Métropole européenne de Lille

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Métropole européenne de Lille
Métropole européenne de Lille
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nord-Pas-de-Calais-Picardie
Département Nord
Forme Communauté urbaine :
(1967-2014)
Métropole :
(Depuis 2015)
Siège Lille
Communes 85
Président Damien Castelain (SE)
Budget 1,7 milliards  (2012)
Date de création
Code SIREN 245 900 410
Démographie
Population 1 119 877 hab. (2012)
Densité 1 832 hab./km2
Géographie
Superficie 611,45 km2
Localisation
Localisation dans le département du Nord.
Localisation dans le département du Nord.
Liens
Site web lillemetropole.fr

La Métropole européenne de Lille, également connue sous le sigle MEL, est une métropole française, située dans le département du Nord et la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, frontalière de la Belgique, dans la plaine de l'Europe du Nord.

Elle a pris la suite, le , de la communauté urbaine Lille Métropole Communauté urbaine, également connue sous le sigle LMCU. Avec plus de 1,1 million d'habitants en 2012, c'est la plus peuplée des Métropoles de droit commun créées par la loi MAPTAM du 27 janvier 2014.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'intercommunalité[modifier | modifier le code]

Au tournant du XIXe siècle, Lille est la principale cité marchande et manufacturière de la Flandre romane dans son versant français. Cette situation va changer avec la révolution industrielle qui entraine un bouleversement de l’économie locale. Également capitale militaire, Lille reste engoncée dans ses fortifications en dépit de l’annexion de cinq communes limitrophes en 1858. Elle manque d'espace pour se développer et de puissantes cités industrielles émergent à ses portes. La population de Roubaix passe ainsi de 8 700 habitants en 1806 à 125 000 habitants en 1896 quand celle de Tourcoing passe de 12 000 habitants à 82 000 habitants au cours de la même période. Au plus proche de la frontière belge, ces villes nouvelles accueillent en outre des milliers de travailleurs transfrontaliers. Dès 1905, quelques membres de la Chambre de commerce de Lille et un groupe d’ingénieurs des travaux publics lancent l’idée d’une fusion des villes de Lille, Roubaix et Tourcoing. Mais Roubaix et Tourcoing sont alors au sommet d’un développement industriel qui semble sans limite. Elles ne songent pas un instant à s’unir à leur voisine et rivale[1].

Après la Deuxième Guerre mondiale, l’État met en place une politique d’aménagement du territoire sous l’impulsion de géographes, comme Jean-François Gravier qui publie Paris et le désert français en 1947, de hauts fonctionnaires et de politiques, comme Eugène Claudius-Petit, Ministre de la Reconstruction et de l'Urbanisme, qui présente en février 1950 en conseil des ministres un texte intitulé Pour un plan national d'aménagement du territoire. Elle débouche notamment sur la création de huit métropoles d’équilibre en 1964, dont Lille-Roubaix-Tourcoing, conformément aux préconisations d’un rapport des géographes Jean Hautreux et Michel Rochefort à la Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale (DATAR) récemment créée[2].

Peu après, la loi 66-1069 du crée quatre communautés urbaines (Bordeaux, Lille, Lyon et Strasbourg), association juridique obligée de communes appelées à partager un certain nombre de services et leur financement avec une ville centrale, sans concertation préalable des communes concernées. La communauté urbaine de Lille couvre alors 89 communes. Selon Béatrice Giblin-Delvallet, le périmètre de ce regroupement de communes « ne relevait pas uniquement du souci de leur aménagement puisque le préfet a veillé à ce que les communes de droite soient majoritaires afin que la présidence revienne au maire de l’une d’entre elles et que le siège de la Communauté urbaine de Lille (CUDL) soit établi dans une de ces communes et non pas dans la capitale régionale »[3]. C’est pourtant le maire socialiste de Lille, Augustin Laurent, qui en est élu président le , avant de prendre ses fonctions le .

A cette époque, les démographes prévoient que la métropole nord comptera 2 millions d’habitants en l’an 2000. Pour répondre à cette croissance démographique, Edgar Pisani, ministre de l’Équipement, décide de la création d’une ville nouvelle, dite Lille-Est. En 1969, l’Établissement public d'aménagement de Lille-Est (EPALE) est créé pour ériger la ville nouvelle sur une superficie de 3 500 hectares, « sans qu’il soit envisagé d’associer dans le conseil d’administration les représentants de la Communauté urbaine ni même les élus des trois communes dont pourtant les territoires sont intégrés dans le périmètre de la ville nouvelle. » Augustin Laurent parvient néanmoins à imposer la présence de la CUDL au conseil d’administration de l'EPALE, dont Arthur Notebart, vice-président de la communauté urbaine, devient président le .

