Aude (fleuve)

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Aude
L'Aude à Carcassonne.
L'Aude à Carcassonne.
Caractéristiques
Longueur 224,1 km [1]
Bassin 6 074 km2 (4 900 km2 à Coursan[2])
Bassin collecteur Bassin de l'Aude
Débit moyen 43,60 m3/s (Moussan) [3]
Régime Pluvio-nival méridional
Cours
Source Lac d'Aude, massif du Carlit, Pyrénées
· Localisation Les Angles, France
· Altitude 2 136 m
· Coordonnées 42° 34′ 10″ N 2° 01′ 33″ E / 42.5694, 2.0258 (Source - Aude)  
Embouchure Mer Méditerranée
· Localisation Fleury/Vendres, France
· Altitude 0 m
· Coordonnées 43° 12′ 47″ N 3° 14′ 24″ E / 43.2131, 3.24 (Embouchure - Aude)  
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche la Cesse, le Fresquel, l'Orbiel, l'Argent-Double, le Trapel, le Sou de Val de Daigne
· Rive droite l'Orbieu, le Sals, le Lauquet
Pays traversés Drapeau de la France France
Départements Ariège, Aude, Hérault, Pyrénées-Orientales
Régions traversées Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon

Sources : SANDRE, Géoportail, Banque Hydro

L'Aude est un fleuve du sud de la France dont le cours de 224 kilomètres[1] s'inscrit pour l'essentiel dans la région Languedoc-Roussillon.

Il a donné son nom au département de l'Aude.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Dans l'Antiquité, l'Aude était appelée Atax par les Romains[4]. Certains auteurs antiques ont nommé le fleuve Narbôn (Polybe)[réf. nécessaire].

En 1342, le cartulaire roussillonnais d'Alart la nomme l'Auda ou la Ribera d'Aude[5]. Au Moyen Âge, pour désigner l'Aude, on employa aussi les termes Adice, de nouveau Atax, Fluvium Atacis, Flumine Atace, Flumen Ataze ou encore Juxta Aditum fluvium[5]. Selon toute vraisemblance, le nom actuel vient d'une évolution progressive d'Atax donné par Strabon (dans sa Géographie, livre IV), mot emprunté au terme gaulois atacos signifiant fougueux ou très rapide[6]

Géographie[modifier | modifier le code]

Cours du fleuve[modifier | modifier le code]

Le fleuve prend sa source dans le massif du Carlit, au lac d'Aude à 2 185 m d'altitude, dans la commune des Angles (département des Pyrénées-Orientales), coule parallèlement à la Têt (le col de la Quillane d'une altitude de 1 714 mètres marque la ligne de partage des eaux) et se jette dans la mer Méditerranée, à quelques kilomètres de Narbonne, au Grau de Vendres (tout près des Cabanes-de-Fleury), à la limite des départements de l'Aude et de l'Hérault.

Du massif pyrénéen à Carcassonne, son cours est orienté sud-nord. L'Aude présente alors les caractéristiques d'un cours d'eau de montagne, elle traverse le Capcir, alimente plusieurs lacs de barrage (Matemale, Puyvalador), s'enfonce dans des gorges (celles de Saint-Georges sont les plus pittoresques) à travers des terrains anciens. À partir d'Axat, après avoir reçu l'apport de l'Aiguette en rive droite et du Rébenty en rive gauche, le fleuve traverse les barres calcaires des pré-Pyrénées (défilé de Pierre-Lys) et arrose une série de petites communes Quillan, Espéraza, Couiza, Alet-les-Bains et Limoux. En aval de la grande cité médiévale, l'Aude s'infléchit vers l'est. Ce coude résulte d'une capture, l'Aude ayant jadis coulé dans le val de l'Hers, indice de surcreusement par une hydrologie ancienne à la suite du soulèvement des Pyrénées[7].

À partir de Carcassonne, le fleuve, s'assagissant, suit le grand sillon tectonique qui sépare les Pyrénées (Corbières) du Massif central (Montagne Noire), recevant de ces reliefs une série d'affluents dont les principaux sont l'Orbieu en rive droite, l'Argent-Double et la Cesse en rive gauche. Désormais, longée par le canal du Midi, sinuant au milieu des vignes, l'Aude pénètre dans la large plaine alluviale de Narbonne, en partie conquise sur le golfe du Lion et parsemée de sites d'anciens étangs, avant de se jeter dans la mer Méditerranée.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

L'Aude près de son embouchure à Salles-d'Aude.
L'Orbieu, le principal affluent de l'Aude, à Lagrasse

L'Aude présente un bassin hydrographique[8] de 6 074 km2 qui s'étend, inégalement, sur 6 départements : l'Aude, les Pyrénées-Orientales, l'Ariège, la Haute-Garonne, le Tarn, l'Hérault (la Haute-Garonne et le Tarn ne sont concernés que par le cours des affluents ou sous-affluents du fleuve). Avant Carcassonne, l'Aude reçoit comme tributaires des cours d'eau de faible longueur qui présentent souvent des caractéristiques de torrents de montagne.

