Yères

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Yères
L'Yères, à Grandcourt
L'Yères, à Grandcourt
L'arrondissement de Dieppe dans la Seine-Maritime
L'arrondissement de Dieppe dans la Seine-Maritime
Caractéristiques
Longueur 40 km [1]
Bassin 309 km2 [1]
Bassin collecteur Yères
Débit moyen 2,71 m3/s (Touffreville-sur-Eu) [2]
Nombre de Strahler 2
Organisme gestionnaire Syndicat mixte du bassin versant de l'Yères et de la Côte[3]
Régime pluvial océanique
Cours
Source près du Mont Gournoy (209 m)
· Localisation Aubermesnil-aux-Érables
· Altitude 128 m
· Coordonnées 49° 49′ 20″ N 1° 34′ 11″ E / 49.82222222, 1.569722222 (Source - Yères)  
Embouchure Manche
· Localisation Criel-sur-Mer
· Altitude 0 m
· Coordonnées 50° 01′ 59″ N 1° 18′ 37″ E / 50.03305556, 1.310277778 (Embouchure - Yères)  
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche le ruisseau le Douet
· Rive droite néant
Pays traversés Drapeau de la France France
Département Seine-Maritime
Arrondissement Dieppe
Cantons Blangy-sur-Bresle, Londinières, Eu
Régions traversées Haute-Normandie
Principales villes Foucarmont, Saint-Martin-le-Gaillard, Criel-sur-Mer

Sources : SANDRE, Géoportail, Banque Hydro

L'Yères est un fleuve côtier français de Seine-Maritime, dans la région Haute-Normandie, situé dans le Petit Caux, et qui se jette dans la Manche.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom Era fluvius (devenu Yères) est attesté depuis 1034, terme hérité probablement de l'ancien toponyme Atura[4].

Géographie[modifier | modifier le code]

L'Yères à Criel-sur-Mer.

L'Yères prend sa source dans la basse forêt d'Eu, à Aubermesnil-aux-Érables, au sud de Foucarmont, à un kilomètre au nord-ouest du Mont Gournoy (209 m), à une altitude de 128 mètres. Son cours, de 40 kilomètres[1], adopte rapidement la direction sud-est/nord-ouest, selon un axe parallèle à celui de la Bresle avant d'aboutir à la Manche à Criel-sur-Mer. Le fleuve côtier coule entre des contreforts formés des craies marneuses du Turonien, et des craies à silex du Coniacien[5]. La vallée, dont le fond est formé d’alluvions sablo-graveleuses récentes, est bordée par des plateaux couverts de limons loessiques, enrichis en argiles et silex sur les pentes[5].

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Le débit de l'Yères, dans le cadre d'un régime typiquement pluvial océanique, ne dépasse pas 3 m3⋅/s à l'embouchure (environ 2,7 m3⋅/s à Touffreville-sur-Eu). La relative indigence de l'Yères[2],[6] s'explique par la faible superficie de son bassin versant et donc du caractère réduit de son réseau tributaire, surtout composé de rus ; son affluent principal (et seul référencé au SANDRE[1]), en rive gauche, est un ruisseau de faible longueur, (2,4 km), le Douet[7], qui conflue sur le territoire de la commune de Grandcourt.

À Touffreville-sur-Eu, à guère plus de 5 kilomètres de son embouchure, le débit de l'Yères, observé depuis 49 ans, atteint en moyenne 2,71 m3⋅/s pour un bassin versant de 267 km2 (soit près de 85 % de sa superficie totale). Le fleuve côtier présente des variations modérées du module[2] : la période des hautes eaux correspond à la période hivernale et au début du printemps (la moyenne mensuelle atteint en février des chiffres compris entre 3,43 m3⋅/s et 3,69 m3⋅/s) ; les basses eaux interviennent à la fin de l'été et au début de l'automne avec des débits de 1,82 m3⋅/s à 1,93 m3⋅/s (le minimum étant enregistré en septembre). Les périodes d'étiage, tout comme les crues, sont limitées.

