Simon Nora

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Simon Nora
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Simon Nora, né le 21 février 1921 et mort le 5 mars 2006 à Paris, est un haut fonctionnaire français. Il a été conseiller politique et directeur de l'ENA.

Biographie[modifier | modifier le code]

Juif ashkénaze[1], frère de l'historien Pierre Nora, il participe à la Résistance dès 1942 dans le Jura puis dans le Vercors.

Il étudie à l'École nationale d'administration (ENA) dans la promotion France combattante (19461947).

Marié en janvier 1947 à Marie-Pierre de Cossé-Brissac (fille de Pierre de Cossé Brissac), avec laquelle il a deux enfants et divorcera, pour se remarier, en mai 1955[2], avec Léone Georges-Picot, avec laquelle il a trois enfants. Il est le fils du médecin Gaston Nora et de Julie Lehman[2].

Il meurt à Paris le 5 mars 2006, des suites d'un cancer. Alain Minc dit de lui : « L'action, pour lui, se mesurait au bon dosage de la rébellion. Trop de rébellion, c'était l'impasse ; insuffisamment de rébellion, le conservatisme bourgeois. Nora était, de ce point de vue, l'illustration qu'au cœur même du système un homme peut se construire un espace de liberté. »[3]

Carrière[modifier | modifier le code]

Après l'ENA, il entre en 1947 à l'Inspection générale des finances et devient rapidement un spécialiste des questions économiques.

En 1952, il est secrétaire général de la Commission des comptes de la nation, à l'époque présidée par Pierre Mendès France.

Proche de Jean-Jacques Servan-Schreiber et de Françoise Giroud, il participe aux débuts de L'Express en 1953. Il en anime les pages économiques participant ainsi à la démocratisation de certaines notions dans l'opinion.

Avec Servan-Schreiber, il est l'un des conseillers de l'ombre dans le cabinet de Pierre Mendès France lors de son éphémère gouvernement de sept mois. Il rédige en partie les discours que le président du Conseil prononce tous les samedis à la radio – les « causeries du samedi » – pour expliquer aux Français son action.

Il est chargé de mission au cabinet de Jacques Chaban-Delmas à Matignon de 1969 à 1972, et est avec Jacques Delors l'auteur du fameux discours sur la « Nouvelle Société » prononcé par Chaban-Delmas en septembre 1969.

Directeur général du groupe Hachette en 1971, il participe l'année suivante au lancement de l'hebdomadaire Le Point.

Il est directeur de l'École nationale d'administration entre 1982 et 1986, puis entre à la banque Shearson Lehman Hutton, devenue Lehman Brothers (1986), dont il devient président du conseil de surveillance puis du conseil d'administration (1987-1995)[2].

Il est également membre fondateur du Club Jean Moulin et de la Fondation Saint-Simon.

Rapports[modifier | modifier le code]

En avril 1967, il est l'auteur d'un rapport sur les entreprises publiques remis à Georges Pompidou. Ce rapport propose une gestion plus stricte. L'une de ses orientations consiste à « restituer aux entreprises publiques une mission conforme à leur nature d'entreprise […] et une autonomie qui leur est indispensable pour s'acquitter de cette mission. » Le rapport reste secret. Il est partiellement diffusé après les événements de mai 1968.

En 1976, il est l'auteur avec Bertrand Eveno d'un rapport sur la politique du logement.

Il écrit avec Alain Minc un célèbre rapport sur l'informatisation de la société, publié en décembre 1977. Dans ce rapport, il invente le mot et le concept de télématique et préfigure le lancement du réseau Minitel. Publié, il devient un succès d'édition.

Citations[modifier | modifier le code]

« Les énarques d'aujourd'hui sont aussi compétents, sinon plus, que ceux de ma génération. C'est l'esprit du temps qui a changé. Je suis entré dans la fonction publique comme j'étais entré dans le maquis : pour servir la nation. La perversion actuelle de la fonction publique est due à sa politisation. Pour faire carrière, il faut se donner une couleur politique, miser sur le bon cheval. Aussi, à chaque alternance politique, les hauts fonctionnaires ont-ils été limogés par le nouveau pouvoir. J'estime néanmoins que l'ENA a joué — et joue toujours — un rôle important : elle crée des liens personnels, des affinités entre jeunes gens aux opinions différentes, et cela renforce la déontologie du personnel politique : on ose moins se détourner du droit chemin lorsqu'on est jugé par ses pairs. »

— Interview de Simon Nora dans Alessandro Giacone, Paul Delouvrier, Cinquante ans au service de la France et de l'Europe, Paris, éditions Descartes et cie, 2004

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Publications[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Pascal Faustini, « La communauté juive de Hellimer »., , pp .268-270.
  2. a, b et c Who's Who in France 2004-2005
  3. Le Monde, 14 mars 2006

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]