Armée de terre française

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Armée de terre
Image illustrative de l'article Armée de terre française

Création
Pays Drapeau de la France France
Allégeance République française
Branche Terre
Type Armée
Rôle Protéger les populations (en particulier la population nationale), le territoire, les intérêts vitaux du pays et pourvoir au respect des alliances, des traités et des accords internationaux.
Aider les populations et leur porter assistance sur ou hors du territoire national, protéger les aéroports et autres lieux publics du terrorisme. Normaliser la situation entre les parties en conflit grâce à la mise en œuvre de capacités de reconstruction et d'aide aux populations.
Effectif 209 470
Fait partie de Forces armées françaises
Surnom La Grande Muette
Couleurs Bleu, blanc et rouge
Devise « Honneur et Patrie »
Commandant Général d'armée Jean-Pierre Bosser

L’Armée de terre[1] est l'une des composantes des Forces armées françaises[2]. Comme les autres composantes (la Marine nationale, l'Armée de l'air, la Gendarmerie nationale et les services de soutien interarmées), elle est placée sous la responsabilité du Gouvernement[3],[4].

La préparation opérationnelle des unités de l'Armée de terre est placée sous l'autorité du chef d'état-major de l'Armée de terre (CEMAT), depuis le le général d'armée Jean-Pierre Bosser. Le chef d'état-major de l'Armée de terre est responsable, devant le chef d'État-Major des armées (CEMA) et le ministre de la Défense, de l'organisation, de la préparation, de l'emploi de ses forces ainsi que de la planification et la programmation de ses moyens, équipements et matériels futurs.

En opération, les unités de l'Armée de terre sont placées sous l'autorité du chef d'État-Major des armées (CEMA), qui est responsable, devant le Président de la République, de la planification et de l'emploi des forces.

Entièrement professionnalisée depuis le départ des derniers appelés en 2001, l'Armée de terre dispose en 2010 d’un effectif de 123 000 militaires d'active (hors légionnaires)[5]. Son budget est de 8,3 milliards d’euros en 2011.

Historique[modifier | modifier le code]

L'armée du Nord à la bataille de Ligny, le . Peinture d'Ernest Crofts, 1875.
Assaut de l'infanterie française en 1914.

Au Moyen Âge, les fortes rivalités avec l'Angleterre et le Saint-Empire romain germanique provoquent de longues guerres. Au sens strict, même s'il a existé très tôt des « armées en France », « l'Armée française » ne naît que dans les dernières phases de la guerre de Cent Ans avec la création de ses premières unités permanentes : les Compagnies d'ordonnance créées par Charles VII le [6]. C'est au XIIIe siècle qu'apparaît un pouvoir royal central suffisamment puissant pour créer un État unifié durable et la France devient une des nations les plus puissantes d'Europe. Mais quelques siècles plus tard, les guerres de religion et la puissance grandissante de l'Espagne remettent en cause cette suprématie.

Les guerres de Louis XIV au XVIIe et au début du XVIIIe siècle ont laissé une France territorialement plus grande, mais en faillite. Plus tard, la rivalité avec la Grande-Bretagne, qui a supplanté la concurrence avec l'Espagne, mène à la perte des possessions nord-américaines (régions de la baie d'Hudson, Acadie, puis l'intégralité du Canada français, voir Traité de Paris (1763)) et l'esprit de revanche sont des motifs qui poussent la France à apporter son aide aux colons américains en révolte contre Londres lors de la guerre d'indépendance des futurs États-Unis d'Amérique. Après une période de troubles révolutionnaires, les guerres napoléoniennes apportent à la France un rayonnement qui reste inégalé. Au XIXe siècle, la France, comme les grands empires, se concentre sur la pérennisation de ses colonies.

La rivalité franco-allemande, qui naît dans le courant du XIXe siècle, aboutit d'abord à la guerre contre la Prusse, se ravive lors la Première Guerre mondiale, et trouve son paroxysme avec la Seconde Guerre mondiale, où les Alliés se liguent contre l'Axe Rome-Berlin. La conflagration laisse des pays affaiblis politiquement, et militairement dominés par deux superpuissances, les États-Unis et l'URSS lors de la guerre froide. Mais ces deux guerres mondiales, en réduisant la rivalité franco-allemande, ont eu un effet positif en préparant le terrain à l'idée d'intégration européenne : économiquement, politiquement et militairement.

Parallèlement à ces enjeux européens, l'armée française a tenu un rôle important dans la création d'un vaste empire colonial, qui survit jusqu’à la fin de la guerre d'Algérie. Par la suite, bien que toujours engagée au côté du bloc de l'Ouest, elle marque sa différence, en développant sa propre force de dissuasion nucléaire et en quittant le commandement intégré de l'OTAN en 1966[7].

Stratégiquement, la France reste longtemps influencée par l'idée d'une défense sur des frontières « naturelles » réelles ou supposées du pays : le Rhin au nord et à l'est, le massif du Jura et les Alpes à l'est et les Pyrénées au sud. L'armée française est, par son histoire, souvent pionnière de nombreuses innovations techniques et tactiques.

