Fives

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne un quartier de Lille. Pour les autres significations, voir Fives (homonymie).
Fives
Entrée de l'ancienne usine de Fives. À droite les  anciens bureaux. Nouvelle Bourse du travail
Entrée de l'ancienne usine de Fives. À droite les anciens bureaux. Nouvelle Bourse du travail
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Nord
Ville Lille
Géographie
Coordonnées 50° 37′ 42″ nord, 3° 05′ 26″ est
Transport
Métro Lille Metro Logo 2017.svg (1) Caulier
Lille Metro Logo 2017.svg (1) Fives
Lille Metro Logo 2017.svg (1) Marbrerie
Localisation

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Fives

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Fives

Fives est un quartier populaire de l'est de Lille comptant environ 19 000 habitants[1] et souffrant d'un taux de chômage important. Faubourg industriel qui a donné son nom à une entreprise, Fives a perdu de nombreux emplois avec la fermeture de ses usines et peine à se reconvertir. Mais il attire de plus en plus les classes moyennes en raison de la présence de maisons avec jardin à prix raisonnable pour la métropole lilloise. Une ligne de métro traverse le quartier, qui reste essentiellement résidentiel.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Selon Hippolyte-Romain-Joseph Duthillœul, l'étymologie de Fives serait « fif », signifiant « cinq » et de « es », signifiant « eau, fontaine ou source »[2].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Fives

Les armes de Fives se blasonnent ainsi :"D'azur semé de fleurs de lis d'or, et un buste de saint Nicaise au naturel, mitré d'argent, brochant sur le tout".

Historique[modifier | modifier le code]

Le Prieuré clunisien de Fives au XVIIe siècle;

En 1066 Fives formait une paroisse avec Fâches (Fâches-Fives) faisant partie de la châtellenie de Lille. Vers 1130 un prieuré est fondé pour lequel les moines reçoivent des terres préalablement défrichées. Ce prieuré dépendit de l'Abbaye Sainte-Nicaise de Reims jusqu'en 1771.

Ce prieuré dont la place à côté de l’église du Sacré-Coeur porte le souvenir était situé près de la source du Becquerel  alimentée par une nappe souterraine dans les roches calcaires du sous-sol de Lezennes formant  un étang  qui se déversait dans plusieurs ruisseaux se regroupant en un cours unique en entrant dans la ville de Lille par les fortifications à proximité de l’actuelle gare de Lille-Flandres.  Cette zone marécageuse était parcourue par de petits sentiers comportant des dos d’ânes, les dondaines en patois ce qui pourrait être l'étymologie des Dondaines, terrain vague après son assèchement, longtemps occupé par un bidonville, actuellement parc des Dondaines.  Le Becquerel était également nommé Chaude rivière car ses eaux gelaient très rarement. En 1285, les échevins de Lille achètent au seigneur du Breucq la source pour alimenter la ville en eau potable par des conduites, les buisses qui permettent d'établir 8 fontaines publiques. Les rues du Becquerel et de la Chaude rivière portent le souvenir de cette rivière recouverte en 1894, la place et la rue des Buisses près de la gare de Lille-Flandres celui de cette précoce adduction d'eau urbaine [3].  

La paroisse de Fives qui dépendait jusqu'alors de Fâches est fondée en 1655[4].

A l'ouest de Fives près de l'actuel EuraLille, le château de la Phalecque était une demeure fortifiée puis une résidence de plaisance disparue vers le début du XVIIIe siècle qui fait l'objet en 2017 de fouilles archéologiques [5]

Fives est incendiée par les Français en 1485, 1491 et 1498 .

En 1579, les « Gueux », partisans de l'indépendance des Pays-Bas pillent Fives.

Louis XIV à Fives au siège de Lille

Pendant le siège de Lille de 1667, Louis XIV s'installe quelques jours en août à Fives avant d'entrer dans la ville par la porte des Malades (future porte de Paris de Lille).

Les aménagements de Vauban, redoute de la Pâté nommée ensuite fort Saint-Agnés, détruit lors de la construction d'EuraLille, créèrent une zone inondable entre le Prieuré (approximativement à l'emplacement de l'actuelle rue de Bouvines) et l'enceinte de Lille autour de la porte de Tournai[6].

