Aix-la-Chapelle

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Aix et La Chapelle.
Aix-la-Chapelle
Aachen
Image illustrative de l'article Aix-la-Chapelle
Blason de Aix-la-Chapelle
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Land Flag of North Rhine-Westphalia (state).svg Rhénanie-du-Nord-Westphalie
District
(Regierungsbezirk)
Cologne
Arrondissement
(Landkreis)
Aix-la-Chapelle (ville-arrondissement)
Nombre de quartiers
(Ortsteile)
7
Bourgmestre
(Bürgermeister)
Marcel Philipp CDU
2004-2009
Partis au pouvoir CDU, Verts
Code postal 52062-52080
Code communal
(Gemeindeschlüssel)
05 3 13 000
Indicatif téléphonique +49-241, +49-2405,
+49-2407, +49-2408
Immatriculation AC
Démographie
Population 238 665 hab. (2011-12-31)
Densité 1 484 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 46′ 00″ N 6° 06′ 00″ E / 50.766667, 6.1 ()50° 46′ 00″ Nord 6° 06′ 00″ Est / 50.766667, 6.1 ()  
Altitude Min. 67 m – Max. 410 m
Superficie 16 083 ha = 160,83 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Allemagne

Voir la carte administrative d'Allemagne
City locator 14.svg
Aix-la-Chapelle

Géolocalisation sur la carte : Allemagne

Voir la carte topographique d'Allemagne
City locator 14.svg
Aix-la-Chapelle
Liens
Site web www.aachen.de

Aix-la-Chapelle (en allemand Aachen, en francique ripuaire Oche[1] ; gentilé : Aixois) est une ville d'Allemagne située dans le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

Elle se situe à 5 km de la jonction des frontières de l'Allemagne, des Pays-Bas et de la Belgique, et est la ville la plus à l'ouest de l'Allemagne. Au sud commence l'Eifel.

Il y est parlé un dialecte de la langue régionale francique ripuaire qui s'appelle Öcher Platt.

L'étymologie de Aix-la-Chapelle vient pour Aix de aqua (l'eau en latin) et de la chapelle construite par Charlemagne de 794 à 798.

Aix-la-Chapelle est connue comme ville de résidence de Charlemagne, les couronnements d'empereurs et aujourd'hui pour son université RWTH (labellisée "université d'excellence").

Histoire[modifier | modifier le code]

Elisenbrunnen (Fontaine d'Élise), une des sources chaudes.

Le site est occupé depuis le néolithique. La cuvette d'Aix-la-Chapelle présente de nombreuses sources qui en font une zone marécageuse. Aussi, ce sont les hauteurs (le Lousberg) qui sont occupées par les premiers hommes. Des carrières attestent de leur présence. Les Celtes et les Romains s'intéressèrent aux sources chaudes : selon la tradition, la ville fut fondée par le Romain Grenus, sous Hadrien, vers l'an 124. Des bains d'un camp militaire romain du Ier siècle y ont été découverts. Le mot latin aqua est devenu en français aix (Aix-en-Provence étant aussi une ville d'eau romaine).

Le roi franc Pépin le Bref bâtit un château à Aix. Le premier document écrit sur la ville (765) la mentionne comme Aquis villa. Son fils Charlemagne apprécia l'endroit et en fit son lieu de résidence et la capitale de l'empire, construisant un palais dont la magnifique chapelle allait devenir la cathédrale. C'est à Aix qu'arriva en 802 l'éléphant blanc, présent du calife de Bagdad Harun ar-Rachid et que Charlemagne appela Abul-Abbas. L'empereur fut enterré dans la chapelle palatine en 814.

Plusieurs conciles régionaux se sont tenus à Aix-la-Chapelle de 799 à 861 (voir concile d'Aix-la-Chapelle).

En 936, le roi de Germanie, Othon Ier, fils de Henri Ier, fut couronné dans la cathédrale. Les empereurs du Saint-Empire romain germanique furent couronnés à Aix pendant 600 ans, le dernier étant Ferdinand Ier en 1531. Au Moyen Âge, Aix était l'une des plus grandes villes de l'empire, mais elle n'eut ensuite qu'une importance régionale.

Elle resta ville libre d'Empire jusqu'en 1792, quand Dumouriez s'en empara ; prise et reprise depuis, elle resta aux Français de 1794 à 1814 et devint sous l'Empire le chef-lieu du département de la Roer. En 1814, elle fut donnée à la Prusse.

