Ernest-Antoine Seillière

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Ernest-Antoine Seillière
Ernest-Antoine Seillière, le 28 août 2008.
Ernest-Antoine Seillière, le 28 août 2008.
Fonctions
Président du MEDEF

(6 ans 8 mois et 8 jours)
Prédécesseur Poste créé
Successeur Laurence Parisot
Président du CNPF
Prédécesseur Jean Gandois
Successeur Poste supprimé
Biographie
Date de naissance (78 ans)
Lieu de naissance Neuilly-sur-Seine (Seine)
Nationalité Française
Diplômé de IEP de Paris
ENA
Harvard
Profession Chef d'entreprise

Ernest-Antoine Seillière de Laborde, connu sous le nom d'Ernest-Antoine Seillière, né le à Neuilly-sur-Seine, est un ancien haut fonctionnaire français et l'un des héritiers de l'entreprise Wendel. Il a été président du CNPF puis du MEDEF (1998-2005).

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales[modifier | modifier le code]

Ernest-Antoine Seillière est connu en France, comme son père et grand-père le furent avant lui, sous le titre de baron romain, sans toutefois avoir obtenu d'autorisation de port dudit titre en France par décret du président de la République[1]. Une confusion fréquente vient de ce que la famille Seillière comprend deux branches : celle (cadette) des barons d'Empire français (par lettres patentes de l'empereur Napoléon Ier du ), propriétaires de la Banque Seillière-Demachy[2], éteinte en la personne d'Alexandre François (1849-1932), 5e baron Seillière ; et celle (aînée) des barons pontificaux (par bref du pape Léon XIII en date du ), dont Ernest-Antoine Seillière est l'actuel chef et membre de la réunion de la noblesse pontificale[3]. Le nom de Laborde (nom de famille de la bisaïeule d'Ernest-Antoine et mère du premier baron romain) a été adjoint au patronyme Seillière en application de la loi du 11 germinal an XI (), par l'autorité administrative (décret après avis du Conseil d'État), procédure de changement de nom.

Ernest-Antoine Seillière est le fils de Jean Seillière de Laborde et de Renée de Wendel (fille de Maurice de Wendel). Il a notamment pour ancêtre Alexandre de Laborde, député de la Seine et principal opposant à la conquête d’Alger. Il est par sa mère le descendant et l’un des héritiers de François de Wendel. Par sa grand-mère, Germaine Demachy, il descend de Cerf Beer et de la famille Ratisbonne.

Marié à Antoinette Barbey, fille de banquiers suisses, il est père de cinq enfants (trois filles et deux fils). Sa fille Noémie a épousé Charles de Yturbe, fils de Philippe de Yturbe, propriétaire du château de Montgraham, et neveu de Jean de Yturbe, propriétaire du célèbre château d'Anet ; ce mariage eut lieu au château d'Ognon, demeure familiale d'Ernest-Antoine Seillière.

Patron de CGIP puis Wendel[modifier | modifier le code]

Ernest-Antoine Seillière en 2008.

Ernest-Antoine Seillière est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (1958), licencié en droit et ancien élève de l'École nationale d'administration (1964-1965)[4]. En 1974, il décide de prendre une année sabbatique aux États-Unis[5]. Puis, en 1975, il est diplômé de l'université Harvard[6].

À partir de 1964, il travaille trois ans au Quai d'Orsay dans le même bureau que Lionel Jospin. Puis, il figure entre 1969 et 1973 dans les cabinets ministériels de Jacques Chaban-Delmas, Pierre Messmer, Maurice Schumann, Robert Galley.

Il exerce d'abord des fonctions dirigeantes au sein du groupe familial Wendel auquel il appartient. Il préside ainsi la CGIP, holding regroupant la fortune de la famille, rebaptisée Wendel Investissement en 2003, puis Wendel en 2007. Il quitte la présidence de Wendel en mars 2013[7].

À son arrivée chez Wendel en 1978, le groupe est sur le déclin, les derniers sites sidérurgiques ayant été nationalisés par le gouvernement de Raymond Barre. Il souhaite alors réorienter Wendel vers une transformation en fonds d'investissement à l'anglo-saxonne, alors qu'il ne possède plus que des participations financières diverses. Sous sa direction, le groupe finance les débuts de Capgemini, Afflelou, Valeo ou encore bioMérieux. En 2001, occupé par le MEDEF, il confie la gestion du groupe à Jean-Bernard Lafonta, qui poursuit ce projet en multipliant les LBO (prendre le contrôle d'un groupe en empruntant 80 % du prix conclu puis en se servant des bénéfices pour rembourser le prêt intial). En 2007, leur projet de prise de contrôle de Saint-Gobain finit par un échec[7].

Alors président non exécutif de Wendel, Ernest-Antoine Seillière participe en 2007 à un montage financier baptisé « Solfur » lui permettant de recevoir 80 millions d'euros d'actions de son groupe, mais qui conduit à sa mise en examen dans le cadre d'une instruction judiciaire pour fraude fiscale en 2012[8],[9],[10],[11],[12]. Cela faisait suite à des plaintes déposées par sa cousine Sophie Boegner (la première étant classée sans suite et la seconde débouchant sur un non lieu) qui ont intéressé la brigade financière. Il a également été poursuivi par Christine Dutreil, ex-directrice de sa communication et épouse de Renaud Dutreil, qui lui réclamait 3,9 millions d'euros pour avoir été, selon elle, ruinée dans un plan d'investissement. Arnaud Desclèves, ancien directeur juridique du groupe, a aussi dépose plainte contre lui pour délit d'initié[7].

