Georgette Elgey

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Elgey.
Georgette Elgey
Naissance (88 ans)
Nationalité Française
Profession Journaliste, écrivaine, historienne
Spécialité Histoire du régime de Vichy
Histoire de la Quatrième République
Autres activités Présidente du Conseil supérieur des archives (2007)
Conseiller technique à la présidence de la République (1982-1995)
Directrice littéraire aux Éditions Fayard (1974-1982)
Distinctions honorifiques Commandeur de la Légion d'honneur
Grand officier de l'ordre national du Mérite
Commandeur des Arts et Lettres
Médias
Pays Drapeau de la France France
Presse écrite L'Express
Le Nouveau Candide
Paris-Presse

Georgette Elgey, née le , est une journaliste, écrivaine et historienne française, spécialiste de l'histoire de la Quatrième République.

Biographie[modifier | modifier le code]

Georgette Elgey est la fille de l'historien Georges Lacour-Gayet[1],[2],[3] et de Madeleine Léon, issue de la haute bourgeoisie israélite[2].

Comme son père avait refusé de la reconnaître, elle a pris comme nom de famille ses initiales LG (Elgey)[1],[4],[2],[3]. Elle compte parmi ses ancêtres maternels le médecin-général Michel Lévy[1],[3].

Bien que sa famille maternelle soit d'origine israélite, Georgette Elgey est baptisée catholique à sa naissance[2]. Sous le gouvernement de Vichy, sa grand-mère refuse de se déclarer juive, se considérant simplement comme Française[2].

De son enfance, Georgette Elgey dit qu'elle fut « extraordinairement heureuse », élevée dans un « cocon », en dépit d'une naissance illégitime, ce qui n'avait rien d'évident au sein d'un milieu hautement bourgeois[2]. Mais lorsque la guerre arrive, sa vie devient difficile. Le sa mère est dénoncée comme juive. Après un voyage périlleux, détenues elle et sa mère pendant quinze jours par les Allemands à la ligne de démarcation, elles parviennent enfin à rejoindre la zone libre[2]. Ces conditions de vie durant l'Occupation lui inspirent un de ses premiers ouvrages La Fenêtre ouverte, faisant référence à la fenêtre qu'elle avait l'obsession de garder ouverte la nuit — pendant qu'elle vivait cachée avec sa mère dans une maison partiellement occupée par des Allemands — afin de pouvoir, éventuellement, leur échapper[2].

Après la guerre, Georgette Elgey ne poursuit pas d'études supérieures[2]. Ses cours de secrétariat durant sa jeunesse lui permettent néanmoins, sur proposition de Philippe Viannay, qui vient de créer le Centre de formation des journalistes (CFJ), de suivre les cours pour les sténotyper. C'est donc par effet de circonstances et de rencontres fortuites qu'elle devient journaliste, quoique non diplômée du CFJ[2].

C'est notamment la rencontre avec Jacques Kayser, qui lui permet d'être mise en relation avec Lucie Faure, puis d'écrire ses premières piges dans la revue La Nef dès l'âge de 20 ans. Elle est par la suite, en 1955, engagée au magazine L'Express par Pierre Viansson-Ponté[2]. Elle devient, en 1961, rédactrice en chef du journal Le Nouveau Candide[2]. Elle rejoint plus tard la rédaction de Paris-Presse[2].

Georgette Elgey, comme elle le déclare au cours d'une interview au magazine L'Express[2], est « gaulliste[4] de cœur[2] » et a été mendésiste, car bien qu'étant « une admiratrice inconditionnelle de sa personnalité[2] », elle « ne partag[e] pas toutes [les] interprétations de [l']action[2] » de Pierre Mendès France.

En 1974, elle est nommée directrice littéraire aux Éditions Fayard où elle publie les principaux textes politiques de François Mitterrand entre 1977 et 1982.

Elle exerce les fonctions de conseiller technique à la présidence de la République de 1982 à 1995[4].