Trois traités célèbres, dits traités d'Aix-la-Chapelle, y furent signés :

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En tant que ville située sur l'extrême frontière Ouest, Aix-la-Chapelle subit la guerre de manière particulièrement importante. En juillet 1941, une première attaque aérienne s'abattit sur la ville, quatre autres suivirent.

Le , au bout de six semaines de combats, la ville fut la première ville allemande à tomber face aux armées alliées (Armée américaine) après la Bataille d'Aix-la-Chapelle.

Le palais de Charlemagne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Palais d'Aix-la-Chapelle.
  • Il fut construit au VIIIe siècle sur les ordres de Charlemagne. Son architecture s'inspire des traditions romaines et byzantines. Charlemagne y résida de 801 à sa mort en 814 ; il y est enterré.
  • Au VIIIe siècle, les Carolingiens, originaires d'Austrasie, déplacèrent vers le nord-est leurs résidences. Paris ne reprit de l'importance qu'avec le comte Eudes, au temps des invasions normandes. Charlemagne ne pouvait s'établir à Rome car c'était la ville du pape, la capitale des États pontificaux.
  • Charlemagne décida donc de s'implanter dans l'ancienne Austrasie, la terre de ses ancêtres. Aix-la-Chapelle à la fin du VIIIe siècle n'avait rien d'une capitale : c'était une station thermale antique fondée par les Romains. Selon Eginhard (qui a écrit le livre Vie de Charlemagne), Charlemagne la découvrit lors d'une partie de chasse. Comme il aimait la natation, il fit creuser une piscine où 100 personnes pouvaient se baigner à la fois[2].
  • La situation géographique d'Aix-la-Chapelle dans le royaume carolingien fut un atout pour la ville. Le nouveau royaume franc était résolument axé sur le Rhin. Aussi, l'axe Rome / Aix-la-Chapelle était l'épine dorsale de l'Occident chrétien sous Charlemagne et Louis le Pieux.
  • La disposition des bâtiments du palais était imposée par les fonctions : habitation, représentation, culte, économie. Il pouvait s'ajouter d'autres fonctions : administration, justice et école sans oublier la vie religieuse étroitement liée à la personne de l'Empereur : Aix-la-Chapelle cumulait toutes ces fonctions.
  • La ville d'Aix se développa grâce au palais.
  • L'assemblée générale : les « Champs de mai » firent de la nouvelle capitale un haut lieu de la politique, de même que les assemblées : les conciles et les synodes.
  • La justice royale se rendait dans la salle de juridiction du palais. Il abritait aussi une caserne des milites et un atelier monétaire.
  • Charlemagne fit d'Aix-la-Chapelle le siège de sa cour et de son royaume (le sedes regia) : ayant auparavant une vie semi-nomade comme tous ses prédecesseurs francs, il choisit une douzaine de palais pour y établir pendant quelques mois sa Cour itinérante, privilégiant Aix-la-Chapelle à partir de 790 avant d'y faire construire de 795 à 805 son palais qui devint sa résidence permanente dès 801[2]. Ainsi, la ville devint aussi une capitale intellectuelle. Aix-la-Chapelle fut considérée comme une nouvelle Athènes. Le palais comportait une école (école palatine) qui avait pour mission de former une nouvelle génération de comtes, d'administrateurs sachant lire et écrire. Elle disposait d'une importante bibliothèque.

Charlemagne avait créé l'Académie palatine, un cercle de lettrés réservé aux beaux esprits proches de l'empereur (cour). Chacun y portait un surnom emprunté à l'histoire et aux lettres antiques : le roi était David, Alcuin était Horace et Angilbert Homère, Théodulphe Pindare. On y discutait de questions littéraires ou technologiques. On y lisait des poèmes et des discours. La cour, la demeure de Charlemagne, était aussi le lieu de réception des ambassadeurs : d'où les dimensions impressionnantes du palais. On sait que Charlemagne avait voulu rivaliser avec le palais de Constantinople : cela se ressent d'abord dans les dimensions de l'édifice. C'est un rectangle au sol de 180 m. Le palais d'Aix était deux fois moins étendu que celui des Empereurs byzantins. La salle royale comportait trois absides (dont l'une abritait le siège impérial, à l'ouest) comme les basiliques romaines. La hauteur de la salle royale est aussi majestueuse : 20 mètres. Deux rangées de fenêtres assuraient une luminosité parfaite.

