dérobées. Elles seront trouvées par un enfant, le 25 décembre 1898. Les reliques étaient dissimulée sur une tombe, dans le cimetière de Briare.
  • Le 2 février 1899, les reliques sont déposées de nouveau dans la crypte avant d'être célébrées le 22 juillet suivant dans une grande cérémonie d'action de grâce.
  • En 1920, Sainte Marie-Madeleine est érigée par le Vatican au rang de basilique et les pèlerinages peuvent enfin reprendre officiellement.
  • À partir de 1945 retour des moines avec la venue d'une petite équipe de moines bénédictins de l'abbaye de la Pierre-Qui-Vire.
  • Du 18 au 22 juillet 1946, la croisade pour la paix réunit à Vézelay 30 000 pèlerins[11].
  • De 1953 à 1993 les franciscains succèdent aux bénédictins.
  • La basilique et la colline sont classées au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1979[12].
  • En 1993 à la demande de l'Archevêque de Sens et Auxerre, les Fraternités Monastiques de Jérusalem assurent l'animation liturgique de la basilique et proposent des visites de l'édifice pour en faire découvrir toutes les richesses spirituelles et architecturales.
  • Le 7 octobre 1993, sous les auspices de l'UNESCO et de la Présidence de la République, a lieu la recréation française télévisée de la Messe solennelle d'Hector Berlioz, par le chœur et l'orchestre de la Philharmonie de Cracovie, sous la direction de Jean-Paul Penin.
Vue de la nef depuis le chœur de la basilique. On distingue d'abord la croisée du transept, puis la nef (en arrière-plan).

Liste des abbés de Vézelay[modifier | modifier le code]

Le chapitre est composé d'un abbé à la nomination du roi, d'un doyen, d'un archidiacre, d'un chantre et de douze chanoines, alternativement à la nomination du roi et de l'abbé qui est seigneur de la ville

Article connexe : Liste des abbés de Vézelay.

Hôtes illustres[modifier | modifier le code]

De nombreuses personnalités ont séjourné à l'abbaye de Vézelay :

(liste non exhaustive)

Abbayes et prieurés dépendants[modifier | modifier le code]

Outre le pèlerinage et les habitants de la ville de Vézelay, l‘abbaye tirait aussi bénéfice des nombreuses dépendances qu‘elle comptait. Il est malaisé de procéder à un décompte précis des possessions vézeliennes, dont nous pouvons cependant constater la croissance à travers trois principaux documents : la charte de fondation, la bulle pontificale de 1102 et celle de 1170.

  • Au début du XIe siècle, le monastère comptait uniquement douze possessions dont les deux-tiers faisaient partie de la dotation initiale.
  • En 1102 elles passent à trente-neuf, réparties dans onze diocèses différents, de Clermont à Noyon et de Saintes à Mâcon.
  • En 1170, un peu plus d‘une centaine en particulier dans les diocèses du Nord, les possessions dans le Beauvaisis, le diocèse de Sens et celui de Noyon-Tournai.

Architecture et intérieur[modifier | modifier le code]

La basilique en quelques chiffres[modifier | modifier le code]

Plan au sol de la basilique
Plan du chœur gothique
Vue de la nef vers le narthex - dessin de Viollet-le-Duc.
  • Longueur extérieure : 120 m
Le narthex
  • Largeur intérieure du narthex : 23,5 m[13]
  • longueur du narthex : 22 m
  • hauteur du narthex : 19,5 m
La nef
  • Longueur de la nef : 62,50 mètres
  • Hauteur des voûtes du vaisseau central de la nef : 18,55 mètres
  • Largeur de la nef, y compris ses deux collatéraux : 23,25 m
  • Largeur du vaisseau central entre les deux axes des piles : 11 m
  • Largeur de chaque collatéral : 6,2 m
  • hauteur de chaque collatéral : 7,5 m
Le chœur
  • Hauteur sous voûte du chœur : 22 m
  • Longueur du chœur : 26,6 m
  • Largeur du chœur : 10,65 m
Les tours
  • Hauteur de la tour Saint-Michel : 38 m
  • Hauteur de la tour Saint-Antoine : 35 m
Autres
  • Les piles de la nef sont cruciformes avec quatre demi-colonnes engagées. Chaque pile fait 2,5 mètres de large.
  • L'élévation de la nef est à deux niveaux (grandes arcades et fenêtres hautes). Celle du chœur est à trois niveaux (grandes arcades, triforium aveugle et fenêtres hautes). Quant au narthex, il comporte deux niveaux : grandes arcades et tribunes.
  • La voûte de chaque travée du vaisseau central de la nef pèse 45 tonnes.

