Jacques Chaban-Delmas

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Jacques Chaban-Delmas
Illustration.
Jacques Chaban-Delmas en 1969.
Fonctions
Président de l'Assemblée nationale

(2 ans, 2 mois et 10 jours)
Législature VIIIe
Prédécesseur Louis Mermaz
Successeur Laurent Fabius

(3 ans, 1 mois et 18 jours)
Législature VIe
Prédécesseur Edgar Faure
Successeur Louis Mermaz

(10 ans, 6 mois et 11 jours)
Législature Ire, IIe, IIIe et IVe
Prédécesseur André Le Troquer
(IVe République)
Successeur Achille Peretti
Premier ministre français

(3 ans et 15 jours)
Président Georges Pompidou
Gouvernement Jacques Chaban-Delmas
Législature IVe
Coalition UDRFNRICDP
Prédécesseur Maurice Couve de Murville
Successeur Pierre Messmer
Député

(24 ans et 19 jours)
Élection
Réélection



Circonscription 2e de la Gironde (1973-1986)
Gironde (1986-1988)
2e de la Gironde (1988-1997)
Législature Ve, VIe, VIIe, VIIIe, IXe et Xe
Groupe politique UDR (1973-1976)
RPR (1976-1997)
Prédécesseur Jacques Valade
Successeur Alain Juppé

(10 ans, 7 mois et 11 jours)
Élection
Réélection

Circonscription 2e de la Gironde
Législature Ire, IIe, IIIe et IVe
Groupe politique UNR
UNR-UDT
UD-Ve
UDR
Prédécesseur IVe République
Successeur Jacques Chabrat
Ministre de la Défense nationale
et des Forces armées

(6 mois et 8 jours)
Président René Coty (IVe République)
Gouvernement Félix Gaillard
Prédécesseur André Morice
Successeur Pierre de Chevigné
Ministre d'État

(1 an, 3 mois et 23 jours)
Président René Coty
Gouvernement Guy Mollet
Ministre des Travaux publics, des Transports et du Tourisme

(5 mois et 2 jours)
Président René Coty
Gouvernement Pierre Mendès France
Prédécesseur Maurice Bourgès-Maunoury
Successeur Édouard Corniglion-Molinier

(1 mois et 26 jours)
Président René Coty
Gouvernement Pierre Mendès France
Prédécesseur Jacques Chastellain
Successeur Maurice Bourgès-Maunoury
Maire de Bordeaux

(47 ans et 8 mois)
Prédécesseur Jean-Fernand Audeguil
Successeur Alain Juppé
Député

(12 ans et 7 jours)
Élection
Réélection
Circonscription Gironde
Législature Ire, IIe et IIIe (IVe République)
Groupe politique Radical-socialiste
RPF
RS
Biographie
Nom de naissance Jacques Michel Pierre Delmas
Surnom Chaban
Date de naissance
Lieu de naissance Paris 13e (France)
Date de décès (à 85 ans)
Lieu de décès Paris 7e (France)
Sépulture Ascain, France
Nationalité Française
Parti politique Rad (1940-1947)
RPF (1947-1955)
RS (1955-1958)
UNR (1958-1968)
UDR (1968-1976)
RPR (1976-1995)
Diplômé de Faculté de droit de l'université de Paris
École libre des sciences politiques
École spéciale militaire de Saint-Cyr
Profession Journaliste
Inspecteur des finances
Général de brigade
Religion Catholicisme

Signature de Jacques Chaban-Delmas

Armoiries république française.svg Coat of arms of Bordeaux, France.svg
Premiers ministres français
Président de l'Assemblée nationale française
Ministre français de la Défense
Ministre français des Travaux publics
Maires de Bordeaux

Jacques Chaban-Delmas, souvent surnommé « Chaban », né Jacques Delmas[a] le à Paris 13e et mort le à Paris 7e, est un résistant, général de brigade et homme d'État français.

Considéré comme l’un des « barons du gaullisme », il est notamment maire de Bordeaux de 1947 à 1995, ministre sous la IVe République et président de l’Assemblée nationale à trois reprises entre 1958 et 1988.

Premier ministre de 1969 à 1972, sous la présidence de Georges Pompidou, il préconise une Nouvelle société, d'inspiration centriste et sociale. Il se présente sans succès à l’élection présidentielle de 1974.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Fils de l'ingénieur Pierre Delmas (1887-1980) et de Georgette Barrouin (1895-1985)[1], professeur de musique à Bordeaux, il naît au 76 boulevard de l’Hôpital à Paris. Ses parents se séparent en 1927 et sa mère se remarie en 1928 avec Maurice Legendre, pilote de chasse pendant la Première Guerre mondiale, devenu marchand de meubles[2].

Élève médiocre au lycée Lakanal, à Sceaux, il y découvre le rugby et sa tradition éducative. Puis il étudie à la faculté de droit de Paris et est diplômé de l'École libre des sciences politiques (Sciences Po), licencié en droit et diplômé d'études supérieures d'économie politique et de droit public en 1937 avec Michel Debré et Jean-Marcel Jeanneney[3]. En 1933, il entre en tant que journaliste financier au quotidien L'Information économique et financière.

En 1938-1939, pour son service militaire au 37e régiment d'infanterie de Bitche en Moselle, il fait les EOR, est reçu premier et sort major de la promotion du maréchal Joffre à Saint-Cyr en . Au moment de la défaite de , il est sous-lieutenant au 75e bataillon alpin de forteresse dans le massif de l'Authion au nord de Nice[4].

