Compagnon de la Libération

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Croix de l'ordre de la Libération avec le 2e modèle de ruban.

Un compagnon de la Libération est un membre de l'ordre de la Libération, créé le par le général de Gaulle en tant que « chef des Français libres ».

Description des compagnons[modifier | modifier le code]

Présentation de la plaque commémorative des « marins compagnons de la Libération » à l'École navale, le .

Le titre de compagnon de la Libération a été décerné pour récompenser les personnes, les unités militaires et les collectivités civiles se signalant dans l'œuvre de libération de la France et de son empire[1].

Ainsi, 1 038 personnes[2], cinq communes[3] (Paris[4], Île-de-Sein[5], Nantes[6], Grenoble[7] et Vassieux-en-Vercors[8]) mais aussi dix-huit unités combattantes[9] dont deux bâtiments de guerre comptent au nombre des compagnons de la Libération lors de la signature du décret de forclusion de l'ordre de la Libération, soit le . Parmi les 1 038 compagnons, 271 ont été nommés à titre posthume.

Soixante étrangers, de 22 nationalités différentes, ont été faits compagnons ; le plus jeune, mort à 14 ans, est Mathurin Henrio. Parmi les plus célèbres, on peut citer Dwight Eisenhower, le roi du Maroc Mohammed V, Romain Gary. Le roi du Royaume-Uni George VI et Winston Churchill sont décorés après la forclusion de l'ordre[10].

Le , après la mort de Claude Lepeu, quatorze compagnons de la Libération sont encore en vie[11],[12].

Attribution[modifier | modifier le code]

Si l'ensemble des histoires des compagnons représente assez bien l'histoire de la France libre, de la résistance intérieure française et de l'armée française de la Libération, on constate toutefois que les différentes catégories ne sont pas représentées dans des proportions conformes à leur participation réelle. Les circonstances, les difficultés de l'époque pour connaître l'action réelle de la résistance, les critères du général de Gaulle et son départ rapide du pouvoir en 1946, expliquent probablement ce fait.

Sur les 1 038 compagnons on ne compte que six femmes[13], ce qui est très en-deçà de leur proportion dans les rangs de la Résistance. La résistance intérieure est de même sous-représentée par rapport à la France libre qui représente les trois quarts des décorés[14]. Le général de Gaulle a en effet d'abord commencé par décorer des combattants et des agents que lui ou ses proches connaissaient ; ses contacts avec les autres composantes de la résistance intérieure française ne se sont vraiment noués que vers 1942, période qui vit l'unification de celle-ci sous l'égide de Londres par Jean Moulin. De surcroît, dans l'opacité de la lutte clandestine, les chefs des mouvements avaient plus de difficultés à repérer des patriotes les plus méritants pour les proposer pour des décorations, alors que les combattants des FFL se battaient généralement au grand jour. En principe, chaque mouvement de la résistance intérieure disposait de deux croix. Mais un certain nombre de chefs ou de hautes figures des mouvements de résistance n'ont jamais reçu celle-ci, par exemple les époux Aubrac ou les fondateurs du mouvement « Défense de la France ». Même d'indéfectibles soutiens du général de Gaulle tels Philippe Peschaud ou son propre fils Philippe de Gaulle, ou plus tardifs comme Michel Debré, n'ont pas été faits compagnons.

On peut également remarquer que les compagnons ont été choisis parmi ceux qui, à un moment ou à un autre, ont pris le risque de s'opposer au régime de Vichy comme l'avaient fait les Français libres. Ainsi, par exemple, le maréchal de Lattre est compagnon alors que le maréchal Juin ne l'est pas.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ordonnance no 7 du 16 novembre 1940 créant l'Ordre de la Libération, Journal officiel de la France libre no 2 du 10 février 1941, p. 7.
  2. « Mille trente-huit compagnons de la Libération », sur ordredelaliberation.fr, Ordre de la Libération (consulté le 1er juillet 2016).
  3. « Les communes », sur ordredelaliberation.fr, Ordre de la Libération (consulté le 1er juillet 2016).
  4. « Paris », citation et historique, sur ordredelaliberation.fr, Ordre de la Libération (consulté le 1er juillet 2016).
  5. « Île-de-Sein », citation, historique et déclaration du général de Gaulle sur l'île de Sein le , sur ordredelaliberation.fr, Ordre de la Libération (consulté le 1er juillet 2016).
  6. « Nantes », citation, historique et discours prononcé par le général de Gaulle le à Nantes, sur ordredelaliberation.fr, Ordre de la Libération (consulté le 1er juillet 2016).
  7. « Grenoble », citation, historique et discours prononcé par le général de Gaulle le à Grenoble, sur ordredelaliberation.fr, Ordre de la Libération (consulté le 1er juillet 2016).
  8. « Vassieux-en-Vercors », citation et historique, sur ordredelaliberation.fr, Ordre de la Libération (consulté le 1er juillet 2016).
  9. « Les unités militaires », sur ordredelaliberation.fr, Ordre de la Libération (consulté le 1er juillet 2016).
  10. Décret du 23 janvier 1946 mettant fin à l'attribution de la croix de la Libération.
  11. Guy Charmot, Daniel Cordier, Louis Cortot, Yves de Daruvar, Victor Desmet, Constant Engels, Alain Gayet, Hubert Germain, Jacques Hébert, Fred Moore, Claude Raoul-Duval, André Salvat, Pierre Simonet et Edgard Tupët-Thomé.
  12. Liste officielle des compagnons de la Libération survivants.
  13. Alors qu'elles représentent 20 à 30 % des effectifs des résistants, le conseil de l'ordre n'a reçu que 9 propositions de femmes, lesquelles étaient toujours mineures civiles et civiques en 1940.
  14. Speaker Icon.svg : Les compagnons de la Libération émission Deux mille ans d'Histoire sur France Inter le .

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Miquel, Compagnons de la Libération, Paris, Denoël, 1995.
  • Henri Weill, Les Compagnons de la Libération, Toulouse, Privat, 2006.
  • Jean-Christophe Notin, Mille soixante-et-un compagnons : histoire des compagnons de la Libération, Paris, Perrin, 2000.
  • Vladimir Trouplin, Dictionnaire des compagnons de la Libération, Elytis, 2010.
  • Olivier Matthey-Doret, Les Compagnons de la Libération de Côte d'or, 1995
  • Olivier Matthey-Doret, Les Compagnons de la Libération de la région de Franche Comté et Bourgogne, 1996.
  • Olivier Matthey-Doret, Les Croix de l'ordre de la Libération, Académie des sciences, arts et belles lettres de Dijon
  • Jérôme Estrada de Tourniel, Les Combattants de l'aube, les Compagnons de la Libération d'origine lorraine, Editions Serpenoise, 2014.
  • Guillaume Piketty, Vladimir Trouplin, Hélène Orizet , Les Compagnons de l'aube. Archives inédites des compagnons de la Libération, Textuel, 2014

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]