Pont Saint-Bénézet

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Pont Saint-Bénézet
Image illustrative de l'article Pont Saint-Bénézet
Géographie
Pays France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Vaucluse
Localité Avignon
Coordonnées géographiques 43° 57′ 14″ N 4° 48′ 17″ E / 43.953889, 4.80472243° 57′ 14″ N 4° 48′ 17″ E / 43.953889, 4.804722  
Fonction
Franchit le Rhône
Caractéristiques techniques
Type Pont en arc
Longueur 120 m
Largeur 4 m
Matériau(x) Pierre
Construction
Construction 1177 - 1185
Architecte(s) Jean de Tensanges
Historique
Protection Logo monument historique Classé MH (1840)

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Pont Saint-Bénézet

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Pont Saint-Bénézet

Le pont Saint-Bénézet, couramment appelé pont d'Avignon en dehors d'Avignon, est un pont construit de 1177 à 1185 sur le Rhône, partant de la ville d'Avignon sur la rive gauche. Sur la deuxième de ses quatre arches est édifiée la chapelle Saint-Bénézet, et au-dessus d'elle la chapelle Saint-Nicolas.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le pont avec 22 arches, gravure de Mamigoz

La légende raconte que Petit Benoît, connu sous le nom de Bénézet, berger à Burzet, dans le Vivarais, né en 1165, alors âgé de 12 ans, reçut l'ordre divin d'aller construire un pont à Avignon.

Plan d'Avignon gravé en 1649 pour l'Atlas van Loon sur lequel l'on voit les parties manquantes du pont

Bénézet commença en 1177 la construction du pont sur des restes de culées romaines[1]. Il fut achevé en 1185 et enjambait alors le Rhône sur 915 mètres avec un angle droit pour offrir moins de prise aux forts courants. Il comportait à l'origine 22 arches, il n'en reste que quatre. À l'origine seules les piles étaient en pierre et le tablier était alors en bois. L'ouvrage fut reconstruit en maçonnerie entre 1234 et 1237[2].

Ce pont, poste frontière entre l'État pontifical et le territoire de France, était l'un des seuls pour traverser le Rhône sur des kilomètres en amont et en aval, un bon moyen de collecter des taxes sous la forme d'un péage ou d'une aumône à saint Bénézet. Il a même été durant toute une période l'unique pont entre la ville de Lyon et la mer, ce qui en faisait alors un point de passage obligatoire pour de nombreux marchands, voyageurs, etc. Avant ce pont, on traversait ici le Rhône en barque.

La plus grande partie du pont était la propriété du roi. En 1479, à cause des inondations, deux arches furent entièrement détruites. Aussi le roi de France Louis XI ordonna-t-il sa réparation par lettre patente royale datée du 10 octobre[3].

Puis, une première arche s'effondre en 1603, ensuite trois autres en 1605... enfin toutes quatre rebâties vers 1628. En 1633, juste après la réouverture du pont, deux nouvelles arches s'effondrent. En 1669, une nouvelle crue du Rhône emporta plusieurs autres arches pour ne laisser pratiquement que celles qu'on lui connaît de nos jours[1].

Large d'à peine 2,5 mètres, il prenait appui sur l'île de la Barthelasse où se trouvaient de nombreuses guinguettes au XIXe siècle : on dansait donc sous et non Sur le pont d'Avignon comme le raconte la chanson, à moins que celle-ci ne fasse référence non pas au pont de Saint-Bénezet en partie détruit depuis le XVIIe siècle mais son remplaçant en bois édifié un peu plus loin, en 1811, à l'emplacement de l'actuel pont Édouard Daladier[4].

Panorama sur les bords du Rhône depuis le Pont Saint-Bénézet

Quelques photos du pont[modifier | modifier le code]

Dans la culture[modifier | modifier le code]

Le logotype de la ville d'Avignon représente le pont sur lequel est écrit en capitales « AVIGNON ». En dessous peut figurer le slogan : « VILLE D'ESPRIT ». Il s'agit d'une photographie floutée et truquée du pont, l'arche étant anormalement allongée pour ressembler à une ligne. De couleur jaune ocre contrastant avec le ciel et l'eau, le pont est reconnaissable par la chapelle Saint-Nicolas.