Elle siège au Conseil économique et social (1999-?) et préside le Conseil supérieur des archives de décembre 2007[5] à mars 2016[6].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Histoire de Vichy - 1940-1944, avec Robert Aron, Paris, éd. Fayard, coll. « Les grandes études contemporaines », 1954, 766 p.
  • La Fenêtre ouverte, Paris, éd. Fayard, 1973.
  • Anonymes, Paris, éd. Grasset, 1980.
  • La Ve République, ou la République des phratries, avec Jean-Marie Colombani, Paris, éd. Fayard, 1999, 412 p.
  • Histoire de la IVe République[7] :
    • Première partie : La République des illusions (1945-1951), Paris, éd. Fayard, 1965 ; édition revue et augmentée, 1993.
    • Deuxième partie : La République des contradictions (1951-1954), Paris, éd. Fayard, 1968 ; édition revue et augmentée, 1993.
    • Troisième partie : La République des tourmentes (1954-1959), tome I, Métamorphoses et mutations, Paris, éd. Fayard, 1992.
    • Quatrième partie : La République des tourmentes (1954-1959), tome II, Malentendu et passion, Paris, éd. Fayard, 1997[8].
    • Cinquième partie : La République des tourmentes (1954-1959), tome III, La fin, Paris, éd. Fayard, 2008[9], prix des Ambassadeurs 2009[10].
    • Sixième partie : La République des tourmentes (1954-1959), tome IV, De Gaulle à Matignon, Paris, éd. Fayard, 2012[11].
  • Toutes fenêtres ouvertes, Paris, éd. Fayard, 2017, 416 p.

Décorations[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • 1929-1940 : la mort de la IIIe République, documentaire français de Daniel Lander, produit par Georgette Elgey et Jacques Anjubault (1970), h 30[15],[16].
  • Georgette Elgey – Une vie pleine d'Histoire, documentaire français de Pascal Thomas et Thomas Briat (2011), 53 minutes, diffusé le sur Arte [présentation en ligne][17].
  • De Gaulle à Matignon - Sept mois qui ont changé la France, documentaire français de Georgette Elgey et Antoine-Léonard Maestrati (2013), 52 minutes, diffusé le sur France 5.

Sources[modifier | modifier le code]

Les papiers personnels de Georgette Elgey sont conservés aux Archives nationales sous la cote 561AP[18].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Raphaëlle Branche, « Portrait de Georgette Elgey », sur raphaellebranche.fr (consulté le 28 février 2014) [PDF].
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p et q Marc Riglet, « Georgette Elgey : « Je redoutais de raconter le retour au pouvoir du général de Gaulle », sur lexpress.fr, L'Express,‎ (consulté le 27 février 2014).
  3. a, b et c Raphaëlle Branche, « Georgette Elgey, l'oreille de la IVe République », sur lemonde.fr, Le Monde,‎ (consulté le 6 octobre 2015).
  4. a, b et c Séverine Nikel, « Fenêtres ouvertes sur Georgette Elgey », L'Histoire, no 264, avril 2002.
  5. La nouvelle composition de cet organisme a été fixée par arrêté de la ministre de la Culture et de la Communication en date du 24 avril 2009.
  6. Arrêté du portant nomination au Conseil supérieur des archives.
  7. [Présentation en ligne].
  8. François Bédarida, « Livre – Un ouvrage tonique et déprimant de Georgette Elgey – Retour à la IVe – Georgette Elgey, Histoire de la IVe République : la République des tourmentes (1954-1959), tome II : Malentendu et passion », sur liberation.fr, Libération,‎ (consulté le 28 février 2014).
  9. Éric Roussel, « Plaidoyer pour un régime mal aimé », sur lefigaro.fr, Le Figaro,‎ (consulté le 28 février 2014).
  10. « Prix des Ambassadeurs », sur sciences-po.fr (consulté le 28 février 2014) [PDF].
  11. « Présentation en ligne », sur librairie-sciencespo.fr (consulté le 28 février 2014).
  12. « Remise des insignes de commandeur de la Légion d'honneur à Georgette Elgey », sur culture.gouv.fr, ministère de la Culture,‎ (consulté le 28 février 2014).
  13. « Décret du 14 novembre 2012 portant élévation aux dignités de grand'croix et de grand officier », JORF, no 0266, 15 novembre 2012, p. 18032, texte no 1.
  14. « Distinction », sur historia.fr, Historia,‎ (consulté le 6 octobre 2015).
  15. 1929-1940 : la mort de la IIIe République, youtube.com, consulté le 28 avril 2015.
  16. « Extrait vidéo » [vidéo], sur ina.fr
  17. Véronique Dumas, « Georgette Elgey : une vie hors norme », sur historia.fr, Historia (consulté le 28 février 2014).
  18. Voir la notice dans la salle des inventaires virtuelle des Archives nationales.

Liens externes[modifier | modifier le code]