Radinghem-en-Weppes

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Radinghem-en-Weppes
La rue du Martincamp.
La rue du Martincamp.
Blason de Radinghem-en-Weppes
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Nord
Arrondissement Lille
Canton Annœullin
Intercommunalité Métropole européenne de Lille
Maire
Mandat
Loïc Wolfcarius
2014-2020
Code postal 59320
Code commune 59487
Démographie
Gentilé Radinghémois
Population
municipale
1 358 hab. (2014)
Densité 199 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 37′ 32″ nord, 2° 54′ 21″ est
Altitude Min. 18 m – Max. 35 m
Superficie 6,82 km2
Localisation

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Radinghem-en-Weppes
Liens
Site web http://www.radinghem-en-weppes.fr/

Radinghem-en-Weppes est une commune française située dans le département du Nord, en région Hauts-de-France. Radinghem-en-Weppes faisait partie de la communauté de communes de Weppes, en Flandre française, qui a choisi de rejoindre la Métropole Européenne de Lille en 2017.

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Radinghem-en-Weppes
Bois-Grenier Ennetières-en-Weppes
Radinghem-en-Weppes Escobecques
Le Maisnil Beaucamps-Ligny

Radinghem en Weppes possède plusieurs points de vues sur les monts des Flandres. La dénivellation au niveau de l'église permet d'avoir des points de vues sur la Haute rue et la rue de la Fêterie.

Rattachée à la CUDL/MEL en 2017

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de Radinghem en Weppes apparaît pour la 1re fois en 1168

Il s'agit d'un composé de l'anthroponyme germanique Rado, le nom du propriétaire du premier établissement, suivit du suffixe -ing qui indique la propriété de la terre, puis du mot hem, forme flamande de haim qui signifie « habitation, foyer » en germanique occidental (cf. ham > hameau). Les formations toponymiques en ing-hem sont typiques des Flandres et correspondent aux formations saxonnes de Grande-Bretagne en -ing-ham (Birmingham, etc.). Dans les régions où l'usage de la langue flamande s'est poursuivi, il a évolué en -igem, -egem.

Le village fait partie de la région de Weppes, qui désigne un des cinq quartiers de Lille avant Révolution. La mention de Weppes apparaît pour la première fois en 984.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason ville fr Radinghem-en-Weppes (Nord).svg

Les armes de Radinghem-en-Weppes se blasonnent ainsi : D'or, au chevron de sable, accompagné de trois étoiles à six rais du même, et chargé sur sa pointe d'un écu d'or au lion de sable, armé et lampassé de gueules.

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La mention du nom de Radinghem en 1168 figure au registre de l’abbaye Saint-Pierre de Loos, qui possédait de nombreuses terres à Radinghem. Il faut savoir qu’à l’époque, beaucoup de gens offraient des terres à l’église en rédemption de leurs péchés. A l’époque, le seigneur de Radinghem se nommait Jean - on le nomme « miles » dans le registre, c’est à dire chevalier en latin. Aux XIIe et XIIIe siècles, le village de Radinghem appartient en partie à des ordres religieux, sont cités par exemple la Table des pauvres, la collégiale Saint-Pierre de Lille, l’église Saint Piat de Seclin ou encore l’ ordre du Temple, qui possédait par exemple la ferme du grand-maisnil située dans la rue Pontchel-Boutry, la ferme faisait partie de la commanderie templière de La Haie, à Canteleu-lez-Lomme (une commanderie était une circonscription administrative propre à l’Ordre du Temple. En 1312, les Templiers furent accusés par le roi Philippe IV le Bel de détourner des fonds ; il les châtia en brûlant vif la majorité des chevaliers templiers. La ferme fut donnée à un ordre concurrent, l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

La présence de ces moines-soldats fut bénéfique à la prospérité de la paroisse. Durant la guerre de 100 ans par exemple, le village fut épargné par les combats. Le village était aussi protégé des bandes de pillards qui étaient nombreuses dans la région à l’époque. Le village de Radinghem bénéficia de cette protection jusqu’à la Révolution car ce ne fut qu’en 1789 que les Chevaliers de Malte furent chassés du village.

