Vauban Esquermes

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Vauban (homonymie).
image illustrant Lille
Cet article est une ébauche concernant Lille.

Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.

Vauban Esquermes
La porte royale de la citadelle Vauban de Lille
La porte royale de la citadelle Vauban de Lille
Administration
Région Hauts-de-France
Département Nord
Ville Lille
Arrondissement Lille
Géographie
Coordonnées 50° 37′ 30″ nord, 3° 02′ 21″ est
Superficie 200 ha = 2 km2
Cours d’eau Deûle
Transport
Métro Lille Metro Logo 2017.svg (2) Port de Lille
Lille Metro Logo 2017.svg (2) Cormontaigne

Géolocalisation sur la carte : France

Voir sur la carte administrative de France
City locator 14.svg
Vauban Esquermes

Géolocalisation sur la carte : Lille

Voir la carte administrative de Lille
City locator 14.svg
Vauban Esquermes

Géolocalisation sur la carte : Lille

Voir la carte topographique de Lille
City locator 14.svg
Vauban Esquermes

Vauban Esquermes ou Esquermes est un quartier cossu à l'ouest de Lille. Il abrite notamment la citadelle, le jardin Vauban, le Bois de Boulogne, le zoo de Lille, le palais Rameau et l'institut catholique, de nombreux lycées privés et écoles supérieures. Le quartier de 200 hectares (dont 50 d'espaces verts) est en croissance démographique depuis 1990 et compte 18 315 habitants en 2010[1] Il accueille environ 15 000 étudiants. L'architecture du quartier est assez hétérogène : à Vauban, forte présence de maisons de maître (parfois transformées en studios), hôtels particuliers plus récents que ceux du Vieux-Lille, à Esquermes, beaucoup de maisons individuelles de bonne qualité mais aussi des logements sociaux et plusieurs courées.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le quartier est formé de deux parties

  • au sud de la citadelle, l'ancien faubourg de la Barre qui correspond au quartier Vauban. Le faubourg de la Barre faisait partie de la commune de Wazemmes.
  • au sud des actuelles rues Lestiboudois, Levasseur et Loyer, l'ancienne commune d'Esquermes.

Le territoire du futur quartier Vauban très marécageux jusqu'au XIXe siècle était parcouru par deux cours d'eau principaux

  • d'Esquermes (aux environs de l'actuelle place du Maréchal Leclerc), jusqu'à l'enceinte fortifiée de Lille, approximativement à l'emplacement de l'actuel square Dutilleul, par le Fourchon ou Arbonnoise, un des deux bras primitifs de la Deûle. Son cours situé entre l'actuelle rue Nationale et le boulevard Vauban passait par la Fontaine del Saulx, lieu mythique où le géant Lydéric aurait été recueilli nouveau-né par un ermite. Une rue conserve la mémoire de cette fontaine[2],[3].
  • le canal Vauban creusé en 1669 d'Esquermes à la Citadelle (aux environs de l'ancien port Vauban ou de la rue d'Armentières). Ce canal détournant la plus grande partie des eaux de l'Arbonnoise a fortement asséché le Fourchon entraînant la disparition de moulins, dont celui de la fontaine del Saux, qui n'étaient plus alimentés[4]. Ce canal ainsi que celui des stations ont contribué à l'assèchement de la zone marécageuse qui s'étendait entre l'actuelle rue Nationale et l'actuel port de Lille facilitant sa viabilisation et son urbanisation après 1860.

Ces cours d'eau furent recouverts ou intégrés dans le réseau d'égouts au cours des années 1860 à 1880 suite à l'agrandissement de la ville de Lille.

Une digue construite en 1669 s’étendait approximativement de l'emplacement de l'actuelle place Richebé jusquà l’angle de la rue d’Armentières et de  la rue de la digue dont le nom conserve le souvenir. Cette digue destinée à protéger les fortifications par une zone inondable  de ce côté de la ville était une promenade très appréciée[5].

Le faubourg de la Barre se développe au XIXe siècle par des activités principalement liées à la présence de l'eau (blanchisseries) et au trafic fluvial (marchands de bois, constructeurs de bateaux). Le quartier attire également des rentiers rue Colbert [6].

Sa population d'environ 600 habitants en 1783 (150 maisons), s'élève à 1 012 habitants en 1806, 1 425 en 1831[7], 2 858 en 1851[8].

Le faubourg demanda en 1848 son autonomie suivant l'exemple de la commune de Moulins qui s'était séparée de Wazemmes en 1833. Cette demande fut refusée par le Ministre de l'intérieur. Une nouvelle paroisse fut cependant créée avec l'église Notre-Dame de Consolation construite en 1858 et la rue Colbert fut ouverte pour établir une communication directe avec le centre de Wazemmes [6] .

Les origines d'Esquermes remontent à l'époque mérovingienne (un cimetière a été découvert par Henri Rigaux au XIXe siècle). Plus récemment, un édifice rural de la fin du Xe siècle a été fouillé rue Virginie Ghesquière, non loin de la chapelle Notre-Dame-de-Réconciliation sous laquelle ont été également découverts des vestiges de la même période.

Esquermes signifierait étymologiquement : terrain bas et marécageux.

Le  territoire d’Esquermes, approximativement les quartiers actuels de Vauban Esquermes, Bois-Blancs, Faubourg de Béthune et Faubourg des Postes, fit partie avec toute la région environnante  (Pevèle, Mélantois) du marquisat de Flandre, gouvernement militaire constitué par Charles le Chauve dont le premier titulaire fut Baudouin à partir de 866[9].

Le village est connu au XIIIe siècle (une des rues du Vieux-Lille se nomme aujourd'hui encore rue Esquermoise). La chapelle Notre-Dame-de-Réconciliation fut érigée à cette époque.

