Gare d'Hirson

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Hirson
Image illustrative de l'article Gare d'Hirson
Localisation
Pays France
Commune Hirson
Adresse Place de la Gare
02500 Hirson
Coordonnées géographiques 49° 54′ 52″ nord, 4° 05′ 04″ est
Gestion et exploitation
Propriétaire SNCF
Exploitant SNCF
Services TER Hauts-de-France
Caractéristiques
Ligne(s) La Plaine à Hirson et Anor (frontière)
Fives à Hirson
Hirson à Amagne - Lucquy
Charleville-Mézières à Hirson (par Auvillers)
Busigny à Hirson
Voies 3
Quais 2
Transit annuel 127 969 voyageurs (2015)
Altitude 192 m
Historique
Mise en service 30 octobre 1869

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Hirson

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Hirson

La gare d'Hirson est une gare ferroviaire française de la ligne de La Plaine à Hirson et Anor (frontière), située sur le territoire de la commune d'Hirson dans le département de l'Aisne en région Hauts-de-France.

Elle est mise en service en 1869 par la Compagnie des chemins de fer du Nord. C'est une gare de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) desservie par des trains TER Hauts-de-France.

Situation ferroviaire[modifier | modifier le code]

Étoile ferroviaire d'Hirson

Établie à 192 m d'altitude, la gare d'Hirson est située au point kilométrique (PK) 196,490 de la ligne de La Plaine à Hirson et Anor (frontière), entre les gares ouvertes d'Origny-en-Thiérache et Hirson-Écoles.

Elle est également située au PK 122,597 de la ligne de Fives à Hirson, au PK 235,920 de l'ancienne ligne de Busigny à Hirson déclassée en totalité et au PK 197,977 de la ligne de Charleville-Mézières à Hirson (par Auvillers) déclassée entre Tournes et Hirson.

Enfin, elle est l'origine au PK 0,000 de la ligne d'Hirson à Amagne - Lucquy exploitée jusqu'à Liart et déclassée au-delà.

Histoire[modifier | modifier le code]

L’essor[modifier | modifier le code]

Le tronçon de Soissons à la frontière belge est concédé à titre éventuel par décret, à la Compagnie des chemins de fer du Nord, le . Il est déclaré d'utilité publique le [1] et concédé, avec un délai de réalisation fixé à huit ans. Il est réalisé sans subvention, mais avec les garanties d'intérêt et d'amortissement qui sont attachées au nouveau réseau. Les tronçons Laon – Vervins et Hirson – Anor ouvrent simultanément le [2], le même jour que le tronçon d'Aulnoye à Anor (33 km) ; les omnibus Vervins - Soissons effectuent le trajet en deux heures et quarante minutes en moyenne, temps variable selon la durée de l'arrêt à Laon.

Le tronçon de Vervins à Hirson ouvre le [3], mais uniquement pour le transport de troupes. Il ouvre finalement au public, le , mais d'importants travaux de reconstruction ne permettent son exploitation régulière que le [4]. Il faut alors h 30 pour rejoindre Soissons par omnibus, et h 30 pour relier Paris. Avec le doublement de la ligne de Paris en 1881, l’amélioration progressive des horaires et l’introduction de trains mixtes, Hirson et la bourgade voisine de Buire entre dans l’histoire ferroviaire.

À cette époque, Hirson, la citadine, compte moins de 5 000 habitants et Buire, la rurale, environ 325 habitants[5]. Avec la création et l’ouverture de différents tronçons[6], Hirson va très rapidement devenir une étoile ferroviaire, passant du statut de gare de passage à terminus. En 1869, intervient l'ouverture des sections d'Anor à Hirson, d'Hirson à Namur et d'Hirson à Charleville (par Auvillers-les-Forges). En 1870, la section de Vervins à Hirson est ouverte et, en 1885, celle de Busigny à Hirson et d'Hirson à Amagne-Rethel est mise en service.