Aujourd'hui, les interventions militaires françaises sont le plus souvent des opérations de maintien de la paix dans ses anciennes colonies ou dans des points chauds du monde, avec ses alliés de l'OTAN, organisation avec laquelle elle renforce ses liens en 1995, près de trente ans après son départ du commandement intégré, et qu'elle réintègre en 2009[7].

Organisation générale[modifier | modifier le code]

L'Hexagone Balard au sein duquel se situe l'état-major de l'Armée de terre.

L'organisation de l'Armée de terre est fixée par le chapitre 2 du titre II du livre II de la troisième partie du code de la Défense, résultat de la codification notamment du décret no 2000-559 du [8].

Aux termes de l'article R.3222-3 du code de la Défense[9], l'Armée de terre comprend :

  • l'état-major de l'Armée de terre (EMAT), qui assure la direction générale et la gestion de l'ensemble des composantes ;
  • l'inspection de l'Armée de terre ;
  • la direction des ressources humaines de l'Armée de terre (DRHAT, ancienne DPMAT) ;
  • les forces ;
  • une organisation territoriale (cinq zones « terre » : Île-de-France, Nord-Ouest, Sud-Ouest, Sud-Est et Nord-Est[10])[11] ;
  • les services ;
  • les organismes chargés de la formation du personnel et de l'enseignement militaire supérieur.

Toutes ces composantes sont placées sous le commandement du chef d'état-major de l'Armée de terre (CEMAT).

Les forces[modifier | modifier le code]

Depuis la réorganisation de 2016, l'Armée de terre compte plusieurs commandements et deux directions subordonnés à l'état-major de l'Armée de terre :

Le principal commandement est celui des forces terrestres qui encadre les deux divisions de la force Scorpion, les quatre commandements spécialisés (renseignement, systèmes d'information et de communications, maintenance des forces et logistique) ainsi que les unités déployées en outre-mer et à l'étranger.

Les écoles[modifier | modifier le code]

Les lycées de la Défense relevant de l'Armée de terre, les écoles militaires de formation initiale et l'enseignement militaire supérieur du 1er et du 2e degré constituent les organismes de formation de l'Armée de terre. Relevant précédemment du commandement de la formation de l'Armée de terre (CoFAT), ils sont rattachés depuis 2009 à la direction des ressources humaines de l'Armée de terre.

L'Armée de terre comprend aussi, pour la doctrine, le centre de doctrine d'emploi des forces (CDEF anciennement CDES).

Direction et services[modifier | modifier le code]

La direction des ressources humaines de l'Armée de terre (DRHAT) assure la gestion des ressources humaines (militaires et civils) de l'Armée de terre ainsi que la formation.

La Direction centrale structure intégrée du maintien en condition opérationnelle des matériels terrestres (DC SIMMT, ancienne DCMAT) s'occupe de la maîtrise d'ouvrage déléguée de tous les matériels terrestres de l'Armée française. Le maintien en condition opérationnel du matériel de l'Armée de terre est dirigé par le service de la maintenance industrielle terrestre (SMITer).

Historiquement il existait d'autres services de l'Armée de terre qui ont tous été regroupés avec leurs homologues des autres composantes pour former des organismes dont la compétence s'étend sur toutes les Forces armées.

Après le service de santé et le service des essences remplacés respectivement par le Service de santé des armées et le Service des essences des armées, les autres services ont disparu en quelques années :

Composantes[modifier | modifier le code]

L'Armée de terre compte plusieurs « armes » :

La Légion étrangère n'est pas une arme, mais dispose d'un commandement particulier.

Elle comprend également le corps technique et administratif, le groupe de spécialités état-major (GSEM) et le cadre spécial.

Encadrement[modifier | modifier le code]

En 2007, dans l’Armée de terre, on compte 202 généraux en activité, 919 colonels et 2 832 lieutenants-colonels.

Au , on compte 173 généraux en activité[12].

Évolutions[modifier | modifier le code]

Organisation de l’Armée de terre en 2015.

En 1989, l'Armée de terre est organisée de la façon suivante : la 1re armée encadre trois corps d'armée, dix divisions et trois brigades logistiques ; la Force d'action rapide encadre cinq divisions et une brigade logistique ; le 1er commandement logistique est chargé de la gestion des flux d'approvisionnement ainsi que du transport des troupes et des matériels.

À partir de 1999, l'Armée de terre n'est plus constituée de divisions mais de brigades héritières des traditions des anciennes divisions. Par exemple, la 2e brigade blindée reprend les traditions de la célèbre 2e division blindée du général Leclerc. Cette réorganisation est la conséquence de la professionnalisation des armées françaises annoncée par le président Jacques Chirac en 1996.

