Couesnon

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48° 37′ 04″ N 1° 30′ 41″ O / 48.61778, -1.51139

Couesnon
Le Couesnon aux abords de Pontorson, au loin le Mont-Saint-Michel.
Le Couesnon aux abords de Pontorson,
au loin le Mont-Saint-Michel.
Caractéristiques
Longueur 97,8 km
Bassin 1 124 km2
Débit moyen 7,1 m3/s (Antrain)
Régime pluvial océanique
Cours
Source Le Bois Joli
· Localisation Saint-Pierre-des-Landes
· Altitude 182 m
· Coordonnées 48° 18′ 39″ N 1° 03′ 28″ O / 48.3107, -1.0579 (Source - Couesnon)  
Embouchure la Manche
· Localisation Beauvoir, Le Mont-Saint-Michel
· Altitude 0 m
· Coordonnées 48° 37′ 03″ N 1° 30′ 44″ O / 48.6175, -1.5122 (Embouchure - Couesnon)  
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche Talmout
· Rive droite Nançon, Minette, Loisance, Guerge
Pays traversés Drapeau de la France France
Régions traversées Pays de la Loire, Bretagne, Basse-Normandie
Principales villes Fougères, Antrain, Pontorson

Sources : Géoportail, Sandre, Cadastre.gouv.fr

Le Couesnon est un petit fleuve côtier prenant sa source près de l'étang de Vézins, sur la commune de Saint-Pierre-des-Landes en Mayenne et dont l'embouchure se situe dans la baie du mont Saint-Michel. La locution adverbiale « outre-Couesnon » fait référence à la Normandie du point de vue breton, et plus généralement à la France.

Hydronymie[modifier | modifier le code]

Mention du Couesnon sur la tapisserie de Bayeux

Le nom de la rivière est attesté sous les formes Coysnon en 1015-1026 (Dudon de Saint-Quentin), puis Coisnun en 1030 (cartulaire MSM, fo 40), flumen Cosnonis à la fin du XIe siècle (tapisserie de Bayeux, Coisnon encore à la fin du XIe siècle (Guillaume de Jumièges), Coignon, Coisnun au XIIe siècle (Wace, Roman de Rou I, 1109 ; II, 2606)[1], Couasnon plus tard. Il s'est longtemps orthographié Coesnon, comme dans le Grand vocabulaire françois, de 1768[2].

Il s'agit d’un hydronyme d’origine prélatine non identifié, mais dont il existe au moins deux paronymes vraisemblablement de même étymologie : le Couasnon, rivière de Maine-et-Loire et le Couasnon, rivière d'Eure-et-Loir[3].

Cours[modifier | modifier le code]

La longueur de son cours d'eau est de 97,8 km[4]. Durant la quasi-totalité de son cours, il traverse le nord-est de la Bretagne (Ille-et-Vilaine) et constituait, dans ses derniers kilomètres, la frontière entre le duché de Bretagne et le duché de Normandie.

Son cours jadis très irrégulier a inspiré le dicton : « Le Couesnon en sa folie a mis le Mont en Normandie »[5] puisque le mont Saint-Michel se situe du côté normand de son embouchure actuelle. La frontière entre l'Ille-et-Vilaine et la Manche se situe néanmoins aujourd'hui à 4 kilomètres à l'ouest de l'embouchure du fleuve dont les vasières autrefois plus étendues se sont ensablées ou ont été comblées et aménagées par l’homme pour canaliser son cours.

Bulletin des lois - 1794 (no 247) Arrêté relatif à la construction d'un canal pour détourner le cours.

Hydrologie[modifier | modifier le code]

L'embouchure du Couesnon devant le Mont Saint-Michel.
Le barrage à l'embouchure du Couesnon conçu pour chasser les sédiments qui envasent la baie du Mont Saint-Michel.
Les bords vaseux du Couesnon près du Mont.

Le Couesnon, la Sée et la Sélune participent au fonctionnement hydraulique particulièrement complexe de la baie du Mont-Saint-Michel. D'un côté, la marée apporte de grandes quantités de sédiments qui ont donné naissance à de riches polders. De l'autre, les trois cours d'eau les chassent vers le large.