Cabine d'aiguillage

De 1886 à 1890, le trafic augmente de 40 000 wagons par an[7]. En 1891, dix nouvelles voies et une halle à marchandises sont créées. L’accroissement de la capacité des wagons est porté à 20 tonnes[7] en 1898 favorisant le développement de la gare. En 1908, Henri Bourrillon, plus connu sous son pseudonyme de Pierre Hamp, écrivain français, devient sous-chef de gare d'Hirson[8]. Il dira : « Nous trouvions les hommes de l'Est pusillanimes, précautionnés, beaucoup plus raides que nous dans le service »[9]. En 1910, la ligne de Guise à Hirson est ouverte.

Ouvriers de l'atelier de réparation

La population est passée à 9 638 habitants pour Hirson et à 374 pour Buire[5]. En 50 ans, la population d’Hirson a été multipliée par trois. En 1913, la gare d’Hirson emploie aux alentours de 700 personnes (206 agents d’exploitation, 204 agents de traction, 250 agents d’entretien auxquels s'ajoutent les services généraux). Face à ce développement, le site n’est plus adapté et doit être agrandi mais la Première Guerre mondiale va être un frein à cette expansion. Après quatre années d'occupation allemande, le site est énormément endommagé. Seul, le chantier dit de « Batavia », créé en 1915 par les occupants, semble en bon état. Le reste est à reconstruire. L’activité redémarre en .

L'expansion de la gare est relancée avec de nouvelles installations, prêtes à accueillir plus d’une centaine de machines à vapeur : tour d’aiguillage de la Florentine, un dépôt, un toboggan, des parcs à charbon. L'année 1929 sera l’apothéose pour le trafic du pôle ferroviaire hirsonnais ; on compte 1 335[7] cheminots sur le site : 229 pour la traction des trains, 450 à l'entretien, 162 visiteurs, 304 à l'exploitation et 190 agents de train. Côté trafic, 10 500 000 tonnes d’échanges sont enregistrées et 3 000 wagons sont manœuvrés par jour. L’activité voyageurs est également vive avec 18 rapides et 33 omnibus. Quatre trains de messageries journaliers desservent la gare. Hirson devient la « seconde gare de France »[7].

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Le déclin[modifier | modifier le code]

En 1931, la population d’Hirson est de 11 400 habitants, celle de Buire de 1 230 (triplement en 20 ans). Les cités cheminotes Champs-Élysées et de Cité de Buire ont vu le jour. En 1932, la Compagnie des chemins de fer du Nord et la Compagnie des chemins de fer de l'Est décident de mettre en place des trains directs mettant fin au transit d’Hirson[10]. Le rôle de jonction d’Hirson entre les réseaux Nord et Est est donc remis en cause. Petit à petit, la gare cesse d'être un point de passage nécessaire pour procéder au transbordement et aux ruptures de charge. La moyenne de wagons manœuvrés quotidiennement passe de 2 900 en 1931 à 500 en 1932.

Mémorial des agents des chemins de fer, victimes des guerres de 1914-18 et de 1939-45 en gare d'Hirson.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la gare est victime des bombardements : près des trois-quarts des installations ferroviaires sont détruits. À la suite du conflit mondial, un dépôt est érigé ainsi qu'une rotonde de 34 places couvertes (voir ci-dessous). Une baisse des effectifs s'amorce ; le personnel procède à la déconstruction d'environ 250 machines à vapeur. Le dépôt de Buire ferme définitivement ses portes le 1er novembre 1969.

Jusqu'à décembre 2003, la gare est desservie par certains trains Corail directs Lille-Flandres – Strasbourg via Charleville et Metz. Ces trains sont supprimés en 2004.

En 2015, selon les estimations de la SNCF, la fréquentation annuelle de la gare est de 127 969 voyageurs[11].

Service des voyageurs[modifier | modifier le code]

Accueil[modifier | modifier le code]

Gare de la SNCF, elle dispose d'un bâtiment voyageurs, avec guichet, ouvert tous les jours. Elle est équipée d'automates pour l'achat de titres de transport[12].

