Tramway de Lille - Roubaix - Tourcoing

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Tramway de Lille.
Tramway de Lille - Roubaix - Tourcoing
Image illustrative de l'article Tramway de Lille - Roubaix - Tourcoing

Situation Lille Métropole
Drapeau de la France France
Type Tramway
Entrée en service 1909
Longueur du réseau 17,5 km
Longueur additionnée des lignes 22 km
Lignes 2
Stations 36
Rames Breda
Fréquentation 9,5 millions (2011)
Écartement des rails 1 000 mm
Propriétaire Lille Métropole
Exploitant Transpole
Site internet http://transpole.fr
Lignes du réseau (R) (T)
Réseaux connexes Métro de Lille Métropole
Tramway de Lille Métropole
Autobus de Lille Métropole
Lianes de Lille Métropole
V'Lille

Image illustrative de l'article Tramway de Lille - Roubaix - Tourcoing
Plan des lignes de tramway et de métro

Le tramway de Lille - Roubaix - Tourcoing, surnommé « le Mongy », du nom d'Alfred Mongy, concepteur du réseau, dessert aujourd'hui l'agglomération de Lille-Roubaix-Tourcoing. Le réseau comporte deux lignes d'une longueur totale de 22 km.

Historique[modifier | modifier le code]

Il y a eu 2 écartements de voie sur le réseau lillois, l'écartement normal (1 435 mm) qu'utilisaient les tramways à chevaux, et écartement métrique (1 m) pour les tramways électriques et les lignes régionales à vapeur du CEN.

Lors de la conversion de réseaux de tramways à chevaux en tramways électriques, l'écartement normal a été conservé comme pour les réseaux de Lyon, Marseille, Paris, Bordeaux ou Rouen. À Lyon par exemple, le réseau urbain était à l'écartement normal et le réseau suburbain à l'écartement métrique.

Aujourd'hui avec le renouveau du tramway, c'est l'écartement normal qui a été privilégié. La voie métrique est présente en France à Saint-Étienne, et dans certains pays européens, comme : la Suisse, l'Allemagne, la Belgique, l'Espagne, et l'Autriche.

Les tramways à voie normale[modifier | modifier le code]

La compagnie des tramways du département du Nord (TDN)[modifier | modifier le code]

La compagnie TDN est constituée en 1874 et exploite un réseau de tramways à chevaux dans la ville

Le rail à ornière[1] pour ce tramway fut conçu par les ingénieurs Léon Francq et Léon Marsillon[2].

La traction s'effectue au moyen de 200 chevaux et une trentaine de voitures ;

À partir de 1880 commencent des essais de locomotives à vapeur "Hughes"[3], puis en 1881 de locomotives sans foyer et à eau surchauffée Francq ; 13 de ces locomotives seront mises en service en 1883 sur le réseau de la TDN. Elles seront ensuite généralisées à partir de 1887. Les locomotives Francq resteront en service jusqu'à l'électrification des lignes de la TDN au début du XXe siècle.

La Compagnie des Tramways Électriques de Lille et sa Banlieue (TELB)[modifier | modifier le code]

Motrice série 800, place des Reignaux
Motrice 881 des TELB préservée

La compagnie TELB est la nouvelle raison sociale de la compagnie TDN depuis le 20 mai 1901. Elle va développer un réseau de tramways électriques à voie normale qui remplaceront progressivement les tramways à chevaux et les tramways à vapeur à partir de 1902[4]. Ce réseau disparaitra à son tour en 1966. Les tramways étaient appelés les « cars » lillois.

Le réseau comprenait 25 lignes désignées par des Lettres de A à X. En 1950, il ne restait plus que les B, C, D, E, F, H, I, J, L, O, V et X

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

La Compagnie Générale Industrielle de Transports (CGIT)[modifier | modifier le code]

À la fin de l'année 1955, la CGIT remplace la compagnie TELB dont la concession est échue. La CGIT n'assure que l'exploitation du réseau. Un syndicat mixte, comprenant les communes desservies et la ville de Lille s'occupe de la gestion. Les tramways sont alors remplacés par des bus. Le 29 janvier 1966 disparait la dernière ligne de tramway, la B.

Motrice 701 des TELB au musée de L'Amtuir.

Les tramways à voie métrique[modifier | modifier le code]

La Compagnie des Tramways et Voies Ferrées du Nord[modifier | modifier le code]

Cette compagnie, créée par Alfred Mongy en 1900, démarre la construction du Grand Boulevard de Lille-Roubaix-Tourcoing pour accueillir un tramway électrique. La compagnie ambitionne de créer un réseau de 13 lignes, long de 380 km allant jusqu'à Douai et Béthune. Elle obtiendra les concessions de la plupart de ses lignes en 1904.