Vichy et la Résistance[modifier | modifier le code]

Il a 25 ans en .Démobilisé le 3 août 1940, il ne parvint pas à gagner Londres[5]. Ne supportant pas l'humiliation de la défaite , il passe en zone libre, où il rencontre le colonel Groussard qui le met en contact avec le réseau de résistance Hector organisation de résistance du Nord de la France commandée par le colonel Alfred Heurtaux en [6], d’abord sous le nom de Lakanal, en souvenir de son lycée à Sceaux[5]. Il se lie avec Maurice Bourgès-Maunoury, Henri Sacquet et Félix Gaillard. De 1941 à 1942, il travaille comme contractuel, puis en préparant et en réussissant en mars 1943 le concours de l’Inspection des finances[5], au cabinet du secrétariat d'État à la Production industrielle, dirigé par Pierre Pucheu puis par François Lehideux sous Darlan, puis Jean Bichelonne, dans le deuxième gouvernement de Pierre Laval, dont les services parisiens étaient installés dans un hôtel particulier du XVIIIe siècle, rue de Grenelle dans le 7e arrondissement parisien.A la fin 1942, après la chute du réseau due à des arrestations, il entre directement en contact avec les représentants de Londres et se livre à un travail de renseignement dans les services du Ministère de l'Industrie.il poursuit son activité de renseignement avec l'Organisation civile et militaire (OCM) qui a succédé à Hector en fusionnant avec d'autres organismes résistants[7].Comme haut fonctionnaire, il est sous les ordres de l'inspecteur des Finances Raymond Panié[8], qui sait [réf. nécessaire] que, sous le pseudonyme de Chaban — ce nom de résistant choisi en , un an avant la Libération, a pour origine un écriteau indiquant le château de Chaban[9],[10] —, il fournit des renseignements économiques à la France libre. Chaban représente le chef du service des relations extérieures aux conférences qui réunissent les représentants des services responsables de l'économie en zone occupée. Jacques Delmas / Chaban est également l'un des trois membres du COFI, le Comité financier de la Résistance créé par Jacques Bingen, à avoir une délégation de signature pour l'émission de créances[11],[12].

Général de brigade[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative de la libération de Paris

En octobre 1943, il entre à la Délégation militaire du Comité français de la Libération nationale (CFLN) et fait fonction d'adjoint au délégué militaire national, le commandant Louis Mangin.En mai 1944, les responsabilités de Jacques Chaban-Delmas dans la Résistance étaient stratégiques : « Chaban-Delmas se tenait au centre de tout. Perspicace et habile, ayant seul les moyens de communiquer avec l’extérieur, il contrôlait les propositions et, moyennant de longues et rudes palabres, contiendrait les impulsion du CNR et des comités » écrivait De Gaulle dans ses "Mémoires de guerre". En effet, responsable de la coordination militaire sur tout le territoire, il était le lien entre les FFI et le Haut commandement interallié auprès de Pierre Koenig et de veiller à leur application. Interlocuteur du Comité d'action (COMAC) institué par le Conseil national de la Résistance (CNR), il s'efforce de préparer la participation des forces paramilitaires de la Résistance à la libération du territoire.[5]. En , il est nommé délégué militaire national par Socrate (Lazare Rachline/Lucien Rachet), envoyé personnel du général de Gaulle. Devant peser dans les négociations, Socrate le recommande — alors qu'il n'est que lieutenant — au grade de général de brigade au général de Gaulle et au Gouvernement provisoire, qui entérinent. Il est le plus jeune général nommé depuis François Séverin Marceau, général à 24 ans à la Révolution, même s'il ne commande aucune troupe. il quitte Paris pour Londres le 25 juillet 1944 afin de rendre compte au Commandement allié des possibilités militaires de la Résistance. Avec le soutien d'Alexandre Parodi, délégué général, il s'oppose à la stratégie insurrectionnelle du COMAC. Il demande instamment que le plan d'opérations qui prévoyait la chute de Paris soit modifié de manière à éviter à la capitale destructions et massacres inutiles. Il repart de Londres le 13 août 1944 nanti des ordres du général Koenig. Amené au Mans par les Américains le 14 août, il arrive à Paris le 16 à bicyclette. Il agit pendant l'insurrection parisienne de façon à permettre à la Résistance d'exercer une action d'un grand retentissement, tout en prévenant tout débordement de violence. Il accueille le général Leclerc à Arpajon le 24 août 1944 et entre avec lui dans Paris[13].

Le 25 août 1944, il accompagna donc Leclerc à la Libération de Paris et rencontra pour la première fois De Gaulle à la gare Montparnasse à seize heures quinze. Chaban-Delmas raconta cet instant émouvant de sa vie : « Je n’avais jamais vu De Gaulle… On est à la gare Montparnasse, état-major de campagne de Leclerc. Tout d’un coup, un gars arrive de derrière les guichets : "Le Général De Gaulle !" (…). À ce moment, le Général me toise de haut en bas. Un silence se fait ; ça dure des secondes, autant dire une éternité… Je vois alors passer dans le regard du Général une succession de sentiments. D’abord, la surprise. Et puis, la prise de conscience et la rogne, la colère. Comment a-t-on pu faire nommer, promouvoir ce gamin ? Et puis, un attendrissement extraordinaire, au point que son regard s’est embué. Il s’était bien passé dix secondes. Alors, il m’a tendu la main, a pris la mienne et l’a gardée longtemps dans la sienne. Et il m’a dit : "C’est bien, Chaban !". Moi, j’étais récompensé. »[5]. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur et compagnon de la Libération.

Il est l'un des quatre généraux de brigade FFI, avec Pierre de Bénouville (1914-2001), Maurice Chevance-Bertin (1910-1996) et Alfred Malleret-Joinville (1911-1960). Un « Additif à l'annuaire des officiers généraux de 1946 », daté du 11 juin 1946, précise : « Ces officiers ont reçu le titre de général de brigade en raison de leurs fonctions dans la Résistance et pour la durée de leur mission. Ce titre a été transformé en celui de général honoraire après la libération de la France[14] ».

En novembre 1944, il est nommé par le ministre de la Guerre, André Diethelm, à son cabinet pour une mission d’inspection de l’armée (chef de l’Inspection générale de l’armée), puis est affecté en tant qu’inspecteur des finances dans le civil en août 1945, nommé secrétaire général du Ministère de l’Information (auprès de Jacques Soustelle puis d’André Malraux). Fonctionnaire « insoumis », il quitte le ministère début 1946, en désaccord avec la politique sur la presse sous l’Occupation et démissionne[5].

Officier général francais 2 etoiles.svg Jacques Chaban-Delmas
Jacques Chaban-Delmas
Le général de brigade Chaban-Delmas

Origine Drapeau de la France France
Arme Armée de terre
Grade Général de brigade
Années de service 19381945
Commandement Délégué militaire national
Distinctions Commandeur de l'ordre national de la Légion d'honneur
Compagnon de la Libération
Croix de guerre 1939-1945
Médaille de la Résistance française

Débuts en politique[modifier | modifier le code]

Il choisit d’entrer en politique à Bordeaux, comme « parachuté ».

