Initiative d'excellence

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Les initiatives d’excellence sont une partie des « investissements d'avenir », programmes d'investissement de l'État français dont le but est de créer en France des ensembles pluridisciplinaires d'enseignement supérieur et de recherche qui soient de rang mondial.

Une vingtaine de sites font partie des IDEX (pour Initiative D,EXcellence) ou I-SITE (pour Initiative Science-Innovation-Territoires-Économie), dont certains en période probatoire ou interrompue. La différence entre IDEX et I-SITE réside sur la largeur et l'excellence du spectre de chaque projet. Cette différence est précisée dans chaque appel à projet[1] :

  • « Les IDEX sont des universités de recherche de rayonnement mondial disposant d’une puissance et d’un impact scientifique de tout premier plan dans de larges champs de la connaissance. »
  • « Les I-SITE (Initiative-Science-Innovation-Territoires-Economie), quant à eux apparus pour le PIA 2, sont des universités qui valorisent des atouts scientifiques thématiques plus concentrés, distinctifs, reconnus sur le plan international, et qui en font un levier d’entraînement et un point d’appui de leur stratégie de développement et de partenariat avec le monde économique. »

Historique[modifier | modifier le code]

PIA 1[modifier | modifier le code]

Engagés par la loi de finances rectificative du , les investissements d’avenir (« PIA ») consacrent 7,7 G€ aux initiatives d’excellence, ce qui en fait de loin l’action la plus importante[2]. Les Initiatives d’excellence sont sélectionnées par un jury international après un appel à projets. Cette méthode avait déjà été utilisée pour le Plan campus en 2008.

Les dix-sept projets sont déposés en [3]. Les trois premiers lauréats sont connus en juillet : Bordeaux 1, Strasbourg et Paris Sciences Lettres[4]. En , François Fillon annonce les cinq initiatives retenues lors de la seconde vague : Sorbonne universités, Sorbonne Paris Cité, Saclay, Aix-Marseille et Toulouse. Le Premier ministre a également indiqué qu’un accompagnement des projets d'Hésam et de Lyon serait mis en place par le ministre de l’Enseignement supérieur et le Commissaire général à l'investissement (CGI)[5]. Les dotations sont annoncées quelques jours plus tard, et il apparaît que le total représente 6,35 G€ au lieu des 7,7 G€ initialement annoncés, ce qui s'explique par un redéploiement des fonds sur les Labex et les Idefi (Initiative d’excellence en formations innovantes). De plus les dotations destinées aux Labex des initiatives d’excellence sont financées sur les dotations des Idex[6]. En , à l’issue de la période probatoire et un examen par le même jury qu’en 2011, trois Idex ont été confirmés (Aix-Marseille, Strasbourg, Bordeaux), trois (Saclay, Paris Sciences Lettre et Sorbonne universités) ont vu leur période probatoire renouvelée et deux ont été interrompues, (Toulouse et Sorbonne Paris Cité)[7]. En conséquence de l'interruption pour Toulouse et Sorbonne Paris Cité, les deux tiers de l'argent alloué est retiré[8], et déposent à nouveau leur dossier un an après l'interruption[9].

PIA 2[modifier | modifier le code]

Après l’élection présidentielle de 2012, des syndicats demandent l’arrêt du programme, dénonçant la destruction du service public d’enseignement supérieur, et le déséquilibre territorial[10]. Ce n’est pas l’intention du nouveau gouvernement, qui lance un second programme d’investissement d’avenir (« PIA2 ») où 3,1 G€ sont prévus pour sélectionner de nouvelles initiatives d’excellence, et des Initiatives Science-Innovation-Territoires-Économie (I-SITE)[2]. L’appel à projet, clos en , a permis l’examen de vingt projets, dont sept initiatives d’excellence et treize I-SITE[11]. Le jury chargé de la sélection est le même que pour le premier programme[2]. Le , les projets sélectionnés à l’issue de la première vague sont ceux des universités Côte d’Azur et Grenoble Alpes (catégorie IDEX) et Bourgogne Franche Comté et Lorraine (catégorie I-SITE)[12]. Le , sept lauréats ont été ajoutés : l’université de Lyon (dans la catégorie IDEX) et les universités de Clermont-Ferrand, Lille, Montpellier, Nantes, Paris Est, Paris Seine et Pau (dans la catégorie I-SITE)[13]. La dotation finale non consommable de chacune des Initiatives sélectionnées au PIA2 est annoncée le [14]. Finalement, l'IDEX de l'université de Lyon est annulée le 29 octobre 2020 par le Ministère[15].