Le village de Radinghem appartint successivement à la famille de Fiennes, puis de Luxembourg, ce sont des familles de haute-noblesse, ils ne venaient que très rarement dans le village. Au milieu du XVIe siècle, la famille de Luxembourg qui possédait la seigneurie de Radinghem s’éteignit, le village passa donc dans la lignée des Comtes d’Egmont, vieille famille princière hollandaise qui faisait remonter ses origines au début du Moyen Âge. L’un d’entre-eux, Lamoral, Comte d’Egmont et seigneur de Radinghem, il fut un général victorieux pour la couronne d’Espagne (les Flandres étaient espagnoles) dans les guerres contre la France (batailles de Saint-Quentin et Gravelines en 1557 et 1558) il fut même nommé gouverneur des province d’Artois et de Brabant. Il était donc un serviteur fidèle à la couronne espagnole. Cependant, il prit la tête de la révolte des gueux aux Pays-Bas protestants et en Belgique catholique. Leur armée désorganisée finit par être défaite et après un procès expéditif, Lamoral d’Egmont fut décapité en Place de Bruxelles. La famille d’Egmont posséda Radinghem jusque la fin du XVIIe siècle. Happé par des fonctions de cour plus prestigieuses, il se désintéressa de ses possessions flamandes, c’est alors que se présenta Jean-Pierre de Flandres, jeune homme issu d’une famille de marchands lillois récemment anobli par le roi qui acheta en 1720 la seigneurie et le village de Radinghem au Comte d’Egmont. En 1720, le village s’étend sur 635 hectares et a une population de 240 foyers (environ 720 personnes). Le village produit surtout du blé, colza, seigle. Mais la production agricole n’ st pas la seule, la production de lin, les filets et les toiles revendues aux marchands de Lille ou Armentières sont aussi importantes.

Révolution française[modifier | modifier le code]

Après les mauvaises récoltes de 1787 et 1788, et au vu de la situation catastrophique de l’État français, le roi Louis XVI décide de convoquer les Etats généraux du Royaume. C’est une assemblée des trois ordres du pays (clergé, tiers état, noblesse).

Dans chaque village, les habitants sont chargés d’élire des représentants et d’ écrire leurs doléances dans les cahiers du même nom. A Radinghem, ce sont les fermiers aisés qui occupent le devant de la scène. Ils réclament la suppression des privilèges de noblesse, c’est à dire l’exemption d’impôts. La population agricole réclame la possibilité d’accéder à plus de propriété, alors que la production ouvrière (il existe des ateliers de production textile) réclame la liberté du commerce, contre le monopole de la ville de Lille.

Les délégués radinghemois vont donc se rassembler à Lille afin de rédiger un cahier commun pour toute la région ; malheureusement les souhaits des citadins ne sont pas les mêmes que ceux des campagnards, il est donc décidé de nommer deux délégués représentant la ville et deux autres représentant les intérêts campagnards.

Ces quatre personnes vont se trouver à Paris pour les différents évènements que nous connaissons, la proclamation de l’Assemblée Nationale, le serment du jeu de paume, la prise de la Bastille… C’est alors que l’ assemblée va prendre les premières mesures révolutionnaires. La création d’un clergé d’État, qui va rompre les liens entre l’église et le Vatican, les prêtres deviennent donc fonctionnaires payés et nommés par l’ État. Le prêtre de la commune va prêter serment après un moment de réflexion le 13 février 1791. Ensuite, vient la nationalisation des biens du clergé, à Radinghem, cela représente 68 hectares, soit un dixième de la surface du village. Cette loi a un effet pervers, car les biens de la fabrique, qui étaient destinés aux pauvres sont aussi vendus, ceux-ci n’ont donc plus de subsistance assurée. Enfin, les biens des émigrés seront vendus. Ce sont des nobles qui ont fui le pays par peur d’être exécutés. Les terres des émigrés représentent 50 hectares, mais ceci ne représente pas la totalité des biens des nobles puisque le seigneur de Radinghem (Alexis de Flandres) se sentit en sécurité et ne s’enfuit jamais à l’étranger, ses biens ne lui furent donc pas confisqués. Cependant, s’il reste le principal propriétaire foncier du village, il a perdu ses droits féodaux. Les fermiers qui cultivent ses terres ne vont plus le reconnaître comme seigneur mais comme rentier.

Comme il n’y a plus d’autorité seigneuriale, les habitants de Radinghem, comme ceux de tous les villages français élisent des municipalités avec à leur tête un maire. Le premier maire fut Jacques Joseph Houssain, fermier à Radinghem, qui prit ses fonctions en janvier 1790. La commune a mis en place sa propre garde nationale. Chaque village possédait sa propre garde, qui était chargée de surveiller les faits et gestes des citoyens. La garde était organisée en 4 compagnies de 10 hommes (soit 40 gardes nationaux).