C’est alors que l’industrie locale entre dans une crise qui annonce l’effondrement de l’ensemble du système productif hérité du XIXe siècle. Une dizaine d’années après le début de la construction de Lille-Est, il devient manifeste que l’expansion démographique attendue ne surviendra pas et que le développement de la ville nouvelle, devenue Villeneuve d’Ascq en 1970, s’effectue au détriment des villes historiques de la communauté urbaine. Alors même que ces dernières sont confrontées à une crise majeure, les ressources de l’État et de la communauté sont en effet largement absorbées par le coût du développement des équipements collectifs de la ville nouvelle qui aspire leurs classes moyennes fuyant les zones de marasme économique. Les tensions entre élus sont alors à leur comble, chacun cherchant à préserver les intérêts de sa commune.

L’arrivée de la gauche au pouvoir, au début des années 1980, marque la fin de l’EPALE, dissoute par Pierre Mauroy, alors premier ministre, à compter du , et la récupération par la CUDL de l'ensemble de ses prérogatives. Mais ce n’est que quelques années plus tard que, pour la première fois, les élus des grandes villes de la CUDL décident de défendre ensemble un projet, celui du passage par Lille de la LGV Nord, et d’en assumer, s’il le faut, le surcoût. C’est alors que la perspective internationale commence à se dessiner et que l’idée de métropole européenne émerge. La CUDL va notamment mobiliser les aides de Bruxelles, tant au titre des programmes Interreg (subventions aux programmes transfrontaliers) qu’au titre des fonds de soutien aux régions en crise industrielle, pour lancer sept grands chantiers, dont Euralille, l’Eurotéléport de Roubaix, le Centre international de transport de Tourcoing, la plate-forme multimodale de Lomme et l’agrandissement de l’aéroport de Lille-Lesquin, qui doivent marquer la vocation européenne de l’agglomération. Quelques années plus tard, le , la Communauté urbaine de Lille (CUDL) change de nom pour Lille Métropole Communauté urbaine (LMCU).

Désormais, l’objectif de faire de la métropole lilloise une métropole européenne est partagé par l’ensemble des acteurs, élus, milieu patronal, services de l’État et de la région. L'accession au statut officiel de métropole, le 1er janvier 2015, conformément à la loi MAPTAM du 27 janvier 2014, et la transformation de Lille Métropole Communauté urbaine (LMCU) en Métropole européenne de Lille (MEL)[4] marquent l’une des nombreuses étapes qu’il sera nécessaire de franchir pour l’atteindre. Elle permet notamment à la métropole de récupérer plusieurs compétences jusque là attribuées aux communes ainsi que certaines des compétences du département[5].

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Périmètre[modifier | modifier le code]

Lors de sa création, en 1967, la communauté urbaine de Lille regroupe 89 communes[6]. Son périmètre n'a pas changé depuis, mais le nombre des communes a été ramené à 87 le , lorsque les mairies d’Annappes, d’Ascq et de Flers annoncent la fusion des trois communes pour devenir la ville nouvelle de Villeneuve-d'Ascq, puis à 85 après la fusion association de Lille et Hellemmes en 1977 puis de Lille et Lomme en 2000.

Avec 85 communes, la MEL est la plus importante en nombre de communes fédérées des métropoles françaises de droit commun.