Fives dont le territoire comprenait  celui du faubourg de Roubaix, actuel quartier Saint-Maurice Pellevoisin, resta un village jusqu’à l’arrivée du chemin de fer dans les années 1840.  Sa population avait faiblement augmenté de 956 habitants en 1803 à 1 260 en 1828.

La construction d’une gare intra-muros ayant été différée  par l’autorité militaire au départ hostile à une ouverture de l’enceinte fortifiée, une station provisoire extra-muros est établie en 1843 sur le site du Mont-de-Terre. Des chemins vicinaux furent  transformés en rues par la Compagnie de chemin de fer du Nord pour desservir cette station à partir de la route de Lille à Tournai (actuelle rue Pierre-Legrand). La rue du Long Pot et la rue de Bellevue ouvertes en 1845  prennent le nom de cabarets qui y étaient établis.  La rue du Grand Balcon ouverte à la même date de l’autre côté de la voie ferrée a disparu à la fin du siècle dernier : elle était située à l’emplacement du nouveau quartier du Bois habité le long de l’autoroute.

La gare de Fives continua de se développer après l’ouverture de la gare intra-muros car celle-ci ne disposait pas d’espace nécessaire pour le dépôt, les ateliers, le stationnement des rames.  Jusqu’à l’ouverture de la gare de Lille-Saint-Sauveur  en 1865, la gare de marchandises était à Fives.

Avec le chemin de fer des filatures de lin de coton s’établirent à Fives qui en comptait 6 en 1853. Sa population augmenta de  3 618 habitants en 1853 (dont  1 513 à Saint-Maurice) à 5 076 en 1860[7].

Fives est rattaché à Lille par décret impérial en 1858 avec Wazemmes, Esquermes et Moulins mais contrairement à ces trois communes, reste en dehors de l'enceinte fortifiée élargie.

L'église du Sacré Coeur de Fives conçue en 1856 par Charles Leroy (architecte de la Cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille) devenue insuffisante est agrandie d'un deuxième bas-côté en 1869 pour correspondre à l'évolution démographique.

En 1861, est fondée l'usine de Fives qui construisit plusieurs milliers de locomotives, des ponts ferroviaires et routiers, des gares (dont celle d'Orsay, actuel musée d'Orsay), des équipements pour les industries sucrières, pétrolières ou chimiques. Fives doit donc son essor à l'implantation de filatures, d'usines métallurgiques et automobile. Sa population a été multipliée par six entre 1860 et 1920 à l'époque où de grandes entreprises comme Peugeot, la Compagnie de Fives-Lille (qui employa jusqu'à 8 000 salariés), actuellement intégré dans le Groupe Fives-Lille se développaient.

Ces industries furent très durement touchées par la crise industrielle : Peugeot, puis Fives-Lille-Cail ferment leurs portes dans les années 1990. Le quartier devint de plus en plus résidentiel et tente désormais de se reconvertir. Une nouvelle place centrale, la place Pierre-Degeyter est inaugurée en 2007.

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Les plans ci-dessus montrent les principales étapes du développement de Fives.

En 1716, le village se limite à quelques maisons le long de la route de Tournai (actuelle rue Pierre Legrand), de la future rue de Bouvines vers le prieuré et d'un chemin rural, future rue du Long-Pot. Le Becquerel rivière de Fives s'écoule vers Lille où il pénètre dans une ouverture dans les fortifications au nord de la porte de Tournai près de l'emplacement des voies de la future gare de Lille-Flandres.

En 1848, la voie ferrée avec la gare, les ateliers et le dépôt créée une barrière entre Fives et la ville de Lille. Cependant le village a conservé sa forme de 1716 et les usines ne se sont pas encore implantées.

En 1892, Fives a pris pour l'essentiel sa forme actuelle autour des usines métallurgiques (sauf l'usine Peugeot ouverte en 1898) et textiles. Le Becquerel qui n'est cependant pas encore couvert s'écoule en de multiples bras vers l'enceinte fortifiée qui est restée à son emplacement de 1716.

Morphologie[modifier | modifier le code]

vue du pont de Tournai vers Lille-Flandres: à droite la rue du Long-Pot, à gauche dans le lointain EuraLille

La voie ferrée et les installations annexes forment  une coupure physique de Fives avec la ville de Lille.