L'extérieur de la basilique[modifier | modifier le code]

Chef-d'œuvre d'architecture romane du XIIe siècle, la basilique fut rénovée par Viollet-le-Duc à partir de 1840. L'église figure sur la première liste des monuments historiques de 1840.

La façade occidentale[modifier | modifier le code]

La façade occidentale avant sa restauration
Pignon central de la façade

Elle a été profondément remaniée au XIXe siècle. La façade d'origine avait déjà été modifiée dès le XIIIe siècle par l'adjonction du grand pignon, comportant d'étroites baies élancées. Elle présente trois portails dont seul le portail central est doté d'un tympan sculpté.

Le pignon de la façade présente une disposition très originale. Car non seulement il sert à masquer les combles de l'édifice - ce que font normalement tous les pignons -, mais il sert aussi de tympan aux voûtes du narthex. Les baies de la partie inférieure de ce pignon forment en effet un jour qui procure de la lumière au narthex. Fait très rare, les rampants de ce pignon, au lieu d'être rectilignes, sont formés par deux courbes formant un arc brisé.

Les statues qui décorent la partie supérieure de ce pignon représentent, au sommet, le Christ assis, tenant le livre des Évangiles et bénissant ; deux anges portent une large couronne au-dessus de sa tête. À la droite du Christ, se trouve la Vierge, à sa gauche Marie-Madeleine. Enfin aux deux extrémités du groupe deux anges sont représentés.

Entre les fines baies de la façade situées dans la partie inférieure du pignon, et éclairant le narthex, on peut voir de grandes statues de saints : saint Jean l'Évangéliste, saint André, Jean le Baptiste, saint Pierre, saint Paul et saint Benoît.

Deux tours devaient compléter l'ensemble, mais celle de gauche ne fut jamais construite. Celle de droite, ou tour Saint-Michel, se termine par une plate-forme et est accessible par un escalier débutant dans le narthex (du sommet, on a une vue absolument splendide). Construite au XIVe siècle, la tour est de style gothique.

Le tympan du Jugement Dernier[modifier | modifier le code]
Tympan et voussures, 1856, Calcaire, Façade occidentale, portail central.

Le tympan qui surmonte le portail central de la façade représente le Jugement dernier. Il fut exécuté en 1856 par le sculpteur Michel-Pascal, sous la direction de l'architecte Viollet-le-Duc. La réalisation de ce tympan au XIXe siècle, dans le style néo-roman, fortement critiquée au départ, semble cependant être une bonne réussite. L'ancien tympan, qui avait été martelé à la Révolution et était devenu presque lisse, a été replacé contre le mur extérieur de la huitième travée de la nef, du côté sud (à droite).

La composition est classique et inspirée d'autres Jugements Derniers de la même époque. Au centre le Christ préside la scène, les deux bras grand ouverts. À ses pieds, à sa gauche, l'archange saint Michel, un diable hideux à ses côtés, procède à la pesée des âmes. Les damnés, généralement nus, se dirigent vers l'enfer et sont avalés par la gueule d'un monstrueux Léviathan. À la droite du Christ, les élus sont menés vers la Jérusalem Céleste.

Le chœur et le chevet[modifier | modifier le code]

Le chœur est d'époque gothique. Vers 1185-1190, sous l'abbatiat de Girard d'Arcy, un transept et un chœur à déambulatoire et chapelles rayonnantes gothiques voûté d'ogives y ont été construits, à la suite de l'effondrement du chœur roman d'origine.

L'intérieur de la basilique[modifier | modifier le code]

Le narthex[modifier | modifier le code]

Plan du narthex : à droite au niveau du rez-de-chaussée ; à gauche au niveau des tribunes.

Le narthex est une des grandes constructions de la période romane. C'est une pièce qui s'était imposée pour permettre la formation des processions dans la nef.

Son rez-de-chaussée et les arcades des tribunes furent érigées entre les années 1135 et 1145. L‘étage, caractérisé par des voûtes au style très différent, ne put être construit qu‘aux environs des années 1146-1147.

Profond de trois travées, il est de vaste dimension : à peu près carré, il mesure 23,5 mètres de largeur sur 22 de profondeur et comporte trois vaisseaux comme la nef.

