Compagnie aérienne à bas prix

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Une compagnie aérienne à bas prix[1], en abrégé compagnie à bas prix[2], est une compagnie aérienne qui, à la suite de l'abolition des règles limitant la concurrence, à partir de 1978 aux États-Unis, plus tard sur d'autres continents, s'est positionnée sur le créneau commercial du transport aérien à moindre prix (en anglais low cost, d'où aussi l'appellation « compagnie aérienne low cost ») en limitant ou en supprimant les services annexes au sol et en vol.

En parallèle ces compagnies ont adopté une structure de réseau basée sur les liaisons de point à point, une flotte composée d'un seul type d'appareil, des personnels multi-fonctions, etc. leur permettant de réduire leurs coûts d'exploitation.

Avion appartenant à Ryanair, compagnie à bas coûts pionnière en Europe

Concept et histoire[modifier | modifier le code]

EasyJet A319, Amsterdam Schiphol.

Le marché du transport aérien le plus important est, encore au début du XXIe siècle, celui des États-Unis. Les concepts commerciaux utilisés influencent toujours largement les pratiques mondiales.

Jusqu'en 1978, date de la publication de la Loi sur la déréglementation du transport aérien, le marché intérieur des États-Unis était soumis à une règlementation limitant la concurrence entre compagnies. Après cette date, les compagnies « classiques » se sont livrées à une guerre tarifaire sans toutefois modifier fondamentalement le service offert, voire en augmentant l'offre de services annexes. Des nouvelles compagnies se sont lancées sur un créneau différent : fourniture de l'offre de base - le transport - au tarif le plus bas possible, et frais supplémentaires pour chaque service annexe. La publicité et certains consommateurs n'ont retenu que la différence de prix, d'où le nom de « compagnie aérienne à bas prix » (traduction de l'anglais low cost airline). D'autres pays ont suivi la voie de la déréglementation, les pays de l'Union Européenne par exemple, abolissant les contrôles sur la concurrence en 1997.

Aux États-Unis, la compagnie Southwest Airlines est celle qui est le plus souvent créditée du label de la première des compagnies à bas prix ; elle y a gagné le sobriquet de peanuts airline (littéralement « compagnie aérienne à cacahuètes » car elle fournissait uniquement un sachet de cacahuètes à bord et que peanuts signifie au figuré « pour des clopinettes »). Le modèle a ensuite essaimé vers l'Europe, les succès les plus notables étant la compagnie irlandaise Ryanair, qui entra dans ce marché en 1991, et la britannique easyJet, créée en 1995. En 2004, une vague de création de compagnies à bas prix en Asie du Sud-Est et en Australie comme Air Asia et Virgin Blue a encore une fois montré que le modèle low cost était applicable à peu près partout, bien que les zones déréglementées soient plus propices à son développement.

Beaucoup des compagnies ont opté pour le lancement de leur propre filière à bas prix : KLM a lancé Buzz, rachetée en 2003 par Ryanair[réf. nécessaire], British Airways a lancé Go Fly[réf. nécessaire], United Airlines a lancé Ted, et Air France a plus récemment étendu, au départ d'Orly, les services de Transavia, filiale de KLM. En 2012, on dénombre plus de 2000 lignes à bas prix depuis et vers la France.

Les qualificatifs « bas coût », « bas prix » ou « low cost » n'ont pas de signification juridique et n'apparaissent d'ailleurs pas sur la page d'accueil du site des compagnies. L'accent est mis, le plus souvent, sur le prix minimal du billet. Il appartient au consommateur de comparer l'ensemble prix et prestations proposées par les diverses compagnies « classiques » ou à « bas prix ».

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Le modèle typique de la compagnie aérienne à bas prix est caractérisé par les points ci-dessous :

Pour le passager[modifier | modifier le code]

  • Vente directe des tickets, principalement via internet pour éviter les frais induits par les agences de voyage et les systèmes de réservation informatique ;
  • Billets non transférable, non échangeable, non remboursable ;
  • Vols directs uniquement, la compagnie n'assure pas les correspondances ou le transfert des bagages entre vols ;
  • Utilisation d'aéroports secondaires ou de terminaux plus spartiates ;
  • Procédures d'enregistrement simplifiées sans réservation de sièges ;
  • Limitation du nombre et du poids des bagages en cabine ;
  • Limitation en nombre et en poids, voire facturation, des bagages en soute ;
  • Aménagement de cabine « haute densité » ;
  • Repas ou prestations payants ;
  • Publicité à bord.

Pour la compagnie[modifier | modifier le code]

  • Un seul type d'avion pour réduire les coûts d'entretien ;
  • Trajet de point à point. La compagnie n'assure pas les correspondances et n'effectue donc pas de transferts de bagages ;
  • Employés remplissant plusieurs fonctions : les personnels navigants commerciaux peuvent également être appelés à nettoyer l'avion durant l'escale ;
  • Peu ou pas de budget marketing ;
  • Choix d'aéroports secondaires moins chers et moins encombrés permettant des escales rapides (moins d'une heure) ;
  • Rotation au sol plus rapide par la simplification des procédures d'embarquement et la diminution du nombre de bagages à manipuler.

Les compagnies aériennes à bas prix s’efforcent de maximiser le temps de vol de leurs avions (uptime) en minimisant les temps morts (downtime) et les opportunités perdues. Elles ont un chiffre d'affaires par siège au kilomètre offert (SKO) inférieur aux compagnies traditionnelles, mais ce désavantage en termes de recettes est plus que compensé par la baisse des coûts[3]. Chez Air France, le coût moyen SKO atteignait 10 à 12 centimes d'euro en 2014, alors qu'il n'était que de 3 à 4 centimes pour Easyjet et moins de 3 pour Ryanair[4].

Modèles économiques[modifier | modifier le code]

Le secteur « low cost » est hétérogène, reposant sur au moins quatre modèles : le « low cost pur » (Ryanair) qui fait du prix bas son seul argument de vente ; le « middle cost » (Easyjet), qui décolle de grands aéroports et cible en partie la clientèle affaires ; le « low cost de niche » (L’Avion) ; le « middle cost hybride » (Transavia), qui opère à la fois sur des lignes régulières et en charter »[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Traduction de l'anglais low cost airline
  2. Appellation recommandée en France par la DGLFLF, Journal officiel du 7/06/2007 et au Canada par l'OQLF
  3. Emmanuel Zilberberg, « Ceci n’est pas (seulement) du « low cost » », L'Expansion Management Review, no 145,‎ , p. 130 (DOI 10.3917/emr.145.0102).
  4. Michel Waintrop, « Quel est l'intérêt des filiales low-cost pour les compagnies aériennes? », sur la-croix.com, .
  5. « Rapport : le transport aérien pionnier du low cost », sur tourmag.com, .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]