Bordeaux avait beaucoup subi la collaboration sous l’Occupation et ses habitants étaient heureux d’élire un jeune général résistant. Son ami résistant Maurice Bourgès-Maunoury, radical et futur président du Conseil, est nommé commissaire de la République à Bordeaux en 1945.

Jacques Chaban-Delmas se fait élire pour la première fois député de Bordeaux le 10 novembre 1946 sous l’étiquette radicale avec le soutien de De Gaulle et d'Herriot. Le 17 juin 1951, il réussit à préserver la double étiquette radicale (RGR) et gaulliste (RPF) en gagnant contre Henri Teitgen (MRP), père de Pierre-Henri Teitgen, ministre MRP de 1944 à 1950, mais les partis refusant la double appartenance, il a dû choisir le camp gaulliste au même titre que beaucoup d’élus MRP issus de la Résistance (dont Maurice Schumann et Edmond Michelet) ont dû choisir le gaullisme [5].A la suite du second discours de Bayeux du 16 juin 1946, il fonde le 20 juin 1946 avec René Capitant, Louis Vallon et Pierre Clostermann l'Union Gaulliste pour la IVème République qui fusionne dès le , dans le RPF, qui se constitue autour du général de Gaulle et dont il devient une des figures. Après l'échec du RPF, il fonde et dirige, de 1954 à 1958, un autre mouvement gaulliste, le Centre national des républicains sociaux, dont la stratégie est de combattre le « système » de l’intérieur[15].

Sous la IVe République, Jacques Chaban-Delmas est favorable au retour au pouvoir de De Gaulle et partisan d’une révision constitutionnelle (notamment dans une intervention le 28 octobre 1947), il a toutefois soutenu le gouvernement de Georges Bidault (MRP) le 27 octobre 1949 puis participé aux responsabilités gouvernementales. Le 23 juin 1948, Jacques Chaban-Delmas conteste l’intrusion de la politique dans la gestion des affaires publiques à l’occasion de la discussion sur le statut de la SNCEMA (futur Safran). Il s’oppose à la ratification de la CECA le 13 décembre 1951 et à la manière de construire l’Europe (il aurait préféré des négociations globales) mais le 27 novembre 1953, il parvient à ne pas renverser le gouvernement de Joseph Laniel malgré l’opposition de son groupe à la CED. Son groupe est celui des républicains sociaux (Union républicaine d’action sociale), qu’il préside de 1953 à 1958 et qui regroupe les députés issus du RPF[5].

Européen convaincu, Jacques Chaban-Delmas, milita pour la création de la Conférence européenne des pouvoirs locaux, aujourd'hui Congrès des pouvoirs locaux et régionaux de l'Europe (CPLRE), organe de représentation des collectivités locales et régionales et en fut président du au . Le Congrès devenait alors l'une des institutions du Conseil de l'Europe. Il est plusieurs fois ministre sous la Quatrième République. Ministre des Travaux publics, des Transports et du Tourisme sous Pierre Mendès France, Jacques Chaban-Delmas démissionne le , en compagnie du général Koenig et de Maurice Lemaire. La raison de leur démission trouve son explication dans les conclusions arrêtées par le gouvernement Mendès France concernant le « compromis » dessiné par ce dernier à propos du traité de la Communauté européenne de défense (CED). Ils font savoir, par ce geste, qu'il leur est impossible de s'associer à ces conclusions[16]. Le 13 octobre 1955, il précipite la chute du gouvernement d’Edgar Faure (radical) sur la question algérienne, voulant une intégration des populations musulmanes dans la communauté nationale. Cet événement entraîne la dissolution de l’Assemblée nationale et la constitution d’un « Front républicain » auquel participent Pierre Mendès France, François Mitterrand et Jacques Chaban-Delmas[5].

Il est également ministre d’État du gouvernement Guy Mollet puis ministre de la Défense nationale et des Forces armées du gouvernement Félix Gaillard. À ce titre, il inaugure le Centre d'instruction à la pacification et à la contre-guérilla de Philippeville, dans le Constantinois (Algérie), le  ; il en confie la direction au colonel Marcel Bigeard[17]. En tant que ministre de la Défense, il fait partie du lobby qui pousse le CEA, sous la direction de Francis Perrin, à fabriquer une bombe atomique, en profitant des faiblesses du régime de la Quatrième République. Pourtant partisan du retour au pouvoir de De Gaulle, Jacques Chaban-Delmas n’est pas ministre dans le dernier gouvernement de la IVe République dirigé par de Gaulle. Il crée et organise l’un des mouvements politiques à l’origine de la future UNR[5].

Chaban-Delmas définit ainsi sa position sous la IVe République : « J’accompagnai de Gaulle dans sa traversée du désert et j’étais un marginal engagé dans les structures de la IVe République […] un des acteurs du mouvement gaulliste et […] un participant aux délices et aux poisons d’un système que le Général dénonçait »[18].

Maire de Bordeaux[modifier | modifier le code]

Jacques Chaban-Delmas en 1956

Maire de Bordeaux durant 48 ans, Jacques Chaban-Delmas mène plusieurs projets pour la ville.

En 1955, la municipalité décide la rénovation totale du quartier de Mériadeck. Le projet prévoit la construction d'immeubles « barres » typiques de ces années. En 1963, la rénovation devient restructuration et le quartier Mériadeck est finalement le quartier d'affaires de Bordeaux avec des bâtiments modernes commerciaux et administratifs, ainsi que des équipements sportifs (patinoire…). De nombreuses administrations et services sont regroupés dans ces grands bâtiments, dont la hauteur a finalement été limitée, construits autour d'un jardin central. De plus, la circulation automobile et celle des piétons ont été séparées par la construction d'une dalle, l'actuelle esplanade Charles-de-Gaulle.

En , la municipalité bordelaise se rend propriétaire d’un vaste espace inondable au nord de Bordeaux de 1 000 hectares à aménager pour favoriser le rééquilibrage de la ville au nord. Le marais est asséché et un lac artificiel de 160 hectares est construit. Il s’agit du Bordeaux-Lac.