En établissant une comparaison entre le débit et le bassin versant, l'Yères présente un module tout à fait honorable ainsi que l'atteste une lame d'eau de 320 mm/an (légèrement supérieure à la moyenne nationale qui est de 300 mm/an, mais supérieure à celle du bassin de la Seine qui atteint 225 mm/an) et un débit spécifique (ou Qsp) de 10,1 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin, des chiffres très proches de sa voisine, la Bresle (pour comparaison : 9,5 l/s/km2 pour l'ensemble des cours d'eau français, 7,1 l/s/km² dans le cas du bassin de la Seine)[8].

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : G1003010 -l'Yères à Touffreville-sur-Eu pour un bassin versant de 267 km2 et à 14 m d'altitude[2]
(de 1965 à 2013 soit sur 49 ans)

Source : Banque Hydro - Ministère de l'écologie et du développement durable

La vallée de l'Yères[modifier | modifier le code]

Sa vallée encaissée, occupée par des prairies, aux coteaux boisés de hêtres et de chênes, est peu urbanisée et offre des possibilités de randonnées pédestres[9] et équestres. Près de Touffreville-sur-Eu, un viaduc en brique (de l'ancienne voie ferrée de Eu à Dieppe) offre un point de vue sur le cours du fleuve.

À proximité de sa source, le gros bourg de Foucarmont conserve les vestiges de l'abbaye cistercienne Notre-Dame et Saint-Jean-Baptiste[10], édifiée au XIIe siècle (à partir de 1130), par le comte Henri d'Eu et, en majeure partie, détruite lors de la Révolution. Non loin de là, à Aubermesnil, les habitants n'eurent sans doute jamais conscience que la spécialité de leur village durant l'Ancien Régime, la fabrication de perles de verre, les rendait acteurs de la traite négrière (la verroterie servant de monnaie d'échange dans le cadre du commerce triangulaire)[11]. Une quarantaine de moulins, destinés essentiellement à moudre les céréales, jalonnent ensuite le cours de l'Yères : 4 à Saint-Riquier-en-Rivière, 7 à Sept-Meules comme son nom l'indique, 2 à Cuverville-sur-Yères. Le moulin de Villerelle dans le premier village cité et celui de Becquerelle à Saint-Martin-le-Gaillard sont encore les témoignages de cette activité meunière. Un des moulins de Saint-Martin-le-Gaillard animait une scierie qui fonctionna jusqu'aux années 1960[12].

À Criel-sur-Mer, l'Yères longe le manoir de Briançon, château édifié au XVIe siècle, en brique et en pierre, et transformé, en 1685, par Mademoiselle de Montpensier en école de jeunes filles à laquelle fut adjoint un hospice. Plus en aval, une nécropole mérovingienne, riche de plusieurs centaines de tombes, fut découverte en 1990 sur les pentes du Mont Joli-Bois qui domine, de ses 107 mètres (plus haut point des falaises de la côte d'Albâtre), l'embouchure du petit fleuve[13].

Aménagements[modifier | modifier le code]

L'Yères, à proximité du silo de Grandcourt en janvier 2012.

L'Yères est un cours d'eau poissonneux, abritant notamment des truites farios, des lamproies de Planer et de rivière, des chabots ; elle présente les caractéristiques permettant la remontée des saumons, malheureusement cette dernière est rendue impossible par le busage du cours au niveau de l'estuaire[14].

D'autre part, l'A 28 traverse l'Yères, au nord de Foucarmont sur la commune de Fallencourt[notes 1]. Au sud de Foucarmont se trouve la basse forêt domaniale d'Eu (2 800 ha) tandis qu'au nord, et en rive droite de l'Yères, se situe la haute forêt domaniale d'Eu (3 500 ha).

Communes et cantons traversés[modifier | modifier le code]

Sans sortir des limites de la Seine-Maritime (76), l'Yères arrose quatorze (14) communes[1] et trois cantons.

