Bonduelle

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Bonduelle
Image illustrative de l'article Bonduelle

Création 1853
Dates clés 1989 : rachat de Cassegrain
2010 : Rachat de France Champignon
Fondateurs Louis Bonduelle-Dalle
Louis Lesaffre Roussel
Forme juridique Société par actions simplifiée
Slogan Quand les légumes sont bons, c'est Bonduelle.
Siège social Drapeau de France Renescure / Villeneuve-d'Ascq (France)
Direction Christophe Bonduelle
Activité Agroalimentaire
Produits Légumes frais, en conserve et surgelés
Effectif 9 569 (en 2013/2014)
Site web www.bonduelle.com

Capitalisation 798,40 millions € au 25/02/2016
Chiffre d’affaires 1 982 millions € (2014/2015)[1]
Résultat net 69 millions € (2014/2015)

Bonduelle est une entreprise française spécialisée dans la transformation industrielle et conserve des légumes.

Durant plus de 70 ans, Bonduelle connaît une expansion rapide et constante dans l'industrie des légumes en conserves ou surgelés.
Ses produits sont distribués par des canaux de distribution classiques (hypermarchés, supérettes…) et ceux de la restauration hors foyer (restaurants, restauration collective, cantines scolaires, restaurants d'entreprises…).

Histoire[modifier | modifier le code]

Usine Bonduelle de Nagykőrös.
Début du sponsoring sportif en 1999 avec le multicoque Bonduelle et son skipper Jean Le Cam.

L'entreprise est fondée en 1853 par deux amis, Louis Antoine Bonduelle-Dalle ( - ), cultivateur et fabricant d’huile, et Louis Lesaffre-Roussel (1802-1869), distillateur qui fondent la société « Lesaffre et Bonduelle, Alcools de l'Abbaye », une distillerie de grains et de genièvre située à Marquette-lez-Lille près de la Deûle. Le ils achètent la ferme de l'abbaye cistercienne de Woëstyne à Renescure, aujourd’hui surnommée Bonduelle City. En 1868 Louis Lesaffre fils la transforme en distillerie d'alcool de grain et y installe une malterie[2],[3].

En 1901, faute d’accord entre les descendants des fondateurs décédés, l'entreprise et ses sept usines sont partagées en trois entreprises familiales : Bonduelle, Lemaître et Lesaffre qui hérite de la distillerie-levurerie de Marcq-en-Barœul et de Marquette, le groupe Lesaffre étant aujourd’hui leader mondial de la levure[4].

C'est à partir de 1926 que les « Établissements Bonduelle » commencent à mettre en boîte les petits pois. Dans les années 1930, la demande croissante permet une expansion de l'entreprise qui s'industrialise. Les activités de l'entreprise sont interrompues à partir de 1940 jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale. La progression de la demande après-guerre incite l'entreprise à commencer à acheter des légumes en plus de sa propre production.

En juillet 1947, la quatrième génération de la famille développe le marketing et l'intégration verticale en créant son propre réseau commercial d'entreprise, s'affranchissant de celui de La Rochefortaise, conserverie de viande qui assurait depuis 1936 la commercialisation de ses produits. Il lance à cette occasion sa propre marque[5].

Dans les années 1950 l'entreprise se diversifie : conserves de haricots verts et blancs, de macédoine, et, en 1957, invention de la boîte de petits pois-carottes. De 1956 à 1963, le cassoulet est lancé en 1956 (puis arrêté en 1963, le prix de revient de la viande étant trop élevé). Les conserves de poissons suivent (11 % du chiffre d'affaires en 1961) ainsi que des plats cuisinés, mais le groupe se recentre rapidement sur les légumes[6].

De 1963 à 1974, une forte croissance industrielle s'appuie sur les exportations vers 1965 et de nouvelles usines créées dans le Sud-Ouest, l’Oise, puis la Belgique. L'usine construite en 1963 à Estrées-Mons deviendra au début du XXIe siècle la plus grande conserverie de légumes au monde avec ses 200 000 m2 couverts[7]. En 1968, Bonduelle se lance dans la surgélation des légumes, créant le premier des petits pois en barquettes[8]. Plusieurs filiales européennes sont créées : en Allemagne en 1969, en Italie en 1972 et en Angleterre en 1973. En 1973 50% du chiffre d'affaires provient de l'exportation[9].