Le Grand Parc est un quartier d’urbanisation qui s’inscrit dans la politique de construction de grands ensembles menée en France après la guerre. Plus localement, il participe au projet d’extension de la ville de Bordeaux sur les terrains marécageux du Nord (assèchement des terrains marécageux). Les plans de la ville prévoient la construction d'une cité HLM de 4 000 logements. Les travaux entrepris en 1959 par la Société bordelaise d’urbanisme et de construction et l’office d’HLM Aquitanis aboutissent en 1975. La cité accueille des rapatriés d’Algérie, des habitants de Mériadeck dont la restructuration est en cours et des fonctionnaires mutés. Les 4 000 logements de « la cité du Grand Parc » s’organisent autour d’une grande zone de verdure centrale qui accueille la majorité des équipements associés.

Jacques Chaban-Delmas est également l'un des principaux moteurs politiques qui conduisent à la construction et à l'inauguration en 1963 du campus de Bordeaux de l'école d'ingénieurs Arts et Métiers ParisTech. Il s'agit du premier établissement de cette école ouvert après celui de Paris (1912). Depuis lors, Jacques Chaban-Delmas est membre d'honneur, d'abord à vie, puis à titre posthume, de la société des ingénieurs Arts et Métiers[19].

Au milieu du XXe siècle, l’université de Bordeaux (et les universités françaises en général) voit ses effectifs augmenter fortement. Les locaux situés en centre-ville deviennent trop petits et la plupart des facultés déménagent vers un nouveau campus : le domaine universitaire de Talence Pessac Gradignan (sciences en 1960, droit en 1966-67, lettres en 1971)[20].

Le , en compagnie du président de la SNCF Philippe Essig et du directeur régional Marc Cauty, Jacques Chaban-Delmas inaugure les nouvelles installations modernisées de la gare de Bordeaux-Saint-Jean, devant permettre l'accueil du futur TGV Atlantique[21].

Première présidence de l'Assemblée nationale[modifier | modifier le code]

Jacques Chaban-Delmas et Levi Eshkol en 1964
Jacques Chaban-Delmas avec le président de la chambre des députés italien Brunetto Bucciarelli-Ducci en 1965

Jacques Chaban-Delmas est élu président de l'Assemblée nationale le , devenant ainsi le premier président de la chambre basse de la Ve République. Il est réélu en 1962, 1967 et 1968.

Deux jours après son élection à la présidence de la chambre basse, il prononce une allocation dans laquelle il déclare vouloir préserver le lien entre la représentation nationale et le peuple : « L’Assemblée dans son ensemble, comme chacun de vous, mes chers collègues, en particulier, devra veiller à conserver le contact avec les réalités nationales, régionales et locales et faire percevoir clairement l’accomplissement de sa mission, en un mot, obtenir et conserver l’estime de l’opinion publique sans laquelle le régime parlementaire, et, avec lui, la Ve République, seraient assurément promis à leur perte. À cet égard et sans que les partis politiques aient à disparaître, car ils ont à jouer un rôle nécessaire mais sans rapport avec le précédent, rien ne doit rappeler le trop fameux « régime des partis » et nous devons être les premiers à en fournir la preuve. De nombreux sujets essentiels sont, en effet, à placer au-dessus des rivalités et des querelles tant de partis que de personnes et les autres sujets doivent voir s’établir entre la majorité et l’opposition des rapports constructifs échappant aux délimitations trop rigides et stériles. »[réf. nécessaire]

En 1967, il modifie le règlement de l’Assemblée nationale pour donner aux présidents des groupes politiques un rôle primordial dans la définition de l’ordre du jour. Par ailleurs, en 1969, il souhaite que chaque député puisse bénéficier d’un bureau personnel : ce projet est finalisé en 1974, après l’acquisition du bâtiment du 101 rue de l’Université[5].

Dans L’Ardeur (1975), il explique ainsi ses prérogatives : « Le fauteuil du président est un tonneau de vigie, d’où l’on peut voir se lever les tempêtes […]. Au perchoir, je suis absorbé par la nécessité d’anticiper l’événement. Il faut sentir ce qui va se passer. Cela suppose une bonne connaissance des dossiers et des hommes. »

Enfin, à partir de 1959, Jacques Chaban-Delmas, théorise la notion de « domaine réservé », selon laquelle, dans certains domaines (défense, politique étrangère), le président de la République a la possibilité de travailler directement avec les ministres, échappant de fait au contrôle gouvernemental[22].

Premier ministre[modifier | modifier le code]

Le , il est nommé Premier ministre par Georges Pompidou, élu nouveau président de la République.Avec Chaban-Delmas, c’est l’ouverture dans la continuité et, pour Georges Pompidou, il s’agit à la fois de la caution des gaullistes historiques – les "gaullistes de guerre" et d’une certaine ouverture à gauche. En effet, Chaban-Delmas ne veut pas être dans un "camp". Le cabinet du Premier ministre accueille le mendésiste Simon Nora, Jacques Delors, chargé des questions sociales, et Ernest-Antoine Seillière . Le Premier ministre a une excellente connaissance du milieu parlementaire et le souci de la préservation des droits du Parlement afin d’équilibrer la République gaullienne. Si les barons du gaullisme siègent en force au gouvernement, celui-ci comprend également des centristes ralliés et une vingtaine de secrétaires d’Etat nommés à la demande du président pour assurer la relève (ainsi de Jacques Chirac, en charge du Budget). [23].

Jacques Chaban-Delmas entouré des chefs de gouvernements et des ministres européens lors du sommet de la CEE à La Haye le .
Jacques Chaban-Delmas avec Willy Brandt à Paris en 1971

Il propose une « Nouvelle société », qui affiche d’abord son souci du trop faible degré d’industrialisation de la France et de sa trop grande tendance à l’inflation. Le tableau dressé est celui d’une société « bloquée » et d’un « État tentaculaire et inefficace » qui a « peu à peu mis en tutelle la société française tout entière ». Cette situation est due selon Chaban-Delmas à la rencontre entre l’État-providence d’après-guerre et la « vieille tradition colbertiste et jacobine, faisant de l'État une nouvelle providence ». Or, cette route n’aurait pas abouti à l’harmonie sociale (« Nous sommes encore un pays de castes. Des écarts excessifs de revenus, une mobilité sociale insuffisante, maintiennent des cloisons anachroniques entre les groupes sociaux »).