Liste des 9 IdEx[modifier | modifier le code]

Les Initiatives d’excellence sélectionnées au premier programme d’investissement d’avenir sont listées dans le tableau suivant. L’engagement total sur les onze projets représente 161 M€ de dotations consommables et 6 688 M€ de dotations non consommables, ce sont les intérêts associés à ces donations qui sont versés bi-annuellement aux porteurs de projet. Fin , 667,2 M€ ont été décaissés[2]. Selon la Cour des comptes et le Commissariat général à l'investissement, les intérêts cumulés entre 2010 et 2020 représentent 2 046 M€. Au terme du programme des investissements d’avenir, il est prévu que ces dotations pourront être transférées aux porteurs de projets[16].

La structuration des sites étant un élément important des initiatives d’excellence, les projets retenus étaient souvent des pôles de recherche et d'enseignement supérieur (PRES), ayant soit un statut d’Établissement public de coopération scientifique (EPCS) soit de Fondation de coopération scientifique (FCS). Les pôles de recherche et d'enseignement supérieur sont devenus des communautés d’universités et établissements (ComUE) selon la loi relative à l'enseignement supérieur et à la recherche de juillet 2013.

Les mutations des sites sont surveillés, et par exemple, le retrait de l’université Panthéon-Assas du pôle de recherche et d'enseignement supérieur Sorbonne-Universités a demandé des ajustements en conséquence (baisse de la dotation non consommable de 900 M€ à 800 M€ avec réexamen éventuel en fonction de l’évolution de la situation)[2]. Des désaccords sont également apparus à Toulouse[16],[17] et Saint-Étienne[18].

IdEx PIA 1[modifier | modifier le code]

Initiatives d’excellence PIA 1[6],[3]
Établissement porteur Nom Dotation attribuée en 2012 Suites
Université d'Aix-Marseille (PRES-EPCS puis université réunifiée) Aix-Marseille Initiative d'excellence : Interdisciplinarité pour l'excellence d'Aix-Marseille (A*MIDEX) 750 M€ 2016 : Idex confirmée
Université Paris-Saclay (FCS puis Comue, puis université réunifiée) Campus Plateau de Saclay (CPS) 950 M€ 2016 et 2018 : Période probatoire renouvelée
2020 : Idex confirmée
Université de Bordeaux (PRES-EPCS puis université réunifiée) Initiative d'excellence de l’université de Bordeaux 700 M€ 2016 : Idex confirmée
Université de recherche Paris Sciences et Lettres (PRES-FCS et EPCS dédié puis Comue, puis université) Paris Sciences et Lettres étoile : rendons possible le nécessaire (PSL*) 750 M€ 2016 et 2018 : Période probatoire renouvelée
2020 : Idex confirmée
Université Paris-Cité Sorbonne Paris-Cité 800 M€ 2016 : Idex interrompue
2017 : Dépôt d'un nouveau dossier autorisé
2018 : Période probatoire renouvelée
2022: Idex confirmée
Sorbonne Université (PRES-FCS puis Comue) Sorbonne Universités à Paris pour l'Enseignement et la Recherche (SUPER) 900 M€ 2016 : Période probatoire renouvelée
2018 : Idex confirmée
Université de Strasbourg (université réunifiée) Université de Strasbourg : par delà les frontières, l'université de Strasbourg (UNISTRA) 750 M€ 2016 : Idex confirmée

IdEx PIA 2[modifier | modifier le code]

Initiatives d’excellence PIA 2
Établissement porteur Nom Dotation attribuée en 2017 Suites
Université Côte d'Azur (Comue puis université) Université Côte d’Azur Joint, Excellent and Dynamic Initiative (UCAJEDI) 500 M€ 2021 : Idex confirmée
Université Grenoble-Alpes (Comue puis université) UGA 800 M€ 2021 : Idex confirmée

IdEx annulée[modifier | modifier le code]

