Villa Cavrois

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Louis-Joseph Cavrois et Jean-Baptiste Alexandre Cavrois.
Villa Cavrois
Villa Cavrois façade sud et miroir d'eau.JPG

Façade sud de la villa

Présentation
Type
Villa
Style
Architecte
Construction
1929 - 1932
Destination initiale
Habitation privée
Destination actuelle
Monument public
Propriétaire
État
Statut patrimonial
Site web
Géographie
Pays
Région
Département
Commune
Adresse
60 Avenue du Président John Fitzgerald Kennedy
Accès et transport
Tramway
(R)
Localisation
Coordonnées
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La villa Cavrois à Croix, dans le département du Nord, est une commande de Paul Cavrois, industriel roubaisien du textile, à l'architecte parisien Robert Mallet-Stevens.

Inaugurée len 1932, elle fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [1].

Une conception moderniste[modifier | modifier le code]

À l'origine, le projet devait être piloté par l'architecte Jacques Gréber mais Paul Cavroix sollicite finalement Robert Mallet-Stevens après avoir découvert son travail lors de l'exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de 1925 à Paris, notamment la villa Noailles. Il souhaite aménager sur un terrain de cinq hectares qu'il vient d'acquérir une demeure confortable pour ses sept enfants, avec le style dépouillé et moderniste propre à Mallet-Stevens. Il lui donne un budget illimité et carte blanche sur les travaux. La villa fait 60 mètres de long, dispose de 1840 m² habitables, de 830 m² de terrasses donnant sur un miroir d’eau de 72 mètres de long, et d'une piscine. Elle est inaugurée le 5 juillet 1932, lors du mariage d'une des filles Cavroix, Geneviève[3].

La villa Cavrois témoigne de l'art de vivre tel que le concevaient les architectes modernes contemporains de Le Corbusier. Luminosité, hygiène et confort sont les maîtres mots qui animent leurs constructions. La villa Cavrois illustre avec simplicité et élégance cet esprit. Ce grand château moderne s'organise pour gérer au mieux la vie des neuf membres de la famille et le travail du personnel de maison. Son style rompt totalement avec celui des demeures de la même époque qui lui sont voisines. Le programme de cet édifice commandé en 1929 est clair : « air, lumière, travail, sports, hygiène, confort et économie ».

Le travail de Mallet-Stevens ne se limite pas à agencer les volumes d'un bâtiment pour répondre au mieux aux besoins de son client, il conçoit également la décoration des espaces intérieurs et les jardins qui l'entourent. Le plan de la maison est étudié pour faciliter les déplacements et organiser de manière rationnelle la vie domestique. Autour du grand hall qui accueille les visiteurs, se développe le domaine des parents dans l'aile est, tandis que l'aile ouest est réservée aux enfants[4] et aux domestiques. Elle abrite également les pièces où se réunit la famille, telle que la salle à manger et la « salle à manger des enfants », reliée au parc par un escalier extérieur.

Le choix des matériaux (béton armé, un matériau nouveau à l'époque, métal, acier, verre, marbre vert de Suède pour la salle à manger parentale ou marbre de Sienne autour de la cheminée, planchers en chêne, en zingana, en acajou ou en iroko[3]) et du mobilier intérieur fait écho à la hiérarchisation des espaces : tout est pensé et adapté à l'usage des lieux. Simplicité et fonctionnalité du mobilier règnent dans toutes les pièces. Le luxe de cette habitation ne s'étale pas dans les lambris ou les dorures, il se déploie dans la richesse des matériaux employés, comme les différents marbres et essences de bois. La villa Cavrois offre surtout à ses occupants un grand nombre d'équipements particulièrement rares pour l'époque, comme la distribution d'eau chaude, froide et adoucie. L'électricité occupe une place particulière dans cet édifice : chaque pièce dispose d'un haut-parleur de TSF et d'une horloge électrique intégrée aux murs. L'hygiène figure dans le cahier des charges, en témoigne l'aspect de clinique de la cuisine (métal et peinture blanche). On compte aussi une salle de sport, une chaufferie moderne et une cave à vin[3]. Les appareils pour nettoyer le linge, l'aspirateur ou la glacière sont aussi électriques. Les Cavrois ont également à leur disposition des chauffe-peignoirs. Le téléphone, présent dans toutes les pièces, permet aux habitants de communiquer entre eux ou avec l'extérieur. L'éclairage a également fait l'objet d'un soin particulier, en collaboration avec l'ingénieur.

Une évolution difficile[modifier | modifier le code]

La façade de la villa

La famille quitte la villa en 1939 et à partir de 1940 l'armée allemande réquisitionne la villa, la transformant en caserne[3]. En 1947, à la demande de Paul Cavrois, revenu y vivre, l'architecte Pierre Barbe effectue des transformations afin d'adapter la demeure aux nouveaux modes de vie de la famille qui accueille désormais plusieurs couples. Après la mort de Madame Cavrois en 1986, le mobilier est dispersé et la maison est vendue en 1987 à une société immobilière qui projette de lotir le parc. La villa est laissée à l'abandon et est très vite pillée, squattée et saccagée[3].

En 1990, l'ensemble de la villa et du parc est classé d'office Monument Historique sur décision du Conseil d'État[5]. Cette même année voit la naissance d'une association de sauvegarde qui réunit les personnes sensibles au destin de la maison et qui souhaitent agir en vue de sa sauvegarde (elle s'était notamment opposée au projet de destruction[3]). Cette association n'a cessé, depuis sa création, de solliciter les autorités compétentes sur le sort de la villa et a engagé de très nombreuses actions de sensibilisation.

L'État (Ministère de la Culture et de la Communication) a racheté l'édifice en 2001 et a engagé, à partir de 2004, une première campagne de travaux pour la restauration du gros œuvre (clos et couvert, terrasses, fenêtres…) et la restitution des volumes intérieurs d'origine.

Par arrêté du 18 décembre 2008, l’État a remis la villa Cavrois en dotation au Centre des monuments nationaux, avec la mission d’assurer sa restauration et de prévoir son ouverture au public[6].

Le Centre des monuments nationaux conduit actuellement la restauration de l’aménagement et des décors intérieurs de la villa (sols, revêtements muraux, polychromie, mobilier) afin de restituer l’art de vivre au XXe siècle. Le CMN a également prévu une vaste restauration du parc (replantation d’arbres, restauration du miroir d’eau, réfection des allées d’origine, mise en lumière du parc), ainsi que l’aménagement d’un parc de stationnement.

La villa est ouverte au public depuis le 13 juin 2015[7] et offre une programmation culturelle tendant à faire de la villa un pôle de rayonnement national et international pour l’architecture et le design moderne.

Le montant global des travaux prévus par le Centre des monuments nationaux en vue de l’ouverture de la villa Cavrois au public était estimé à 9 millions d’euros. Les travaux pour sa sauvegarde et celle de son parc auront coûté 23 millions d'euros[8].

Accès[modifier | modifier le code]

  • Station Villa Cavrois de la ligne R du tramway.
  • Parking gratuit à proximité au Restaurant Centre équestre Le Comte, 10-15 minutes à pied

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]