Le village se développe au début du XIXe siècle et rejoint celui de Wazemmes dans le prolongement de la rue de Lille ou Notre-Dame (actuelle rue Léon Gambetta)[10] . La limite entre les deux anciennes communes correspond à celle entre la rue Léon Gambetta à Wazemmes et la rue d'Esquermes.

Sa population passe de 1 298 habitants en 1804, 2 500 en 1850 et 3 731 en 1856[11].

Cette croissance était cependant relativement modérée en comparaison avec celle des communes voisines de Wazemmes et de Moulins.

Le  sud-ouest d’Esquermes était parcourue par les multiples bras de l’Arbonnoise (un des cours primitif de la Deûle) et le secteur au sud de la rue de Canteleu jusqu’à l’enceinte fortifiée ne fut urbanisé et les rivières recouvertes qu’au début du XXe siècle bien après l’annexion de 1858[12].  Esquermes avait plutôt un caractère bourgeois avec des  maisons de campagnes et des pensionnats.

Quelques établissements industriels importants s’y installèrent cependant à partir du milieu du XIXe siècle (sucrerie de Bigo-Danel, filature Thiriez) entraînant la création de rues ouvrières comprenant plusieurs courées (7 en 1856) [11].

Les communes d'Esquermes et de Wazemmes ont été annexées à Lille par décret impérial le 13 octobre 1858 avec Fives et Moulins. Suite à cette annexion, l'enceinte fortifiée de Lille qui était située au nord de Wazemmes a été déplacée au début des années 1860 pour englober l'ancienne commune ainsi que celles d'Esquermes et de Moulins-Lille.

En 1858, le territoire d'Esquermes et du faubourg de la Barre était moins urbanisé que celui de Moulins et de la partie centrale de Wazemmes où de nombreux établissements industriels s'étaient implantés depuis les années 1830. Sur cet espace peu construit, une trame de voies nouvelles est tracée dans les années 1860, boulevard Vauban, rue Nationale, rue Solférino, rue Jacquemars Gielée, rue d'Isly etc.

Les espaces disponibles permettent l'établissement de l'Université catholique en 1875.

Vauban et Esquermes sont finalement réunis en 1978.

Vauban-Esquermes au XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Le quartier est particulièrement jeune avec une proportion de 16-24 ans de 42,9 % (22,2 % à Lille) au détriment de toutes les autres classes d'âges sous-représentées, ce qui est dû à la présence d'environ 4 500 à 5 000 étudiants résidents, la plupart de l'Université catholique.

Les cadres sont surreprésentés (30,5 % de la population active, 20,5 % pour l'ensemble de la ville de Lille) ainsi que les professions intermédiaires (23,9 %, 19,6 % à Lille)

Vauban-Esquermes est classé par l'INSEE dans la catégorie des quartiers mixtes avec une distinction entre le Nord, Vauban, plus cossu, et le sud, Esquermes, plus mélangé. L'habitat et l'environnement sont dans l'ensemble de bonne qualité. Il existe cependant quelques secteurs plus dégradés, anciennes maisons ouvrières et plusieurs courées dans les environs de la place Catinat et, à Esquermes, autour de la rue de Canteleu, parmi lesquelles la « Cité Pottier », une courée arborée représentant un habitat typique traditionnel composé de maisons ouvrières construites à la fin du XIXe siècle et réhabilitées dans les années 1980.

Le quartier a perdu son activité industrielle et les sites des anciennes usines ont été réaffectés en immeubles d’habitation. Quelques anciens hôtels particuliers ont ont été remplacés par des immeubles mais le quartier conserve un patrimoine architectural intéressant de styles divers de 1860 à 1940[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacky DUBOUDT, Ville de Lille. Cahier de territoire. Quartier Vauban-Esquermes, Université catholique de Lille. Cahier du développement durable et responsable. (lire en ligne), p. 4
  2. Jean Caniot, Les canaux de Lille. Première partie, (ISBN 2-9524783-1-7), p. 112
  3. Alfred Salembier, Annales de la société d’études de la province de Cambrai Tome VI, Annales de la société d’études de la province de Cambrai Tome VI, (lire en ligne), p. 11 et 12
  4. Alfred Salembier, Histoire de Wazemmes, Annales de la société d’études de la province de Cambrai Tome VI (lire en ligne), p. 12
  5. Alfred Salembier, Histoire de Wazemmes, Annales de la société d’études de la province de Cambrai Tome VI, (lire en ligne)
  6. a et b Pierre Pierrard, La Vie ouvrière à Lille sous le second Empire, Bloud et Gay, , 532 p., p. 57
  7. Alfred Salembier, Histoire de Wazemmes, Annales de la société d’études de la province de Cambrai Tome VI, (lire en ligne), p. 114
  8. a et b Jacky DUBOUDT, Ville de Lille. Cahier de territoire. Quartier Vauban-Esquermes, Université catholique de Lille. Cahier du développement durable et responsable, (lire en ligne), p. 10
  9. Léon Vanderkindere, La Formation territoriale des principautés belges au Moyen Âge, vol. I, Bruxelles, H. Lamertin, 1902 (réédité en 1981) (lire en ligne), p. 43, 44
  10. Simon François Blocquel, Nouveau conducteur ou guide des étrangers dans Lille et ses environs, Castiaux, (lire en ligne), p. 224 225
  11. a et b Pierre Pierrard, La Vie ouvrière à Lille sous le second Empire, Paris, Bloud et Gay, , 532 p., p. 62
  12. sur les plans de Lille de la fin du XIXe siècle le territoire est encore parcouru par les eaux de l'Arbonnoise et les rues, notamment celle de la Bassée, au sud de la rue de Canteleu, n'apparaissent que sur celui de 1930