Ainsi, il propose d’augmenter deux fois plus vite les dépenses pour l’éducation nationale que pour les autres ministères, de développer l’enseignement technique, de rendre autonomes les universités et l’ORTF, de décentraliser le pouvoir au bénéfice des collectivités locales, de moderniser et rationaliser les administrations, d’assurer une politique de grands travaux aménageant le territoire, d’instaurer un dialogue constant avec les syndicats. Sur le plan social, les lois de l’ère Chaban-Delmas visent à substituer une organisation « contractuelle » à une situation « conflictuelle ». Parmi ses grandes réformes figure la mensualisation des salaires pour tous, qui met fin à la distinction entre les employés payés au mois et les ouvriers payés à l’heure ou au rendement. Le SMIC remplace le SMIG. Le Premier ministre fait également voter la loi du 16 juillet 1971 garantissant à tout salarié l’accès à la formation, assorti d’un droit au congé-formation. La réforme de la loi de 1950 sur les conventions collectives, menée par le ministre du Travail Joseph Fontanet, ouvre des possibilités nouvelles en matière sociale.

Jacques Chaban-Delmas fait voter, en 1970, une loi qui institue l'autorité parentale partagée entre le père et la mère (auparavant seule l'autorité paternelle était reconnue).Malgré cet activisme, la prééminence présidentielle reste entière : Georges Pompidou, Premier ministre pendant six ans, a une parfaite connaissance des dossiers de la France. La prééminence du président reste totale dans les domaines des Affaires étrangères et de la Défense. La formule de "domaine réservé" s’applique bien mal au couple Chaban-Delmas/Pompidou, le président se passionnant également pour la politique économique et industrielle de la France ou sa politique culturelle. Ainsi, des conseils restreints se tiennent souvent à l’Elysée, et sur des domaines étendus et variés.Les divergences entre le Premier ministre et le président – soutenu par la majorité des députés de l’UDR - s’accumulent. Une partie des députés UDR craint de voir l’électorat conservateur s’éloigner d’eux. En 1972, Chaban-Delmas est invité à démissionner par le président de la République, en délicatesse avec la thématique de la nouvelle société, et en désaccord courtois sur la nature de l’équilibre des pouvoirs entre les deux têtes de l’exécutif[23].

Il est aussi visé par une campagne de presse virulente (au sujet de sa feuille d'impôt par exemple). Georges Pompidou aurait pris la décision de le remplacer à la tête du gouvernement sur les conseils de Marie-France Garaud et Pierre Juillet, adversaires acharnés de la Nouvelle société qui jouaient un rôle majeur d'éminence grise auprès du président de la République. Dans ses lettres personnelles, Georges Pompidou lui reproche de peu travailler, de « [mourir] de peur d’être classé à droite » et de vouloir « plaire à tout le monde »[24].Il négocie pour la France l'accord de Bâle du 10 avril 1972 qui crée le Serpent monétaire européen.En 1973 il est candidat à la présidence de l'Assemblée face à Edgar Faure qui l'emporte grâce au soutien de l'Élysée[25].

Campagne présidentielle de 1974[modifier | modifier le code]

Jacques Chaban-Delmas en mars 1974.

Après la mort de Georges Pompidou le , Jacques Chaban-Delmas se porte candidat à l’élection présidentielle de 1974. Son slogan de campagne (« Chaban pour la France, il l'a déjà prouvé ») met l'accent sur sa carrière résistante. Il fait alors figure de favori[26].

Cependant, avant et pendant la campagne, il accumule les maladresses. Prévenu qu'un autre candidat de la majorité pourrait se déclarer à sa place, il officialise sa candidature dès le , alors que l'hommage de l'Assemblée nationale au président défunt n'est même pas terminé ; une partie de l'opinion juge le geste inélégant envers l'ancien président. Par ailleurs, sa feuille d'impôts, publiée par Le Canard enchaîné le , révèle qu'il ne paie que 16 808 francs d'impôts pour des revenus déclarés de 250 000 francs ; en effet, l'indemnité parlementaire est alors quasiment nette d'impôts : les revenus de son mandat de maire et de président du conseil général sont exonérés et l'avoir fiscal créé en 1965 correspond à ce qui lui resterait à payer pour ses autres revenus. De plus, l'inculpation des frères Dega le déstabilise : Édouard Dega, inspecteur des impôts, est accusé de favoriser la fraude fiscale de riches contribuables, conseillé par son frère Georges Dega, membre du cabinet de Chaban-Delmas lorsqu'il était président de l'Assemblée nationale et conseiller fiscal personnel de l'homme politique[27]. En outre, sa deuxième femme, Marie-Antoinette Iôn[28], est morte lors d'un accident automobile le  ; il se remarie avec Micheline Chavelet un an après, le  ; une rumeur se propage sur les causes de l'accident, notamment du fait d'une campagne dans la presse à scandales contre lui.

Lâché par trente-neuf parlementaires et quatre ministres de l'UDR, dont Jacques Chirac, qui soutiennent la candidature de Valéry Giscard d'Estaing dans l'« appel des 43 », soutenu froidement par le Premier ministre Pierre Messmer, affaibli par quelques maladresses (en particulier des retournements de position d'André Malraux, qui le soutient, sur un éventuel remplacement du livre par l'audiovisuel à l'école), il voit rapidement ses chances s'effondrer dans les sondages pendant la campagne du premier tour. Françoise Giroud, qui soutient François Mitterrand, dédaigne de l'attaquer et lui réserve ce mot : « On ne tire pas sur une ambulance[29] ».

Au premier tour, avec 15,1 % de suffrages, il arrive en troisième position, largement distancé par Valéry Giscard d'Estaing (32,6 %) et François Mitterrand (43,2 %). En vue du second tour, il apporte au candidat de centre droit son « soutien conditionnel » contre François Mitterrand. Cette défaite entraîne la naissance du néologisme « se faire chabaniser ».

Retour à la présidence de l'Assemblée nationale[modifier | modifier le code]

Jacques Chaban-Delmas et Dominique Baudis en 1985.
Jacques Chaban-Delmas dans les années 1980.

