Confédération française de l'encadrement - Confédération générale des cadres

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Confédération française de l'encadrement
Confédération générale des cadres
Logo de l’association
Cadre
Zone d’influence Drapeau de la France France
Fondation
Fondation
Fondateur Jean Ducros
Identité
Siège 63, rue du Rocher
75008 Paris
Président François Hommeril
Secrétaire général Alain Giffard
Membres 160 000 revendiqués (2013)[1]
Slogan Le + syndical
Site web www.cfecgc.org

La Confédération française de l'encadrement - Confédération générale des cadres (CFE-CGC) est un syndicat français de salariés fondé le 15 octobre 1944 sous le nom de Confédération générale des cadres (CGC), qui présente la caractéristique de défendre les intérêts d'une catégorie professionnelle spécifique, l'encadrement. Cette spécificité en fait un syndicat catégoriel ouvert aux cadres, ingénieurs, agents de maîtrise et forces de ventes tant dans le secteur privé que public.

La CFE-CGC faisait partie, jusqu'à la loi du 20 août 2008[2] des cinq confédérations de syndicat français de salariés considérées, par présomption irréfragable, comme représentatives par l'État. Depuis l'entrée en vigueur de la loi du 20 août 2018, la CFE-CGC a conservé son statut de syndicat représentatif au niveau national interprofessionnel. Cela lui permet de participer aux négociations nationales interprofessionnelles et d'être représentée dans les organismes paritaires.

La CFE-CGC se définit comme un syndicat de proposition prônant avant toute chose le dialogue et la négociation.

La CFE-CGC est adhérente de la Confédération européenne des cadres (CEC Euro Managers) et depuis juin 2014 observateur de la Confédération européenne des syndicats indépendants (CESI) qui regroupe essentiellement des organisations du secteur public en Europe.

Histoire et chronologie[modifier | modifier le code]

L'émergence d'un syndicalisme cadre[modifier | modifier le code]

La Confédération générale des cadres (1944 - 1981)[modifier | modifier le code]

Le 15 octobre 1944 est fondé à Paris salle Wagram la Confédération générale des cadres (CGC). Jean Ducros devient le premier Président de la confédération CGC constituée de 32 fédérations et syndicats de cadres dont la Fédération nationale des syndicats d'ingénieurs (FNSI), la Confédération générale des cadres de l'économie française (CGCE), le Groupe syndical des cadres diplômés (GSCD) et la Fédération des ingénieurs, agents de maîtrise et techniciens des industries mécaniques et métallurgiques (Fiatim)[3].

Le 23 juin 1945 la CGC tient son premier congrès. De même dès 1945, la CGC cherche à être reconnue comme représentative sur le plan national par les pouvoirs publics au même titre que la Confédération générale du travail (CGT). Représentativité qu'elle obtiendra à l'été 1946.

Le 14 mars 1947 est signé par la CGC, la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) et le Conseil national du patronat français (CNPF), la convention collective nationale qui met en place l'Association générale des institutions de retraite des cadres (AGIRC), le régime de retraite complémentaire pour les cadres.

En parallèle des balbutiements de la construction européenne, en 1951 à Paris la CGC crée aux côtés des syndicats de l’encadrement allemands (ULA) et italiens (CIDA), la Confédération internationale des cadres (CIC) qui donnera naissance en 1989 à la Confédération européenne des cadres (CEC Euro Managers) afin de de pouvoir être représenté auprès des institutions européennes.

1955 est marqué par le décès en cours de mandat de Jean Ducros auquel succèdera André Malterre élue lors du 12e congrès de la CGC.

Fin 1958, la CGC participe à la création de l’Union nationale interprofessionnelle pour l'emploi dans l'industrie et le commerce (Unedic) et de l'association pour l'emploi dans l'industrie et le commerce (Assédic).

En 1959, la CGC se mobilise contre les atteintes répétées portées au pouvoir d’achat des cadres et en juin elle appelle ses adhérents à s'associer aux mouvements de grève dans la métallurgie et la fonction publique. Elle obtient un abattement de 20 % de l’impôt sur le revenu salarié et l’indexation des tranches.

Tout au long du printemps 1961, la CGC mobilise ses troupes pour défendre le régime de retraite des cadres menacé par un décret sur le plafond des cotisations sociales. Le 12 janvier 1962, Le Premier ministre garantit que la retraite des cadres ne sera pas menacée. Cette même année la CGC joue un rôle déterminant dans la création de l’Association pour le régime de retraite complémentaire des salariés (ARRCO).

