Centrale nucléaire de Chinon

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Centrale nucléaire de Chinon
Image illustrative de l'article Centrale nucléaire de Chinon
La centrale nucléaire de Chinon
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Centre
Département Indre-et-Loire
Commune Avoine
Coordonnées 47° 13′ 50″ N 0° 10′ 13″ E / 47.2306, 0.1702847° 13′ 50″ Nord 0° 10′ 13″ Est / 47.2306, 0.17028  
Opérateur EDF
Année de construction 1957
Date de mise en service 14 juin 1963
Statut En fonction
Direction Régis Clément
Réacteurs
Fournisseurs Areva NP, Alstom
Type REP
Réacteurs actifs 4 × 905 MW
Puissance nominale 3 816 MW
Production d’électricité
Production annuelle d'électricité 22,3 TWh (2013)
Production moyenne 24,1 TWh
Production totale 555 TWh (au 22 juillet 2007)
Divers
Source froide Loire
Site web EDF : Chinon

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Centrale nucléaire de Chinon

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Centrale nucléaire de Chinon

La centrale nucléaire de Chinon est située près de Chinon sur le territoire de la commune d'Avoine (Indre-et-Loire) dans le Pays de Véron, en rive gauche de la Loire à 4 km de la confluence avec la Vienne, entre Saumur (25 km en aval) et Tours (50 km en amont. Environ 1 500 personnes travaillent dans cette centrale qui produit en moyenne 24 milliards de kilowattheures par an, soit environ 4% de la production électrique nationale.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les réacteurs graphite-gaz[modifier | modifier le code]

Dès juillet 1955, Électricité de France (EDF) commande un avant-projet de réacteur nucléaire au Commissariat à l'énergie atomique, qui expérimente à Marcoule un nouveau réacteur de type uranium naturel graphite-gaz (UNGG) pour la fabrication du plutonium nécessaire à la bombe atomique française, et accessoirement la production de courant électrique[1].

En 1957 débute la construction d'EDF1, le premier réacteur électronucléaire à usage civil en France[2].

En 1959 et 1961 sont lancés les chantiers de 2 autres réacteurs EDF2 et EDF3 sur le même site.

Le 16 septembre 1962, le réacteur EDF1, protégé par une boule métallique de 55 mètres de diamètre, diverge devant une foule d'ingénieurs et de techniciens qui se pressent dans la salle de commandes. Puis le 14 juin 1963, EDF1 délivre ses premiers kilowattheures d'électricité d'origine nucléaire. Ce réacteur est arrêté définitivement le 16 avril 1973 après avoir produit un total de 2,5 TWh. Il est ensuite démantelé partiellement et transformée en musée appelé « La Boule »[2].

Les réacteurs EDF2 et EDF3 sont respectivement mis en service en 1965 et 1966[3], puis arrêtés en 1985 et 1990.

Les réacteurs à eau pressurisée[modifier | modifier le code]

À la suite de la décision d'abandonner la filière des réacteurs nucléaires uranium naturel graphite gaz (UNGG), quatre nouveaux réacteurs de la filière américaine des réacteurs à eau pressurisée ont été construits à partir de 1977 sur le site d'Avoine, puis mis en service, en 1984 pour les deux premiers d'entre eux, puis en 1987 et 1988.

Liste des installations de la centrale[modifier | modifier le code]

Réacteurs en service[modifier | modifier le code]

Vue générale de la centrale depuis Candes-Saint-Martin.

Les réacteurs sont refroidis par l'eau de la Loire. Une des spécificités de la centrale de Chinon réside dans la taille modeste de ses tours de réfrigération (circuit tertiaire). La hauteur de celles-ci fut limitée à 28 m, tandis qu'elles atteignent 178 m à la centrale nucléaire de Civaux[4]. Cette contrainte architecturale fut dictée par des raisons esthétiques. En effet, la centrale de Chinon se trouve à proximité des châteaux de la Loire. Néanmoins, afin d'avoir un refroidissement efficace, des ventilateurs fonctionnent en permanence au sein des tours. Cela consomme en tout 10 % de l'électricité produite in situ.

Les caractéristiques détaillées de chaque réacteurs en service, tous de la filière des réacteurs à eau pressurisée, sont les suivantes[5].