  • Cette construction témoigne des richesses de Charlemagne mais aussi de la volonté d'originalité de l'empereur : Aix avait un plan général tout à fait nouveau avec une ordonnance extérieure et un aspect intérieur originaux.
  • La chapelle palatine :
    • emprunts byzantins :
      • mosaïques
      • coupole centrales
      • C'est la basilique Saint-Vital (532-547) à Ravenne qui servit de modèle ; l'architecte adopta un plan octogonal et centré.
    • influences romaines :
      • la mosaïque au sol (d'un artiste inconnu cependant).
      • les chapiteaux corinthiens, qui sont pour certains des réemplois, c'est-à-dire des chapiteaux importés d'Italie.
      • Charlemagne serait sans doute (d'après Pierre Riché) enterré dans un sarcophage antique.
    • La chapelle, témoin de la renaissance carolingienne : la salle voûtée préparait les cathédrales ; la décoration des grilles par des hélices, marguerites, tresses, cordelettes, entrelacs est carolingienne. Cet art de cour original eut un rayonnement dans tout le royaume carolingien car les prélats et les palatins voulurent imiter l'empereur.
  • L'école palatine
  • Conclusion :

Le palais de Charlemagne fut construit dans un but politique, pratique et religieux : le fait que la ville soit centrée par rapport au reste de l'empire, le besoin d'une capitale d'Empire, l'envie de rivaliser avec Byzance et l'ancienne Constantinople, la volonté d'indépendance face à Rome ont été des éléments déterminants pour son édification. Le palais devint le lieu de centralisation du pouvoir et la résidence favorite d'un grand prince. Louis le Pieux y resta comme son père, mais avec les partages territoriaux de l'empire, la capitale et le palais ne furent plus aussi prestigieux et symbolique qu'au temps de Charlemagne. Aix-la-Chapelle fut malgré tout encore un enjeu en 843 lors du traité de Verdun, preuve qu'elle avait marqué la dynastie carolingienne après Charlemagne.

Événements[modifier | modifier le code]

Chaque année au mois de mai, le prix international Charlemagne (Karlspreis) est remis à une personnalité qui a œuvré pour la cause européenne.

En 2006, la ville a accueilli les jeux équestres mondiaux. Le CHIO allemand (Concours Hippique International Officiel) s'y déroule également chaque année en été.

Le pèlerinage septennal (Die Aachener Heiligtümer)[modifier | modifier le code]

Tous les sept ans, les reliques reposant dans le Marienschrein (la châsse de la Sainte Vierge Marie) dans la cathédrale sont montrées au public. Ces reliques seraient les langes de Jésus, la robe de la Sainte Vierge, le tissu dans lequel aurait été enveloppée la tête de saint Jean le Baptiste après sa décapitation ainsi que le tissu que le Christ aurait porté autour de la taille lors de la crucifixion.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La cathédrale en 2007 (derrière le photographe : l'Hôtel de ville)
L'Hôtel de ville, vu de la place du marché
Autre vue de l'Hôtel de ville (derrière le photographe : la cathédrale)
  • Cathédrale contenant les tombes de Charlemagne et Otton III (inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO)
  • Hôtel de ville
  • Vieille ville historique
  • Ponttor et Marschiertor (anciennes portes de la ville)
  • Elisenbrunnen (Fontaine d'Élise, une des sources chaudes) et le théâtre de ville, les deux construits par Karl Friedrich Schinkel
  • Ehrenmal (restes de l'ancienne enceinte de la ville)
  • Elisabethhalle (bains historiques avec deux salles d'architecture Art nouveau, encore en usage)
  • Point des trois pays (Dreiländereck) (frontière entre Allemagne, Belgique et Pays-Bas)
  • Zoo Drimborner Wäldchen
  • Forêt d'Aix-la-Chapelle
  • Les nombreuses sculptures qui sont disséminées à chaque coin de rue
  • Les trésors de la couronne de l'Empereur
  • Château Rahe

Économie[modifier | modifier le code]

Aix-la-Chapelle possède un aéroport et se situe près d'un bassin houiller, auquel elle donne son nom (industries textiles laine, sidérurgie, industries chimiques, verrerie). La ville compte une usine de fabrication de pneumatiques du groupe allemand Continental AG.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la ville[modifier | modifier le code]

Divers[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. en néerlandais Aken, en wallon Åxhe, en latin Aquisgrana
  2. a et b « À la recherche de Charlemagne », documentaire de Perrine Kervran, France Culture, 30 avril 2013

Source partielle[modifier | modifier le code]

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Aix-la-Chapelle » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]