En mars 1962 est signé un accord sur le régime de retraite des agents de maîtrise.

Dans un contexte de développement du chômage, le 18 novembre 1966 est fondé par la CGC et le CNPF l’Association pour l'emploi des cadres (APEC).

Lors des manifestations de mai 1968, la CGC cherche à assurer la liberté du travail et à obtenir que la poursuite de la grève soit décidée à vote secret. Elle cherche aussi à s'opposer à toute atteinte à la liberté des personnes (tout particulièrement la séquestration des cadres) et à assurer la sauvegarde des outils de production[4].

En 1979 est institué la section encadrement aux conseils des prud’hommes.

La Confédération française de l'encadrement - Confédération générale des cadres (Depuis 1981)[modifier | modifier le code]

En mai 1981 lors du 25e congrès la dénomination de la CGC devient la CFE-CGC, (Confédération française de l’encadrement, Confédération générale des cadres) s’ouvrant ainsi à l’ensemble de l'encadrement.

En 1989 la Confédération internationale des cadres (CIC) devient la Confédération européenne des cadres (CEC European Managers).

  • 2000 : création de l’Observatoire du stress et de l’Observatoire sur la responsabilité sociétale des entreprises (Orse) par la CFE-CGC.
  • 2001 : la CFE-CGC lance le « Baromètre cadres ».
  • 2002 : la CFE-CGC atteint 7 % des voix aux élections prud’homales.
  • 2003 : publication du 1er « Baromètre stress ».
  • 2004 : Naissance du Réseau Equilibre en faveur de l'égalité professionnelle.
  • 2007 : Lancement du site Handi CFE-CGC
  • 2008 : La CFE-CGC est la 1re organisation représentative dans l’encadrement aux élections prud’homales. Annonce d'un rapprochement avec l'Union nationale des syndicats autonomes[5] (UNSA).
  • 2009 : La CFE-CGC communique sur les réseaux sociaux. La CFE-CGC renonce finalement à sa fusion avec l'UNSA.
  • 2010 : La CFE-CGC est reconnue organisation syndicale catégorielle. La CFE-CGC signe une convention cadre de coopération avec Sciences Po Aix-en-Provence.
  • 2011 : La CFE-CGC lance une grande consultation de toutes ses parties prenantes[6] visant à « Redonner du Sens à l'Entreprise », en partenariat avec l'Odis (Observatoire du dialogue et de l'intelligence sociale[7]). Elle est reconnue organisation syndicale catégorielle. Elle signe un partenariat avec les universités Paris-Dauphine et Versailles Saint-Quentin.
  • 2012 : La CFE-CGC lance la première enquête nationale auprès des salariés de l’encadrement des TPE.
  • 2014 : La CFE-CGC fait appel à ses membres afin de trouver un nouveau nom pour le syndicat[8]. Lancement de l’application gratuite "Made in Emplois"

Histoire revendicative[modifier | modifier le code]

La CFE-CGC a longtemps été perçue comme sous l'influence des partis de droite et l'alliée du patronat. Elle a semblé prendre un tournant plus revendicatif avec l'arrivée de Jean-Luc Cazettes en 1999, prenant en compte les modifications sociologiques de l'encadrement, défendant notamment la réduction du temps de travail.
Aujourd'hui, la CFE-CGC est présente sur des thématiques comme :

  • la santé au travail (notamment sur le stress et la souffrance au travail),
  • les salaires de l'encadrement et le pouvoir d'achat,
  • les retraites,
  • l'égalité professionnelle,
  • la conciliation des temps de vie,
  • l'éthique et le développement durable.

La CFE-CGC apporte des propositions sur le financement du déficit de la Sécurité sociale en proposant la création d'une Cotisation sociale sur la consommation, et revendique une rénovation du dialogue social au sein des entreprises en demandant la reconnaissance du rôle du syndicalisme par l'instauration d'un contrat d'engagement social. Elle demeure toutefois un syndicat en décalage avec d'autres revendications, notamment sur la fiscalité, où l'on retrouve une vision très catégorielle.

La CFE-CGC est aux côtés de la CFDT, de la CFTC et du MEDEF dans la majorité de gestion de la CNAM et de l'Unédic. Elle préside actuellement l'APEC.