Il n’existe aucune communication de Fives avec les quartiers du centre et du sud de Lille sur une distance  d’environ 1,4 km entre le pont de Tournai au sud et le pont de Fives.

Au nord la voie ferrée avec la voie autoroutière qui lui est accolée est également une barrière avec le quartier Saint-Maurice.

En revanche, l’urbanisation est continue avec Hellemmes.

L’usine de Fives introduit une distinction à l’intérieur de Fives entre le quartier du Mont-de-Terre au sud, et le centre de Fives au nord des installations industrielles.

Le Mont-de-Terre[modifier | modifier le code]

Le quartier du Mont-de-Terre tire son nom d’un monticule de déblais des  terrassements ferroviaires de 1843-1845[8]. Sur  cette modeste éminence, la  place du Mont-de-Terre à l’entrée du pont de Tournai domine d’environ 3 mètres les rues environnantes. Ce petit quartier est limité à l’ouest par les voies ferrées très nettement, au nord par l’usine de Fives, à l’est et au sud par Hellemmes où la séparation est surtout administrative.

La partie du Mont-de-Terre le long de la voie ferrée détruite par les bombardements de 1944 fut reconstruite dans les années 1950, le long de rues sensiblement élargies (rue du Long-Pot, Mattéotti et de Saint-Amand).

L’église Saint-Louis  ouverte en 1874 pour desservir ce quartier avec une paroisse créée en 1897 détruite au cours de  la seconde guerre mondiale, fut  reconstruite en 1957[9]. Son avenir est en question[10].

3 rues au débouché du pont de Tournai sont les principales voies du quartier,  sensiblement élargies dans la reconstruction d’après-guerre,

  • la rue Long-Pot qui longe la voie ferrée de la place du Mont-de-Terre au boulevard de l'usine puis s'infléchit vers le centre de Fives. Les maisons de la rue ont été reconstruite dans les années 1950.
  • la rue de Saint-Amand  vers Lezennes (partie de l’ancienne route de Valenciennes qui desservait Saint-Amand-les-Eaux)  
  • la rue Mattéotti vers le centre d’Hellemmes (ancien chemin des huiles qui tirait son nom  de moulins à huile disparus avec  l’urbanisation du quartier)[11].

Les constructions du quartier sont en quasi totalité des maisons de ville jointives à 1 ou 2 étages sans recherche architecturale datant pour la plupart des décennies suivant la création la création de l'usine de Fives (1860-1900) pour les parties épargnées par les bombardements, des années 1950 pour le secteur proche de la voie ferrée dévasté en 1944. Le quartier comprend peu de commerces, ceux-ci étant concentrés sur la place du Mont-de-Terre et le haut de la rue du Long-Pot.

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Le centre de Fives[modifier | modifier le code]

La partie au nord de l’ancienne usine de Fives autour de la rue Pierre-Legrand est le centre de Fives. Près de l'église du Sacré Coeur, la rue du Prieuré rappelle par son nom le noyau historique de l’ancien village dont il ne reste quasiment  aucun vestige. 

L'ancienne route de Tournai nommée rue Pierre Legrand était la rue principale de l'ancien village. La rue est assez animée et commerçante. Un tronçon près de la Mairie de quartier est nommé place De Geyter.

Autour de ces voies anciennes, l'urbanisation s'est développée au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle. avec la construction de petites maisons ouvrières.

Plusieurs rues sont bordées de maisons de style éclectique de la fin du XIXe siècle, début XXe siècle.

Les maisons antérieures à 1850 (anciennes maisons rurales reconnaissables à leur construction rouge barre, alternance de pierre de Lezennes et de briques) sont très rares.

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Le nord[modifier | modifier le code]

Le nord de Fives s'étend autour de deux axes principaux, rue de Lannoy, rue de Flers-rue de Gutenberg près des anciennes usines Peugeot.

L’usine Peugeot créée en 1898 qui fabriquait des moteurs diesels à partir de 1928 employait 3000 salariés dans les années 1970-1980 et ferma en 1997. Les ateliers sont actuellement utilisés par le Secrétariat Général de la police, un centre de tri de la poste et des entrepôts[12],[13].