Au fond du narthex, trois portails s'ouvrent sur la nef de la basilique ; ils sont chacun surmontés d'un tympan sculpté. Deux petits portails encadrent le grand portail. Celui de droite est consacré à l'Enfance du Christ, celui de gauche, à des scènes après la Résurrection. Le portail central traite de deux thèmes : le Christ monté au Ciel, trônant en gloire à la droite du Père, accomplit la promesse qu'il a faite aux apôtres le jour de l'Ascension, il les remplit du don du Saint-Esprit à la Pentecôte. Jean Adhémar y voyait une illustration du De Miraculis de l'abbé de Cluny, Pierre le Vénérable

Une particularité : il possède un étage de larges tribunes, contrairement au reste de l'édifice. Celles-ci surmontent les deux collatéraux ainsi que la troisième travée du vaisseau central. Cette dernière tribune (au-dessus du grand portail situé au fond du narthex), ou tribune centrale, ouvre sur la nef. La balustrade de cette tribune centrale est ornée d'une frise d'arcs en mitre. Détail très important : la voûte sur cette tribune centrale est gothique et possède des arcs ogives. C'est un des premiers exemples qu'il y ait en France de ce genre de structure, les autres voûtes du narthex étant romanes, d'arêtes très surhaussées. Les tribunes latérales qui se trouvent au-dessus des collatéraux s'ouvrent sur la partie centrale par des petits arcs en plein cintre reposant sur des colonnettes.

Eugène Viollet-le-Duc qui donnait aux narthex le nom de « porches fermés », estimait que celui de Vézelay était « certainement une des œuvres les plus remarquables du Moyen Âge » et en fit plusieurs fort beaux croquis[14].

Les travaux de ferronnerie ont été confiés à Pierre Boulanger qui réalisa toutes les pentures et serrures des portes à l'intérieur du narthex[15] et de la porte extérieure d'accès à la nef latérale nord[16].

Le portail central du narthex et son tympan[modifier | modifier le code]
Le portail central
(1120-1140), Calcaire.
Illustration d'Eugène Viollet Le Duc

Le tympan du portail central, ou grand tympan du narthex, est un des plus grands chefs-d'œuvre de l'art sculptural roman en France. L‘ensemble du tympan, linteau et voussures compris, se compose de cinquante-huit blocs de tailles très variables. Il mesure un peu plus de neuf mètres de large sur cinq mètres vingt-cinq de haut.

Il représente la création historique de l'Église, avec le Christ bénissant les apôtres et leur assignant la mission de convertir les nations. Cette thématique est tout à fait unique dans l'art roman. Toute la scène est organisée autour du Christ en gloire. Ce dernier domine les autres personnages par sa taille. Celle-ci est en effet proportionnelle à l'importance des personnages représentés.

Le visage impassible du Christ contraste avec sa position en forme d'éclair et le mouvement tourbillonnant de ses vêtements. Des rayons partent latéralement de ses mains, en direction des apôtres. Cela symbolise la transmission de l'esprit du Christ ainsi que l'attribution d'une mission à ces derniers : « Allez et enseignez toutes les Nations ».

Les douze apôtres tiennent à la main le livre Sacré et sont prêts à partir aux quatre coins du monde. Et ce monde est représenté dans toute sa diversité : dans huit caissons, disposés en demi-cercle en bordure supérieure du tympan, on peut reconnaître de gauche à droite, d'abord deux apôtres en train d'écrire, puis les Juifs, les Cappadociens, les Arabes semble-t-il, les Cynocéphales censés habiter aux Indes, les Phrygiens, les Byzantins et les Arméniens.

Dans la première voussure entourant ce tympan, les signes du zodiaque alternent avec les travaux des mois.

Au linteau, on a représenté les peuples connus (à gauche) et inconnus (à droite) marchant vers le centre, c'est-à-dire l'Église du Christ, symbole de leur conversion. Peuples connus et inconnus se dirigent ainsi vers deux personnages de haute taille placés aux pieds du Christ et qui doivent amener ces peuples à ce dernier ; il s'agit de saint Pierre, reconnaissable grâce à sa clé, et saint Paul, les deux piliers principaux de l'Église.

Au trumeau de ce portail central se dresse la statue de Jean le Baptiste, Précurseur du Christ. Il tient de la main droite son traditionnel plateau, portant l'agneau mystique surmonté de la croix.

Le portail sud[modifier | modifier le code]
Portail sud du Narthex
  • Le tympan et les voussures du portail sud est consacré aux scènes de l'enfance du Christ d'après les récits des évangiles de Matthieu et de Luc. Dans le registre supérieur du tympan est représenté conformément à la tradition byzantine, la Vierge assise de face, tenant l'enfant sur les genoux. Celui-ci reçoit les présents de ses visiteurs : l'or, l'encens et la myrrhe, symboles de sa royauté, de sa divinité et de la Passion à venir.
Le portail nord[modifier | modifier le code]
Portail nord du Narthex
  • Le tympan et les voussures du portail nord représente deux scènes liées à la résurrection du Christ. Le registre supérieur représente l'Ascension. Les onze apôtres, dont les têtes ont été brisées en 1793, sont animés par une crainte religieuse et mus par un souffle ascensionnel qui soulève le bas de leurs tuniques en leur donnant cette forme appelée "pli en cloche" caractéristique d'un atelier clunisien au moment ou s'élèvent les portails monumentaux de Cluny et de Vézelay.
  • Le registre inférieur du tympan retrace l'épisode de l'apparition du Christ aux deux disciples d'Emmaüs,et se développe en trois temps.