La CFE-CGC a formulé des propositions pour réformer le système de la retraite en France et participé aux cinq grandes journées de grèves contre la réforme française des retraites de 2010. Selon la CFE-CGC, l’ensemble du financement de la protection sociale est à revoir et « il est crucial de trouver de nouvelles sources de financement » qui reposent sur une autre assiette que la masse salariale[9]. Il dénonce la plupart des mesures prises par le ministre du travail Éric Woerth dans le cadre de la réforme 2010 des retraites en France.

Organisation et instances[modifier | modifier le code]

Les instances[modifier | modifier le code]

Les instances de la CFE-CGC s'organisent en domaine professionnel et interprofessionnel.

Le domaine professionnel[modifier | modifier le code]

Les sections syndicales d'entreprises (SSE)[modifier | modifier le code]

La CFE-CGC compte plus de 10 000 sections syndicales d'entreprises, elle constituent le socle du militantisme CFE-CGC.

Les syndicats[modifier | modifier le code]

Les syndicats sont structurés par secteur professionnel auxquels peut s'ajouter, notamment au sein des grosses fédérations, un découpage géographique.

Les fédérations nationales (27)[modifier | modifier le code]

Les syndicats sont regroupés au sein de fédérations dont le champ de compétence est la branche d'activité.

Liste des fédérations établie sur la base des choix possibles de fédération lors de l'adhésion à la CFE-CGC ainsi que du dossier de presse préparé pour le 36e Congrès de la CFE-CGC.

Le domaine interprofessionnel[modifier | modifier le code]

Cette implantation à différents niveaux lui permet d'être présente au sein d'organismes paritaires (Sécurité sociale, CAF, Unédic, APEC, etc.), où elle est l'interlocutrice des pouvoirs publics.

Présidents et secrétaires[modifier | modifier le code]

Présidents[modifier | modifier le code]

  • Jean Ducros : 1944-1955 (décès en cours de mandat le 2 juillet 1955, interim assuré par ...)
  • André Malterre : 1956-1975 (élu en avril 1956 lors du 12e congrès)
  • Yvan Charpentié : 1975-1979 (élu lors du 22e congrès à Paris du 27 au 29 juin 1975)
  • Jean Menu : 1979-1984 (élu en avril 1979 lors du 24e congrès à Versailles)
  • Paul Marchelli : 1984-1993 (élu lors du 26e congrès qui se tient à Versailles du 17 au 19 mai 1984)
  • Marc Vilbenoît : 1993-1999 (élu en octobre 1993 lors du 29e congrès)
  • Jean-Luc Cazettes : 1999-2005 (élu au congrès de Tours du 16 au 18 juin 1999 - décès en cours de mandat le 10 septembre 2005, interim assuré par Jean-Louis Walter)
  • Bernard Van Craeynest : 2005-2013 (élu le 22 décembre 2005)
  • Carole Couvert : 2013-2016 (élue lors du 35e congrès du 17 au 19 avril 2013 à Saint-Malo)
  • François Hommeril : depuis 2016 (élu lors du 36e congrès à Lyon les 1er et 2 juin 2016)

Secrétaires généraux[modifier | modifier le code]

  • Yves Fournis : 1944-19..
  • André Malterre : 1950-1955
  • Gilbert Nasse: 1956-1966
  • Jean Menu: 1973-1975
  • Marc Vilbenoît : 19..-1993
  • Chantal Cumunel : 1993-1996
  • Claude Cambus : 1996- 1999
  • Jean-Louis Walter : 1999-2006
  • Gérard Labrune : 2006-2009
  • Carole Couvert : 2009-2013
  • Marie-Françoise Leflon : 2013-2016
  • Alain Giffard : depuis 2016

La question de la représentativité[modifier | modifier le code]

Les élections prud'homales[modifier | modifier le code]

Lors des élections prud'homales de 2008, la CFE-CGC a recueilli 8,2 % tous collèges confondus (5e organisation, derrière la CGT), dont 27,9 % des voix dans le collège encadrement dont elle est la première organisation, devant la CFDT.