Liste des communes de l’intercommunalité
Nom Code
Insee
Gentilé Superficie
(km2)
Population
(dernière pop. légale)
Densité
(hab./km2)
Lille (siège) 59350 Lillois 34,83 231 491 (2013) 6 646
Anstaing 59013 Anstinois 2,30 1 347 (2013) 586
Armentières 59017 Armentiérois 6,28 25 978 (2013) 4 137
Baisieux 59044 Basiliens 8,68 4 611 (2013) 531
La Bassée 59051 Basséens 3,54 6 565 (2013) 1 855
Beaucamps-Ligny 59056 Beaucampois 5,04 866 (2013) 172
Bondues 59090 Bonduois 13,05 9 904 (2013) 759
Bousbecque 59098 Bousbecquois 6,44 4 773 (2013) 741
Bouvines 59106 Bouvinois 2,71 701 (2013) 259
Capinghem 59128 Capinghemmois 1,86 1 695 (2013) 911
La Chapelle-d'Armentières 59143 Chapellois 10,34 8 570 (2013) 829
Chéreng 59146 Chérengeois 4,18 2 976 (2013) 712
Comines 59152 Cominois 16,02 12 564 (2013) 784
Croix 59163 Croisiens 4,44 21 114 (2013) 4 755
Deûlémont 59173 Deûlémontois 9,94 1 685 (2013) 170
Don 59670 Donois 2,32 1 356 (2013) 584
Emmerin 59193 Emmerinois 4,91 3 205 (2013) 653
Englos 59195 Englosiens 1,35 561 (2013) 416
Ennetières-en-Weppes 59196 Ennetiérois 10,44 1 275 (2013) 122
Erquinghem-le-Sec 59201 Erquinghemois 1,75 553 (2013) 316
Erquinghem-Lys 59202 Erquinghemmois 9,00 4 773 (2013) 530
Escobecques 59208 Escobecquois 1,85 302 (2013) 163
Faches-Thumesnil 59220 Faches-Thumesnilois 4,62 17 497 (2013) 3 787
Forest-sur-Marque 59247 Forestois 1,05 1 465 (2013) 1 395
Fournes-en-Weppes 59250 Fournois 8,22 2 145 (2013) 261
Frelinghien 59252 Frelinghinois 11,27 2 419 (2013) 215
Fretin 59256 Fretinois 13,17 3 353 (2013) 255
Gruson 59275 Grusonnois 3,13 1 145 (2013) 366
Hallennes-lez-Haubourdin 59278 Hallennois 4,35 3 935 (2013) 905
Halluin 59279 Halluinois 12,56 20 915 (2013) 1 665
Hantay 59281 Hantayeurs 2,09 1 193 (2013) 571
Haubourdin 59286 Haubourdinois 5,31 14 560 (2013) 2 742
Hem 59299 Hémois 9,65 18 721 (2013) 1 940
Herlies 59303 Herlilois 7,11 2 319 (2013) 326
Houplin-Ancoisne 59316 Houplinois 6,48 3 480 (2013) 537
Houplines 59317 Houplinois 11,32 7 870 (2013) 695
Illies 59320 Illilois 7,91 1 409 (2013) 178
Lambersart 59328 Lambersartois 6,16 28 491 (2013) 4 625
Lannoy 59332 Lannoyens 0,18 1 780 (2013) 9 889
Leers 59339 Leersois 5,40 9 456 (2013) 1 751
Lesquin 59343 Lesquinois 8,41 6 969 (2013) 829
Lezennes 59346 Lezennois 2,14 3 173 (2013) 1 483
Linselles 59352 Linsellois 11,71 8 192 (2013) 700
Lompret 59356 Lompretois 3,10 2 305 (2013) 744
Loos 59360 Loossois 6,95 20 650 (2013) 2 971
Lys-lez-Lannoy 59367 Lyssois 3,26 13 437 (2013) 4 122
La Madeleine 59368 Madeleinois 2,84 22 243 (2013) 7 832
Marcq-en-Barœul 59378 Marcquois 14,04 39 392 (2013) 2 806
Marquette-lez-Lille 59386 Marquettois 4,86 10 196 (2013) 2 098
Marquillies 59388 Marquillois 6,91 1 989 (2013) 288
Mons-en-Barœul 59410 Monsois 2,88 21 513 (2013) 7 470
Mouvaux 59421 Mouvallois 4,17 13 309 (2013) 3 192
Neuville-en-Ferrain 59426 Neuvillois 6,18 10 294 (2013) 1 666
Noyelles-lès-Seclin 59437 Noyellois 2,38 859 (2013) 361
Pérenchies 59457 Pérenchinois 3,03 8 275 (2013) 2 731
Péronne-en-Mélantois 59458 Péronnais 1,14 895 (2013) 785
Prémesques 59470 Prémesquois 5,07 2 220 (2013) 438
Quesnoy-sur-Deûle 59482 Quesnoysiens 14,36 6 915 (2013) 482
Ronchin 59507 Ronchinois 5,42 18 570 (2013) 3 426
Roncq 59508 Roncquois 10,59 13 524 (2013) 1 277
Roubaix 59512 Roubaisiens 13,23 95 866 (2013) 7 246
Sailly-lez-Lannoy 59522 Saillysiens 4,43 1 704 (2013) 385
Sainghin-en-Mélantois 59523 Sainghinois 10,48 2 531 (2013) 242
Sainghin-en-Weppes 59524 Sainghinois 7,71 5 584 (2013) 724
Saint-André-lez-Lille 59527 Andrésiens 3,16 11 533 (2013) 3 650
Salomé 59550 Saloméens 5,25 2 974 (2013) 566
Santes 59553 Santois 7,57 5 698 (2013) 753
Seclin 59560 Seclinois 17,42 12 571 (2013) 722
Sequedin 59566 Sequedinois 3,93 4 443 (2013) 1 131
Templemars 59585 Templemarois 4,61 3 216 (2013) 698
Toufflers 59598 Toufflersois 2,39 3 961 (2013) 1 657
Tourcoing 59599 Tourquennois 15,19 93 974 (2013) 6 187
Tressin 59602 Tressinois 1,89 1 430 (2013) 757
Vendeville 59609 Vendevillois 2,57 1 692 (2013) 658
Verlinghem 59611 Verlinghemois 10,08 2 303 (2013) 228
Villeneuve-d'Ascq 59009 Villeneuvois 27,46 62 616 (2013) 2 280
Wambrechies 59636 Wambrecitains 15,47 9 854 (2013) 637
Warneton 59643 Warnetonnois 4,17 225 (2013) 54
Wasquehal 59646 Wasquehaliens 6,86 20 990 (2013) 3 060
Wattignies 59648 Wattignisiens 6,31 14 179 (2013) 2 247
Wattrelos 59650 Wattrelosiens 13,44 41 522 (2013) 3 089
Wavrin 59653 Wavrinois 13,55 7 644 (2013) 564
Wervicq-Sud 59656 Wervicquois 5,09 5 141 (2013) 1 010
Wicres 59658 Wicrois 2,77 424 (2013) 153
Willems 59660 Willemois 5,80 3 048 (2013) 526