La Grande guerre (« les 20 000 de Radinghem-en weppes »)[modifier | modifier le code]

Voulant fuir l’invasion de l’armée allemande, la population lilloise avait reçu l’ordre de rallier Gravelines par Laventie. Le 10 octobre 1914, les habitants de Lille, Roubaix et Tourcoing se rassemblent sur la Grand-Place puis se mettent en route sur la route de Béthune. La population traverse les communes de Loos, Haudourdin et Erquinghem-le-Sec.

A Erquinghem, les réfugiés croisent des contingents de l’armée de la République. Ces militaires, qui sont déjà en retard, doivent porter secours à leurs camarades sur la ligne de front.

Arrivés à Radinghem, les Lillois commencent à s’apercevoir du piège qui se referme sur eux.

Des cavaliers qu’ils prennent tout d’abord pour des éclaireurs se révèlent en fait être l’avant garde de l’armée impériale allemande.

Dès la prise de conscience de l’encerclement, la débandade est terrible. Le village, déjà évacué de ses habitants se remplit d’un coup. Toutes les maisons deviennent des cachettes, mais le gros de l’armée allemande arrivé sur place, se rend compte que le village a servi de refuge. Ceux-ci ne tardent pas à découvrir les civils cachés. Ceux-ci sont alors regroupés et orientés vers Fournes.

Au total, 20 000 personnes sont faites prisonnières à Radinghem, Le Maisnil et Englos. Ils seront ensuite envoyés en Allemagne en train à bestiaux pour travailler dans les camps de prisonniers.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2008 André Wacrenier    
en cours Loïc Wolfcarius DVD  
Les données manquantes sont à compléter.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[1]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[2],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 1 358 habitants, en augmentation de 4,38 % par rapport à 2009 (Nord : 1,21 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 206 1 212 1 210 1 169 1 171 1 254 1 364 1 280 1 251
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 181 1 170 1 138 1 138 1 124 1 144 1 149 1 112 1 024
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
966 844 839 395 465 456 468 463 504
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2014
507 548 643 756 1 033 1 080 1 183 1 343 1 358
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2006[4].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

Pyramide des âges à Radinghem-en-Weppes en 2007 en pourcentage[5].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,3 
90 ans ou +
0,3 
3,4 
75 à 89 ans
3,8 
10,0 
60 à 74 ans
10,6 
28,1 
45 à 59 ans
27,7 
20,1 
30 à 44 ans
21,3 
18,2 
15 à 29 ans
17,8 
19,8 
0 à 14 ans
18,4 
Pyramide des âges du département du Nord en 2007 en pourcentage[6].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90 ans ou +
0,7 
4,6 
75 à 89 ans
8,2 
10,4 
60 à 74 ans
11,9 
19,8 
45 à 59 ans
19,5 
21,0 
30 à 44 ans
19,9 
22,5 
15 à 29 ans
20,9 
21,5 
0 à 14 ans
18,9 


Radinghem-en-Weppes dans son canton et son arrondissement

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Radinghem-en-Weppes possède plusieurs points de vue sur les monts des Flandres. La dénivellation au niveau de l'église permet d'avoir des points de vue sur le Mont Noir, Mont Cassel, en Belgique Mont Rouge, les églises des villages et le Beffroi d'Armentières.

Église

On sait relativement peu de choses sur l’ancienne église de Radinghem-en-Weppes ; probablement la première que le village eut connu, elle fut détruite lors de l’ouragan qui frappa la région le 12 mars 1876.

On peut donc supposer que cette église apparemment de type roman devait se rapprocher de celle d’Englos, datée du XIIe siècle, ce qui correspond à la première mention de Radinghem en 1168.

Cetté église fut donc détruite le 12 mars 1876 durant la tempête qui toucha le village. Le curé Quentin, alors pasteur du village, écrivit donc plusieurs fois à l’évêque de Cambrai (dont dépendait Radinghem, l’évêché de Lille ayant été créé plus tard). C’est de cette correspondance que l’on tient les informations concernant le clocher.

Celle-ci nous instruit des difficultés rencontrées par le curé Quentin à rassembler les 60 mille francs nécessaires à la construction du nouvel édifice, de la fragilité mentale de la population à la suite de la tempête qui fut particulièrement violente. Quoi qu’il en soit, le 6 avril 1876, le conseil municipal décida la destruction des ruines, ainsi que la construction d’une nouvelle église. Ce fut le projet de l’architecte Lestienne qui fut retenu pour un coût total de 65 000 francs.

Malgré les difficultés rencontrées pour réunir cette somme, l’édifice fut terminé et béni en 1879.

Près de quarante ans plus tard, le sort devait décider de la destruction de cette nouvelle église et de la disparition de la majorité de son mobilier. Après la Grande Guerre, on ne retrouva du village qu’un amas de ruines.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]