Le 2 novembre 2015, le parquet national financier requiert le renvoi de Seillières en correctionnelle pour fraude fiscale. Selon les enquêteurs, le programme d'intéressement ayant donné lieu à l'attribution d'environ 300 millions d’euros d’actions à quatorze dirigeants de Wendel aurait eu pour objet de soustraire plusieurs dizaines de millions d’euros à l’impôt[13].

Président du MEDEF[modifier | modifier le code]

Ernest-Antoine Seillière prend ensuite des responsabilités au sein du monde patronal. Vice-président du CNPF et membre du Conseil exécutif de 1988 à 1997, président de la commission économique du CNPF de 1988 à 1994, il fut président du MEDEF (anciennement CNPF) de décembre 1997 au .

Ernest-Antoine Seillière prend la succession du CNPF de Jean Gandois en décembre 1997, après la démission de ce dernier à l'approche de la mise en place des 35 heures par le gouvernement socialiste. C'est sous sa direction que le syndicat patronal, qu'il anime alors avec Denis Kessler, change de nom. Il se retire après sept années de présence, et Laurence Parisot lui succède le .

Il s'oppose notamment à la loi Aubry sur les 35 heures[7].

De 2005 à 2009, Ernest-Antoine Seillière a été président de l'Union des confédérations des industries et des employeurs d'Europe (UNICE)[14] (rebaptisée « BusinessEurope » en janvier 2007), la fédération des entreprises européennes, basée à Bruxelles.

Autres[modifier | modifier le code]

  • Ernest-Antoine Seillière fut membre du comité de direction du groupe Bilderberg[15].
  • Il est membre du club « Le Siècle ».
  • Il est commandeur de la Légion d'honneur[16] et officier de l'ordre national du Mérite[4].
  • Un trait d'humour souvent cité : « Avant on avançait dans la mauvaise direction. Maintenant on recule dans la bonne[17]. »
  • Politiquement, il se considère comme « chabaniste-gaulliste social », c'est-à-dire anti-chiraquien[7].

Publications[modifier | modifier le code]

En mars 2012, Ernest-Antoine Seillière a publié un livre, intitulé On n’est pas là pour se faire engueuler…[18]. Dans ce livre, Ernest-Antoine Seillière dresse son analyse de la crise financière et partage sa vision de l’avenir de la France et de l’Europe, ainsi que des souvenirs plus personnels.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Bothorel, Ernest-Antoine Seillière : le baron de la République. avec la coll. de Philippe Sassier, Robert Laffont, 2001.
  • Michel J. Cuny, Françoise Petitdemange, Christine Cuny, Ernest-Antoine Seillière - Quand le capitalisme français dit son nom, Éditions Paroles Vives, 2002, 478 pages.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notons que ces autorisations – toujours à titre viager – du port par un citoyen français d'un titre étranger par décret du président de la République sont, il est vrai, accordées de manière rarissime ; elles sont toutefois nécessaires si l'on entend ne pas commettre le délit d'usurpation de titre de noblesse et ne point tomber sous le coup de l'article 259 modifié du code pénal. Pour rarissimes qu'elles soient, ces autorisations peuvent néanmoins toujours être sollicitées ; on connaît même, outre quelques cas sous la Troisième République (jusqu'en 1893), un cas unique au XXe siècle où l'autorisation a été accordée : ainsi Antoine de Lévis-Mirepoix a-t-il été autorisé, par décret en date du 24 août 1961 du général de Gaulle, à porter en France le titre espagnol de duc de San Fernando Luis (sur cette question, lire Qu'est-ce que la noblesse ?, Alain Texier, éditions Tallandier, 1988, p. 217).
  2. Raymond Dartevelle (dir.), 1999, La Banque Seillière-Demachy - Une dynastie familiale au centre du négoce, de la finance et des arts, 1798-1998, Librairie académique Perrin, Collection broché, 239 p. (ISBN 2262015201).
  3. isgn.fr, Institution Saint-Georges pour la noblesse.
  4. a et b [PDF] medef.fr.
  5. « Ernest-Antoine Seillière, le patron qui tranche », sur le site internet de L'Express.
  6. Présentation d'Ernest-Antoine Seillière, sur le site zonebourse.com.
  7. a, b, c, d et e Patrice Lestrohan, « L'homme qui en voulait trop », Vanity Fair n°4, octobre 2013, pages 168-175.
  8. Yann Philippin, « Fraude fiscale: la justice met à nu le système Wendel », publié par le site Mediapart le 28 juillet 2015.
  9. http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/09/25/affaire-wendel-perquisitions-au-siege-de-wendel-et-au-domicile-ernest-antoine-seilliere_1765137_3224.html.
  10. http://www.liberation.fr/societe/2012/09/25/perquisitions-chez-wendel-et-chez-ernest-antoine-seilliere_848711.
  11. http://www.leparisien.fr/faits-divers/fraude-fiscale-perquisition-au-siege-de-wendel-et-chez-seilliere-25-09-2012-2180577.php.
  12. http://www.leparisien.fr/economie/fraude-fiscale-le-baron-seilliere-dans-la-tourmente-30-09-2012-2190955.php ; Vanity Fair, no 4, octobre 2013, http://www.vanityfair.fr/actualites/france/articles/l-enquete-le-baron-ernest-antoine-seilliere/14119.
  13. « Fraude fiscale : poursuites contre Ernest-Antoine Seillière et JP Morgan Chase ? », Le Monde, 12 novembre 2015.
  14. Parcours d'Antoine Seillière, sur le site du cercle des Européens.
  15. http://www.bilderbergmeetings.org/former-steering-committee-members.html
  16. Ernest Antoine Seillière.
  17. http://evene.lefigaro.fr/citation/avancait-mauvaise-direction-maintenant-recule-bonne-71097.php
  18. www.eas-livre.fr