Jean-François Gravier

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Jean-François Gravier
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Jean-François Gravier, né le à Levallois-Perret et mort le [1], est un géographe français. Il est principalement connu pour son ouvrage Paris et le désert français, publié en 1947 et plusieurs fois réédité par la suite, qui a notamment inspiré la décentralisation industrielle de 1960, et plus largement les politiques d'aménagement du territoire français pendant plusieurs décennies.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean-François Gravier est élève aux lycées Janson-de-Sailly et Henri IV. Il est par la suite agrégé de géographie. Lorsqu'il est étudiant, il développe des idées royalistes[2].

Sous le régime de Vichy, il est enseignant à l'université de Belgrade (1940-41), puis chargé de mission au Secrétariat général de la jeunesse (1941-42), avant d'être directeur de l'École nationale des cadres civiques[Quand ?] de Mayet-de-Montagne et du centre de synthèse régionale de la Fondation Alexis Carrel. Il réfléchit notamment à la manière de délocaliser des unités et des populations industrielles vers les régions à revitaliser, préfigurant ainsi les politiques conduites par le Ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme (MRU) puis par la DATAR.

En 1942, il publie Régions et Nation, ouvrage dans lequel il exprime une philosophie communautaire rompant avec l’individualisme des Lumières, ainsi qu’une pensée décentralisatrice visant à « rétablir le citoyen » dans « la réalité communale, provinciale ou nationale ». Dénonçant la « centralisation stérilisante », il prône la décentralisation comme instrument des « renaissances provinciales et locales »[3]

Après la Seconde Guerre mondiale, il est embauché à l'administration du Commissariat général du plan.

La première édition du Désert est rédigée alors que Gravier dirige le Centre de synthèse régionale dans le département VI de bio-sociologie de François Perroux, dans la Fondation Alexis Carrel.[4].

Il collabore occasionnellement au Courrier français.

Paris et le désert français[modifier | modifier le code]

Rédigé pour la plus grande partie durant la guerre, l'ouvrage est terminé à la Libération et paraît en 1947. Son livre propose à la fois un bilan ainsi qu'un programme. Il y dresse d'abord un bilan de la centralisation administrative qui a selon lui contribué aux déséquilibres économiques et régionaux et aux migrations intérieures des hommes et des activités intellectuelles vers la capitale. Il propose alors de désavantager Paris et de rééquilibrer la politique d'aménagement au profit de la province en créant des conseils économiques régionaux et en construisant des lignes de chemin de fer transversales ainsi qu'en décentralisant davantage l'enseignement supérieur.

Le livre, que Bernard Marchand décrit comme « un pamphlet qui n'a rien de scientifique », inspirera, notamment à partir de sa seconde édition en 1958, la géographie et les politiques publiques d'aménagement du territoire en France jusque dans les années 2000[5].

En 2008, l'économiste Laurent Davezies s'oppose à cette analyse en distinguant géographie de la production et des revenus pour montrer que la région capitale produit plus qu'elle ne perçoit de revenus et contribue ainsi à redistribuer la richesse sur le territoire national au profit de régions moins avantagées[6].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Régions et nations, PUF, "Bibliothèque du peuple", 1942
  • Paris et le désert français, Le Portulan, 1947
  • La mise en valeur de la France, Le Portulan, 1949
  • Décentralisation et progrès technique, Le Portulan, 1954
  • Auvergne et Aquitaine, étude régionale d'emploi CECA, 1957
  • L'aménagement du territoire et l'avenir des régions françaises, Flammarion, 1964
  • La question régionale, Flammarion, 1970
  • Économie et organisation régionales, Masson & Cie, 1970
  • Paris et le désert Français en 1972, Flammarion, 1972
  • L'Espace Vital, Flammarion, 330 pages, 1984

Distinction[modifier | modifier le code]

  • Grand Prix d'histoire de l'Académie française et Grand Prix Gobert 1959 pour Paris et le désert français[7].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Drouard, Une inconnue des Sciences Sociales : la fondation Alexis Carrel (1941-45), Editions de la MSH, 1992.
  • Isabelle Provost, Paris et le désert français : histoire d'un mythe, Thèse de sociologie, Université d'Evry, 1999, 216 p
  • Bernard Marchand, « La haine de la ville : "Paris et le désert français" de Jean-François Gravier », in L'Information géographique, vol 65, 2001, pp 234-253
  • Laurent Davezies, La République et ses territoires, la circulation invisible des richesses, Seuil, 2008, 110 p.
  • Jean-Louis Andréani, « Rétrolecture 2/36 - 1947 : "Paris et le désert français" de Jean-François Gravier », Le Monde,
  • Bernard Marchand, Les ennemis de Paris, Presses de l'Université de Rennes, 2009, 397 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fiche Who's Who.
  2. Vincent Adoumié (dir.), Les régions françaises, Hachette, 2010 p. 31
  3. Jean-Félix de Bujadoux, Les réformes territoriales, PUF, (ISBN 9782130732983)
  4. Drouard, A (1992) Une inconnue des sciences sociales : la fondation Alexis Carrel (1941-45), Éditions de la MSH
  5. Bernard Marchand, La haine de la ville : « Paris et le désert français » de Jean-François Gravier, L'Information Géographique, Année 2001, 65-3, pp. 234-253
  6. Laurent Davezies, La République et ses territoires : la circulation invisible des richesses, Seuil. La République des idées.,
  7. Jean-Louis Andreani, "Paris et le désert français", lemonde.fr, 15 juillet 2008