Le périmètre du Schéma de cohérence territoriale Lille Métropole est toutefois un peu plus étendu, le syndicat mixte du SCOT de Lille Métropole associant à la MEL les Communautés de Communes Pévèle Carembault (93 000 habitants), de la Haute-Deûle (23 000 habitants) et de Weppes (5 600 habitants)[7]. A cet égard, le périmètre de la métropole pourrait légèrement évoluer, la Loi portant nouvelle organisation territoriale de la République prévoyant la suppression des intercommunalités de moins de 15 000 habitants. Ainsi la Communauté de communes de Weppes pourrait choisir de la rejoindre.

Géographie[modifier | modifier le code]

Territoire et urbanisation[modifier | modifier le code]

Topographie des environs de Lille

S'étendant sur 611,45 km2, la Métropole couvre un système urbain constitué de nombreuses villes-centre anciennes et de communes périphériques, bourgs relais, non agglomérés, ainsi que des communes rurales occupant les régions naturelles du Ferrain, de la plaine de la Lys, du Mélantois et du pays de Weppes.

Le Ferrain, situé au Nord-Est du territoire, est caractérisé par quelques petites butte-témoins d'une soixantaine de mètres d'altitude, dont les principales sont celles situées sur les communes de Halluin, Linselles et Wervicq-Sud. La plaine de la Lys occupe les parties Nord et Ouest du territoire. Avec une altitude quasi constante de l'ordre de 20 mètres, cette plaine présente une continuité géographique avec la vallée de la Deûle, où s'est implantée la ville de Lille. Cette vallée sépare les deux entités géographiques que constituent le pays des Weppes, étroite bande de plaine argileuse vallonnée orienté Sud-Ouest/Nord-Est située entre la plaine de la Lys et la vallée de la Deûle, et le Mélantois, plateau crayeux dont les altitudes varient de 20 à 45 mètres situé au Sud-Est du territoire.

Ce système est organisé autour d'un noyau urbain majeur, la conurbation Lille - Roubaix - Tourcoing, qui se prolonge au Sud par un axe secondaire relativement récent construit autour de la ville nouvelle de Villeneuve-d'Ascq et vers le Bassin minier le long de la Deûle et du Parc de la Deûle qui protègent les champs captants « irremplaçables » du sud de Lille[8]. Plus au nord, la vallée de la Lys forme à la fois un axe urbain en limite avec la Belgique et un élément de la trame verte régionale et paneuropéenne (corridor de migration, et élément de la trame bleue pour les oiseaux et organismes aquatiques notamment[9]).

Environnement[modifier | modifier le code]

Population[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Avec 1 119 877 habitants en 2012, la MEL est la plus peuplée des métropoles de droit commun. Elle est cependant moins peuplée que les métropoles du Grand Paris et d'Aix-Marseille-Provence, qui sont des métropoles à statut particulier, ou que la Métropole de Lyon qui, au regard de la loi, est une collectivité territoriale à statut particulier et non une métropole. C'est aussi celle qui présente la plus forte densité de population, avec 1 832 hbt/km2.

