Le Fresnoy

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Le Fresnoy

Le Fresnoy-Studio national des arts contemporains est un établissement de formation, de production et de diffusion artistiques, audiovisuelles et multimédia. L’objectif du Studio national est de permettre à de jeunes créateurs venus du monde entier, de réaliser des œuvres avec des moyens techniques professionnels et dans un large décloisonnement des différents moyens d’expression. Le champ de travail, théorique et pratique, est celui de tous les langages audiovisuels sur les supports traditionnels, argentiques et électroniques (photographie, cinéma et vidéo) comme sur ceux de la création numérique.

La production des projets est placée sous la direction d’artistes reconnus, qui réalisent eux-mêmes un projet personnel auquel sont associés les jeunes créateurs (Michael Snow, Raul Ruiz, Chantal Akerman, Georges Aperghis, Tsaï Ming Liang, Sarkis, Muntadas, Ryoji Ikeda, Grégory Chatonsky, Gary Hill, Miguel Gomes, Claire Denis, Tsaï Ming-Liang, Bruno Dumont, Chantal Akerman, Arnaud Despallières, Avi Mograbi, Mathieu Amalric, João Pedro Rodriguez, Nicolas Moulin, Hannah Collins, Edwin van der Heide, David Rokeby, Hans op de Beek, Charles Sandison, Atau Tanaka, Pier Paolo Calzolari, Georges Aperghis, Andrea Cera, Alain Buffard/Armando Menicacci, Ryoji Ikeda, Christian Rizzo, Scanner/Robin Rimbaud, Ben Rivers, Thomas McIntosh, Benoit Jacquot, Mathieu Amalric, Bernard Faucon, Rami Fischler, Cyril Teste,…)

La production d’œuvres est prolongée par une politique de diffusion ambitieuse : expositions et événements variés se succèdent et explorent, tout au long de l’année, les enjeux de la création contemporaine. En particulier, l’exposition “ Panorama ”, présente chaque année l’ensemble des productions du Fresnoy, soit plus de 50 œuvres : films, vidéos, installations, performances ou œuvres multimédias.

Historique du lieu[modifier | modifier le code]

Le Fresnoy - Studio national était un complexe de divertissement populaire : cinéma de 1000 places, piscine transformée en manège d’équitation, salle de patinage à roulettes, dancing, brasseries, salles de jeux, pouvant accueillir jusqu'à 6000 personnes qui a fonctionné de 1905 à 1984.

Le chantier de réhabilitation a été confié à l’architecte Bernard Tschumi.

Architecture du nouveau site[modifier | modifier le code]

Le projet peut se résumer par la « mise sous hangar »[1] des anciens bâtiments aux toits de tuiles. Ils sont ainsi intégrés et abrités par un parallélépipède fermé côté nord, ouvert pour les trois autres côtés, surmonté d’un toit de 100 x 80 m percé de grandes ouvertures et formé de grandes verrières recouvertes de plaques de polycarbonate transparent en forme de « nuage ». Bernard Tschumi voit le projet comme « une succession de boîtes dans une boîte[2]. »

Le site propose sur huit mille mètres carrés une école, un plateau de tournage, une médiathèque, des salles de spectacles et d’expositions, deux cinémas, des laboratoires de recherche et de production (son, image électronique, film et vidéo), des locaux pour l’administration et la restauration ainsi qu’une dizaine de logements. Ce complexe est capable d’accueillir un public composé de plus de mille personnes pouvant tout à la fois visiter les lieux d’exposition et assister aux projections proposées. Des espaces commerciaux, dont la librairie Bookstorming spécialisée dans l'art contemporain, sont intégrés au projet, un parc de stationnement souterrain est créé ainsi qu’une terrasse paysagée donnant accès à un jardin par un grand escalier extérieur[3].

Le projet pédagogique[modifier | modifier le code]

À la demande de Dominique Bozo, délégué aux arts plastiques dans les années 1980, Alain Fleischer, actuel directeur du Fresnoy, alors professeur à l'Ecole d'art de Paris-Cergy, est chargé au titre d’une « mission exploratoire et fondatrice »[4] de créer un endroit qui deviendrait à la fois une « Villa Médicis high tech, un Bauhaus de l’électronique, un Ircam des arts plastiques[5] », et un « lieu ouvert entièrement à la transdisciplinarité[6]. »

Le Fresnoy-Studio accueille, pour deux années, des étudiants de toutes nationalités admis à l’issue d’un concours d’entrée. Le nombre d’étudiants est limité à vingt-quatre par session, ce qui fait quarante huit étudiants sur place en permanence. La première année est principalement consacrée aux arts-visuels traditionnels (cinéma, photographie), la seconde année aux nouvelles technologies (installation, dispositifs interactifs).