La compagnie des tramways de Roubaix et de Tourcoing (TRT)[modifier | modifier le code]

Carte militaire de 1922. Les lignes de tramway sont visibles.
La Grande Place de Tourcoing, avant la Première Guerre mondiale avec des tramways à voie métrique
Tramway, boulevard Gambetta à Roubaix

La compagnie TRT est créé en 1894 par la Compagnie française des voies ferrées économiques de Léon Francq. Elle crée un réseau de tramways de dix lignes autour de Roubaix et Tourcoing. Elle est absorbée par l'ELRT en 1922.

L'Électrique Lille Roubaix Tourcoing[modifier | modifier le code]

Motrice 420 de l'ELRT, série 401-435, préservée par l'Amitram.

L'ELRT est créé en 1905, cette compagnie construit son réseau principal sur les boulevards sous la direction des ingénieurs lillois Alfred Mongy et Léon Francq, mais étend aussi son réseau secondaire dans d'autres directions ;

  • de Lille à Roubaix, (ligne 1), et Tourcoing, (ligne 1 bis)(22,2 km)
  • de Lille à Leers, (ligne 2) (15,4 km)
  • de Leers à Roncq, (ligne 3) (12,4 km)
  • de Roubaix à Hem, (ligne 4) (5,2 km)
  • de Lille à Marquette, (ligne 5)
  • de Roubaix à Leers, (ligne 6) (4,4 km)
  • de Lille à Marcq, (ligne 7) (5,6 km)

Le tramway sur le Grand Boulevard a été inauguré les 4 et 5 décembre 1909[5].

En 1922 a lieu l'absortion de la Compagnie des tramways de Roubaix et de Tourcoing (TRT).

La compagnie ELRT se trouve alors à la tête d'un important réseau constitué de:

  • un réseau urbain provenant de l'absortion des lignes TRT et étendu sur les communes de Roubaix et de Tourcoing.
  • un réseau départemental constitué de ses propres lignes.

Elle va tenter de développer cet ensemble et de moderniser le matériel de l'ancienne compagnie des tramways de Roubaix et Tourcoing (TRT).

  • En 1937, 16 motrices type 200 sont livrées par Brissonneau et Lotz, constituant à l'époque les véhicules de tramway les plus modernes de France.
  • En 1950, 28 nouvelles motrices type 500 sont construites par Brissonneau et Lotz. Elles équipent les lignes des boulevards.

L'ELRT doit toutefois abandonner les réseaux urbains de Roubaix et Tourcoing et ne conservera uniquement trois lignes.

La concession de l'ELRT termine en 1968 et sera remplacé par une nouvelle consession SNELRT (société nouvelle ELRT).

En 1972 l'antenne de Marcq-en-Barœul sera fermée et il ne reste plus que les deux lignes[6].

  • R, Lille - Roubaix
  • T, Lille - Tourcoing

Liaison avec la Belgique[modifier | modifier le code]

Sous l'occupation allemande, en 1915 une courte ligne de Toufflers (réseau ELRT) à "la Festingue" en Belgique, a été construite par ces derniers, pour établir une jonction avec le réseau vicinal Belge de Tournai.

Cette réalisation avait pour but le transport des blessés de guerre. La section transfrontalière a été fermée on 1918, mais rouverte en 1926 et électrifiée en 1933. Il n'y a pas eu de services directs et les correspondances ont été réalisées à Toufflers. La ligne belge a été supprimée le 26 avril 1952, pour les voyageurs et le 25 mars 1954 pour le trafic marchandise[7].

Chemins de fer économiques du Nord[modifier | modifier le code]

La compagnie des CEN, filiale du groupe Empain, exploitait des lignes à voie métrique en traction à vapeur dans la région :

Années 1980[modifier | modifier le code]

Les compagnies SNELRT et CGIT (bus de Lille et metro) ont fusionné à la fin de l'année 1981 en une nouvelle entité : Cotrali (Compagnie des Transports de la Communauté Urbaine de Lille), connue sous le sigle commercial de TCC.

Motrice de l'ELRT, série 500, sur la boucle terminus autour du Théâtre à Lille en 1982, maintenant disparue.

Le réseau a subi diverses modifications. Le terminus en boucle autour du « Théâtre » à Lille a été remplacé en 1983 par une section souterraine aboutissant à la gare de Lille-Flandres, en passant par la gare de Lille-Europe. Les deux stations donnent accès au métro. Les boucles terminales à Tourcoing et à Roubaix ont été remplacées par un terminus à deux voies.

Sur la section commune pour Tourcoing et Roubaix, les arrêts Saint-Maur et Clemenceau - Hippodrome ont été mis sous terre pour éviter des croisements avec des carrefours.

Tram allemand rénové, no 390, au nouveau terminus souterrain de Lille Flandres.

