Touques (fleuve)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

49° 22′ 02″ N 0° 04′ 27″ E / 49.36722, 0.07417 ()

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir la commune de Touques.
Touques
La Touques à Fervaques.
La Touques à Fervaques.
Caractéristiques
Longueur 108 km
Bassin 1 305 km2
Débit moyen 13,5 m3/s
Régime pluvial océanique
Cours
Source Les Rangs
· Localisation Champ-Haut
· Altitude 290 m
· Coordonnées 48° 43′ 08″ N 0° 19′ 21″ E / 48.7188, 0.3224 (Source - Touques)  
Embouchure la Manche
· Localisation Deauville, Trouville-sur-Mer
· Coordonnées 49° 21′ 58″ N 0° 04′ 30″ E / 49.366, 0.0751 (Embouchure - Touques)  
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche maure (riviere)
· Rive droite Orbiquet, Paquine, Calonne
Pays traversés Drapeau de la France France
Régions traversées Basse-Normandie
Principales villes Gacé, Lisieux, Pont-l'Évêque, Deauville, Trouville-sur-Mer

Sources : SANDRE, Géoportail

La Touques est un fleuve côtier de 108 kilomètres[1] qui naît aux confins du pays d'Ouche, du pays d'Auge, du Perche et de la campagne d'Alençon, près de Champ-Haut (Orne). Elle baigne principalement la ville de Lisieux et se jette dans la Manche entre Deauville et Trouville-sur-Mer (Calvados). Son nom ancien, Algia, reste présent dans le pays d'Auge, pays normand que la Touques traverse.

Hydronymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la Touques est attesté sous les formes in fluvio Tolca 1021-1025 [2], super Tolcam fluvium 1025-1026 [3], trans Tolcam fluvium 1049-1058 [4], Tolcha 1051-1066[5], in aqua Tolce 1059-1066 [6], etc. Il semble d’origine pré-latine, mais l’élément sur lequel il repose (une racine hydronymique °tel- / °tol- dont il paraît représenter l’élargissement °tol-k-a), suscite encore des interrogations. Albert Dauzat [7] a fait état d’une telle racine présente dans plusieurs noms de rivières tels que la Telle, ancien nom de la Béthune (Seine-Maritime), le Tholon (affluent de l’Yonne), le Touloubre (fleuve côtier des Bouches-du-Rhône) ou encore le Thoulourenc (torrent du Vaucluse).

Une semblable racine °tel- / °tol- s’est aussi appliquée à des sources et des hauteurs [8], et figure dans le nom d’une divinité aquatique gauloise Telo, en rapport avec le nom de Toulon (Telone Martia 4e s.). Il semble que l’on ait affaire à un hydronyme divinisé [9], reposant sur un élément gaulois °telo ou °telon- « source, cours d’eau ». Ce dernier subsiste en provençal, où touloun est un appellatif désignant des fontaines et des cours d’eau. La racine indo-européenne dont le mot est issu, à savoir °(s)tel- « laisser couler; uriner », ne permet pas d’expliquer les valeurs oronymiques que °tel- / °tol- peut parfois avoir. Cette dernière, qui alterne avec °ter- / °tor-, connaît par ailleurs une très large expansion, puisqu’on la retrouve de la Grande-Bretagne jusqu’au Moyen-Orient, où elle désigne régulièrement des hauteurs [10].

On a probablement affaire ici à la confusion d’au moins deux éléments d’origine différente : l’un désignant des hauteurs, puis des sources de montagne, des torrents et des rivières; l’autre évoquant l’idée d’écoulement, puis de source et de cours d’eau. Dans le cas du nom de la Touques, rien ne dit qu’il s’agisse de l’élément gaulois. Rien ne l’exclut non plus.

Géographie[modifier | modifier le code]

Dès sa source, la Touques coule droit au nord jusqu'à Pont-l'Évêque. Sa vallée, bien marquée, tranche le plateau crétacé d'argile à silex du pays d'Auge[11]. Un peu avant Pont-l'Évêque, le cours du fleuve s'oriente au nord-ouest et débouche sur la mer par un estuaire ensablé, après un parcours de 108 km, à travers le pays d'Auge.

Bassin et affluents[modifier | modifier le code]

La Calonne, affluent de la Touques à Saint-Pierre-de-Cormeilles.

Le bassin versant de la Touques est voisin du bassin de la Dives, de l'Orne à l'ouest et de la Risle à l'est.

La Touques reçoit comme principaux affluents l'Orbiquet en rive droite à Lisieux, la Calonne également en rive droite à Pont-l'Évêque.

Écologie[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'une rivière dite de première catégorie où l'on peut s'adonner à la pêche à la mouche. Les truites de mer y sont réputées.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lorant, Au long de la Touques, Cahier du Temps, 2005 (aquarelles)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sandre, « Fiche fleuve la touques (I0--0200) » (consulté le 18 octobre 2008)
  2. Marie Fauroux, Recueil des actes des ducs de Normandie (911-1066), Mémoire de la Société des Antiquaires de Normandie XXXVI, Caen, 1961, p. 122, § 32.
  3. Ibid., p. 176 § 55.
  4. Ibid., p. 318, § 140
  5. Ibid., p. 393, § 205.
  6. Ibid., p. 413, § 218.
  7. Albert Dauzat, Gaston Deslandes et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de rivières et de montagnes en France, Klincksieck, Paris, 1978, p. 88b-89a.
  8. Charles Rostaing, Toponymie de la Provence, Paris, 1950, p. 262-264.
  9. Paul Æbischer, Études de toponymie catalane, Barcelone, 1926, p. 427 et suivantes.
  10. Dominique Fournier, Les noms de lieux du Pays d’Auge (communes, hameaux, lieux-dits); vol. I : éléments pré-latins (gaulois ou transmis par le gaulois), Collection Patrimoine du Pays d’Auge, supplément au n° 54 du bulletin de la Société historique de Lisieux, 2004, p. 28-30.
  11. Autrefois, la Touques délimitait le pays d'Auge du pays d'Ouche et du Lieuvin. Les communes calvadosiennes à l'est de la Touques sont aujourd'hui considérées augeronnes.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]