Évolution démographique
1982
1990
1999
2008
2010
2012
1 047 603 1 067 345 1 091 156 1 105 080 1 108 872 1 119 877
Nombre retenu à partir de 1982 : Population sans doubles comptes, puis population municipale à partir de 2006 [10]

Logement[modifier | modifier le code]

Situation sociale[modifier | modifier le code]

Économie et infrastructures[modifier | modifier le code]

Tissu économique[modifier | modifier le code]

Selon l’OCDE, l’aire métropolitaine de Lille, suivant un découpage territorial dont le cœur correspondrait à peu près à celui de la MEL mais dont l’aire d’influence s’étendrait un peu au-delà (les intercommunalités sont des constructions politico-administratives, non des découpages économiques), aurait généré un PIB de 43,1 Md$ en 2012 (33,5 Md€), ce qui la placerait en cinquième position des aires métropolitaines françaises, après Paris (707,1 Md$ ou 550 Md€), Lyon (87,8 Md$ ou 68,3 Md€), Marseille (65,5 Md$ ou 51 Md€) et Toulouse (51,9 Md$ ou 40,4 Md€), juste devant Bordeaux (42,2 Md$ ou 32,8 Md€)[11]. Rapporté au PIB de la région Hauts-de-France, estimé à 151,7 Md€ en 2012 par l'INSEE[12], l'aire métropolitaine de Lille représenterait ainsi 22% du PIB régional.

La Métropole fait l'objet de travaux universitaires. Une thèse à l'Université Paris-Sorbonne est consacrée à la transition énergétique dans la Métropole Européenne de Lille[13].

Grands travaux[modifier | modifier le code]

  • 1971 : la communauté urbaine de Lille lance un concours international pour équiper l'agglomération d'un nouveau système de transport en commun. Le projet VAL de Matra est retenu en 1973. Fruit de la volonté politique communautaire et de la ténacité du Président Arthur Notebart, le métro est inauguré par François Mitterrand le .
  • 1976 : Inauguration du Stadium Nord, appelé aujourd'hui Stadium Lille Métropole.
  • 1990: le projet de construction de l'Union est confié à LMCU. Celui-ci est toujours en cours.
  • 2008 : Le 1er février le conseil communautaire a retenu à 82 % des voix le projet proposé par Eiffage pour la construction du Grand stade Lille Métropole.

Entreprises[modifier | modifier le code]

31 902 entreprises sont implantées sur le territoire de Lille métropole :

  • 4 731 dans l'industrie,
  • 3 354 dans le commerce de gros,
  • 7 521 dans le commerce de détail,
  • 16 296 dans les services.

Lille's Agency (ex-APIM), est l'agence de développement économique de la métropole lilloise. Experte dans le développement et l’accompagnement d’entreprise depuis 1985, Lille’s agency a accompagné l'implantation de plus de 1 200 entreprises exogènes sur le territoire générant ainsi plus de 30 000 emplois.

Emploi[modifier | modifier le code]

Répartition des emplois par domaine d'activité
  Agriculteurs Artisans, commerçants, chefs d'entreprise Cadres, professions intellectuelles Professions intermédiaires Employés Ouvriers Retraités Autres activités professionnelles
Lille Métropole 0,13 % 1,90 % 5,73 % 10,09 % 12,69 % 12,33 % 14,43 % 42,69 %
Sources des données:INSEE

Transports[modifier | modifier le code]

Enseignement supérieur et recherche[modifier | modifier le code]

Culture[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

Lille Métropole soutient pour la saison sportive 2008-2009 21 clubs de la métropole :

Compétences[modifier | modifier le code]

Compétences obligatoires[modifier | modifier le code]

Les compétences obligatoires concernent deux domaines d’intervention :

  • L’aménagement
Les chartes intercommunales de développement d’urbanisme
Les schémas directeurs (SCOT, Schémas de secteur...)
Les documents d’urbanisme (PLU...)
Les programmes locaux de l’habitat
L’action foncière
La création et l’équipement de zones d’habitations, de rénovation ou réhabilitation urbaine, de zones industrielles, artisanales ou portuaires.
La construction, l’aménagement et l’entretien d’écoles maternelles et primaires dans les zone d'aménagement concerté.
  • Les services publics
Les transports urbains (métro, tramway, bus)
Les services de logements et organismes de HLM
La voirie
La signalisation
Les parcs de stationnement
L’eau, l’assainissement et les résidus urbains (collecte, élimination des déchets, tri)
Le marché d’intérêt national (MIN)
Les crématoriums.