Selon les chiffres du Haut conseil du dialogue social publiés en mars 2017, la CFDT se hisse pour la première fois en tête des élections professionnelles tenues de 2013 à 2016 avec 26,37 % des voix (+ 0,37 par rapport à 2013) devant la CGT 24,85 % (- 1,92 point), FO 15,59 % (- 0,35), la CFE-CGC 10,67 % (+ 1,24 point), la CFTC 9,49 % (+ 0,19), l’UNSA 5,35 % (+ 1,09) et Solidaires 3,46 % (- 0,01). Le poids relatif (retenu pour les seules organisations représentatives au niveau national est de 30,32 % pour la CFDT, 28,57 % pour la CGT, 17,93 % pour FO, 12,27 % pour la CFE-CGC et 10,91 % pour la CFTC.[10]

Organisation syndicale 1987 1992 1997 2002 2008
CFE-CGC 7,44 6,95 5,93 7,01 8,20 %

Résultats 2008/2002 par collège[11]:

  • Industrie : 5,2 / 4,7 %
  • Commerce : 5,1 / 4,5 %
  • Agriculture : 7,7 / 5,6 %
  • Activités diverses : 5,0 / 4,0 %
  • Encadrement : 27,8 / 22,8 %
  • Global : 8,2 / 7,0 %

Les nouvelles règles de représentativité[modifier | modifier le code]

À l'occasion de son congrès de 2006, la CFE-CGC a exprimé son opposition à une appréciation de la représentativité des organisations syndicales uniquement basée sur les élections[12] professionnelles.

En effet, depuis la loi « portant rénovation de la démocratie sociale » publiée au Journal officiel du , les règles de représentativité syndicale ont changé. Désormais, ce sont les élections en entreprise qui la conditionne, au niveau des entreprises de plus de 10 salariés dès l'entrée en vigueur de la loi de 2008, ainsi que dans les branches professionnelles et au niveau interprofessionnel.

Il faudra toutefois attendre le 1er janvier 2014, avec les conclusions de la direction générale du travail, qui effectue l'agrégation des résultats des élections professionnelles en entreprise, ainsi que le scrutin organisé dans les entreprises de moins de 10 salariés (TPE) fin 2012 et les élections du secteur agricole début 2013, pour déterminer la représentativité syndicale par branches professionnelles ainsi qu'au niveau national.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Publications générales[modifier | modifier le code]

Qu'est-ce que la CFE-CGC ?, Jean-Luc Cazettes, Paris, L'Archipel, 2002 (ISBN 9-782841-874286)

Plein cadre, itinéraire d'un syndicaliste comblé, Marc Vilbenoît s'entretient avec Jean-François Rabilloud, Le monde Editions, mai 1996 (ISBN 9-782878-991413)

Sociologie d'un syndicalisme catégopriel. La CFE-CGC ou la fin d'une exception, Elodie Béthoux, Guillaume Desage, Arnaud Mias, Jérôme Pélisse, Paris, Armand Colin/Recherches, 2013 (ISBN 9-782200-287139)

Publications confédérales[modifier | modifier le code]

  • Le Creuset, La Voix des cadres. Inter-sections. Publication de la CGC entre mai 1970 et 1977[13]
  • Cadres & maîtrise. Inter-sections entre 1977 et 1981[14]
  • Le + syndical, newsletter hebdomadaire.
  • 360° le Mag, webzine de la CFE-CGC

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Source : La CFE-CGC en quelques mots
  2. Loi n° 2008-789 du 20 août 2008 « portant rénovation de la démocratie sociale et réforme du temps de travail » (JORF du 21 août 2008).
  3. Jean-Luc Cazettes, Qu'est ce que la CFE-CGC, Paris, L'Archipel, , 126 p. (ISBN 9-782841-874286), p. 17-18
  4. Jean-Luc Cazettes, Qu'est ce que la CFE-CGC, Paris, L'Archipel, , 126 p. (ISBN 9-782841-874286), p. 27
  5. « L'UNSA et la CFE-CGC manifestement d'accord pour se marier », Luc Peillon, Libération, 15 avril 2008.
  6. Source : Questionnaire en ligne sur le site Nouveau Dialogue
  7. Source : Site de l'Odis.
  8. La CFE-CGC change de nom
  9. Lettre de la FIECI-CGC
  10. Michel Noblecourt, « Syndicalisme : la CFDT détrône la CGT de la première place », lemonde.fr, (consulté le 1er avril 2017)
  11. UNSA Magazine, n° 113, janvier 2009.
  12. « La CFE-CGC, syndicat des cadres, fait face à des défis difficiles », Rémi Barroux, Le Monde, 9 décembre 2006.
  13. « Le Creuset, La Voix des cadres. Inter-sections », sur http://data.bnf.fr/ (consulté le 6 août 2017)
  14. « Cadres & maîtrise. Inter-sections », sur http://data.bnf.fr/ (consulté le 6 août 2017)

Lien externe[modifier | modifier le code]