En 1978, un renversement d'alliances et l'appui du président Giscard d'Estaing lui permet de récupérer le « perchoir », c'est-à-dire la présidence de l'Assemblée nationale, en évinçant Edgar Faure qui l'occupait depuis 1973 et qui avait l'appui du président du RPR, Jacques Chirac, à l'époque très influencé par le tandem Garaud-Juillet. Le Canard enchaîné montre dans une caricature une ambulance stationnant au pied du « perchoir ». En , il se voit confier une mission de renforcement des liens entre Moscou et Paris. Se trouvant à Moscou alors qu'Andreï Sakharov est assigné à résidence, il quitte l'URSS précipitamment afin de signifier le désaccord de la France. Il soutient Michel Debré à l'élection présidentielle de 1981[30]. Dans une allocution de fin de session (qui serait aussi celle de fin de législature), le 17 décembre 1980, Jacques Chaban-Delmas insiste encore sur l’importance des parlementaires : « Il faut que le Parlement redevienne le centre du débat national […], que notre assemblée ne devienne pas une chambre d’enregistrement, ainsi que j’en formulais le vœu il y a près de vingt ans ici même. »[5].

Après les élections législatives de , Chaban-Delmas fait partie des favoris pour devenir Premier ministre du premier gouvernement de cohabitation, tout comme Simone Veil ou encore Valéry Giscard d'Estaing et Jacques Chirac. Finalement, ce dernier est nommé chef du gouvernement par le président de la République, François Mitterrand. En revanche, le , un accord avec Jacques Chirac lui permettra de regagner facilement la présidence de l'Assemblée nationale[31].

Bien qu’ayant désavoué l’alliance RPR-Front national aux élections municipales de 1983 à Dreux, il est réélu à la présidence du conseil régional d'Aquitaine grâce aux voix du Front national à la suite des élections régionales de 1986[32],[33],[34]. Il affirme ne pas avoir mené de négociations avec le FN et que chaque élu est libre de voter comme il l’entend[35].

Après les législatives de 1988, il est le candidat des députés de droite à la présidence de l'Assemblée, mais, avec 268 voix contre 301, il doit céder le perchoir à l'ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius. En , il est à nouveau candidat des députés de droite pour la présidence de l'Assemblée face au socialiste Henri Emmanuelli, qui l'emporte pour succéder à Laurent Fabius, devenu premier secrétaire du PS[36].

Retrait de la vie politique[modifier | modifier le code]

En 1995, à l'âge de 80 ans, Chaban-Delmas décide de ne pas se représenter à la mairie de Bordeaux et soutient alors le candidat RPR, et tout nouveau Premier ministre, Alain Juppé, qui lui succède. À partir de là, il se retire progressivement de la vie politique. Il soutient Jacques Chirac à l'élection présidentielle de 1995 le [37].

Le , sur proposition du président Philippe Séguin, il est élu président d'honneur de l'Assemblée nationale par l'acclamation de tous les députés réunis dans l'hémicycle, à l'occasion d'un hommage solennel rendu aux cinquante ans de sa vie parlementaire.

Mort et hommages[modifier | modifier le code]

Statue de Jacques Chaban-Delmas sur la place Pey Berland, à Bordeaux.
Tombe de Jacques Chaban-Delmas au cimetière d'Ascain.

Le , alors âgé de 85 ans, il meurt d'une crise cardiaque à son domicile parisien du 1 rue de Lille. L'Assemblée nationale, qui avait fait de lui son président d'honneur, observa, le lundi matin suivant le décès, une minute de silence en hommage à son ancien président. Un hommage national a lieu aux Invalides, en présence du président de la République Jacques Chirac et de nombreuses personnalités politiques de droite et de gauche[38]. L'ancien Premier ministre est inhumé à Ascain, dans les Pyrénées-Atlantiques[39].

En qualité de maire de Bordeaux, il est membre de droit de l'Académie nationale des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux[40].

En 1980, une médaille d'art est éditée par la Monnaie de Paris : il s’agit d'une œuvre du graveur J. H. Coëffin ayant pour inscription « Jacques Chaban-Delmas, président de l'Assemblée nationale – Tout est amour ».

Le stade du parc Lescure, qui accueille l'équipe de football des Girondins de Bordeaux et l'équipe de rugby de l'Union Bordeaux Bègles, devient le stade Chaban-Delmas en 2001.

En 2001 un Timbre commémoratif de 0,53  à l’effigie de Jacques Chaban-Delmas édité par le service philatélique de la Poste[41].

Le a été inaugurée l'Esplanade Jacques-Chaban-Delmas à Paris. Son nom est également donné à des rues à Bobigny, Agde, Massiac, Combs-la-Ville, Gagny, Albi, Talence, Belfort, Deuil-La-Barre, Marcq-en-Baroeul et à Plougastel-Daoulas. Une allée lui est dédiée à Toulouse, tout comme une avenue à Quimper, un boulevard à Bordeaux[42] , ainsi qu'un gymnase à Courbevoie[43].

Un buste de Jacques Chaban-Delmas se trouve dans la salle du conseil municipal de Bordeaux[44].Le a été installée sur la place Pey-Berland, au nord de la cathédrale, face au palais Rohan, une statue en hommage à Jacques Chaban-Delmas. L'œuvre de 3,2 mètres de haut pour 1,100 tonne a été réalisée par Jean Cardot[45].

Le conseil municipal de la ville de Bordeaux décide le de baptiser du nom « Jacques-Chaban-Delmas », le nouveau pont Bacalan-Bastide[46], inauguré le par le président de la République François Hollande.

L'immeuble dans lequel logent les députés, derrière le palais Bourbon, porte le nom de Jacques Chaban-Delmas[47].

Vie privée et familiale[modifier | modifier le code]

Mariages et descendance[modifier | modifier le code]

En 1933, Jacques Delmas entre en tant que journaliste stagiaire à L'Information économique et financière tout en suivant les cours de Sciences Po et de la faculté de droit. Le , il épouse Odile Hamelin, la fille du fondateur du journal. Ils ont trois enfants : Clotilde, née en [48], Christian, astrophysicien né en 1941, et Valérie, née en 1945.

