Opéra de Lille

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Opéra de Lille
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Façade de style néo-classique de l'opéra

Type Opéra
Lieu Lille Drapeau de la France France
Coordonnées 50° 38′ 15″ nord, 3° 03′ 55″ est
Architecte(s) Louis Marie Cordonnier
Inauguration 1923
Fermeture 1918 - 1923
1998 - 2003
Capacité 1 134 places
Anciens noms Grand Théâtre
Statut juridique EPCC
Direction Caroline Sonrier
Protection  Inscrit MH (1999)
Site web opera-lille.fr

Géolocalisation sur la carte : Lille

(Voir situation sur carte : Lille)
Opéra de Lille

L’Opéra de Lille est un théâtre d'inspiration néo classique. Construit de 1907 à 1913 il est inauguré officiellement en 1923. Fermé pour rénovation en 1998, il a rouvert fin 2003 pour Lille 2004. L'Opéra de Lille est membre de la ROF (Réunion des opéras de France), de RESEO (Réseau européen pour la sensibilisation à l'opéra et à la danse) et d'Opera Europa. Le bâtiment a été inscrit à l'inventaire des monuments historiques en 1999[1].

Ce site est desservi par les stations de métro Gare Lille-Flandres et Rihour.

Historique[modifier | modifier le code]

L'Opéra en 1916, relativement épargné par les obus

En 1903, un incendie ravage le précédent opéra construit au même endroit par Michel-Joseph Lequeux en 1785. La municipalité décide alors de lancer un concours pour la construction du nouvel édifice. Le lauréat du concours est l'architecte Louis Marie Cordonnier, dont l'inspiration puise du côté de Victor Louis et de Charles Garnier et des théâtres à l'italienne[2]. Les travaux sont engagés en 1907 sur un sol difficile. 1050 pieux en béton sont plantés sur près de 5 mètres de profondeur pour assurer les fondations de l'édifice. Le béton armé selon le procédé Hennebique, habillé de pierres de Soignies et de Savonnières, forme également le corps de l’édifice.

En 1914, alors qu'il n'est pas encore tout à fait terminé, les Allemands l'occupent et réquisitionnent une partie des meubles et du matériel de l'autre opéra lillois, le théâtre Sébastopol. C’est la raison pour laquelle les sièges sont actuellement rouges alors que le projet initial prévoyait des sièges bleus (couleur dominante du projet de Cordonnier, seule la rosace du plafond garde la trace de cette volonté). Les Allemands achèvent les travaux et inscrivent sur son fronton « Théâtre allemand ». La première représentation a lieu à Noël 1915, sous la présidence du Kronprinz Rupprecht de Bavière et du gouverneur von Heinrich, commandant des forces d’occupation de la place de Lille. Des artistes berlinois interprètent Iphigénie de Goethe, un Prélude symphonique et Festklange de Liszt. Par la suite, on y joue les Niebelungen et des opérettes ; la population civile est invitée à assister à ces représentations qu’elle boude. Les artistes allemands ne quittent l’Opéra que fin septembre 1918, non sans avoir détruit tous les décors et machineries de scène[3].

En quatre années d'occupation, une centaine de représentations auront eu lieu. La fin de la guerre permet une restauration de l'Opéra, qui ouvre ses portes de nouveau en 1923, pour sa « première française ».

En 1998, l'inspection des conditions de sécurité du bâtiment oblige la municipalité à fermer l'Opéra dans l'urgence, alors que la saison est en cours[4]. La remise en conformité s'accompagnera d'un projet plus ambitieux d'amélioration des conditions d'accueil du public et des hôtes artistiques. Le projet est alors confié aux architectes Patrice Neirinck et Pierre-Louis Carlier, avec l'aide du cabinet Peutz pour les études acoustiques et dUCKS scéno pour les conseils scénographiques.

Fin 2003, la réouverture anticipe de quelques mois l'événement Lille 2004 (capitale européenne de la culture).

Description[modifier | modifier le code]

D'un goût Louis XVI très orné , la façade de l'opéra de Lille correspond aux canons architecturaux de la belle époque en vogue depuis l'exposition universelle de 1900, le regain d’intérêt pour l'architecture française néoclassique à cette époque étant représenté entre autres par les façades du Grand et du Petit Palais. En pierre calcaire, très lumineuse, cette façade comporte trois travées, le premier étage étant percé de trois larges baies cintrées qui éclairent le grand foyer. Son décor a été entièrement conçu et dessiné par Louis Marie Cordonnier. L’attique reçoit un groupe sculpté d'une rare ampleur; réalisé par Hippolyte Lefèbvre, qui illustre la Glorification des Arts. Autour d'Apollon, Dieu des Arts, neuf muses représentent la poésie, la musique, la comédie, la tragédie et d'autres arts lyriques ou scientifiques. De part et d'autre des baies, deux reliefs représentent, à gauche, une allégorie de la musique, sous les traits d'une jeune femme tenant une lyre, sculptée par Alphonse-Amédée Cordonnier, à droite, la tragédie, figure féminine brandissant une épée, sculptée par Hector Lemaire.

Les escaliers.

Le vestibule donne directement sur l'escalier d'honneur encadré de deux autres escaliers qui mènent au parterre et aux galeries des étages. Décoré de deux statues, à droite, L'Idylle, réalisée par Jules Déchin, et à gauche, La Poésie, réalisée par Charles Caby, il conduit à un palier qui dessert la grande salle et deux volées de marches, perpendiculaires à l’axe central, qui dirigent vers le niveau des premières galeries et du grand foyer.

Le grand foyer.

Le grand foyer, qui occupe toute la longueur de la façade, comprend cinq baies vitrées, trois donnant sur la place du Théâtre et une à chaque extrémité. Il est orné d'un plafond peint par Georges_Picard_(peintre), de deux tableaux ovales du même auteur représentant la Musique et la Danse, de quatre grands groupes sculptés réalisés par Georges Armand Vérez et de deux sculptures, l'allégorie de la Paix, d'Edgar Boutry, et les Trois Grâces, de Gustave Crauk.

La salle à l'italienne, couverte d'une coupole, comprend six loges d'avant scène, une fosse à orchestre, un parterre et quatre galeries, pour un total de 1 138 places. Rouge et or, elle est abondamment décorée de sculptures réalisées par Edgar Boutry. Quatre groupes sculptés représentent la Danse, la Musique, la Tragédie et la Comédie. Des cariatides représentant les saisons encadrent les loges d'avant scène et la scène est coiffée d'une allégorie à la Glorification des Arts, surmontée de sa devise en latin : Ad alta per artes. La coupole est entourée de huit médaillons peints par Georges Dilly et Victor Lhomme.

La scène, de 18,40 mètres de long sur 28 mètres de large, précède les loges, les foyers des interprètes et les bureaux de l’administration. Au-dessous, l'opéra possède également un foyer de 200 places.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]