La Benauge

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La Benauge
La Benauge
L'un des immeubles d'habitation les plus récents de la cité Blanche (1976) à La Benauge
et bâtiment d'équipements socio-culturels et de services administratifs.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région naturelle Entre-deux-Mers
Région administrative Nouvelle-Aquitaine
Département Gironde
Ville Bordeaux
Canton Bordeaux-5
Code postal 33100
Fonctions urbaines Habitats collectifs
à loyer modéré
Étapes d’urbanisation Cité Pinçon (Aquitanis) :
1948-1950, 1949-1955,
1958-1962, 1971-1976
Cité Blanche (SBUC puis Coligny) : 1959-1976
Géographie
Coordonnées 44° 50′ 41″ nord, 0° 32′ 38″ ouest
Transport
Tramway Ligne A : Galin
Bus TBM : 10 - 45 - 80
Vélos en libre-service VCUB : Galin - Le Rouzic
Localisation
Localisation de La Benauge
Quartiers de Bordeaux :
La Benauge est à l'est du quartier de La Bastide
sur la rive droite de la Garonne.

Géolocalisation sur la carte : France

Voir sur la carte administrative de France
City locator 14.svg
La Benauge
Vue depuis le collège Jacques Ellul sur les constructions disparates de La Benauge. Dans l'angle supérieur gauche de la photo on aperçoit deux des dix immeubles de pierre avec toiture de tuiles créés par Paul Volette à la cité Pinçon.

La Benauge est un grand ensemble de Bordeaux situé, dans le quartier de La Bastide, sur la rive droite de la Garonne.

Localisation et accès[modifier | modifier le code]

La Benauge est localisée à l'est du quartier bordelais de La Bastide, sur la rive droite de la Garonne, entre la rue du Petit Cardinal, le boulevard Jules Simon, la rue de la Benauge, le boulevard Joliot-Curie, la rue du proesseur Lambinet et la rue Jacques Rivière[1]. Le quartier est accessible depuis Bordeaux par le Pont Saint-Jean ou le pont de pierre, depuis Lormont, Cenon et Floirac, par l'avenue Thiers ou le boulevard Joliot-Curie ainsi qu'avec la ligne A du tramway de Bordeaux (arrêt Galin), les bus TBM (lignes 10, 45 et 80) et les vélos VCUB (parc Galin et Le Rouzic)[2].

Historique[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

L'important développement industriel du quartier de La Bastide, qui suit son annexion par la ville de Bordeaux en 1865, conjugué à la crise du logement, liée l'exode rural et à la nécessité de la reconstruction après la Seconde Guerre mondiale, conduisent la municipalité à envisager des opérations de création de logements sur la rive droite de la Garonne[3].

Dès le Moyen Âge un habitat se développe autour du port de Trégey et de l'ancienne route de Paris devenue la rue de la Benauge. Le percement de la future avenue Thiers dans le prolongement du pont de pierre s'accompagne de l'urbanisation de son tracé et l'habitat ouvrier se développe entre la grande artère et les quais et autour de la gare d'Orléans, au plus près des lieux de travail[4]. Les premières habitations à bon marché voient le jour rue Jean Dollfus et cité Paul Boncour à la fin des années 1920[5]. Jusqu'aux coteaux de Lormont et Cenon la palus de Queyries et au-delà, vers Floirac, est essentiellement plantée de vignes. Les domaines et quelques fermes constituent un habitat diffus[4]. Il y a donc peu de logements mais beaucoup d'espace.

Premiers programmes : la cité Pinçon[modifier | modifier le code]

Jules Pinçon, entrepreneur en maçonnerie, constructeur avec ses frères de nombre de maisons de la Bastide[6], possède, en son domaine de la Galoche[7], un pré d'une vingtaine d'hectares[6], en face de la Laiterie de La Benauge (future usine Cacolac), à l'extrémité nord-est de la rue du même nom, pré qu'il envisage de lotir dès 1932. Le projet est repris et assorti d'un terrain de jeux par Jacques D'Welles en 1941. Interromptu par la guerre le projet « Pinçon » ne voit encore pas le jour[8].