Autres compétences[modifier | modifier le code]

  • Équipement sportif : Stade Pierre Mauroy ; Stadium Lille Métropole.
  • Soutien et promotion de grands événements métropolitains.
  • Valorisation du patrimoine naturel, paysager et espace naturel.


En 2002, la communauté urbaine s'est doté de la compétence Développement économique.

Administration[modifier | modifier le code]

Présidents[modifier | modifier le code]

Liste des présidents successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1967 1971 Augustin Laurent Socialiste Député, maire de Lille (1955-73),
Ancien ministre des PTT
1971 1989 Arthur Notebart PS Député, maire de Lomme (1947-90)
1989 2008 Pierre Mauroy PS Sénateur, maire de Lille (1973-2001)
Ancien Premier ministre
2008 Martine Aubry PS Maire de Lille depuis 2001,
Ancienne première secrétaire du PS
à ce jour Damien Castelain SE[14] Maire de Péronne-en-Mélantois

Conseil[modifier | modifier le code]

Le conseil communautaire est composé de 179 membres élus au suffrage universel en même temps que les conseils municipaux.



Composition et présidence du Conseil Communautaire puis du Conseil Métropolitain.
Élections Composition Groupes Politiques Présidence
2008
Lille Métropole Communauté Urbaine
Composition de Lille Métropole Communauté Urbaine en 2008
De gauche à droite :
     Communiste, Républicain et Citoyen (9 élus, présidé par Bernard Debreu)
     Socialiste, Radical Citoyen et Personnalités (56 élus, présidé par Alain Cacheux)
     Les Verts (9 élus, présidé par Slimane Tir)
     Rassemblement Citoyen (7 élus, présidé par Gérard Caudron)
     Actions et Projets pour la Métropole (10 élus, présidé par Rudy Elegeest)
     Mouvement Démocrate Eurométropole (9 élus, présidé par Olivier Henno)
     Métropole Passions Communes (29 élus, présidé par Damien Castelain)
     Métropole Communes Unies (29 élus, présidé par Bernard Gérard)
     Groupe Indépendant des Élus Communautaires (12 élus, présidé par Francis Delrue)
Martine Aubry
Présidente de LMCU
Maire de Lille
2014
Métropole Européenne de Lille
Liste des conseillers
Composition de la Métropole Européenne de Lille
De gauche à droite :
     Communiste, Républicain et Citoyen (4 élus, présidé par Bernard Debreu)
     Socialiste, Radical Citoyen et Personnalités (40 élus, présidé par Gilles Pargneaux)
     Europe Écologie Les Verts (6 élus, présidé par Lise Daleux)
     Rassemblement Citoyen (7 élus, présidé par Gérard Caudron)
     Actions et Projets pour la Métropole (5 élus, présidé par Rudy Elegeest)
     Métropole Passions Communes (52 élus, présidé par Damien Castelain)
     Métropole Communes Unies (44 élus, présidé par Florence Bariseau[15])
     Groupe Indépendant des Élus Communautaires (16 élus, présidé par Francis Delrue)
     Lille Métropole Bleu Marine (5 élus, présidé par Eric Dillies)
Damien Castelain
Président de LMCU puis la MEL
Maire de Péronne-en-Mélantois

Exécutif[modifier | modifier le code]

Damien Castelain, président de la MEL, avec Gérard Caudron et Martine Aubry, maires de Villeneuve-d'Ascq et Lille et Patrick Kanner, Ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports.

En 2001, le bureau comptait 43 vice-présidents de diverses familles politiques : socialistes et apparentés (16), Métropole passions communes (10), Union pour la métropole (6), UDF et apparentés (4), Verts (2), communiste, républicain et citoyen (2), Actions et projets pour la métropole (2)[16]. La Communauté urbaine comportait également onze commissions thématiques qui sont chacune dirigée par un vice-président.

Le , Martine Aubry est élue présidente de la communauté urbaine avec une majorité de 134 voix, devançant Marc-Philippe Daubresse qui obtient 32 voix[17]. Elle assure la présidence de l'intercommunalité avec dix premiers vice-présidents et 22 vice-présidents.

Damien Castelain, maire de Péronne-en-Mélantois (sans étiquette), lui succède à la suite des élections municipales de mars 2014. Il est élu Président avec 108 voix sur 179 le 18 avril 2014.

Le président est membre de droit de toutes les commissions. Celles-ci ont un rôle consultatif et une durée identique aux mandats des élus communautaires.