Au milieu des années 2000, l'Armée de terre compte huit brigades interarmes et cinq brigades spécialisées (1re BM, 2e BB, 3e BM, 4e BAM, 6e BLB, 7e BB, 9e BLBM, 11e BP, 27e BIM, BTAC, BRENS, BART et génie) subordonnées au commandement de la force d'action terrestre (CFAT). Le commandement de la force logistique terrestre (CFLT) encadre deux brigades logistiques (1re BLOG et 2e BLOG). À cela s'ajoutent la brigade des forces spéciales terre, la brigade franco-allemande dont toutes les unités sont stationnées en Allemagne et quatre états-majors de force opérationnelle (EMF 1, EMF 2, EMF 3 et EMF 4).

En 2009, il est décidé à nouveau de profondes modifications de la carte militaire avec une réduction du nombre d'unités et de garnisons[13]. La 1re brigade mécanisée, la 4e brigade aéromobile, la brigade d'artillerie, la brigade du génie, la 2e brigade logistique, l'État-major de force n° 2 et l'État-major de force n° 4 sont dissous entre 2009 et 2015 tandis que seuls 500 militaires français restent stationnés en Allemagne au sein de l'état-major et du bataillon de soutien de la brigade franco-allemande.

Réorganisation[modifier | modifier le code]

Article connexe : « Au contact ».
Remplacement du schéma par un nouveau plus détaillé.
Nouvelle organisation de l'Armée de terre française en 2016.

À la suite de l'attentat contre Charlie Hebdo en et des attentats du , une réorganisation et une réforme militaire a lieu. Elle consiste a inscrire dans la durée l'opération Sentinelle faisant suite à ces attentats avec une moyenne de 7 000 hommes engagés en permanence sur le territoire national, un chiffre pouvant monter jusqu'à 10 000 en cas de forte tension. Afin de garantir cet effort, il a été décidé courant 2015 d'augmenter le volume des forces opérationnelles terrestres (FOT) de 11 000 hommes, faisant passer son objectif final à 77 000. Après le , l'ensemble des réductions d'effectifs alors en cours, ont été annulées, mettant un terme a près de vingt ans de réductions constantes du volume global des forces. Désormais la tendance est au renforcement des unités, à leur consolidation, étant donné que les réductions ont cessé et qu'il convient toujours d'augmenter la force opérationnelle terrestre.

La nouvelle organisation de l'Armée de terre comporte une force d'intervention rapide interarmes nommée « Scorpion » composée de deux divisions, six brigades de combat et de la brigade franco-allemande. Une brigade d'aérocombat est reformée et placée directement sous le commandement de l'Aviation légère de l'Armée de terre. La réforme prévoit également la création de plusieurs commandements spécialisées de niveau division, la création d'une 5e compagnie de combat dans les régiments d'infanterie, la création d'un nouvel escadron de reconnaissance dans les régiments de cavalerie, la création d'un régiment d'infanterie sur la base de la 13e DBLE et d'un nouveau régiment sur char Leclerc via le 5e régiment de dragons.

Organisation à partir de 2016[modifier | modifier le code]

  • Commandement des ressources humaines et de la formation

Équipements[modifier | modifier le code]

L'Armée de terre française utilise différentes sortes de véhicules, des chars de combat aux véhicules de transport de troupe, en passant par des hélicoptères de combat.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Selon le Lexique des recommandations en usage à l'Imprimerie nationale, « armée » prend une majuscule lorsqu'il s'agit d’un organisme d’État à caractère unique : cf. le § des conventions typographiques de Wikipédia en français relatif aux unités militaires ainsi que les exemples qui y sont exposés.
  2. Article L3211-1 du code de la Défense.
  3. Les articles 20 et 21 de la Constitution de 1958 placent les Forces armées sous l'autorité exclusive du Gouvernement : « le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il dispose de la force armée » (article 20) ; « le Premier ministre dirige l’action du Gouvernement. Il est responsable de la Défense nationale. Il nomme aux emplois militaires. Il peut déléguer certains de ses pouvoirs aux ministres » (article 21). Cependant, du fait que par l'article 15 de la Constitution de 1958, le président de la République porte le titre symbolique de « chef des armées » ; il en est souvent résulté de la part des commentateurs une ambiguïté entre le rôle du Président et celui du Gouvernement, voire du commandement, en matière militaire, cette ambiguïté n'a pas lieu d'être.
  4. Yves Cadiou, « Du chef des armées sous la Ve République », .
  5. « Direction des ressources humaines de l'armée de Terre », sur defense.gouv.fr.
  6. « Charles VII crée les Compagnies d'ordonnance », sur Herodote.net,‎ (consulté le 21 novembre 2015)
  7. a et b « La place de la France dans l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) », sur diplomatie.gouv.fr,‎ (consulté le 18 novembre 2015)
  8. Version du décret avant abrogation.
  9. Code de la Défense, art. R.3222-3.
  10. Ce sont des noms qui portent la majuscule initiale.
  11. Code de la Défense, art. R1212-4.
  12. Philippe Chapleau, « O combien de généraux, combien de colonels, qui sont partis joyeux pour des courses lointaines... », sur Ouest-France,‎ (consulté le 6 décembre 2012).
  13. (fr)[PDF] Carte hors série TIM 197 sur la réorganisation de l'Armée.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]