La nef romane[modifier | modifier le code]

Bas-côté nord
(1120-1140)
Calcaire, Nef
Moulure enveloppante
(1120-1140)
Calcaire, Nef, 5e pilier sud colonne engagée nord.

Plus longue (62 m) que celle des grandes cathédrales françaises comme Notre-Dame de Paris (60 m) ou Notre-Dame d'Amiens (54 m), la large nef est impressionnante. Plus claire que le narthex, elle apparaît comme un long chemin vers le chœur.

Cette nef romane fut achevée en 1140, sous l'abbatiat de Ponce de Montboissier.
Comme dans le narthex, son élévation est à deux niveaux (grandes arcades donnant sur le collatéral, et fenêtres hautes). Elle comporte dix travées dont neuf avec des voûtes d'arêtes séparées par des arcs-doubleaux en plein-cintre, supportés par des colonnes à trois étages. Elle comporte deux bas-côtés, voûtés d'arêtes eux aussi et reposant sur des colonnes à chapiteaux historiés. Les arcs-doubleaux sont bicolores du fait de l'alternance entre les claveaux clairs et les claveaux foncés qui les composent.

La dernière travée de la nef, qui jouxte le transept est voûtée d'ogives, ceci pour ménager une transition avec la croisée du transept où débute la partie gothique de l'édifice (chœur et transept). Elle est donc plus haute que les travées de la nef précédentes.

La nef frappe par sa grande clarté, si on la compare avec d'autres sanctuaires romans. Cela est dû à plusieurs facteurs : la position de l'édifice au sommet d'une colline abondamment baignée par les rayons du soleil, la présence de fenêtres hautes donnant directement dans le vaisseau et aussi larges que le permettait la technique romane, l'absence de vitraux également, et les collatéraux, eux aussi dotés de baies de bonne dimension.

Dépouillée de mobilier et de vitraux, les seuls ornements de l'édifice sont constitués par les décors sculptés liés à son architecture, ce qui accentue l'horizontalité des lieux : frise d'oves, chapiteaux étonnamment et superbement décorés des colonnes et bases des piles élégamment travaillées. Séparant les deux niveaux de l'édifice un joli ruban plissé court sous les voûtes tout au long des murs gouttereaux, enjambant les abaques (ou tailloirs) des puissantes piles.

Les voûtes d'arêtes qui recouvrent la large nef sont rarement utilisées sur d'aussi grandes portées dans l'architecture romane. Cette technique est généralement réservée aux collatéraux. Ce procédé présente dans tous les cas l'avantage d'alléger la pression sur les murs porteurs et donc de permettre la création de fenêtres plus grandes (quoiqu'encore de taille assez réduite comme le montrent les photos). Mais il ne résout pas le problème des poussées et du poids. Ainsi à Vézelay, la déformation (le devers) des murs est bien visible si l'on se place dans le chœur. Elle était inévitable si l'on considère l'énorme poids de 45 tonnes par travée que les murs devaient supporter. Cette déformation fut rapidement constatée à l'époque, si bien qu'on dut maintenir la voûte, d'abord grâce à des tirants de fer traversant la nef, puis au XIIIe siècle par de solides arcs-boutants extérieurs. Notons que le narthex, puissamment épaulé par ses hauts collatéraux à étage, et doté en outre de voûtes à berceau brisé très surélevées, n'eut pas le même problème et n'a donc pas eu besoin d'arcs-boutants.

David et Goliath
(1120-1140)
Calcaire, Nef, pile nord, chapiteau n°50

.

Pour un sanctuaire comme Vézelay qui recherchait avant tout la lumière, l'évolution vers le gothique était indispensable, et c'est ce qui advint rapidement avec l'édification dès la fin du siècle d'un chœur et d'un transept gothique, soixante-cinq ans seulement après le début de la construction romane de cette nouvelle église.

Le Moulin Mystique
(1120-1140)
Calcaire, Nef, pile sud, chapiteau n°20
Les chapiteaux de la nef[modifier | modifier le code]

Les colonnes engagées dans les piles de la nef (et du narthex), sont surmontées de superbes chapiteaux sculptés datant du XIIe siècle. Ces remarquables sculptures datent des années 1125-1140, c'est-à-dire de l'époque du roi Louis VI le Gros et de son fils Louis VII le Jeune. Ils montrent l'extraordinaire maîtrise de la pierre dont firent preuve les sculpteurs bourguignons du Moyen Âge.