Ressources[modifier | modifier le code]

Les taxes d'habitation, les taxes foncières sur le non-bâti et les cotisations foncières des entreprises constituent la principale ressource financière (41% des Produits de Fonctionnement en 2011[18]). Ces taxes viennent en remplacement de la taxe professionnelle depuis sa suppression.

À titre indicatif, les vingt-cinq premières entreprises assujetties à la taxe professionnelle étaient (chiffres 2005) :

  • Transpole (Marcq-en-Baroeul)
  • SNCF (Lille)
  • Orange France (Villeneuve-d'Ascq)
  • EDF (Lille)
  • et GDF (maintenant Engie) (Lille)
  • Heineken (Mons-en-Barœul)
  • Auchan (Villeneuve-d'Ascq)
  • Cargill (Haubourdin) (Groupe Cerestar)
  • Valnor (Halluin)
  • Seita (Ronchin) (Maintenant :B'twin village - Décathlon)
  • La Redoute (Roubaix)
  • Hygiène Products (Linselles)
  • Société Industrielle Lesaffre (Marcq-en-Barœul)
  • DSM Food Specialties (Seclin)
  • 3 Suisses (Croix)
  • Schering AG (Lys-les-Lannoy)
  • Laboratoire FR Fraction Bio (Lille)
  • Sodemeca (Seclin) (Michelin)
  • Banque Scalbert-Dupont (Lille)
  • SFR (Lille),
  • Kiloutou (Fretin)
  • Ideal fibres et fabrics (Comines)
  • Héliogravure Didier Quebecor (Lille Hellemmes)
  • Dounor (Neuville-en-Ferain)
  • Demeyere (Pérenchies)
  • Esterra (Santes) (Ramassage d'ordures ménagers)

Coopérations transfrontalières[modifier | modifier le code]

Si, en termes de taille, la MEL semble assez proche d'autres métropoles comme Toulouse, Bordeaux ou Nantes, elle est en revanche placée au centre d'une aire géographique beaucoup plus densément peuplée et urbanisée, au sein de laquelle elle cherche à nouer des liens depuis plus d'une vingtaine d'années.

L'Eurométropole Lille-Kortrijk-Tournai[modifier | modifier le code]

La Métropole s'inscrit dans une conurbation transfrontalière abritant environ 1 200 000 habitants en France et 500 000 habitants en Belgique, dans une demi-douzaine de villes et quelques agglomérations binationales desservies par un réseau de routes, canaux et voies ferrées ou transports en commun particulièrement dense, reliant la région lilloise à Courtrai, Tournai et Ypres, ainsi qu’aux villes jumelles de la Lys[8].

C'est sur cette base qu'est formée la COPIT (Conférence permanente intercommunale transfrontalière), en 1991, partenariat de cinq structures intercommunales flamandes, française et wallonnes visant à renforcer la coopération transfrontalière. Cette structure a notamment donné naissance au projet Grootstad (« Grande Ville ») qui a conduit à l'élaboration d'un schéma transfrontalier entre 1998 et 2001.

Ce partenariat, destiné à évoluer vers la constitution d'un eurodistrict, a débouché sur la création de l'Eurométropole Lille-Kortrijk-Tournai en janvier 2008, premier GECT (Groupement Européen de Coopération Territoriale) d'Europe[19]. Il couvre 147 communes sur un territoire multiculturel de 3 550 km2 abritant environ 2,1 millions d'habitants et rassemble quatorze institutions françaises et belges[20].

L'Aire métropolitaine de Lille[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Aire métropolitaine de Lille.

En 2005, une instance de coopération transnationale regroupant 23 acteurs publics français et belges est constituée à l'échelle d'un territoire de plus de 7 000 km² comptant environ 3,8 millions d'habitants. Il comprend les agglomérations suivantes[21] :

L'objectif poursuivi dans le cadre du partenariat est de hisser l'ensemble des territoires concernés au rang de grande métropole européenne. Les partenaires ont notamment pour ambition de traiter de façon coordonnée les questions relatives aux transports, aux espaces naturels, à la valorisation des voies d’eau, à la gestion des ressources en eau, à la société de la connaissance, à la politique de la ville créative, à l'urbanisme durable et de façon générale à l'attractivité du territoire.