À partir de la préfecture du département du même nom, donc dans sa basse vallée, le fleuve reçoit des rivières plus puissantes, originaires, pour la plupart d'entre elles, de la Montagne Noire. De l'amont vers l'aval, les principaux affluents de l'Aude[9] sont :

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Débits mensuels de l'Aude, près de son exutoire, représentés sous la forme d'un histogramme

Dans son cours supérieur, l'Aude présente un régime nivo-pluvial (avec un maximum de printemps lié à la fonte des neiges). Puis, à partir de Carcassonne[10] où son débit moyen atteint 20,4 m3⋅s-1, le régime devient presque exclusivement pluvial (le débit au Grau de Vendres[11], lors de sa rencontre avec la Méditerranée, avoisine 50 m3⋅s-1).

L'Aude se caractérise donc, dans son cours inférieur, par un régime pluvio-nival de type méridional aux étiages sévères durant la période estivale (9,8 m3⋅s-1 en août à Moussan[3], dans sa basse plaine alluviale, non loin de son embouchure, contre une moyenne annuelle de 44,2 m3⋅s-1). Les fortes pluies automnales permettent une remontée rapide du débit qui atteint son maximum en février (78,6 m3⋅s-1) et demeure soutenu au printemps grâce à la fonte des neiges du massif pyrénéen.

Les crues de 1999[modifier | modifier le code]

Des précipitations exceptionnelles et brutales, si caractéristiques du climat méditerranéen pendant la saison automnale, peuvent être à l'origine de crues dévastatrices comme celles des 12 et 13 novembre 1999. Le bilan de ces dernières, qui affectèrent la basse vallée de l'Aude, fut catastrophique : 35 victimes, des centaines de personnes hélitreuillées ou récupérées par moyens nautiques, des milliers d'habitations, d'entreprises et de locaux commerciaux plus ou moins endommagés, 5 000 hectares de vignes plus ou moins dévastés, la voirie, les réseaux d'eau potable et d'assainissement gravement atteints[12]. L'ampleur de la catastrophe s'explique par la conjugaison de deux phénomènes : des précipitations orageuses d'une ampleur jamais égalée (jusqu'à 620 mm tombés en deux jours à Lézignan-Corbières, c’est-à-dire plus que le total annuel) et une forte tempête sur le golfe du Lion qui entraîna une montée de 80 cm du niveau de la mer et empêcha, conjuguée avec la forte houle et le vent, le bon écoulement d'eaux déjà gonflées par les pluies diluviennes[12].

Histoire ou environnement[modifier | modifier le code]

Le Pont-neuf franchit l'Aude à Limoux.
Article détaillé : Canal de la Robine de Narbonne.

Départements et villes traversés[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Amiel, L'Aude, fleuve du pays cathare, Les presses du Languedoc, Montpellier, 1999 (ISBN 2685998-206-X[à vérifier : isbn invalide])
  • Jean Faure, Le fils du radelier, Atelier du gué, Villelongue d'Aude, 2001 (ISBN 2913589197)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Sandre, « Fiche cours d'eau - L'Aude (Y1--0200) » (consulté le 17 février 2013)
  2. Banque Hydro - MEDDE, « Synthèse de la Banque Hydro - L'Aude à Coursan (Y1612040) » (consulté le 17 février 2013)
  3. a et b Banque Hydro - MEDDE, « Synthèse de la Banque Hydro - L'Aude à Moussan (1965-2009) (Y1612020) » (consulté le 17 février 2013)
  4. Guy Barruol, Les peuples préromains du Sud-Est de la Gaule : étude de géographie historique, Paris, Éd. de Boccard, 1969, Revue archéologique de Narbonnaise (RAN), Suppléments 1. p. 387.
  5. a et b Jacques Amiel, op. cit., p. 21.
  6. L'étymologie du mot Aude sur arbre-celtique.com.
  7. Article de Pierre Minvielle in Guide des merveilles naturelles de la France, Sélection du Reader's Digest, 1973, p. 65.
  8. Jacques Amiel, op. cit., p. 14.
  9. Sont cités les affluents dont le cours excède 10 km. Les longueurs officielles sont celles données par le SANDRE, tapez le nom du cours d'eau.
  10. Données de la station hydrologique de Carcassonne (Pont-neuf) Naviguer sur la page pour obtenir les différentes données hydrologiques, code de la station : Y1232010.
  11. Chiffre Encyclopédie EnCarta 2006, article sur l'Aude.
  12. a et b Les inondations de novembre 1999 dans l'Aude sur le site de la préfecture de l'Aude Lire en ligne.