Une tentative de frites en boîte en 1973 est un échec[6], les frites étant trop molles[10].

Création à Labenne en 1978 d'une usine de maïs doux et d'un entrepôt frigorifique avec le groupe Olano, qui reste 30 ans après un partenaire logistique privilégié sur le sud ouest de la France (à travers les sites de Saint-Jean-de-Luz et Ychoux pour l'entreposage).

De 1975 à 1984, les usines Bonduelle se redéploient au-delà de la Picardie[9] avec en 1980 l'achat du principal conserveur belge, Marie Thumas et de son principal concurrent français Cassegrain en 1989[11].

La période 1985-1999 marque l'internationalisation du groupe qui crée des filiales au Brésil (en 1994, pour répondre à la demande de Carrefour qui ne trouve pas sur place les surgelés souhaités) et en Argentine en 1996[9]. En 1992 l'usine hongroise de Nagykőrös est acquise, devenant la plus grande conserverie de maïs au monde[10].

L'entreprise s'introduit dans le « frais élaboré » avec l'acquisition de Salade Minute le 7 janvier 1997[12].

En 2003, le groupe se réorganise en formant en six filiales : Bonduelle Frais, Bonduelle Traiteur (via notamment une prise de contrôle de la société bretonne Michel Caugant), Bonduelle Grand Public, Bonduelle Développement, Bonduelle Food Service.

En 2004, le groupe Bonduelle crée la Fondation Louis-Bonduelle, dont le but est de faire évoluer les comportements alimentaires à travers des actions de sensibilisation et le soutien à la recherche[9].

En 2007, Bonduelle complète l’acquisition du canadien Aliments Carrière (marque Artic Gardens), leader des légumes et des surgelés et qui lui permet de mettre la main sur 39 500 hectares[10].

En 2010, Bonduelle fait l’acquisition de France Champignon, le champignon devient le deuxième légume de Bonduelle après le maïs.

En 2011, Bonduelle acquiert les activités surgelés d'Allens pour 15 millions d'euros[13].

En 2013, le groupe se réorganise autour de deux pôles géographiques (Europe et hors Europe) et de quatre domaines d'activité stratégiques (Bonduelle Europe Long Life pour les conserves et les surgelés ; Bonduelle Fresh Europe pour la 4e gamme et le traiteur ; Bonduelle Americas et Bonduelle Development)[14].

En février 2017, Bonduelle acquiert pour un montant non dévoilé, l'entreprise américaine Ready Pac Foods, spécialisée dans les salades préparées, renforçant fortement sa présence aux États-Unis[15].

Marques[modifier | modifier le code]

  • Bonduelle (Europe, Russie, CEI, Canada, États-Unis, Brésil)
  • Cassegrain (France)
  • Arctic Gardens (Canada)
  • Globus (Russie, CEI)

Marchés[modifier | modifier le code]

  • En 2014, no 1 en France (où le groupe réalise 30 % de son chiffre d'affaires) et no 1 en Europe (66 % du C.A. du groupe) des légumes en conserve et no 2 des légumes surgelés[16].
  • Parts de marché en 2014 : conserves (53 % du chiffre d'affaires), surgelés (28 %), légumes frais (19 % dont la gamme traiteur)[16].
  • Bonduelle est aujourd’hui, avec ses marques propres et celles de ses distributeurs, le leader mondial des légumes prêts à l'emploi[17].

Données financières[modifier | modifier le code]

Données financières en millions d'euros
Période juillet 2013 - juin 2014
Chiffres d'affaires 1921
Résultat opérationnel 103
Résultat net 15
  • 9 569 collaborateurs permanents en 2013/2014
  • 57 sites industriels et d'autoproduction agricoles
  • 128 000 hectares cultivés dans le monde par 3 440 agriculteurs contractualisés[18] et avec la collaboration de 283 agronomes[19]

Controverses[modifier | modifier le code]

En 2014, Bonduelle s'acquitte d'une amende, infligée par la Commission européenne, de 30 millions d'euros pour « entente sur les prix dans le secteur des champignons en conserve » [20].