En 2007, le pilotage de la démarche de coopération a été confié par l'Association Aire métropolitaine de Lille à l'Agence de développement et d'urbanisme de la Métropole Européenne de Lille.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Pierrard, Lille, dix siècles d’histoire, Stock, , p. 160.
  2. Jean Hautreux et Michel Rochefort, « Physionomie générale de l'armature urbaine française », Annales de Géographie, vol. 74, no 406,‎ , p. 660-677 (lire en ligne).
  3. Béatrice Giblin-Delvallet, « Lille métropole. Une eurométropole en devenir ? », Vingtième Siècle, Revue d'histoire, no 81,‎ , p. 69-80 (lire en ligne).
  4. Loi no 2014-58 du 27 janvier 2014 de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles
  5. La Voix Du Nord, « La future «métropole européenne», casse-tête politique de la rentrée », sur www.lavoixdunord.fr,‎ (consulté le 12 septembre 2014).
  6. Maud Bazoche, Du morcellement communal de 1789 à l'émiettement intercommunal et contractuel de 2000 - Un exemple : le Nord-Pas-de-Calais, L'Harmattan, (ISBN 2-7475-2555-4, présentation en ligne), p. 174
  7. « Nord-Pas-de-Calais Picardie en chiffre édition 2015 », Agence de développement et d'urbanisme de Lille Métropole (consulté le 23 juillet 2016)
  8. a et b [PDF] « Présentation générale du site et caractéristiques géophysiques », Lille Métropole Communauté urbaine,‎ (consulté le 27 décembre 2010)
  9. Trame verte et bleue de l'aire métropolitaine de Lille, consulté 2012-06-21
  10. Résultats du recensement de la population - 2008
  11. « Metropolitan areas : GDP from cities », OCDE (consulté le 23 juillet 2016)
  12. « Nord-Pas-de-Calais Picardie en chiffre édition 2015 », INSEE (consulté le 23 juillet 2016), p. 10
  13. site des thèses de doctorat en France
  14. « Lille Métropole. Damien Castelain (SE), élu, succède à Martine Aubry », Ouest France,‎ (consulté le 18 avril 2014)
  15. « Métropole lilloise : Florence Bariseau, nouveau chef de la droite communautaire : La conseillère municipale de Villeneuve-d’Ascq a été élue à l’unanimité à la tête du groupe de droite Métropole Communes unies (MCU), au conseil de communauté urbaine », La Voix du Nord,‎ (lire en ligne).
  16. « Les élus de Lille Métropole Communauté urbaine », Lille Métropole Communauté urbaine (consulté le 27 décembre 2010)
  17. H. S., « Lille Métropole : Aubry élue, Daubresse en Cyrano », LibéLille,‎ (consulté le 27 décembre 2010)
  18. http://alize2.finances.gouv.fr/communes/eneuro/detail_gfp.php?siren=245900410&dep=059&nomdep=NORD&icom=350&type=BPS&param=0&exercice=2011
  19. « L'Eurométropole Lille-Kortrijk-Tournai », Lille Métropole Communauté urbaine (consulté le 27 décembre 2010)
  20. « Qui sommes nous ? », Eurométropole (consulté le 21 juillet 2016)
  21. « Atlas de l'aire métropolitaine de Lille », INSEE,‎ (consulté le 21 juillet 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Leman, Alain Derville, Louis Trénard, et al., Histoire d’une métropole : Lille-Roubaix-Tourcoing, Toulouse, Privat, 1977, 520 p.
  • Pierre Bruyelle, La communauté urbaine de Lille, métropole du Nord-Pas de Calais, La Documentation Française, 1991, 191 p.
  • Didier Paris et Jean-François Stevens, Lille et sa région urbaine ; la bifurcation métropolitaine, Paris, L’Harmattan, collection Métropoles 2000, 2000, 265 p. (ISBN 978-2738489777)
  • Alain Lottin, Lille, d’Isla à Lille-Métropole, Lille, La Voix-du-Nord, 2003, 198 p.
  • Béatrice Giblin-Delvallet, Lille métropole. Une eurométropole en devenir ?, Vingtième Siècle. Revue d'histoire. no 81 2004/1 p. 69 à 80
  • Mheidi Gueroui, Martine Aubry, Présidente de Lille Métropole Communauté Urbaine, sous la direction de Fabien Desage, 2009, Université de Lille 2 - Droit et Santé.
  • Didier Paris et Dominique Mons (dir.), Lille métropole : Laboratoire du renouveau urbain, Parenthèses, 2009, 269 p.
  • Pierre Tilly, Les frontaliers du nord autour de la métropole lilloise : une longue histoire commune, dans Belkacem Rachid et Pigeron-Piroth Isabelle, Le travail frontalier au sein de la Grande Région Saar-Lor-Lux. Pratiques, enjeux et perspectives, Nancy, PUN-Editions Universitaires de Lorraine, 2012, p.502.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]