La conformité avec les enjeux pédagogiques du Fresnoy est la base de sa collaboration avec les étudiants en résidence, sous contrat de production. On y retrouve de jeunes cinéastes, photographes, plasticiens, performeurs, artistes issus du cirque, de la vidéo, du théâtre et du NetArt.
Destiné non seulement à l’enseignement mais également à la production d’œuvres à échelle 1 avec des moyens techniques et un encadrement professionnels, où des artistes interviennent, enseignent et sont invités à « montrer l’exemple », le projet pédagogique veut comprendre « toutes les disciplines artistiques et audiovisuelles, traditionnelles ou issues des techniques les plus récentes[7]. » Ce programme est complété par la présentation publique des œuvres réalisées, lors de l'exposition Panorama, qui a lieu chaque année début juin.

Les expositions[modifier | modifier le code]

L'auvent de la façade

Chaque année, vers le début du mois de juin, les œuvres réalisées tant par les étudiants que par les « artistes-intervenants » au cours de l’année sont présentées sous le titre de Panorama.

. Autres expositions

  • Projections, les transports de l’image, 1997
  • Le Corps dans la ville, 1998
  • Sans commune mesure, 2002
  • La Ville qui fait signe, 2004
  • L’Art de produire l’art, 2005
  • Londres-Bombay, 2006
  • Dans la nuit, des images. Création visuelle et numérique en Europe, du 18 au 31 décembre 2008 au Grand Palais, à Paris. Sur près de 140 œuvres présentées, la moitié furent produites au Fresnoy. L'exposition confronte « la nouvelle garde des artistes contemporains » à d'autres artistes « jouissant d'une renommée internationale comme Thierry Kuntzel, Bill Viola, William Klein, Michael Snow, Nam June Paik ou Bob Wilson[8]. »
  • Never dance alone, 2009
  • Thierry Kuntzel / Bill Viola, Deux éternités proches, 2010
  • ABC - Art Belge Contemporain, 2010
  • Solo Snow, Exposition Michael Snow, 2011
  • Let's Dance, 2011
  • Visions fugitives, Du dessin animé aux images de synthèses, 2012.
  • Histoires de fantômes pour grandes personnes par Georges Didi-Huberman et Arno Gisinger, 2012
  • A Montréal, quand l'image rôde, commissaire Louise Déry, 2013
  • LUX, la lumière en exposition, commissaire Michel Nuridsany, 2014
  • Ficcionario, Sebastian Diaz Morales monographie, directrice artistique Caroline Bourgeois, 2015


Artistes ayant participé aux sessions[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

Parmi les anciens étudiants issus du Fresnoy, on peut citer : Kimiko Yoshida, Arnold Pasquier, Sébastien Betbeder, Lilian Franck, Tina Gharavi (en), Anri Sala, Sandy Amerio, Louidgi Beltrame, Marine Hugonnier, Christelle Lheureux, Julien Loustau, Joachim Montessuis, le Collectif MU, Kaori Kinoshita et Alain Della Negra, Emmanuelle Michaux, Laura Henno, Vimukthi Jayasundara (en), Laura Erber, Anna Katharina Scheidegger, Fabien Giraud, Raphaël Siboni, Sebastien Loghman.

Dans l'équipe du Fresnoy, on peut citer Érik Bullot qui fut coordinateur pédagogique de 1997 à 2000 et Jacques Déniel qui dirigea la programmation du cinéma du Fresnoy de 1996 à 2001.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Fleischer, L'Impératif utopique. Souvenir d'un pédagogue, Galaade, 2012[9]
  • Le Fresnoy - 10 ans de création, Artpress 2 n° 11, novembre 2008-janvier 2009

Autre article[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Alain Guiheux, Tschumi, une architecture en projet, Le Fresnoy, coédition Le Fresnoy et les éditions du Centre Georges Pompidou, 1993, cité dans Artpress 2, op. cit., p. 37.
  2. B. Tschumi, Le Fresnoy, Studio national des arts contemporains, éd. Le Fresnoy & Massimo Riposati, 1993, cité dans Artpress 2, op. cit., pp. 31 & 32.
  3. Artpress 2, op. cit., p. 32.
  4. Artpress 2, op. cit., p. 14.
  5. Artpress 2, op. cit., p. 12.
  6. Jean-Claude Conésa dans Artpress 2, op. cit., p. 44.
  7. Alain Fleischer dans Tschumi, une architecture en projet, Le Fresnoy, cité dans Artpress 2, op. cit., p. 27.
  8. Dossier de presse, p. 18.
  9. La Quinzaine littéraire n° 1071, p. 29 : «L'histoire d'un projet qui paraissait utopique, celui du Fresnoy-Studio national des arts contemporains.»