Initiatives d’excellence annulées
Établissement porteur Nom Suites
Université fédérale de Toulouse-Midi-Pyrénées (PRES-EPCS puis Comue) Toulouse initiative d'excellence (UNITI) 2016 : Idex interrompue
2017 : autorisée à déposer un nouveau dossier
2018 : Idex annulé
Université de Lyon (Comue) IDEX Lyon 2020 : Idex annulée

Liste des 8 I-SITE[modifier | modifier le code]

Initiatives Science-Innovation-Territoires-Économie
Établissement porteur Nom Dotation attribuée en 2017 Suites
Université de Lorraine (Université réunifiée) Lorraine Université d’Excellence (LUE) 330 M€ 2022 : I-SITE confirmée[19]
Université de Lille (Université réunifiée) I-SITE ULNE (Université Lille Nord-Europe) 500 M€ 2022 : I-SITE confirmée[19]
Université Clermont-Auvergne (Université réunifiée) CAP 2025 330 M€ 2022 : I-SITE confirmée[19]
Université Gustave-Eiffel (Université réunifiée) FUTURE 280 M€ 2022 : I-SITE confirmée[19]
Université de Pau et des pays de l'Adour E2S 190 M€ 2022 : I-SITE confirmée[19]
Université de Montpellier (Université réunifiée) MUSE 550 M€ 2022 : I-SITE confirmée[19]
Nantes Université NExT 330 M€ 2022 : I-SITE confirmée[19]
CY Cergy Paris Université Paris Seine Initiative 280 M€ 2022 : I-SITE confirmée[19]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. https://etudiant.lefigaro.fr/les-news/actu/detail/article/ces-huit-universites-francaises-qui-pourraient-devenir-des-references-mondiales-13581/
  2. a b c d et e Projet de loi de finances pour 2015
  3. a et b « 17 candidatures reçues à l'appel à projets "Initiatives d'excellence" », sur enseignementsup-recherche.gouv.fr,
  4. « Grand emprunt : Bordeaux, Strasbourg et PSL, premiers lauréats de l'IDEX », sur educpros.fr,
  5. « Grand emprunt : François Fillon annonce les cinq campus universitaires lauréats de l'IDEX 2 », sur educpros.fr,
  6. a et b « Idex : Les dotations des cinq lauréats de la seconde vague », sur educpros.fr,
  7. Camille Stromboni, Céline Authemayou, « Saison 1 des Idex à l’université : le verdict est tombé », sur www.letudiant.fr/educpros, (consulté le )
  8. Marie-Christine Corbier, « IDEX : l'Etat entretient le flou pour les universités de recherche recalées », sur Les Échos, 22 juin 2016-consulté le=27 septembre 2017
  9. Céline Authemayou, « Idex : les universités Sorbonne-Paris-Cité et Toulouse retentent leur chance », sur L'étudiant, (consulté le )
  10. Véronique Soulé, « Vers une mise à l’Idex des supercampus », Libération,‎ (lire en ligne)
  11. « Investissements d'Avenir - Appel à projets Initiatives d’excellence/I-SITE : Une forte mobilisation de tous les territoires », sur www.agence-nationale-recherche.fr,
  12. Camille Stromboni, « Idex : et les universités lauréates sont... », sur www.letudiant.fr/educpros,
  13. Sylvie Lecherbonnier, Céline Authemayou, Aurore Abdoul-Maninroudine, « Saison 2 des Idex : un Idex, sept Isite », sur www.letudiant.fr/educpros,
  14. Sylvie Lecherbonnier, « Saison 2 des idex : les dotations sont tombées », sur www.letudiant.fr/educpros, .
  15. « Rhône/Loire. Fusion des universités de Lyon et Saint-Étienne: l’Idex, c’est fini », sur www.leprogres.fr (consulté le )
  16. a et b Cour des Comptes 2014
  17. Frédéric Dessort, « L’université de Toulouse adopte l'Idex à l'unanimité », sur www.letudiant.fr/educpros,
  18. Fusion de l'université Jean-Monnet : on vous résume l'affaire depuis le début, Le Progrès, 24 octobre 2020
  19. a b c d e f g et h Laurent Decotte, « Le label I-Site confirmé : des millions d’euros et du prestige pour l’Université de Lille élargie », La Voix du Nord,‎ (lire en ligne, consulté le ).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie et liens externes[modifier | modifier le code]