Illustration de la chanson sur un calendrier du XIXe siècle. En fond, la chapelle Saint Nicolas et le palais des Papes.

Le pont Saint-Bénézet ou pont d'Avignon a été rendu célèbre par la chanson populaire Sur le pont d'Avignon.

Parmi les représentations, dans un style artistique différent, plusieurs peintres ont peint l'ensemble Rhône - pont d'Avignon - Palais des papes - rocher des Doms, mettant tour à tour en avant l'un ou l'autre. Lorsque James Carroll Beckwith peint Le palais des papes et le pont d'Avignon, le palais en lui-même n'est en fait présent que dans le coin supérieur droit sur moins d'un 1/6e du tableau alors que le Rhône en couvre la moitié. Paul Signac, avec son tableau Le Palais des Papes représente une vue sensiblement orientée de la même manière, mais même si la proportion accordée au pont d'Avignon (sur la gauche du tableau) reste sensiblement la même, l'angle choisi recentre le palais, le rendant beaucoup plus important et gommant presque du fait le rocher de doms. Les proportions choisie par l'auteur semblent même exagérée afin de lui donner une importance plus grande. Avec une orientation différente, vraisemblablement depuis l'ile de la Barthelasse ou Villeneuve-lès-Avignon, Adrian Stokes pour son Le palais des papes d'Avignon écrase le palais et le pont sur la moitié droite du tableau pour faire ressortir la colline du rocher des doms, et y ajoute même de la végétation.

Le pont d'Avignon apparaît dans le Dictionnaire raisonné d'Eugène Viollet-le-Duc :

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En 1974, les postes de l'île de Man émettent un timbre représentant le pont Saint-Bénézet[5].

La Prophétie d'Avignon est une série télévisée en huit épisodes diffusée à partir d'août 2007.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Eugène Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de l'architecture française, du XIe au XVIe siècle, t. VII, A. Morel,‎ 1869 (lire en ligne), p. 221-228
  • Noël Marmottan, Le Pont d'Avignon. Le Petit pâtre Benezet, l'histoire et la légende, la poésie et la chanson, Préface de Sylvain Gagnère et couverture d'Eugène Yvan, Cavaillon, Impr. Mistral, 1964, 112 p.
  • Musée du Petit Palais (Avignon), Saint Bénézet: dossier publié à l'occasion de l'exposition tenue au Musée du Petit-Palais de novembre 1984 à février 1985, Académie de Vaucluse, 1986, 27 p.
  • P. Pansier, Notes et documents sur le pont Saint-Bénezet, I 1226-1450, BMAV, ms 5703, II 1451-1807, ms 5704. Beaucaire-Tarascon
  • Alain Breton, Les restaurations du pont Saint-Bénézet, Annuaire de la Société des Amis du Palais des Papes et des monuments d'Avignon, 1986-1987, p. 87-94
  • Jean-Maurice Rouquette, Provence romane. La Provence rhodanienne. Tome 1, pp. 219–233, Éditions Zodiaque (collection "la nuit des temps" n°40), La Pierre-qui-Vire, 1980 (ISBN 978-2736901387)
  • Jean Mesqui, Le pont en France avant le temps des ingénieurs, Paris, Picard, coll. « Grands manuels Picard »,‎ 1986, 303 p. (ISBN 9782708403222)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b le Pont Saint-Bénézet
  2. Féodalités, Florian Mazel, Belin 2010 p.423 (Série Histoire de France sous la direction de Joël Cornette
  3. http://books.google.fr/books?id=j3kUAQAAMAAJ&pg=PA502 Ordonnances des rois de France de la troisième race, tome XVIII, 1828, p. 502
  4. Olivier Le Naire, « Avignon en six endroits secrets », sur lexpress.fr,‎ 12 octobre 2010
  5. Émission postale de l'île de Man, en 1974, représentant le pont Saint-Bénézet