En 2015, des consommateurs interpellent l'entreprise sur la composition de certains produits contenant des arômes naturels d'origine animale (bœuf, mouton, volaille, porc...). En effet, la mention « arômes naturels » était utilisée seule, conformément à la réglementation[21]. Ces consommateurs, désireux de ne pas consommer de molécules d'origines animales, demandaient à l'industriel de dépasser la réglementation. En réponse à cette mobilisation, Bonduelle a immédiatement complété les informations disponibles sur son site internet et s'est engagé à porter ces informations sur les emballages des quelques produits concernés, dans un délai de six mois[22]. Cet évènement a fait l'objet de plusieurs analyses d'experts en marketing et communication[23].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Brochure institutionnelle, Bien-vivre par l'alimentation végétale - Groupe Bonduelle 2014/2015. Source : http://www.bonduelle.com/fileadmin/user_upload/ESPACE_EXPERT/BrochureInstitutionnelle2015_sansPOD_online/beevirtua/beevirtua.html#app=a869&9557-source=xmlConfs/init.zip&adf3-lang=fr&ccb3-pageId=2
  2. Bonduelle Historique, Bonduelle
  3. Jean Watin-Augouard, « Bonduelle marque aux 500 variétés de légumes », La revue des marques, no 61,‎ , p. 42
  4. Guy Dubois, Le Nord Pas-de-Calais Pour les Nuls, Éditions First-Gründ, , p. 117
  5. Jean Watin-Augouard, op. cit., p. 43
  6. a et b Valérie Sauvage, « Bonduelle : les petites boîtes en ont créé une grande », sur 'La Voix du Nord',‎
  7. Anaïs Carpentier, « L'usine Bonduelle fête son demi-siècle en fanfare », sur le courrier picard,‎
  8. Jean Watin-Augouard, op. cit., p. 44
  9. a, b, c et d Frank Bournois, Sébastien Point, Jacques Rojot, Jean-Louis Scaringella, RH. Les meilleures pratiques du CAC 40/SBF 120, Éditions Eyrolles, , p. 549
  10. a, b et c Alexandre Lenoir, « La saga d'une grosse légume », sur L'Express,‎
  11. Frédéric L.E (1998). Dynamique de la concurrence et cession d’activité: le cas de la cession de Cassegrain (Compagnie Saupiquet) au Groupe Bonduelle. Finance Contrôle Stratégie, 1(1), 125.
  12. Jean Watin-Augouard, op. cit., p. 47
  13. L'appétit grandissant de Bonduelle aux Etats-Unis, Adrien Cahuzac, Usine nouvelle, 13 septembre 2013
  14. Camille Harel, « Performances remarquables pour Bonduelle en 2012-2013t », sur LSA,‎
  15. Bonduelle acquiert le numéro un américain de la salade en portion, Marie-Josée Cougard, Les Échos, 23 février 2017
  16. a et b Camille Harel, « Bonduelle : frôle les 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2014 et fourmille de projets de développement », sur LSA,‎
  17. "Avec nos marques propres et celles de nos clients distributeurs, nous sommes désormais leader mondial des légumes prêts à l’emploi."« Bonduelle en bref - Groupe Bonduelle », sur www.bonduelle.com (consulté le 25 février 2016)
  18. Bonduelle en bref sur /www.bonduelle.com
  19. Bonduelle en bref, sur http://alimentation.gouv.fr/
  20. Bonduelle : l'amende de Bruxelles plombe les résultats, Challenges, 30 septembre 2014
  21. [1], Alimentaire pro, 8 avril 2009
  22. Consommation : de la viande cachée dans les légumes Bonduelle, Le Parsien, 15 mai 2015
  23. [2], Le blog du communicant, 25 mai 2015

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Valérie Sauvage, « Bonduelle : les petites boîtes en ont créé une grande », La Saga des marques, t. 1,‎ , p. 20-23.
  • Mazzola, F. (2007). Étude stratégique de Bonduelle. Publications Études & Analyses.