Il prend sa source à Aubermesnil-aux-Érables puis traverse Villers-sous-Foucarmont, Foucarmont, Fallencourt, Saint-Riquier-en-Rivière, Dancourt, Grandcourt, Villy-sur-Yères, Sept-Meules, Cuverville-sur-Yères, Saint-Martin-le-Gaillard, Canehan, Touffreville-sur-Eu et Criel-sur-Mer, où se situe son embouchure.

Pour ce qui est des cantons, le cours de l'Yères prend sa source dans celui de Blangy-sur-Bresle, traverse le canton de Londinières, et se jette dans la Manche dans le canton d'Eu, le tout dans l'arrondissement de Dieppe.

Affluent[modifier | modifier le code]

L'Yères a un seul affluent référencé[1] :

Le rang de Strahler est donc de deux (2).

Écologie[modifier | modifier le code]

La basse vallée de l'Yères est classée en ZNIEFF de type 1[15]. L'Yères est référencé sur le site Natura 200 FR2300137 parmi les 34 sites de Haute Normandie, de type ZSC et pour 442 ha de superficie[16].

Organisme gestionnaire[modifier | modifier le code]

L'Organisme gestionnaire est le syndicat mixte du bassin versant de l'Yères et de la Côte, ou syndicat intercommunal du bassin versant de l'Aères et de la Côte, créé depuis le 13 novembre 2000[3].

Toponymes[modifier | modifier le code]

L'Yères a donné son hydronyme aux deux communes suivantes Villy-sur-Yères, Cuverville-sur-Yères.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Albert Hennetier, Aux sources normandes : Promenade au fil des rivières en Seine-Maritime, Éd. Bertout, Luneray, 2006, p. 62-67(ISBN 2867436230).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La sortie no 6 la plus proche est à 4 km environ de Foucarmont.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Sandre, « Fiche cours d'eau - l'Yères (G11-0400) » (consulté le 24 mars 2013)
  2. a, b, c et d Banque Hydro - MEDDE, « Synthèse de la Banque Hydro - l'Yères à Touffreville-sur-Eu (G1003010) » (consulté le 24 mars 2013)
  3. a et b « syndicat intercommunal du bassin versant de l'Aères et de la Côte », sur www.sibv-yeres-cote.fr
  4. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France - Volume 1, Librairie Droz, Genève, 1990.
  5. a et b Frédéric Pitois et Alain Jigorel, Mesure du concrétionnement calcaire dans les rivières de Haute-Normandie, INSA de Rennes, 2004, p. 30.
  6. « Station G1003010 de Touffrevill-sur-Eu avec Photos et plans », sur www.haute-normandie.developpement-durable.gouv.fr (consulté le 27 octobre 2013)
  7. a et b Sandre, « Fiche cours d'eau - Le Douet (G1109000) » (consulté le 24 mars 2013)
  8. Les chiffres délivrés pour le bassin versant de la Seine correspondent aux données enregistrées au Havre de 1989 à 2006 - sur 18 ans - Banque Hydro - MEDDE, « Synthèse de la Banque Hydro - la Seine au Havre (H9950010) » (consulté le 24 mars 2013)
  9. Quelques propositions de randonnées dans la vallée de l'Yères sur le site Autour de Dieppe.
  10. L'abbaye de Foucarmont sur patrimoine de France.org.
  11. Albert Hennetier, Aux sources normandes : Promenade au fil des rivières en Seine-Maritime, p. 75.
  12. Albert Hennetier, Aux sources normandes : Promenade au fil des rivières en Seine-Maritime, p. 76-77.
  13. Des informations complémentaires sur le magazine du conseil général de la Seine-Maritime de février 2005, p. 42-43 lire en ligne.
  14. « L'Yères », sur http://inpn.mnhn.fr, INPN - Inventaire National du Patrimoine Naturel (consulté le 24 mars 2014)
  15. [1]
  16. « Fiche d'identité du site Natura 2000 "L'Yères" (site n°FR 2300137) », sur carmen.developpement-durable.gouv.fr (consulté le 27 octobre 2013)