Les chapiteaux sont parfois, mais rarement sculptés de feuillages ; ils sont pour la plupart historiés et représentent une série de thèmes et sujets bibliques, mythologiques ou fantastiques d'une grande richesse (parmi les plus célèbres, on peut citer le fameux Moulin mystique). On trouve aussi un certain nombre de thèmes moralisants, avec à l'avant-plan le châtiment des méchants. Enfin d'autres chapiteaux décrivent certains épisodes de la vie des saints.

L'ensemble des 118 chapiteaux de la basilique (94 pour la nef et 24 pour le narthex), probablement réalisés par un atelier de cinq maîtres-sculpteurs, est le plus important de la Bourgogne avec celui de la cathédrale Saint-Lazare d'Autun. Parmi eux, seuls huit ont été refaits au XIXe siècle. Les fragments originaux de ces derniers se trouvent alors au musée lapidaire. Les chapiteaux refaits se remarquent aisément à la couleur blanche de la pierre.

Certains sujets paraissent fort étranges. L'Enlèvement de Ganymède par Zeus par exemple, sujet païen et homosexuel de surcroît, semble tout à fait déplacé et anormal dans une église chrétienne, au point que l'on s'est demandé si la scène ne représentait pas autre chose. Certaines rares scènes sont obscures et n'ont pas encore été interprétées.

Les chapiteaux du narthex[modifier | modifier le code]

Tout aussi splendides que les chapiteaux de la nef, ceux du narthex datent de la même époque et traitent le même type de thèmes. Ils sont en général en excellent état de conservation.

Le chœur gothique[modifier | modifier le code]

Le chœur gothique de la basilique et l'adoration des moines et moniales
Élévation nord du chœur de la basilique
Seconde moitié du XIIe siècle
Calcaire, Sanctuaire
.

Construit à la fin du XIIe siècle, le chœur est de style gothique de transition, ou gothique primitif. Son élévation est à trois niveaux : grandes arcades, triforium aveugle et fenêtres hautes. Légèrement plus étroit que la nef, il est baigné d'un flot de lumière et donne une grande impression de verticalité, ce qui contraste avec la moindre clarté et les lignes essentiellement horizontales de la nef. Les voûtes ne reposent plus que sur les faisceaux des piles. Les épais murs porteurs, tels ceux de la nef romane, devenus inutiles, ont été remplacés par de grandes baies vitrées.

Il est entouré d'un déambulatoire sur lequel s'ouvrent neuf chapelles peu profondes, gothiques elles aussi et dotées de grandes fenêtres vitrées, contribuant à inonder le chœur de lumière. Le déambulatoire prolonge, au-delà du transept, les collatéraux de la nef, mais il est nettement plus étroit que ces derniers.
Le chœur proprement dit se termine par une abside semi-circulaire à cinq pans, auxquels correspondent cinq chapelles rayonnantes qui communiquent avec le rond-point du déambulatoire.
La pierre blanche utilisée pour la construction du chœur accentue encore son éclatante luminosité.

Le chœur est plus élevé que la nef. Sa hauteur sous voûte est de 22 mètres contre 18,55 pour la nef. Le triforium comporte des baies géminées, séparées par une paire de colonnettes jumelées et surmontées d'un arc en plein cintre. Les fenêtres hautes sont à lancette simple.
Les voûtes semblent en contradiction avec les grandes arcades des travées correspondantes : ainsi la voûte de la seconde travée est quadripartite alors que le niveau de la grande arcade correspondante est divisé en deux par une colonne supplémentaire au sud et une double colonne au nord.

La symbolique du chœur[modifier | modifier le code]

La structure du chœur s'inscrit dans la logique du symbolisme de la lumière, suivant l'idée que le Christ est la « Lumière du Monde ». En ce sens, ce chœur apparaît comme le parfait aboutissement de la construction de la basilique, et remplace fort avantageusement l'ancien chœur roman.

Le dépouillement est extrême, l'austérité est quasi totale. Pas de vitraux, pas de chapiteaux historiés, pas de mobilier tant soit peu luxueux. Par de grandes baies, une lumière abondante se répand et enveloppe tout.

Un symbolisme caché règne en ces lieux, et contraste avec l'enseignement fort explicite de la sculpture romane de la nef. Ainsi onze colonnes encadrent ce chœur ; elles représenteraient les onze apôtres rassemblés autour du Christ, lors de la Dernière Cène, après le départ de Judas. Ainsi encore, au triforium, un pilastre remplace les colonnettes jumelées au niveau de la deuxième travée à droite. Il s'agirait du symbole de Judas, la section carrée du pilastre symbolisant le Mal[17].

Le transept[modifier | modifier le code]

La balustrade gothique du triforium du mur de fond des croisillons du transept (fin du XIIe siècle - dessin de Viollet-le-Duc).

Construit en même temps que le chœur, c'est-à-dire pendant les dernières années du XIIe siècle, en style gothique primitif, le transept n'est pas très large.