Paul Volette[9],[10], architecte en chef de la ville, lui donne vie en 1946[11]. Sur un plan de masse élaboré par Jean Royer[12], architecte-urbaniste pour la ville de Bordeaux, dix immeubles disposés en « peigne », dents orientées vers l'ouest, sont érigés sur le « pré Pinçon » à partir de 1948[8]. Volette n'est pas un moderniste. Ou du moins sa « modernité » quelque peu nostalgique de l'Art déco est-elle « tempérée » par l'emploi de matériaux traditionnels et par l'expression d'une architecture régionaliste. Il conçoit des immeubles d'une hauteur modeste de cinq étages en pierre de taille, posés sur un soubassement à bossages et couverts d'un toit de tuiles à quatre pentes. Les pignons et les façades orientés vers l'ouest sont aérés par des loggias dont la rondeur est contredite par des piliers carrés. L'orientation et la disposition sans ombre portée des dix bâtiments permet un ensoleillement maximal des 192 appartements[3],[13].

La réalisation répond au vœu des hygiénistes mais la densité est trop faible et les consignes du ministre de la Reconstruction Eugène Claudius-Petit sont claires : l'heure est à la construction de masse. La première urgence est la lutte intensive contre les taudis dont l'air vicié empoisonne encore les enfants de plus de 6 000 familles bordelaises : il faut construire rapidement 10 000 logements. Le ministre impose l'équipe parisienne de l'architecte monumentaliste et premier grand prix de Rome Jacques Carlu aux urbanistes bordelais pour optimiser l'opération lors d'une deuxième tranche dont la réalisation est décidée dès 1949[3],[13].

La réalisation majeure de Carlu est ici l'inscription, dans le plan de masse initial, de deux immeubles de dix étages, une première à Bordeaux, en guise de clôture, face aux bâtiments de la première tranche, de ce qui va devenir le parc de la cité Pinçon. L'esprit en est cette fois résolument moderniste, conjuguant la verticalité blanche des dix étages à l'horizontalité des longues baies interrompue par les balcons superposés et par la trouée des porches permettant l'accès au jardin. Le matériau est moins noble, plus économique, plus léger : béton armé et pouzzolane. Les toits-terrasse sont aménagés d'équipements collectifs fonctionnels (séchoir à linge). L'ensemble est complété par une série de bâtiments de moindre hauteur, des plots de quatre étages placés perpendiculairement à l'avant des deux précédents, d'autres bâtiments de cinq étages et des maisons d'un étage disséminées à l'arrière des immeubles de Volette, portant le parc de logements à un total de 600[3],[13],[14].

Le Ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme réalise sur l'opération un film documentaire de propagande diffusé aux actualités et dans les points d'information ouverts à cet effet[15].

Ce qui va faire de cet ensemble dont prendront possession les 3 000 locataires à partir 1955, bien au-delà d'une cité-jardin, une ville verte dans l'esprit de Le Corbusier, ce sont les équipements collectifs imaginés par les urbanistes bordelais et placés dans l'axe opposé, en périphérie du jardin, et donc accessibles aux usagers extérieurs, avec au nord un groupe scolaire et au sud une salle de sports. La piscine ("Galin") prévue dans le plan sera construite dans un troisième temps mais crèche, centre social et salle des fêtes sont également au programme. Un programme que Jacques Chaban-Delmas a la fierté de présenter à Nikita Khrouchtchev lors de sa visite en France le 26 mars 1960[3],[13].

Deuxième programme : la cité Blanche[modifier | modifier le code]

Organismes gestionnaires[modifier | modifier le code]

Culture et loisirs[modifier | modifier le code]

Dans le quartier de la Benauge, il y a la crèche municipale, la bibliothèque de la Bastide, la salle Jean-Dauguet où plusieurs sports sont pratiqués. Il y a aussi la piscine Galin et le collège Jacques Ellul qui participe, avec le Club des Girondins de Bordeaux Bastide HBC, à la classe de handball. Le « terrain du petit cardinal » se situe juste à côté du collège Jacques Ellul : les enfants peuvent y jouer au football. Il y a également le gymnase Thiers qui a été construit en 1974.

Depuis 2010, le festival Clair de Bastide a lieu. Ce festival de danse accueille plusieurs personnes de tout âge, il se déroule au centre d'animation Benauge.

Programme[modifier | modifier le code]

Le quartier de la Benauge a l'ambition de changer le paysage : démolition de bâtiments pour avoir plus d'espace d'habitation[16].

Article détaillé : Bordeaux 2030.

Démolition[modifier | modifier le code]

Les bâtiments les moins confortables seront détruits en particulier la barre qui longe la rue Recteur Thamin. Un pôle culturel sera construit dans des rues refaites, le quartier de la Benauge va se transformer d'ici 2020.

Construction[modifier | modifier le code]

Le projet est de construire des logements confortables en passant de 500 à 700 appartements. On y trouvera des logements sociaux à côté de logements étudiants.