Au XIXe siècle, le Couesnon a été canalisé pour mettre fin à ses « divagations » qui érodaient les rivages. En 1969, un barrage y a été édifié. Ces divers aménagements, ainsi que la digue d'accès au Mont-Saint-Michel accélèrent l'envasement du site. Pour éviter qu'il ne perde son caractère insulaire, la digue est en cours de remplacement par un pont passerelle d'accès (2012) et le barrage du Couesnon a été modifié en 2011 pour qu'il puisse à nouveau faire office de chasse.

Depuis le mont Saint-Michel, aux grandes marées, un mascaret peut être observé sur le Couesnon.

Le Couesnon a pour affluent la Minette, et le Nançon, qu'il reçoit à Fougères.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les sources historiques, ainsi que la légende de saint Aubert, évêque d'Avranches, relient le mont à la ville d’Avranches dont l'évêque a toujours dépendu du métropolitain de Rouen, puis de l'archevêché de Rouen. Le cadre religieux s'est calqué sur celui des anciennes provinces romaines, à savoir la Seconde Lyonnaise dont faisait partie Avranches, incluse plus tard dans la Neustrie. Cependant lors des incursions Vikings, le roi des Francs, incapable de défendre toutes les côtes de la Neustrie, concède le Cotentin, donc probablement aussi l'Avranchin avec le mont Saint-Michel au duc de Bretagne, domination qui va durer soixante-dix ans. Le Couesnon n'est donc plus la limite entre la Neustrie et la Bretagne, cependant il reste la limite entre l'évêché d'Avranches et celui de Dol.

Ce n'est qu’en 1009 que le Couesnon serait devenu la frontière entre la Bretagne et la Normandie. Auparavant, ce fut de manière transitoire la Sélune[6]. Cependant, le duc de Normandie Richard Ier aurait déja fait venir vers 965 une communauté monastique bénédictine de l'abbaye de Saint-Wandrille dirigée par Maynard Ier pour s'installer sur le mont.

Site naturel[modifier | modifier le code]

En 1983, le conseil général d'Ille-et-Vilaine a acquis 140 ha le long du Couesnon, sur les communes de Mézières-sur-Couesnon et Saint-Ouen-des-Alleux. Des aménagements adéquats ont été réalisés, pour la pratique de sports en milieu naturel (escalade, canoë, VTT, etc.). Cette partie du Couesnon, au XVIIe siècle, comptait une vingtaine de moulins à papier.

Qualité de l'eau[modifier | modifier le code]

Le suivi de la qualité physico-chimique du Couesnon se fait grâce à des points de prélèvement sur les communes de La Selle-en-Luitré, de Mézières-sur-Couesnon, de Romazy et de Sougéal (d'amont en aval)[7], qui donnent les résultats suivants :

Relevés à La Selle-en-Luitré
Nitrates 2010 2011 2012
Concentration du paramètre (percentile 90) 53 51 49
Classe SEQ-Eau
Relevés à Mézières-sur-Couesnon
Nitrates 2010 2011 2012
Concentration du paramètre (percentile 90) 37 38 36
Classe SEQ-Eau
Relevés à Romazy
Nitrates 2010 2011 2012
Concentration du paramètre (percentile 90) 38,5 40,1 37,8
Classe SEQ-Eau
Relevés à Sougéal
Nitrates 2010 2011 2012
Concentration du paramètre (percentile 90) 42,5 41,3 41,9
Classe SEQ-Eau

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. François de Beaurepaire (préf. Yves Nédélec), Les Noms des communes et anciennes paroisses de la Manche, Paris, A. et J. Picard,‎ 1986, 253 p. (ISBN 2-7084-0299-4, OCLC 15314425), p. 105
  2. Fichier:vocabulaire.jpg
  3. François de Beaurepaire, Op. cit.
  4. Sandre, « Fiche fleuve le couesnon (J0--0150) » (consulté le 6 août 2011)
  5. Extrait de Blason populaire de Normandie
  6. Hourlier, Dom Jacques, «Les sources écrites de l’histoire montoise avant 966», in Millénaire monastique du Mont-Saint-Michel, Raymonde Foreville (éd.), t. 2, Vie montoise et rayonnement intellectuel, Paris, Lethielleux, 1966, p. 13-28;
  7. « Qualit'eau 35 n°30 p.5 - bulletin du réseau de suivi de la qualité des eaux superficielles en Ille-et-Vilaine » (consulté le 29 novembre 2013)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]