Nom du réacteur Modèle Capacité [MW] Exploitant Constructeur Début constr. Raccord. au réseau Mise en service comm.
Thermique (MWt) brute (MWe) Nette (MWe)
Chinon-B-1 CP2 2785 954 905 EDF Framatome mars 1977 nov 1982 fév 1984
Chinon-B-2 CP2 2785 954 905 EDF Framatome mars 1977 nov 1983 août 1984
Chinon-B-3 CP2 2785 954 905 EDF Framatome oct 1980 oct 1986 mars 1987
Chinon-B-4 CP2 2785 954 905 EDF Framatome fév 1981 nov 1987 avril 1988

Les 4 réacteurs de la centrale nucléaire de Chinon peuvent être alimentés par du combustible MOX depuis l'autorisation délivrée en 1998[6].

Réacteurs hors service[modifier | modifier le code]

  • Chinon A1/EDF1 : réacteur de type graphite-gaz (filière UNGG), arrêté en 1973 (1re centrale nucléaire française)
  • Chinon A2/EDF2 : réacteur de type graphite-gaz (filière UNGG), arrêté en 1985
  • Chinon A3/EDF3 : réacteur de type graphite-gaz (filière UNGG), arrêté en 1990. La fin des opérations de démantèlement nucléaire de ce réacteur est fixée par décret d’ici fin 2027[7].

Autres installations[modifier | modifier le code]

  • Chinon A1 est depuis 1986 le musée de l'Atome.
  • Atelier des matériaux irradiés (AMI) : mis en service en 1964 et mise à l’arrêt définitif prévu à partir de 2016[8].
  • Groupe INTRA (Intervention robotique sur accidents)

Sûreté nucléaire[modifier | modifier le code]

Risque sismique[modifier | modifier le code]

La centrale nucléaire de Chinon est située à proximité de la faille sud-armoricaine du Massif armoricain. En effet, le massif armoricain est traversé par une faille de 500 kilomètres de long tout au long de la Bretagne sud, de la Pointe du Raz jusqu'à Nantes, qui se poursuit en direction de Cholet et Poitiers[9].

En octobre 2002, l'Autorité de sûreté nucléaire publie un rapport selon lequel certaines fonctions de sauvegarde assurant le refroidissement des réacteurs pourraient ne plus être assurées en cas de séisme[10].

le 5 novembre 2006 à 1h37 se produit un séisme de magnitude 4 dont l'épicentre se situe à près de 10 kilomètres de la centrale de Chinon. Il est ressenti jusqu'à Angers et Beaupréau[11],[12]. Toutefois, d’après les informations recueillies par l’IRSN auprès d’EDF, le séisme ne déclenche pas les accéléromètres du système de détection sismique de la centrale[13].

En décembre 2007, on enregistre une amplitude de 3,4 aux alentours de Pouzauges à 100 km au sud-ouest de Chinon. En juin 2009, un tremblement de 3,4 à 3,7 degrés sur l'échelle de Richter est ressenti de Cholet à Angers, à 70 km à l'ouest de Chinon[14].

Risque incendie[modifier | modifier le code]

De décembre 2003 à septembre 2004, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) organise trois inspections qui révèlent des lacunes organisationnelles dans la lutte contre l'incendie. La troisième inspection ne met pas en évidence de progrès significatif sur l'efficacité de la lutte contre un incendie. En particulier, l'équipe de deuxième intervention est parvenue en retard sur les lieux du sinistre simulé car la porte d'accès matériel du bâtiment des auxiliaires nucléaires ne s'est pas ouverte[15].

En mars 2005, l'ASN organise à nouveau une inspection du centre et constate que les équipes locales d'intervention doivent, à Chinon comme sur la plupart des autres centrales nucléaires, améliorer leurs pratiques compte tenu des enjeux liés au risque incendie[16].

Incidents[modifier | modifier le code]

L'hiver 1986-87 ayant été très froid, plusieurs matériels et systèmes importants pour la sûreté du réacteur Chinon-B3 ont gelé, en particulier au niveau de l'arrivée d'eau de la Loire[17].

Le 21 décembre 2005, un bouchon de sable s'est formé à l'intérieur du circuit de refroidissement tertiaire de Chinon. Des travaux de dragage ont été menés dans le canal pour éliminer ce sable. Des unités de pompage ont été acheminées sur le site afin de sécuriser les travaux, pour prévenir les conséquences éventuelles liées à des mouvements importants de sable pendant les travaux. Cet événement a fait l'objet d'une déclaration à l'Autorité de sûreté, au niveau 1 de l'échelle INES.