Avant la guerre, Jacques Chaban-Delmas joue au tennis avec Marie-Antoinette Iôn. Ils se retrouvent à Londres en 1943[49]. Au début de l'année 1945, Jacques déserte le domicile conjugal pour aller retrouver Marie-Antoinette Iôn (qui divorce de François Geoffray, cadre dirigeant chez Renault). Il divorce également et se remarie le avec cette « petite blonde plantureuse aux yeux verts, d'origine belgo-roumaine, toujours très coquette. Outre son élégance un peu convenue, on souligne son bon goût classique, la qualité de ses conseils et la sûreté de son jugement sur les êtres »[50]. Ils ont un fils, Jean-Jacques, né le , marié à Diane de Oliveira-Cezar[51], le , avec qui il a deux enfants, Éléonore et Jacques-Olivier ; divorcé, Jean-Jacques se remarie à Joëlle Loubère, avec laquelle il a Guillaume — qui se présentera aux élections municipales de 2020 à Bordeaux sur la liste du maire LR sortant, Nicolas Florian[52] —, puis il se marie en troisième noces avec Corinne Bretonneau le .

Marie-Antoinette Iôn disparaît dans un accident de voiture le à Urrugne (Pyrénées-Atlantiques). Jacques Chaban-Delmas, veuf, se remarie le , alors qu'il est Premier ministre, avec Micheline Chavelet (née en 1929), que son ami François Mitterrand lui a présentée.

Sports[modifier | modifier le code]

La carrière sportive de Jacques-Chaban Delmas, sportif de haut niveau, fut mise en avant dans le courant des années 1960 par le biais d'un reportage de l'émission Les Coulisses de l'exploit.

Rugby à XV[modifier | modifier le code]

Licencié au CASG Paris, puis au CA Bèglais au poste de trois-quarts aile gauche, Jacques Chaban-Delmas a joué en sélection nationale de rugby à XV en , contre l'équipe du British Empire Service, à Richmond.

Tennis[modifier | modifier le code]

Jacques Chaban-Delmas
Nationalité Drapeau de la France France
Naissance
Paris XIII
Décès (à 85 ans)
Paris VII
Prise de raquette Droitier
Palmarès
Meilleurs résultats en Grand Chelem
Aust. R-G. Wim. US.
Double 1/32
Mixte 1/16

Jacques Chaban-Delmas a été licencié à la section tennis du Racing Club de France dès l'avant-guerre. Il pratiqua le sport à haut niveau, et fut notamment finaliste du double messieurs du championnats de France de tennis en 1965 (Le National), vainqueur à Roland-Garros des Internationaux de France vétérans en simple en 1961 et en double messieurs en 1961 avec Roland Journu, puis de 1965 à 1970 avec Pierre Pellizza.

Il a joué en double mixte à Roland-Garros avec Myrtil Dubois en 1956. Il a participé à plusieurs tournois français réputés tels que la Coupe Marcel Porée en 1955 et 1959 et la Coupe Albert Canet en 1964. En 1960, il prend part à une rencontre interclub France/Angleterre aux côtés d'Henri Cochet. En 1961, il participé aux Championnats de France sur courts couverts, ainsi qu'aux qualifications des Internationaux de France[53].

Parcours dans les tournois du Grand Chelem

Année Open d'Australie Internationaux de France Wimbledon US Open
1968 1er tour (1/32)
Drapeau : France H. Pellizza
Drapeau : Bolivie Gorostagia
Drapeau : Afrique du Sud Q. Pretorius

N.B. : le nom du ou de la partenaire se trouve sous le résultat ; le nom des ultimes adversaires se trouve à droite.

Fonctions politiques[modifier | modifier le code]

Mandats électifs[modifier | modifier le code]

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

  • Ministre des Travaux publics, des Transports et du Tourisme du gouvernement Pierre Mendès France (du au )
  • Ministre du Logement et de la Reconstruction du gouvernement Pierre Mendès France (du au )
  • Ministre des Travaux publics, des Transports et du Tourisme du gouvernement Pierre Mendès France (du au )
  • Ministre d'État du gouvernement Guy Mollet (du au )
  • Ministre de la Défense nationale et des Forces armées du gouvernement Félix Gaillard (du au )
  • Premier ministre du au

Autres fonctions exécutives[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Insigne de commandeur de la légion d'honneur Insigne de l'ordre de la Libération Insigne de la Croix de Guerre 1939-1945
Insigne de la médaille de la Résistance, avec rosette Insigne de commandeur de l'ordre du Mérite des États-Unis Insigne de commandeur de l'ordre de Léopold
Insigne de commandeur Ordre militaire de Virtuti Militari Insigne de Encomienda (Commanderie) Barrette de Order of the Yugoslavian Great Star
ITA OMRI 2001 GC BAR.svg