Son élévation est similaire à celle du chœur et comporte donc trois niveaux (grandes arcades, triforium et fenêtres hautes). Chaque croisillon comprend deux travées, qui sont dissymétriques au sud : la première travée possède une baie géminée au niveau du triforium, tandis que la seconde n'a qu'une baie simple ; de plus, seule la première travée comporte une grande arcade. Chacune des travées du transept (nord et sud) possède des voûtes quadripartites.

Les extrémités des deux croisillons ne possèdent pas de grands portails. Au nord, il existe seulement une petite porte précédée d'un escalier. Au sud le premier niveau du mur de fond du croisillon consiste en un haut mur qui jouxte le bâtiment de la salle capitulaire. Le deuxième étage des extrémités de ces croisillons est constitué de belles balustrades pleines ou bahuts décorés d'une série de petites arcatures aveugles, sur lesquels sont posées les colonnettes d'un triforium. Comme au niveau du chœur, ce triforium est constitué de baies géminées coiffées par un arc en plein cintre. Enfin le troisième et dernier étage est constitué de trois baies d'une seule lancette chacune, qui contribuent à éclairer le transept.

Les alignements de la lumière naturelle[modifier | modifier le code]

Nef de la basilique, le 23 juin 1976 à 14h27. Photographie de François Walch

En 1976 après plus de huit siècles, Hugues Delautre (1922-2008) l'un des pères franciscains chargés depuis 1966 de la desserte du sanctuaire de Vézelay, découvre que non seulement l'axe d'orientation de La Madeleine, mais aussi sa structure interne, ont été déterminés en tenant compte de la position de la terre par rapport au soleil. Chaque année la fête de Jean-Baptiste révèle les dimensions cosmiques de cette église : au plein midi du solstice d'été, quand le soleil est en culmination par rapport à la terre la lumière venue des fenêtres sud projette des flaques lumineuses qui s'établissent dans le plein milieu de la nef avec une rigoureuse précision[18],[19],[20],[21]. (voir photographie ci-contre)

Pour atteindre la signification de ce signe objectif le père Hugues Delautre se réfère aux textes du XIIe siècle (Suger de Saint-Denis, Pierre le Vénérable, Honoré d'Autun) et habite longuement le monument avec la mentalité symbolique de l'époque pour laquelle le sens se révèle à partir des signes sensibles par la voie anagogique (littéralement ascension vers l'Incréé) où le regard dépasse la réalité du signe pour atteindre cet au-delà du signe qui est Dieu et son mystère. Se laissant informer progressivement par la lumière de Vézelay, il conclut ainsi : « Le bâtisseur, fasciné par la beauté de l'univers qu'il reconnaît être l'œuvre de Dieu, n'a-t-il pas édifié cet « atrium du Ciel » à l'image de Dieu qui a créé « dans l'ordre, la mesure et la beauté » ? Il pourrait affirmer comme Salomon qui a construit le Temple de Jérusalem dans une totale soumission aux normes directrices fixées par Dieu : « Tu m'as ordonné de bâtir un temple, sur ta montagne sainte… une copie de la Demeure sacrée que tu fondas dès l'origine » (Sagesse 9, 8). La nef est l'expression de la soumission admirative de l'homme roman à l'égard de l'ordonnance du plan divin exprimé dans la création tout entière. « Les Cieux racontent la gloire de Dieu et l'œuvre de ses mains le firmament la clame » (Psaume 18, 2) ».

La crypte[modifier | modifier le code]

Vue de la crypte depuis l'Ouest
XIe-XIIe siècles
Calcaire, crypte

De plan trapézoïdal, la crypte est couverte de voûtes d’arêtes supportées par deux files de colonnes qui déterminent trois vaisseaux de sept travées. Une première partie, romane, à l’Occident, est communément attribuée à la campagne d’Artaud. Elle compte trois travées délimitées par six colonnes. Une seconde partie fut réalisée durant l’abbatiat de Gautier à une époque contemporaine de l’érection du transept actuel, entre 1207 et 1216, et s’étend dans le prolongement de la première, à l’orient. Elle mesure 19 mètres de long sur 9 mètres 20 de large.

Elle est couverte de voûtes d'arêtes qui retombent sur douze colonnes de grosseur inégale.
Un récit nous raconte que lorsque l'abbé Geoffroy entreprit de démolir la crypte pour l'agrandir, la sainte fit disparaître l'église dans l'obscurité la plus totale et terrifiante, décourageant toute nouvelle tentative de construction[22].

