Eugène Laermans

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Eugène Laermans
Eugène Laermans.jpg

Eugène Laermans dans son atelier

Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 75 ans)
BruxellesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Lieu de travail

Eugène Laermans est un peintre belge né en 1864 à Molenbeek-Saint-Jean et mort le à Bruxelles.

Biographie[modifier | modifier le code]

  • 1864 : naissance à Molenbeek-Saint-Jean dans une famille bourgeoise.
  • 1875 : une méningite le prive à onze ans de l'ouïe et presque de la parole, le monde ne s'offre plus pour lui que par les yeux, précoce il se veut peintre.
  • 1887-1889 : il s'inscrit à l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles où professe Jean-François Portaels.
  • 1889-1890 : il est un artiste accompli et subit les influences de l'œuvre de Félicien Rops et, en littéraire, celle de Baudelaire. Son inspiration décadentiste d'alors le pousse à illustrer Les Fleurs du mal (le triptyque Perversité).
  • 1893 : il s'épanouit dans une voie expressive et peint une paysannerie inquiétante et caricaturale (dirent les critiques de l'époque) en s'inspirant de son environnement.
  • 1894 : marque ses débuts aux salons de la Libre Esthétique.
  • 1896 : il illustre La Nouvelle Carthage de Georges Eekhoud et plus précisément le chapitre Les Émigrants, qui lui inspire une œuvre puissante, un triptyque qu'il considéra comme son chef-d'œuvre.
  • 1897 : son œuvre rayonne hors frontières.
  • 1899 : deux grandes rétrospectives ont lieu de son vivant : en 1899 à la Maison d'Art à Bruxelles et en 1924 à la Galerie Giroux.
  • 1922 : il devient membre de l'Académie royale de Belgique.
  • 1924 : sa vue s'étiole et il cesse définitivement de peindre ; il dira : « Moi, je suis moralement mort depuis longtemps. Je ne suis plus Laermans, je ne sais plus produire ».
  • 1927 : l'année où décède sa mère, le roi Albert Ier le fait baron ; sa devise sera « Heureux qui sait voir ».
  • 1940 : après treize années passées dans l'obscurité et l'inaction, il décède le 22 février 1940.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Laermans est connu mais pas totalement reconnu dans l'histoire de l'Art en Belgique. Par sa vie tragique, il fut considéré comme un solitaire se penchant sur le sort des humbles. Artiste engagé, peintre des pauvres, paysans misérables, émigrants, grévistes, mendiants, exilés, dans les faubourgs des villes : Un Soir de Grève ou le Drapeau rouge de 1893 ; les Émigrants, triptyque de 1896, sont des tableaux représentatifs de sa révolte sociale devant la misère du prolétariat.

Les Chiffonniers (1914)
Musée Dhondt-Dhaenens, Deurle

Il peint ces foules sourdes et muettes qui semblent aller vers un lendemain qui sera le salut ou la mort, avec une amplitude de mouvement cinématographique, il met en scène son tableau.

Les êtres en marche, sous des ciels de tempête, les traits de lumière vive, les eaux miroitantes, les maisons blanches et les palissades, sont des éléments récurrents dans sa peinture, que les hommes traversent. Dans ce pays industriel : le pays noir, où la conditions de l'homme capte le regard du peintre, il témoigne des problèmes sociaux engendrés par le contexte social de son époque avec réalisme et conviction qui ne cache pas un certain idéalisme.

Laermans est le peintre des âmes qui ne parlent pas, prisonnières d'une histoire qui parle pour elles. Il ne fut pas le seul artiste belge à vouloir intégrer l'aspect social dans l'Art, c'est même une spécificité, comme le démontrent les œuvres d'un Constantin Meunier, Joseph Stevens, Adrien-Paul Duerinckx, Charles Hermans, Léon Frédéric, Charles de Groux, Henri Luyten. Il est, avec Constantin Meunier, parmi les précurseurs de l'expressionnisme wallon, d'un Marcel Caron, Joseph Lacasse ou Gustave de Smet.

En 1851, Gustave Courbet exposait au Salon de Bruxelles, ses Casseurs de pierres (Dresde, détruit) et la réalité qu'ils figuraient entrait dans l'histoire de l'Art à la manière des émeutiers.

Œuvres dans les musées[modifier | modifier le code]

L'ivrogne (1898), Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique à Bruxelles
  • Baigneuses de 1907, huile sur toile, (150x121cm), Musée des Beaux-Arts de Gand.
  • Fin d'Automne ou l'Aveugle de 1899, huile sur toile (121x150cm), Musée d'Orsay à Paris, salle des Naturalistes.
  • Musées royaux des beaux-arts de Belgique à Bruxelles.
    • Le Mort de 1904, huile sur toile, (121,5x175,5cm).
    • Le Repos sur la colline de 1923, huile sur toile, (150x200cm).
    • l'Hiver de 1905, huile sur toile, (70x140cm)
  • Musée royal des beaux-arts d'Anvers:
    • l'Aveugle de 1898, huile sur toile, (134x174cm), Médaille d'argent à l'Exposition universelle de 1900 à Paris.
    • Les Émigrants, triptyque de 1896, huile sur toile, (159x98cm), volet gauche: Vers le port; volet droit : Adieux et (159x224cm) panneau central: Dernier regard.
  • Les Intrus de 1903, huile sur toile, (151x200cm), au Musée d'art moderne et d'art contemporain de Liège.
  • La promenade de 1907, huile sur toile, (130x175cm), au Musée Charlier à Bruxelles.
  • L'Eau songeuse de 1898, huile sur toile, (66x114cm), au Musée des Beaux-Arts de Mons.
  • L'Enterrement de 1902, huile sur toile, (60x80cm), au Musée communal d'Ixelles.

Bibliographie récente[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Exposition récente[modifier | modifier le code]

1995 : Le Botanique à Bruxelles


Liens externes[modifier | modifier le code]