TERGV

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Le transport express régional à grande vitesse, abrégé en TERGV ou TER-GV, est un mode de transport mis en place en 1998 dans l'ancienne région Nord-Pas-de-Calais. Il s'agit de trains de type TGV circulant à grande vitesse sur la LGV Nord, dont une partie du coût est pris en charge par la région et qui sont accessibles avec un billet TER ouvert (sans réservation d'horaire et de place). On parle plus génériquement de service régional à grande vitesse (SR-GV)[1].

Principe et appellations[modifier | modifier le code]

Le nom « TERGV » est un mot-valise, formé par la contraction des sigles « TER » et « TGV ». Les TERGV sont donc des TGV financés par la région et effectuant des liaisons régionales à grande vitesse. Ces trains sont parfois simplement appelés TGV (notamment dans certaines gares, sur les panneaux ou dans les annonces vocales) ou plus rarement simplement TER (notamment sur le site de la SNCF).

L'appellation TERGV est uniquement utilisée dans le Nord-Pas-de-Calais ; pour le reste de la France, le terme générique retenu par la SNCF est « service régional à grande vitesse » (SR-GV)[2].

Toutefois, le développement de ce système est difficile, à cause du financement important et de la forte utilisation de la LGV Nord.

Histoire[modifier | modifier le code]

Mise en service[modifier | modifier le code]

Lors de la campagne pour les élections régionales de 1998, le candidat socialiste Michel Delebarre annonce sa volonté de rapprocher toute la région Nord-Pas-de-Calais de la ville de Lille, préfecture de la région[3]. Élu président du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais à la suite de ces élections, il lance le projet « TERGV » qui propose de relier les villes les plus éloignées de la métropole lilloise en moins d'une heure[4]. Deux ans de concertation entre Marie-Christine Blandin et la SNCF sont nécessaires. Cette dernière ne voulait pas mélanger les hommes d'affaires et les ouvriers[5].

En exploitant la LGV Nord (TGV Paris – Lille – Calais et Eurostar) récemment ouverte, le Nord-Pas-de-Calais est la première région française à mettre en place un service de trains régionaux à grande vitesse. Les premiers trains sont mis à l'essai pour un an à partir du [6] sur deux liaisons :

Grâce à sa bonne acceptation par le public, le conseil régional prolonge l'opération, après , en proposant des relations plus régulières ainsi qu'une nouvelle liaison entre Lille-Europe et la gare de Calais-Ville à raison d'un aller-retour par jour.

Des liaisons supplémentaires[modifier | modifier le code]

En 2003, une autre relation, Lille-Europe – Arras, est mise en place à titre expérimental et à raison d'un aller-retour par jour. Cette relation ne nécessite pas de supplément tarifaire. Depuis 2007, cette relation s'est étoffée, car elle représentait un véritable succès[7].

Une prolongation de la ligne TERGV entre Lille-Europe et Boulogne-Ville vers les gares d'Étaples - Le Touquet et de Rang-du-Fliers - Verton - Berck est lancée le [8] grâce à l'électrification d'une section de la ligne de Longueau à Boulogne-Ville[9].

Tandis que l'association « À fond de train » milite pour une relation rapide entre la métropole lilloise et l'Avesnois, aucune mesure positive pour relier, en TERGV, Avesnes-sur-Helpe à Lille n'a été lancée[10].

Réseau actuel[modifier | modifier le code]

Le réseau TERGV est, en 2017, articulé sur cinq relations, desservant huit gares du réseau TER Hauts-de-France :

Exploitation[modifier | modifier le code]

Tarification et financement[modifier | modifier le code]

Pour utiliser le service, le voyageur doit se munir d'un supplément tarifaire, le « Supplément Grande Vitesse ». Il peut choisir soit un « Supplément Grande Vitesse journée » à 3 , soit un « Supplément Grande Vitesse semaine » à 12 , soit enfin un « Supplément Grande Vitesse mensuel » de 22 [11]. La région Nord-Pas-de-Calais paie plus de 80 % du prix du billet à la SNCF[12],[13]. Le TERGV coûte donc cher à la région[14].

Le surcoût d'exploitation d'un TGV est de 3 par km, par rapport aux TER classiques qui reviennent de 10 à 20 par km[1].

En 2007, un TER coûte entre 25 000 et 35 000 euros à la place, tandis qu'un TGV coûte entre 40 000 et 50 000 euros[15]. Pour que le matériel soit rentable pour la région, il ne faut pas que celui-ci dépasse le coût à la place d'un TGV. La région a failli acheter du matériel TGV à la SNCF[15], mais cette proposition n'a pas vu le jour[16]. Un matériel hybride serait la meilleure solution, mais il faudrait que plusieurs régions réalisent un appel d'offres.

Trafic[modifier | modifier le code]

Le TERGV est apprécié par les usagers[14]. Entre 2003 et 2009, la fréquentation est passée de 8 200 à 22 000 voyageurs[5].