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Chaban » est un des noms qu'il avait adoptés dans la Résistance, et qui s'est ensuite imposé à lui, jusqu'à le faire ensuite ajouter à son état-civil.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Dominique Lormier, Aquitaine : Jacques Chaban-Delmas, Éd. CMD, , p. 9.
  2. Jacques Chaban-Delmas.
  3. Lachaise et al. 2007, p. 47.
  4. Bertrand Galimard Flavigny, Ceux qui ont fait la France : 200 personnages clés de l’histoire de France, Leduc Éditions, , p. 417.
  5. a b c d e f g h i j k et l « Jacques Chaban-Delmas »
  6. Lachaise et al. 2007, p. 24.
  7. « biographie de Jacques Chaban-Delmas » (consulté le 9 août 2020)
  8. Ouvrir la « Page d’accueil », sur le site de la bibliothèque de l’École polytechnique, Palaiseau (consulté le 11 mai 2016), sélectionner l’onglet « Catalogues » puis cliquer sur « Famille polytechnicienne », effectuer la recherche sur « Raymond Panié », résultat obtenu : « Panié, Raymond Eugène Désiré (X 1923 ; 1903-2000) ».
  9. Entretien avec Francis Lambert pour la campagne électorale de 1989.
  10. Dordogne 2009, Petit Futé, , 408 p. (ISBN 978-2-7469-2438-3, lire en ligne), « Histoire et patrimoine », p. 144.
  11. JM Binot et B. Boyer, L'Argent de la Résistance, Larousse, 2010
  12. Philippe et Patrick Chastenet, Chaban, Seuil, 1991
  13. « biographie de Jacques Chaban-delmas », sur ordre de la libération (consulté le 9 août 2020)
  14. Annexe de l'ouvrage du général Maurice Chevance-Bertin Vingt mille heures d'angoisse, éditions Robert Laffont, collection "Vécu", 1990, page 251.
  15. Bernard Lachaise, Jacques Chaban-Delmas en politique, Paris, PUF, (lire en ligne), Chaban-Delmas, le gaullisme et les gaullistes sous la IVe République
  16. AFP, « Le Gouvernement français entérine le "compromis" Mendès France sur le traité de la CED », Le Soir,‎ , p. 1.
  17. Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort, l'école française [détail des éditions], 2008, chap. IX, p. 133-134
  18. Jacques Chaban-Delmas, Mémoires pour demain, Paris, Flammarion,
  19. Informations tirées de :
    Collectif, L’école Des Arts Et Métiers De Bordeaux ENSAM, Le Bord de l'eau, , 200 p., 19,5 x 26 (ISBN 978-2-35687-265-4, présentation en ligne).
  20. Bernard Lachaise, « Les universités de Bordeaux au XXe siècle », sur www.u-bordeaux3.fr (consulté le 7 avril 2010), 1945-1968, Le temps des bouleversements.
  21. Point 1998, p. 9.
  22. « Un texte constitutionnel façonné par la pratique gaullienne », sur charles-de-gaulle.org (consulté le 4 août 2020)
  23. a et b « premier ministre »
  24. « Jacques Chaban-Delmas se veut jeune, beau, séduisant et sportif. Il refuse de vieillir, se livre pour cela à son sport favori, le tennis, et assure la relève en se mettant au golf. Il aime les femmes, toujours passionné, seul changeant l’objet de sa passion. Il travaille peu, ne lit pas de papiers, en écrit moins encore, préférant discuter avec ses collaborateurs, et s’en remet essentiellement à eux, qu’il choisit bien, pour ce qui est des affaires publiques s’entend. Politiquement, il meurt de peur d’être classé à droite, il veut néanmoins plaire à tout le monde et être aimé. » Voir Lettres, notes et portraits 1928-1974 de Georges Pompidou (Robert Laffont), extrait publié le 21 octobre 2012 dans Sud Ouest Dimanche, cité dans lelab.europe1.fr : [1]
  25. « Biographie d'Edgar Faure », sur Edgar Faure (consulté le 17 juillet 2020)
  26. « Ils auraient dû gagner : Chaban-Delmas, trahi et éliminé », Marianne,‎ (lire en ligne, consulté le 7 juin 2020).
  27. Patrick Chastenet et Philippe Chastenet, Chaban, Seuil, , p. 419.
  28. Appelée par certains journalistes Madame Geoffray, du fait de son précédent mariage avec Monsieur Geoffray, cadre supérieur chez Renault. Jacques Chaban-Delmas a de son côté divorcé de sa première femme, Odette Hamelin, avant de se remarier avec Marie Antoinette Îon le .
  29. « On ne tire pas sur une ambulance », L’Express, 24 avril 1974
  30. Ina Actu, « JA2 20H : EMISSION DU 03 FEVRIER 1981 » [vidéo], sur YouTube, (consulté le 29 août 2016).
  31. Chaque pas doit être un but, Mémoires, Jacques Chirac, NiL Éditions, chapitre Coexister.
  32. Ouafia Kheniche, « Droite 'classique' et Front national : le front républicain à géométrie variable », sur franceinter.fr, (consulté le 4 août 2020).
  33. « Toutes les actualités », sur La Chaîne Parlementaire - Assemblée Nationale (consulté le 7 juin 2020).
  34. Birenbaum, Guy, « Les stratégies du Front National (mars 1986-mai 1987) », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, Persée - Portail des revues scientifiques en SHS, vol. 16, no 1,‎ , p. 3–20 (DOI 10.3406/xxs.1987.1918, lire en ligne, consulté le 7 juin 2020).
  35. « Elections régionales de 1986 : réactions de Jacques Chaban-Delmas et de Jacques Colombier » [vidéo], sur Ina.fr (consulté le 7 juin 2020).
  36. « La bataille du perchoir », sur Les Échos, (consulté le 16 juillet 2020)
  37. Pascale Nivelle, « Chaban se range derrière Chirac, Juppé va au-devant de Bordeaux », sur Libération, (consulté le 29 août 2016).
  38. Reportage de France 3 sur les obsèques de J. Chaban-Delmas.
  39. « La mort de Jacques Chaban-Delmas », Le Nouvel Observateur, 13 novembre 2000.
  40. « liste des membres de l'académie nationale des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux » (consulté le 21 juillet 2020)
  41. « Jacques Chaban-Delmas:1915-2000 » (consulté le 12 juillet 2020)
  42. « Jacques Chaban-Delmas sur adresse.data.gouv.fr » (consulté le 14 juillet 2020)
  43. « gymnase Jacques Chaban-Delmas » (consulté le 14 juillet 2020)
  44. « Buste de Jacques Chaban-Delmas au conseil municipal de Bordeaux » (consulté le 15 juillet 2020)
  45. Hervé Mathurin, « La statue de Jacques Chaban-Delmas inaugurée à Bordeaux (article et 2 vidéos) », sur sudouest.fr, (consulté le 5 mai 2016).
  46. Pont Bacalan-Bastide de Bordeaux : le nom de Jacques Chaban-Delmas est adopté sur le site de Sud Ouest, consulté le 24 octobre 2012.
  47. La résidence des députés fait peau neuve. La Figaro, 16 juin 2007.
  48. Histoire de la France militaire et résistante Première partie Histoire de la… - page 253, de Dominique Lormier - 2000 - 317 pages.
  49. Chaban - page 98, de Patrick Chastenet, Philippe Chastenet - 1991 - 605 pages.
  50. Chaban, de Patrick Chastenet, Philippe Chastenet…, p. 135
  51. Arbol genealógico de la Familia Bunge de Argentina
  52. « Municipales 2020 à Bordeaux : Le petit-fils de Jacques Chaban-Delmas se lance dans la campagne », sur 20minutes.fr, (consulté le 7 juin 2020)
  53. Jacques Chaban-Delmas sur tennisarchives
  54. https://www.quirinale.it/onorificenze/ricerca

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]