Touques (fleuve)

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49° 22′ 02″ N 0° 04′ 27″ E / 49.36722, 0.07417 ()

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Touques
La Touques à Fervaques.
La Touques à Fervaques.
Caractéristiques
Longueur 108,4 km [1]
Bassin 1 278 km2 [1] ou de 1 305 km2[2]
Débit moyen 13,5 m3/s (embouchure)
Nombre de Strahler 5
Organisme gestionnaire syndicat mixte du bassin versant de la Touques[2]
Régime pluvial océanique
Cours
Source Les Rangs
· Localisation Champ-Haut
· Altitude 290 m
· Coordonnées 48° 43′ 08″ N 0° 19′ 21″ E / 48.7188, 0.3224 (Source - Touques)  
Embouchure la Manche
· Localisation Deauville, Trouville-sur-Mer
· Altitude 0 m
· Coordonnées 49° 21′ 58″ N 0° 04′ 30″ E / 49.366, 0.0751 (Embouchure - Touques)  
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche Maure, Cirieux, Yvie
· Rive droite Orbiquet, Paquine, Calonne
Pays traversés Drapeau de la France France
Départements Calvados, Orne
Régions traversées Basse-Normandie
Principales villes Gacé, Lisieux, Pont-l'Évêque, Deauville, Trouville-sur-Mer

Sources : SANDRE, Géoportail

La Touques est un fleuve côtier qui naît aux confins du pays d'Ouche, du pays d'Auge, du Perche et de la campagne d'Alençon, près de Champ-Haut (Orne). Elle baigne principalement la ville de Lisieux et se jette dans la Manche entre Deauville et Trouville-sur-Mer (Calvados). Son nom ancien, Algia, reste présent dans le pays d'Auge, pays normand que la Touques traverse.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom de la Touques est attesté sous les formes in fluvio Tolca 1021-1025 [3], super Tolcam fluvium 1025-1026 [4], trans Tolcam fluvium 1049-1058 [5], Tolcha 1051-1066[6], in aqua Tolce 1059-1066 [7], etc. Il semble d’origine pré-latine, mais l’élément sur lequel il repose (une racine hydronymique °tel- / °tol- dont il paraît représenter l’élargissement °tol-k-a), suscite encore des interrogations. Albert Dauzat [8] a fait état d’une telle racine présente dans plusieurs noms de rivières tels que la Telle, ancien nom de la Béthune (Seine-Maritime), le Tholon (affluent de l’Yonne), le Touloubre (fleuve côtier des Bouches-du-Rhône) ou encore le Thoulourenc (torrent du Vaucluse).

Une semblable racine °tel- / °tol- s’est aussi appliquée à des sources et des hauteurs [9], et figure dans le nom d’une divinité aquatique gauloise Telo, en rapport avec le nom de Toulon (Telone Martia 4e s.). Il semble que l’on ait affaire à un hydronyme divinisé [10], reposant sur un élément gaulois °telo ou °telon- « source, cours d’eau ». Ce dernier subsiste en provençal, où touloun est un appellatif désignant des fontaines et des cours d’eau. La racine indo-européenne dont le mot est issu, à savoir °(s)tel- « laisser couler; uriner », ne permet pas d’expliquer les valeurs oronymiques que °tel- / °tol- peut parfois avoir. Cette dernière, qui alterne avec °ter- / °tor-, connaît par ailleurs une très large expansion, puisqu’on la retrouve de la Grande-Bretagne jusqu’au Moyen-Orient, où elle désigne régulièrement des hauteurs [11].

On a probablement affaire ici à la confusion d’au moins deux éléments d’origine différente : l’un désignant des hauteurs, puis des sources de montagne, des torrents et des rivières; l’autre évoquant l’idée d’écoulement, puis de source et de cours d’eau. Dans le cas du nom de la Touques, rien ne dit qu’il s’agisse de l’élément gaulois. Rien ne l’exclut non plus.

Géographie[modifier | modifier le code]

Dès sa source, la Touques coule droit au nord jusqu'à Pont-l'Évêque. Sa vallée, bien marquée, tranche le plateau crétacé d'argile à silex du pays d'Auge[12]. Un peu avant Pont-l'Évêque, le cours du fleuve s'oriente au nord-ouest et débouche sur la mer par un estuaire ensablé, après un parcours de 108,4 km[1], à travers le pays d'Auge.

