Lezennes

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Lezennes
Clocher de l'église saint-Éloi (XVIe siècle)
Clocher de l'église saint-Éloi (XVIe siècle)
Blason de Lezennes
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nord-Pas-de-Calais
Département Nord
Arrondissement Lille
Canton Lille-Sud-Est
Intercommunalité Lille Métropole
Maire
Mandat
Marc Godefroy
2008-2014
Code postal 59260
Code commune 59346
Démographie
Gentilé Lezennois
Population
municipale
3 098 hab. (2011)
Densité 1 448 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 36′ 55″ N 3° 06′ 51″ E / 50.6152777778, 3.11416666667 ()50° 36′ 55″ Nord 3° 06′ 51″ Est / 50.6152777778, 3.11416666667 ()  
Altitude Min. 30 m – Max. 46 m
Superficie 2,14 km2
Localisation

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Lezennes

Lezennes (prononcer /løzɛn/, /lezɛn/ ou /ləzɛn/ - comme dans le Métro de Lille) est une commune française, située dans le département du Nord (59) en région Nord-Pas-de-Calais.

Géographie[modifier | modifier le code]

Lezennes dans son canton et son arrondissement

Situation[modifier | modifier le code]

Lezennes se situe dans le Mélantois en Flandre romane à 4,7 km au sud-est de Lille, entre les communes de Ronchin, Hellemmes, Villeneuve-d'Ascq et Lesquin au sein de Lille Métropole - communauté urbaine.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Lezennes
Hellemmes
Ronchin Lezennes Villeneuve-d'Ascq
Lesquin Sainghin-en-Mélantois

Histoire [1][modifier | modifier le code]

Avant le XXe siècle et aujourd'hui[modifier | modifier le code]

La richesse de Lezennes provient avant tout de ses carrières de craie. Les Gaulois exploitaient peut-être ce matériau qu'ils broyaient pour enrichir leurs sols. La découverte d'un four de potier gaulois atteste de leur présence en ces lieux. Puis, les Romains utilisèrent la pierre pour construire leurs grandes fermes-villas. Parmi les hypothèses sur l'étymologie, le nom de la ville proviendrait du nom d'une villa romaine Licenia.

Au XIIe siècle, l'église fut édifiée, la pierre extraite du sous-sol servit aussi à la construction de nombreuses autres églises et monuments de la région lilloise. Le nom de "Le Zennes" est mentionné pour la première fois en 1136. En 1320, le roi de France, Philippe V le Long, fit don du village à l'évêque de Tournai.

Puis Lezennes passa successivement sous la domination du comte de Flandre, du duc de Bourgogne et enfin du roi d'Espagne. Lors des conflits militaires, le village servit de point d'observation grâce à sa situation un peu en hauteur sur la plaine du Hellu, alors que les bandits, les réfugiés et, plus tard, les hurlus se cachaient dans les carrières souterraines.

En 1667, lorsque Louis XIV ordonna à Vauban la construction d'une citadelle à Lille, celui-ci requit les carriers de Lezennes qui devaient extraire 2000 parpaings par jour.

En 1769, après être passé sous domination autrichienne, Lezennes fut rattaché définitivement à la Couronne de France. Le village était alors composé de fermiers, de meuniers et de carriers. À la fin du XIXe siècle, on arrêta l'extraction de cette pierre.

XXe siècle et aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Dès le XIXe siècle, les souterrains furent utilisés pour la culture des champignons et de la barbe de capucin, une variété de chicorée comme l'endive.

Enfin, les carrières servirent encore de refuge lors du premier conflit mondial, puis d'abri lors des bombardements de la Seconde Guerre mondiale, surtout en 1943 et 1944.

Au XIXe siècle, un fort fut édifié à l'emplacement du Camp français où l'armée française s'était installée lors de l'attaque de Lille par les Autrichiens en 1792. Cet ouvrage encore appelé Batterie du Camp français était censé protéger la route de Tournai et appartenait au système Séré de Rivière de défense de la ville de Lille, auquel étaient notamment rattachés les forts de Lesquin, Seclin, Fretin et Bondues. Il est à présent détruit. Occupés pendant de nombreuses années par les bâtiments du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), les lieux sont maintenant devenus le siège de la société Esterra.

Contrairement aux autres villes de la banlieue lilloise, Lezennes n'a pas été concernée par le développement industriel et a longtemps gardé un caractère rural qu'elle tente aujourd'hui encore de préserver malgré l'extension constante d'une importante zone commerciale depuis la commune voisine de Villeneuve-d'Ascq.

Le Groupe ADEO, dont l'enseigne la plus connue est Leroy Merlin, a son siège mondial sur cette commune. Siège partagé avec Leroy Merlin actuellement, mais Groupe ADEO devrait aménager l'ancien site de la CAMIF à Ronchin en 2010/2011.

Héraldique[modifier | modifier le code]

blason

Les armes de Lezennes s'énoncent ainsi : "D'or à trois fleurs de lys d'azur, au franc-canton bandé d'argent et de gueules."

La mairie[2] fait surmonter le tout d'un chef de gueules portant le nom de la ville en capitales d'argent. Cet ajout, hérité d'une tradition des « écussons à coudre » touristiques, n'est pas une modification du blason officiel.

Administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1953 mars 1983 Henri Coursier PCF  
mars 2001 Marcel Deboudt PS  
en cours Marc Godefroy PS Conseiller général du Canton de Lille-Sud-Est
Les données manquantes sont à compléter.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 3 098 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
844 657 821 869 1 051 1 136 1 160 1 250 1 267
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 311 1 381 1 432 1 469 1 522 1 590 1 642 1 721 1 853
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 033 1 936 2 030 1 881 2 083 2 508 2 527 2 428 2 578
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
2 507 2 690 2 589 2 762 3 317 3 350 3 122 3 056 3 098
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4])
Histogramme de l'évolution démographique


Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

Pyramide des âges à Lezennes en 2007 en pourcentage[5].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,1 
90 ans ou +
0,2 
3,2 
75 à 89 ans
7,0 
12,1 
60 à 74 ans
13,4 
25,8 
45 à 59 ans
23,4 
19,7 
30 à 44 ans
21,2 
19,0 
15 à 29 ans
17,1 
20,1 
0 à 14 ans
17,8 
Pyramide des âges du département du Nord en 2007 en pourcentage[6].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90 ans ou +
0,7 
4,6 
75 à 89 ans
8,2 
10,4 
60 à 74 ans
11,9 
19,8 
45 à 59 ans
19,5 
21,0 
30 à 44 ans
19,9 
22,5 
15 à 29 ans
20,9 
21,5 
0 à 14 ans
18,9 

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Anciennes carrières: La ville est surtout connue pour ses anciennes carrières souterraines de pierre blanche (craie), dont la très grande majorité sont sous forme de chambres et piliers, situées à une profondeur d'environ 15 m reliées par des galeries. Quelques rares zones d'exploitation en forme de bouteilles sont appelées "catiches".

Après la fin de l'extraction de la pierre au XVIIIe siècle, les carrières ont été utilisées quelque temps comme champignonnières ou pour la culture de labarbe de capucin, sorte de salade blanchie à très longues feuilles. Cette activité a été définitivement abandonnée dans les années 1950. Un lieu mythique y est connu : il s'agit du "Lac Bleu", zone approfondie dans les carrières par un exploitant ayant tenté, vers 1890, d'extraire la craie phosphatée pour en faire des engrais (phosphate de chaux). Elles attirent toujours les curieux et passionnés d'émotions fortes, mais une interdiction formelle de visite en empêche l'accès depuis 1985. Les carrières sont seulement accessibles à l'occasion des Journées du Patrimoine, avec une visite guidée, une salle d'exposition et une maquette en trois dimensions. Un projet municipal de valorisation des carrières souterraines de pierres est en cours.

  • Inscriptions : Les murs des galeries montrent des inscriptions qui reflètent le passage de visiteurs habituels ou occasionnels des carrières. La plus ancienne date du XVe ou XVIe siècle.
  • "Trésor" : Lors de la bataille de Bouvines (1214), le roi d'Angleterre Jean sans Terre devait remettre à son allié, l'empereur d'Allemagne, 400.000 marcs d'or afin que ce dernier pût payer ses mercenaires. Le roi de France Philippe Auguste remporta la victoire. Une légende rapporte que l'or fut caché dans les carrières de Lezennes. Mais personne n'a jamais trouvé quoi que ce soit dans ces souterrains...
  • Littérature : Charles Dickens a évoqué les carrières dans son journal intitulé Household Words où il raconte l'histoire d'un restaurateur lillois, Monsieur Puy, perdu trois jours dans les carrières souterraines de Lezennes. Les histoires de personnes égarées dans ce dédale de galeries sont innombrables. La dernière en date remonte à 1982 (deux enfants perdus durant deux jours et finalement retrouvés).

Construite au XIIe siècle, l'église d'origine a été profondément remaniée : seule une fenêtre romane subsiste dans l'abside. Le clocher, construit en 1504, servait aux soldats de point d'observation en temps de guerre. Il a survécu à la Révolution, alors que la nef, le chœur et les chapelles ont été reconstruits entre 1833 et 1845.

  • Ancienne mairie (après 1790, briques peintes en rose), place de la République.

En 1790 fut élu dans l'église le premier maire de Lezennes. Il choisit de s'installer à l'étage de cette maison en briques roses, au-dessus du café "Léva". Le bâtiment fit office de mairie jusqu'en 1921, date à laquelle il fut abandonné. La mairie s'installa alors dans l'ancien presbytère, de l'autre côté de la place (au n°2 de la rue Chanzy).

  • Maison lezennoise (fin du XIXe siècle, brique vernisée polychrome), située 25 rue Chanzy.

M. Bailleul, brasseur à Phalempin, fit construire cette maison colorée à la fin du XIXe siècle pour y installer un café où sa bière, la Phalempinoise, était distribuée. Le bâtiment fut vendu en 1923 lorsqu'il quitta Lezennes.

Érigé pour rendre hommage aux victimes de la Première Guerre mondiale, ce monument se trouve à l'emplacement de l'ancien cimetière qui entourait l'église.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Bivert, Les souterrains du Nord-Pas de Calais, éditeur B. Bivert, 1988, 358 pages
  • Bernard Bivert, Les souterrains du Nord, Nord Patrimoine éditions, 1999, 175 pages
  • Cercle de Recherche Historique Lezennois, Voyage au cœur de Lezennes • Chronique des carrières souterraines, éditeur CRHL, 2009, 224 pages
  • Bernard Verfaillie, Les blancs Dessous de Lezennes-lez-Lille, éditions Pave, 1986

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le Patrimoine des communes du Nord, Flohic Editions
  2. Source : Nordnet
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  5. « Évolution et structure de la population à Lezennes en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 29 juillet 2010)
  6. « Résultats du recensement de la population du Nord en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 29 juillet 2010)