Desserte[modifier | modifier le code]

Hirson est desservie[12] par plusieurs lignes TER Hauts-de-France dont elle est, pour la plupart, le terminus : celle vers Laon (avec h environ de trajet, puis correspondances pour Paris-Nord, Amiens, Reims…) et celle de la ligne Lille-Flandres – Valenciennes – Aulnoye-Aymeries – Hirson – Charleville-Mézières (mettant Lille à environ h, Valenciennes à h 15 min plusieurs fois par jour et Charleville-Mézières à 45 minutes un peu moins fréquemment).

Tour Florentine.

Les liaisons Hirson – Laon sont assurées par des autorails mono-caisse X 73500 d'Alstom Transport et des rames AGC de Bombardier Transport.

Intermodalité[modifier | modifier le code]

Un parking pour les véhicules y est aménagé[12]. En 2014, une passerelle avec des ascenseurs est construite.

Quais de la gare avec la passerelle et un ascenseur en mai 2015.

Patrimoine ferroviaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tour Florentine de Buire.

L'ancienne rotonde est de type P à 34 voies. Œuvre de l'architecte Paul Peirani et de l'ingénieur Bernard Lafaille, elle est construite en 1948 par l'entreprise K. Delagneau[13] en remplacement d’anciennes remises. Désaffectée, les voies déposées, elle a été restaurée pour être utilisée par des manifestations comme le Rotonde Festival[14].

À proximité se situe un ancien poste d'aiguillage portant le nom de Tour Florentine de Buire. Haute d'environ 50 mètres, elle est classée monument historique depuis 1995[15].

L'ancien dépôt de locomotives, d'une superficie d'environ 6 000 m2, est déclassé et laissé à l'abandon.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Décret Impérial n° 9560, bulletin des Lois N° 968, annales du Sénat et du Corps législatif, Volume 2, page 514
  2. Le courrier des chemins de fer du 7 septembre 1870, page 3.
  3. Le courrier des chemins de fer du 31 août 1870, page 6.
  4. Nouvelles annales de la construction : publication rapide et économique des documents les plus récents et les plus intéressants relatifs à la construction française et étrangère… 17e année, page 86, par C.-A. Oppermann.
  5. a et b Article wikipedia sur la ville d'Hirson
  6. Les chemins de fer en Thiérache de l’origine à 1914 : Projets, construction des lignes et mise en exploitation par Bernard Choquet de la Société archéologique et historique de Vervins et de la Thiérache.
  7. a, b, c et d Hirson, seconde gare de France...
  8. Les entreprises et leurs réseaux : hommes, capitaux, techniques et pouvoirs XIXe - XXe siècles de Michèle Merger et Dominique Barjo, page 408.
  9. Pierre Hamp, Il faut que vous naissiez de nouveau, NRF, Paris, 1935, pp. 232-233.
  10. « Hirson, une ville, une gare… », sur terascia.com, (consulté le 26 février 2017).
  11. « Fréquentation en gares – Hirson », sur SNCF Open Data, traitement du 10 février 2017 (onglet informations) (consulté le 26 février 2017).
  12. a, b et c « Services & Gares / Gare Hirson », sur http://www.ter.sncf.com/ (consulté le 1er novembre 2017).
  13. Inventaire de la Cité de l'architecture et du Patrimoine.
  14. Site crdp.ac-amiens.fr, Hirson : rénovation urbaine sur les anciennes emprises de la SNCF, vue aérienne (02) lire (consulté le 23 décembre 2011).
  15. « La Tour Florentine », notice no PA00116005, base Mérimée, ministère français de la Culture.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dossier Reconstruction de la gare d’Hirson avec améliorations de la gare et du dépôt d’Hirson (Côte 505LM77/5, dates extrêmes : 1945-1946, 1952-1953) issu des dossiers documentaires des débuts de la S.N.C.F. aux années 1980 incluses constitués par le secrétariat du Conseil d’Administration.
  • Paul Durand, La SNCF pendant la guerre, Presses universitaires de France, 1968.
  • Revue générale des chemins de fer, Volume 74.
  • M. Maréchal, « Étude détaillée sur l'évolution de la gare d'Hirson », dans la Revue Générale des Chemins de fer, août 1955.
  • Marcel Bouleau, Le rail à Hirson, 2011.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]


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