Les habitants et les métiers d'autrefois[modifier | modifier le code]

On trouvait auparavant à la Benauge des dockers qui sont des personnes qui déchargent les bateaux ainsi que des pêcheurs de morue et de poisson[17]. Les maçons et les rémouleurs sont d'autres métiers que l'on pouvait exercer à la Benauge. Il y avait aussi des vignerons et des bergers. La chasse et la pêche faisaient partie de la vie courante. Honoré Picon, l'inventeur du célèbre apéritif Picon, avait sa propre usine à la Benauge. Il fut maire de Carignan, conseiller général et président de plusieurs sociétés sportives. Il y avait des musiciens de rue (Les Poupelins de la Bastide par exemple). Fin 2009, la population est de 14 379 habitants à la Benauge[18].

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Desforges (direction), L'histoire des maires de Bordeaux : le grand journal de la commune, [collectif], Bordeaux, Les Dossiers d'Aquitaine, 2008, 523 p. (ISBN 978-2-84622-171-9)[19]
  • Brigitte Lacombe, Francis Moro, La Bastide, Bordeaux, Saint-Cyr-sur-Loire, Alan Sutton, tome I : 2002, 127 p. tome II, 2005, 96 p. (ISBN 2-84253-754-8)[20]
  • Silvia Marzagalli (direction), Bordeaux et la marine de guerre : XVIIe-XXe siècles, [collectif], Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 2002, 198 p. (ISBN 978-2-86781-298-9)[21]
  • Louis Desgraves, Évocation du vieux Bordeaux, Paris, Éditions de Minuit, 1976, 448 p. (ISBN 2-7073-0126-4)[22]
  • Charles Higounet (direction), Histoire de Bordeaux, [collectif], Bordeaux, Fédération historique du Sud-Ouest, 1962-1965, 8 volumes[23]
  • Michel Saffran, Bordeaux Naguère, Payot, 1981
  • Jean-François Rotonnat, La vie d'autrefois en Gironde, Sud Ouest, 1994
  • Pierre Dobos et Patrick Dauget, La Bastide Quartier de Lune
  • Mario Graneri, Dictionnaire de Bordeaux
  • Mairie de Bordeaux, Grand Bordeaux, 2009
  • Journal Sud Ouest, Portrait de quartiers, avril 2011

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Localisation avec Google Maps
  2. Informations sur le site TBM
  3. a b c d et e « De 1920 à 2010 L'histoire d'Aquitanis » sur le site aquitanisphere.com (pdf en téléchargement)
  4. a et b Desgraves, 1976, p. 418-420
  5. La patrimonialisation de l'urbain, Yann Le Fur, Mathieu Dormaels, Lyne Bernier, Presses universitaires du Québec, 2012, collection Nouveaux patrimoines, 268 p. (ISBN 9782760536296) (lire en ligne)
  6. a et b « Pinçon contre pinson, qui va gagner ? », Jean-Claude Meymerit, Faubourg ! La Bastide, 15 juillet 2014
  7. Conseil municipal public du 27 janvier 2014, 7e modification du PLU de la CUB, p. 442 (pdf en téléchargement)
  8. a et b « Aquitanis partenaire des Journées européennes du patrimoine 2011 » sur le site aquitanisphere.com (pdf en téléchargement)
  9. Paul Volette sur le site pss-archi.eu (qui ne présente à ce jour que ses réalisations de la cité Carle Vernet, plus tardive mais de même conception) (lire en ligne)
  10. « Objet ROYER-B-50. Cité de la Benauge, Bordeaux (Gironde). 1950-1955 » sur la base ArchiWebture de l'Institut français d'architecture (lire en ligne)
  11. « Étonnante cité de La Benauge » sur le site du CAUE de la Gironde (voir les photos en ligne)
  12. Jean Royer sur le site pss-archi.eu (lire en ligne)
  13. a b c et d « La cité de La Benauge » sur le site de la mairie de Bordeaux
  14. « Cru Carlu à Bordeaux », Architectures de cartes postales [1]
  15. Marcel de Hubsch, Naissance d'une cité (film, 1956)
  16. Bordeaux 2030 : La Benauge une rénovation urbaine
  17. Saffran, 1981.
  18. Rotonnat, 1994.
  19. Notice BnF414207746 (lire en ligne)
  20. Notice BnF38856349
  21. Notice BnF38929725 (lire en ligne)
  22. Notice BnF34698239
  23. Notice BnF34327787