En gare de Lille-Europe, les voyageurs sont 2 000 de 16 h à 20 h[17]. Ainsi, les TERGV vers la gare de Boulogne-Ville du vendredi soir sont plus que remplis. Il y aurait 700 personnes pour 400 places[7],[18]. Catherine Bourgeois, conseillère régionale et présidente du comité de ligne, rappelle que le TERGV est « victime de son succès, la preuve que le train ça marche »[7].

Plusieurs solutions ont été proposées pour résoudre ce problème de fréquentation. On peut citer celle de mettre un « TER rapide entre Lille et Calais » sur voie classique[7], de nouvelles rames pour remplacer les actuelles et ainsi augmenter la capacité de transport[18] mais également d'ajouter une rame ou deux sur ces trains, voire une ligne en plus. En septembre 2009, il a été choisi de rajouter une rame de 690 places en plus, d'un coût supplémentaire de 99 000 pour le conseil régional du Nord-Pas-de-Calais[19].

En janvier et avril 2010, des rames NOL (TGV TMST), d'une capacité de 558 places assises sont venues agrandir les capacités d'une structure victime de son succès[20].

Service régional à grande vitesse dans d'autres régions[modifier | modifier le code]

La mise en service de la LGV Bretagne-Pays de la Loire, avec celle de la virgule de Sablé permet, depuis , des liaisons régionales à grande vitesse entre Rennes, Laval, Angers et Nantes. Huit rames Z 21500 ont fait l'objet d'adaptations, pour circuler à 200 km/h sur la LGV entre Sablé et Laval[21].

D'autres régions ont mis en place des liaisons à 200 km/h, mais sur des lignes classiques adaptées : l'Interloire et le TER 200.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Etude de la pertinence et de la faisabilité de services régionaux de voyageurs sur lignes nouvelles p.10 Mission GPSO RFF, Juin 2009.
  2. [PDF] « Quelle place pour la grande vitesse régionale ? », Lignes d'avenir (consulté le 5 juin 2011).
  3. « TER-GV Lille / littoral : une première en France », Région Nord-Pas-de-Calais, (consulté le 19 mars 2009).
  4. [PDF] « Transport ferroviaire régional à grande vitesse : des exemples européens », Sétra, (consulté le 11 décembre 2010).
  5. a et b Florence Quille, « Le TER à grande vitesse a désenclavé le littoral », La Croix, (consulté le 11 décembre 2010).
  6. TER à grande vitesse Nord-Pas-de-Calais, Région Nord-Pas-de-Calais. Page consultée le 27 octobre 2008.
  7. a, b, c et d « Situation invivable pour les usagers du TER GV Lille - Boulogne du vendredi soir », La Voix du Nord, page consultée le 27 octobre 2008.
  8. Élise Chiari, « L'arrivée du TER-GV a sorti Étaples et Rang-du-Fliers de leur train-train », La Voix du Nord, (consulté le 11 décembre 2010).
  9. L. B., « Liaisons ferroviaires : l'arrivée du TER-GV attendue en 2011 à Étaples », La Voix du Nord, (consulté le 19 mars 2009).
  10. « Les matinales de l'association « À fond de train » pour le TER-GV », La Voix du Nord, (consulté le 19 mars 2009).
  11. Supplément Grande Vitesse, fiche pratique (prix au 9 décembre 2012) du site www.ter-sncf.com/Regions/nord_pas_de_calais. Consulté le 17 décembre 2012.
  12. H.S., « Contre le pétrole cher, les petits malins du TER-GV », LibéLille, (consulté le 29 décembre 2008).
  13. Haydée Saberan, « 8h32 Entre copains dans le TER-GV Lille-Dunkerque », Libération, (consulté le 11 décembre 2010).
  14. a et b [PDF] « Effets de la réalisation d’une Ligne à Grande Vitesse sur les dessertes régionales et interrégionales (complémentaires au TGV) », Réseau ferré de France, (consulté le 11 décembre 2010), p. 4.
  15. a et b [PDF] Gilles Rabin, « Synthèse - Journée d’étude : « La Grande Vitesse au service de la mobilité régionale » », Villes et régions européennes de la grande vitesse, (consulté le 19 mars 2009), p. 4.
  16. [PDF] Gilles Rabin, « Synthèse - Journée d’étude : « La Grande Vitesse au service de la mobilité régionale » », Villes et régions européennes de la grande vitesse, (consulté le 19 mars 2009), p. 5.
  17. Laurent Renault, « La SNCF, victime de son succès, envisage d'adapter ses lignes TER-GV », La Voix éco, (consulté le 19 mars 2009).
  18. a et b Romain Douchin, « Le TER GV, victime de son succès », La Voix du Nord, (consulté le 19 mars 2009).
  19. « Les passagers du TERGV vers Boulogne pourront voyager assis », Ville, rail & transports, (consulté le 5 juillet 2017).
  20. « Trains express régionaux et TER-GV, des nouveautés au menu de 2010 mais déjà une grève au programme demain et vendredi », La Voix du Nord, (consulté le 21 janvier 2010).
  21. « “Une première mondiale” : Le TER Nantes-Laval va désormais à 200 km/h sur la LGV », France 3 Pays de la Loire,‎ (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]