Les dépendances monastiques[modifier | modifier le code]

Le bâtiment monastique[modifier | modifier le code]

  • Les élévations extérieures

Des bâtiments monastiques nécessaires à la vie en communauté des moines de Saint-Benoît et de leur abbé, les dortoirs, le réfectoire, le château de l'abbé, les écuries, le cloître, la boulangerie, la forge et autres lieux d'intérêts pratiques, il ne reste rien. Seul le bâtiment accolé au bras sud du transept est parvenu jusqu'à nous, mais toutes ses différentes parties ne sont pas précisément identifiées. Il s'agit de la salle capitulaire, de ce qui devrait être le scriptorium au premier étage de l'actuelle sacristie et d'un petit bâtiment à trois lancettes en plein cintre.

  • La salle capitulaire
  • Le scriptorium
  • Les fragments conservés au musée de l'œuvre

Les dépendances extérieures[modifier | modifier le code]

La basilique aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Basilique et colline de Vézelay *
Logo du patrimoine mondial Patrimoine mondial de l'UNESCO
La basilique et la colline
La basilique et la colline
Pays Drapeau de la France France
Type Mixte
Critères (i) (vi)
Superficie 183 ha
Zone tampon 18 373 ha
Numéro
d’identification
84
Zone géographique Europe et Amérique du Nord **
Année d’inscription 1979 (3e session)
Année d’extension 2007 (31e session)
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

Animation spirituelle[modifier | modifier le code]

Depuis 1993, les Fraternités monastiques de Jérusalem ont en charge l'animation spirituelle de la basilique en y célébrant trois fois par jour la liturgie, en renouant avec les liturgies de Noël, du dimanche des Rameaux, des vigiles pascales et de la grande fête de Pâques. Moines et moniales assurent aussi les visites de la basilique tout au long de l'année et vivent de leur travail à mi-temps (pour préserver leur vie contemplative) en assurant le secrétariat des visites, le secrétariat de l'accueil spirituel. Ils accueillent tous ceux qui le désirent dans deux hôtelleries (Maisons Béthanie et Saint-Bernard). Ils tiennent un magasin monastique, « La Pierre d'angle ». La basilique de Vézelay est également une paroisse dont le recteur est Monseigneur François Tricard en 2014.

Tourisme: quelques chiffres[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tourisme dans l'Yonne.

La basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay recevait annuellement 829 653 visiteurs en 2013[23].

C'est le premier monument visité en Bourgogne devant la basilique du Sacré-Cœur de Paray-le-Monial (475 000), et les Hospices de Beaune (411 148)[24].

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Notice no PA00113932 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Viviane Huys Clavel, Image et discours au XIIe siècle. Les chapiteaux de la basilique Sainte-Marie-Madeleine à Vézelay, L'Harmattan, Paris, 2009 (ISBN 978-2-296-10497-6)
  3. « Monuments inédits sur l’apostolat de sainte Marie Madeleine en Provence, et sur les autres apôtres de cette contrée: saint Lazare, saint Maximin, sainte Marthe, les saintes Marie Salomé et Jacobé" par l’Abbé Étienne et Michel Faillon, 1848, Volume 2, p. 754
  4. https://www.ewtn.com/library/CHISTORY/relicsmarmagdal.htm
  5. Cartulaire de l'Abbaye de Saint-Martin d'Autun, Charte n° CL.
  6. Vatican. registri. Secret., 502, f° 437-438. Transcrpt. : Ludivine Saulnier, Neil Stratford, op. cit., 1984, p. 10, n. 48.
  7. Aimé Chérest, op. cit., 1976, p. 6.
  8. a et b La Sculpture oubliée de Vézelay : catalogue du musée lapidaire par Lydwine Saulnier, Neil Stratford, chapitre 2, Droz, 1984
  9. http://www.senat.fr/evenement/archives/D33/vez.html
  10. http://artsculture.ac-dijon.fr/IMG/pdf/se_89_-_musee_de_l_oeuvre_document_pedagogique.pdf
  11. http://www.routesdevezelay.cef.fr/2006/spi_1946.php
  12. http://whc.unesco.org/fr/list/84/
  13. Eugène Viollet-le-Duc : Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle
  14. Eugène Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle (rubrique Porche)
  15. « Portail de la nef dans le narthex », base Mémoire, ministère français de la Culture
  16. Annales archéologiques, Adolphe N. Didron, Édouard Didron, Volume 15, Librairie Archéologique de Didron, 1855 Lire en ligne
  17. Photo du pilastre symbolisant Judas, au triforium du chœur
  18. Hugues Delautre, Solstices à Vézelay, Zodiaque no 122, Abbaye Sainte-Marie de la Pierre-qui-Vire (Yonne), Les ateliers de la Pierre-qui-Vire, dépôt légal 1240-3-79, octobre 1979, p. 1 à 6 (Regard renouvelé sur l'église de la Madeleine) suivi de p. 7 à 16 (Entretien au sujet des éclairages des solstices à Vézelay)
  19. Hugues Delautre, Jacqueline Gréal, La Madeleine de Vézelay, Guide et plans, Éditions Franciscaines, Lescuyer, Lyon, ISBN 2-85020-001-8, 1981, p. 27-29 (Architecture cosmique et mystique de la lumière), traduit en anglais, allemand, espagnol, italien et néerlandais
  20. Raymond Oursel, Lumières de Vézelay, éditions Zodiaque, abbaye Sainte-Marie de la Pierre-qui-Vire (Yonne), ISBN 2-7369-0203-3, 1993, p. 21 et 105-109 (Les tâches solaires)
  21. Damien Voreux, Vézelay, Éditions Ouest-France, Edilarge, ISBN 2-7373-1608-1, 1994, p. 15-18 (Les jeux de la pierre et du soleil)
  22. Miracula S. Mariae Magdalenae, in Analecta Bollandiana, 17, 1898, p. 177-178.
  23. [1]
  24. http://www.bourgogne-tourisme-pro.com/la-fr%C3%A9quentation