Le nord de Fives est un secteur d'anciennes industries et d'habitat ouvrier comprenant des courées et cités.

La salle des fêtes de Lille-Fives rue de Lannoy est un monument classé. L'école Cabanis est une œuvre de l'architecte Mongy.

Nord

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Desserte[modifier | modifier le code]

Mont-de-Terre[modifier | modifier le code]

La station SNCF  Mont-de-Terre sur la ligne SNCF Lille-Valenciennes située sur le territoire d’Hellemmes est assez éloignée de la partie résidentielle quartier. La station Lezennes  de la ligne Lille-Tournai également sur le territoire d’Hellemmes, distante de la commune de Lezennes est paradoxalement plus proche du quartier Mont-de-Terre que la station Mont-de-Terre.

Le métro est éloigné de ce secteur.

Le centre[modifier | modifier le code]

Le centre de Fives est bien desservie par les stations de métro Madeleine-Caulier, Fives et Marbrerie.

La reconversion de Fives[modifier | modifier le code]

Le site de 25 hectares de l'ancienne usine de Fives fait l'objet d'une opération de reconversion confiée à la Société anonyme d’économie mixte de Rénovation et de Restauration de Lille SORELI.

La bourse du travail de Lille auparavant implantée dans le bâtiment de l’ancien institut de chimie de la faculté des sciences de Lille a été installée en avril 2013  dans les anciens bureaux de l’usine de Fives[14].

Un lycée international hôtelier a été ouvert en septembre 2016 dans une halle de l'usine désaffectée[15]

La construction de 1200 logements pour 3000 habitants, d’une piscine et l’aménagement de 7 hectares d’espaces verts sont prévus pour 2023[16].

Équipements culturels[modifier | modifier le code]

  • Lasécu
  • Le centre social Roger Salengro équipement à vocation sociale, culturelle et sportive qui accueille tous les publics. Petite enfance 4/6 ans, Enfance 6/12 ans, Jeunes 13/18 ans et plus, Adultes/famille.
  • La Maison de la Photographie
  • Théâtre Massenet
  • (éditions) La Contre Allée au sein du 57 au 57 rue de Flers
  • NASDAC organisateur du FiveStival depuis 2008
  • Plusieurs centres sociaux
  • Salle des fêtes de Lille-Fives
  • Labo 3g (galerie d'art)


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.lillemetropole.fr/gallery_files/site/91/168784.PDF
  2. Hippolyte-Romain-Joseph Duthillœul, Petites histoires des pays de Flandre et d'Artois, Foucart, (lire en ligne), p. 217
  3. Jean Caniot, Les rivières de Lille, (ISBN 2-9524783-09), p. 188-189
  4. Le patrimoine des communes du Nord Tome II, Flohic édition, , p. 966
  5. https://www.youtube.com/watch?v=o7aIpfWWHs4
  6. Jean Milot, Lille au XVIIè siècle. Les fortifications de Lille, Réunions des Musées Nationaux, (ISBN 2-7118-4004-2), p. 84
  7. Pierre Pierrard, La Vie ouvrière à Lille sous le second Empire, Paris, Bloud et Gay, , 532 p., p. 60 à 62
  8. « Fives Mont de Terre », sur Lille d'antan (consulté le 9 mai 2017)
  9. « Lille église Saint-Louis Fives », sur Lille d'antan (consulté le 9 mai 2017)
  10. « Des questions sur l'avenir de l'église Saint-Louis », La Voix du Nord,‎ (lire en ligne)
  11. « chemin des huiles », sur Lille d'antan (consulté le 9 mai 2017)
  12. « Mais que fait la police à l'ancienne usine Peugeot de Fives ? », La Voix du Nord,‎ (lire en ligne)
  13. « Fives, un quartier populaire bientôt livré aux bulldozers ? », La brique,‎ (lire en ligne)
  14. Emmanuel Chapet, « L’avenir de la bourse du travail associé à l’histoire du boulevard de l’usine », Nord-Eclair,‎ (lire en ligne)
  15. Mikael Libert, « Lille :la friche industrielle de Fives-Lille Cail reprend doucement vie », 20 minutes,‎ (lire en ligne)
  16. « Demain le projet Fives c'est... », sur http://www.soreli.fr/ (consulté le 13 mai 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]