À la suite d'une opération de maintenance réalisée le 24 septembre 2008, de l'huile industrielle provenant d'un réservoir situé dans la partie non-nucléaire des installations de l'unité de production 3 a été rejetée dans la Loire[18],[19].

Le 30 avril 2009, 198 personnes sont évacuées de la centrale qui est investie dans le même temps par la gendarmerie, l'Armée et des spécialistes du GIGN à la suite d'une alerte à la bombe. Cependant, aucun explosif n'a été retrouvé dans l'enceinte de la centrale[20],[21].

Dans son bilan de l'année 2010, l'autorité de sûreté nucléaire dénonce une rigueur d'exploitation "insuffisante" à la centrale de Chinon[22].

Le 25 octobre 2013, un salarié de Mediaco, entreprise prestataire d’EDF, est mort accidentellement, happé par le système d'entrainement d'une grue de 700 tonnes à proximité de la tour aéroréfrigérante du réacteur no 3, celui-ci étant à l'arrêt pour maintenance[23].

En 2014, en raison de résultats insuffisants en matière de sûreté depuis 2010, l'Autorité de sureté nucléaire maintient la centrale de Chinon sous surveillance renforcée[24].

Le 12 avril 2014, un rassemblement antinucléaire intitulé Fukuchinon a rassemblé près de 900 personnes selon la Nouvelle République du Centre-Ouest[25], 1 500 selon Ouest-France[26].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire de la sureté de l'énergie nucléaire civile en France (1945-2000) - Thèse de Cyrille Foasso - 2003 - Université Lumière Lyon 2
  2. a et b 14 juin 1963 : Chinon appuie sur le bouton nucléaire - La Tribune, 22 juillet 2013
  3. A Chinon, « EDF 3 » est mis en route - Institut National de l'Audiovisuel, 10 août 1966
  4. [PDF] Document Afsset, 10 octobre 2007
  5. (en) « Reactors in operations, 31 dec 2009 », sur www-pub.iaea.org/ (consulté le 27 avril 2011)
  6. Décret du 21 juillet 1998 autorisant Électricité de France à introduire du combustible MOX dans les réacteurs B1, B2, B3 et B4 de la centrale nucléaire de Chinon - Journal Officiel du 26/07/1998 - Page : 11444/11445
  7. Réacteurs à l'arrêt A1, A2 et A3 de Chinon - site de l'Autorité de sûreté nucléaire, visité le 17 octobre 2014
  8. Atelier des matériaux irradiés - Site de l'Autorité de sûreté nucléaire, visité le 17 octobre 2014
  9. Gautier Marcel. Les tremblements de terre du Massif Armoricain. In: Norois. N°86, 1975. Avril -Juin 1975. pp. 189-205.
  10. Erreur de conception affectant la résistance au séisme de réservoirs d'eau de plusieurs réacteurs de 900 MWe - Autorité de sûreté nucléaire
  11. Angers.maville.com -
  12. Le Bureau central sismologique français - BCSF
  13. (pdf) Séisme de Chinon - dimanche 5 novembre 2006 - IRSN
  14. Secousse sismique dans les Mauges - Ouest France, mardi 30 juin 2009
  15. (pdf) Compte-rendu d'inspection de l'ASN n°43-2004
  16. (pdf) Compte-rendu d'inspection de l'ASN n°21-2005
  17. Residual Risk, mai 2007 (.pdf)
  18. Le figaro.fr. Fuite à la centrale nucléaire de Chinon. Source : AFP. 25/09/2008.
  19. Journal TV Tours : interview du directeur de cabinet de la préfecture 37
  20. Aucune bombe dans la centrale, source Europe 1
  21. Fausse alerte à la bombe, RMC
  22. L'ASN épingle la centrale nucléaire de Chinon - Le Point, 12 avril 2011
  23. Accident de travail mortel à la centrale de Chinon - La Nouvellee République du Centre-Ouest, 26 octobre 2013
  24. Nucléaire: l'ASN dresse un bilan 2013 mitigé pour les centrales de la région - France 3 Centre, 6 mai 2014
  25. Chinon : 900 manifestants pour Fukuchinon - La Nouvelle République du Centre-Ouest, 12 avril 2014
  26. Chinon. Manifestation contre le nucléaire - Ouest-France, 12 avril 2014

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Centrale nucleaire Chinon panorama.png