Pour moderniser le matériel roulant et remplacer les motrices de la série 500, des tramways allemands du type Düwag ont été achetés d'occasion. Cotrali a acheté puis rénové des trams de Hanovre, Aix-la-Chapelle. Ce matériel porte une livrée rouge.

La situation à la fin des années 1990[modifier | modifier le code]

Lors de l'extension de la ligne 2 du métro de Fort-de-Mons à Tourcoing-Centre s'est posée la question de l'avenir du Mongy. En effet certains l'ont accusé de faire double emploi avec le métro, l'ancien tramway ayant une image désuète face au nouveau métro automatique. Il a finalement été décidé de le conserver et de le rénover avec un nouveau matériel moderne à plancher bas.

La situation actuelle[modifier | modifier le code]

Plan des lignes de tramway et de métro.
Rame de tramway rénovée en 2013.

Le réseau[modifier | modifier le code]

Le réseau comporte deux lignes avec un tronc commun au départ de Lille : elles relient Lille à Roubaix d'une part et à Tourcoing d'autre part.

Il est exploité par la société Transpole.

Le réseau d'une longueur de 22 km comporte 36 stations[8]. Dans le centre-ville de Lille, la ligne en tronc commun comporte une partie souterraine.

Le matériel roulant[modifier | modifier le code]

Le parc est composé de 24 rames de quatre voitures à plancher bas du constructeur italien Breda costruzioni ferroviarie maintenant AnsaldoBreda, qui ont été livrés en 1994 dans le cadre des travaux de rénovation du réseau[9].

  • Longueur : 29,6 m
  • Largeur : 2,4 m
  • Hauteur : 3,425 m
  • Masse à vide : 40 t
  • Capacité : 200 personnes (50 assises et 150 debout)
  • Vitesse maxi : 80 km/h
  • Captage : pantographe unijambiste Faiveley
  • Écartement : voie métrique

Fréquentation[modifier | modifier le code]

En 2006, le tramway lillois a transporté huit millions de passagers, représentant 6 % des passagers utilisant les transports en commun dans l'agglomération lilloise[10]. En 2010, ce chiffre est de 8,8 millions de passagers, en hausse de 0,2 millions par rapport à 2009[11].

Projets[modifier | modifier le code]

Il est question depuis plusieurs années de mettre en place un réseau de tram-train selon l'exemple de Karlsruhe, ce qui aurait l'avantage d'offrir une offre de transport sans correspondance depuis la première couronne jusqu'au cœur de ville. D'autre part cela permettrait de délester le pôle d'échanges de la gare de Lille-Flandres aujourd'hui en voie de saturation. Le schéma directeur de Lille Métropole, approuvé le 6 décembre 2002, envisageait 6 axes à l'horizon 2008[12], cependant seule une étude préliminaire a été effectuée à ce jour.

Le 17 avril 2009 a été votée en conseil communautaire LMCU la délibération cadre mobilité[13] (voir p. 7) qui confirme le principe du tram-train, cette fois sur seulement deux lignes (Comines - Seclin et Don Sainghin - Baisieux), pour une mise en service échelonnée entre 2016 et 2018.

Ceci dit le Mongy ne sera pas concerné par ce nouveau projet, car d'une part il ne figure pas dans les axes concernés et d'autre part son écartement est incompatible avec celui d'un tram-train (écartement standard pour pouvoir circuler sur le réseau RFF). Des projets de diamétralisation (prolongement au-delà de Lille Flandres) du Mongy sont parfois évoqués mais seulement à très long terme.

Début 2012, un programme de rénovation des rames actuelles est lancé. La rénovation concerne l'intérieur et l'extérieur afin de voir leur capacité augmenter de 15 %. C'est Bombardier Transport qui rénove les rames. La première rame est arrivée à Villeneuve-d'Ascq en juin 2012, les travaux doivent durer 6 mois ; la deuxième rame sera rénovée en 3 mois et les autres en 7 semaines[14],[15]. L'opération de rénovation pourrait prendre fin en 2016[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • A. Sampité, Les chemins de fer à faible trafic en France : lignes secondaires des grands réseaux, chemins de fer d'intérêt local et tramways à vapeur - établissement et exploitation, Baudry et cie,‎ 1888 (réimpr. 2010 par BiblioLife), 467 p. (ISBN 978-1-145-90434-7, lire en ligne), « Tramways de Lille à Roubaix et Tourcoing », p. 369-374
  • Claude Gay (préf. Alain Decaux), Au fil des trams, association Amitram (Lille),‎ 1984 (1re éd. 1971), 383 p.
  • René Courant, Le Temps des tramways, Menton, édition du Cabri,‎ 1982, 192 p. (ISBN 978-2-903310-22-6, LCCN 82241404)
  • Gérard Blondeau, Le Mongy, Tramway du Nord : Lille-Roubaix-Tourcoing, La Regordane,‎ 1995, 124 p. (ISBN 978-2-906984-20-2)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]