Communes traversées[modifier | modifier le code]

Dans les deux départements du Calvados (14) et de l'Orne (61), la Touques traverse quarante-sept communes[1].

Affluents[modifier | modifier le code]

La Touques a quarante-huit tronçons affluents[1] dont les deux principaux sont l'Orbiquet en rive droite à Lisieux, la Calonne également en rive droite à Pont-l'Évêque.

  • la Fontaine Bouillante, (rd), 6,7 km sur deux communes sans affluent.
  • la Maure, (rg), 5,8 km sur trois communes avec trois affluents.
  • l'Orbiquet, (rd), 29,7 km sur treize communes avec douze affluents dont :
  • le Cirieux, (rg), 7,4 km sur trois communes avec deux affluents.
  • la Paquine, (rd) 24,8 km sur treize communes avec cinq affluents et de rang de Strahler quatre.
  • le Pré d'Auge ou Pré d'Auage, (rg), 10 km sur trois communes avec six affluents.
  • la Chaussey, (rd), 12,5 km sur huit communes avec deux affluents.
  • la Calonne, (rd), 45,3 km sur dix-neuf communes avec vingt taxons affluents dont :
  • l'Yvie, (rg), 10,5 km sur cinq communes avec un affluent et un sous-affluent donc de rang de Strahler trois.
  • le ruisseau des Ouies, (rd), 5 km sur deux communes.

ainsi que de nombreux 'douets' ou ruisseaux.

Le rang de Strahler est donc de cinq (5).

Bassin versant[modifier | modifier le code]

Charles Mozin, Le confluent du ruisseau de Calenville avec la Touques.
Charles Mozin, Le confluent du ruisseau de Calenville avec la Touques

Le bassin versant de la Touques est voisin du bassin de la Dives, de l'Orne à l'ouest et de la Risle à l'est. La Touques traverse trente zones hydrographiques pour un total de 1 278 km2⋅ de superficie[1] ou de 1 305 km2[2]. Avec la Haute-Calonne, le bassin versant s'étend aussi sur le département de l'Eure[2].

Organisme gestionnaire[modifier | modifier le code]

L'Organisme gestionnaire est le syndicat mixte du bassin versant de la Touques[2].

Écologie[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'une rivière dite de première catégorie où l'on peut s'adonner à la pêche à la mouche. Les truites de mer y sont réputées.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lorant, Au long de la Touques, Cahier du Temps, 2005 (aquarelles)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Sandre, « Fiche cours d'eau - La Touques (I0--0200) » (consulté le 21 avril 2014)
  2. a, b, c, d et e « Syndicat Mixte du Bassin Versant de la Touques », sur www.smbvt.fr (consulté le 21 avril 2014)
  3. Marie Fauroux, Recueil des actes des ducs de Normandie (911-1066), Mémoire de la Société des Antiquaires de Normandie XXXVI, Caen, 1961, p. 122, § 32.
  4. Ibid., p. 176 § 55.
  5. Ibid., p. 318, § 140
  6. Ibid., p. 393, § 205.
  7. Ibid., p. 413, § 218.
  8. Albert Dauzat, Gaston Deslandes et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de rivières et de montagnes en France, Klincksieck, Paris, 1978, p. 88b-89a.
  9. Charles Rostaing, Toponymie de la Provence, Paris, 1950, p. 262-264.
  10. Paul Æbischer, Études de toponymie catalane, Barcelone, 1926, p. 427 et suivantes.
  11. Dominique Fournier, Les noms de lieux du Pays d’Auge (communes, hameaux, lieux-dits); vol. I : éléments pré-latins (gaulois ou transmis par le gaulois), Collection Patrimoine du Pays d’Auge, supplément au n° 54 du bulletin de la Société historique de Lisieux, 2004, p. 28-30.
  12. Autrefois, la Touques délimitait le pays d'Auge du pays d'Ouche et du Lieuvin. Les communes calvadosiennes à l'est de la Touques sont aujourd'hui considérées augeronnes.