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) R.K. Berlow, « Spiritual Immunity at Vézelay (ninth to Twelfth centuries) », t. 42, Catholical Historical Review,‎ 1976, 573-588 p.
  • Aimé Cherest, « Aperçu historique sur la Madeleine de Vézelay », t. XI, Bulletin de la Société des Sciences Historiques et Naturelles de l’Yonne,‎ 1857, 508-537 p.
  • Aimé Cherest, « Vézelay étude historique », Bulletin de la Société des Sciences Historiques et Naturelles de l’Yonne,‎ 1862, 209-525 p.
  • Aimé Cherest, « Étude historique sur Vézelay. Deuxième partie », Bulletin de la Société des Sciences Historiques et Naturelles de l’Yonne,‎ 1868, 5-631 p.
  • J.-L. Flohic (Dir.), Le patrimoine de la basilique de Vézelay, Charenton-le-Pont, Flohic (coll. Le Patrimoine mondial),‎ 1999, 319 p. (ISBN 978-2842340438)
  • Arnaud Timbert, Vézelay le chevet de La Madeleine et le premier gothique bourguignon, Rennes, Presses Universitaires de Rennes (coll. « art & Société »),‎ 2009, 282 p. (ISBN 978-2753507593)
  • Francis Salet, La Madeleine de Vézelay : Étude iconographique par Jean Adhémar, Étude iconographique par Jean Adhémar, Melun, Librairie d‘Argences,‎ 1948, 141 p.
  • Francis Salet, Cluny et Vézelay : l’oeuvre des sculpteurs, Paris, société française d‘archéologie,‎ 1995
  • Lydwine Saulnier et Neil Stratford, La sculpture oubliée de Vézelay, Genève-Paris, société française d‘archéologie,‎ 1984

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Jean de la Monneraye : Sainte Marie-Madeleine de Vezelay, Paris, Horizons de France - Société Française des presses suisses, 1968.
  • Gérard Denizeau : Histoire visuelle des Monuments de France, Larousse, Paris, (ISBN 2-03-505201-7), 2003, p. 53.
  • Alain Erlande-Brandenburg : Histoire de l'architecture française (Tome 1), Éditions du Patrimoine, Mengès, Paris, (ISBN 2-85620-367-1), 1995.
  • Maï Le Gallic: Le tympan de Vézelay: les peuples de la terre dans la pensée et l'art roman, Thèse soutenue sous la direction de Xavier Barral I Altet, Université européenne de Bretagne, 2012, p. 128.
  • Prosper Mérimée: Note d’un voyage dans le Midi de la France, Bruxelles, 1835, p. 27-46.
  • Prosper Mérimée: « Vézelay », Histoire générale des villes de France, Paris, 1843, p. 159-170.
  • Raymond Oursel : Bourgogne romane, (7e édition), Édition Zodiaque, La Pierre-qui-Vire (France), 1979.
  • Raymond Oursel : Bourgogne romane, (8e édition), Édition Zodiaque, La Pierre-qui-Vire (France), 1986; p. 253-284 au sujet de Vézelay; p. 280 plan, p. 284 dimensions.
  • Dom Claude Jean-Nesmy, Vézelay, Édition du Zodiaque, 1991, 88.p. Nomb ill. (ISBN 2-7369-0185-1)
  • Christian Sapin : Vézelay - Abbaye Sainte-Marie-Madeleine (Yonne), dans Les Dossiers d'archéologie, juillet-août 2002, no 275.
  • Eugène Viollet-le-Duc, Monographie de l’ancienne église abbatiale de Vézelay, Paris, 1873.
  • Édith de la Héronnière, photographies Geneviève Ameilhau et Pierre Pitrou : Histoires lapidaires, Éditions Fanlac (ISBN 2-86577-261-2[à vérifier : isbn invalide]), 2007

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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