Bernie Sanders

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Bernie Sanders
Image illustrative de l'article Bernie Sanders
Fonctions
Sénateur junior du Vermont
2007
Prédécesseur James Jeffords
Biographie
Date de naissance 8 septembre 1941
Lieu de naissance New York New York
Parti politique Indépendant
apparenté démocrate
Conjoint Jane O'Meara
Religion Judaïsme

Bernard Sanders (né le 8 septembre 1941 à Brooklyn, New York), est un homme politique américain. Un des deux sénateurs qui représentent l'État du Vermont au Congrès des États-Unis, il a été maire de Burlington de 1981 à 1989, député à la chambre des représentants de 1991 à 2007 et sénateur des États-Unis depuis janvier 2007.

Étiqueté indépendant, Sanders est rattaché administrativement aux démocrates du sénat. Il a succédé au Sénat à James Jeffords, également un élu indépendant.

Sanders est le premier sénateur américain à se désigner comme socialiste ou socialiste démocratique[1],[2].

Enfance et études[modifier | modifier le code]

Bernie Sanders, fils d'un immigré juif-polonais, est né à Brooklyn en 1941.

Il est diplômé en sciences politiques de l'université de Chicago en 1964, année où il s'installe au Vermont où il travaille comme charpentier mais aussi comme journaliste.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Le Parti de la Liberté[modifier | modifier le code]

En 1971, Sanders rejoint le Parti de la liberté contre la guerre du Viêt Nam et tente, sans succès, de se faire élire au sénat comme candidat indépendant en 1972 et 1974 mais aussi au poste de gouverneur du Vermont (en 1972, 1976 et 1986), alors encore considéré comme un bastion républicain.

Parti d'un score de 2 % des suffrages lors de sa première campagne, il gagne progressivement des voix à chaque élection.

En 1977, Sanders démissionne du Parti de la liberté et travaille comme écrivain et directeur de la Société d'histoire du Peuple américain.

Maire de Burlington[modifier | modifier le code]

En 1981, Sanders tente de se faire élire maire de Burlington, la ville principale du Vermont et le siège de l'Université du Vermont ; et à la surprise générale, dans le cadre d'une triangulaire, est élu avec 10 voix de majorité contre le maire démocrate sortant, six fois élu, Gordon Paquette.

Il devient rapidement un maire populaire en revitalisant le centre-ville de Burlington, et sera réélu à deux reprises. En 1987, il est même élu contre un candidat ayant reçu l'investiture à la fois du parti démocrate mais aussi du Parti républicain.

Durant son premier mandat, ses partisans se regroupèrent dans une coalition progressiste qui devint par la suite le Parti progressiste du Vermont. Ce parti n'aura pourtant jamais plus de 6 élus au conseil municipal composé de 13 membres, mais ils empêcheront tout vote de défiance à l'encontre de Sanders.

En 1986, Sanders tenta de se faire élire gouverneur. Il obtint 14,5 % des suffrages empêchant le gouverneur sortant Madeleine May Kunin d'obtenir une majorité absolue des voix.

Représentant du Vermont[modifier | modifier le code]

En 1988, il se présenta aux élections pour tenter de reprendre le siège de député du républicain James Jeffords, candidat au Sénat. Sanders fut alors battu par le républicain Peter Smith.

En 1990, Sanders prit sa revanche en étant élu contre Smith avec 56 % des voix. Il devint alors le premier candidat indépendant élu au Congrès des États-Unis depuis 1950.

De 1991 à 2007, Sanders sera réélu à 6 reprises à la chambre comme candidat indépendant. Une seule fois, en 1994, il reçut l'investiture démocrate (ce sera la seule fois où il sera élu avec moins de 55 % des voix). En 2004, il était réélu avec 69 % des suffrages contre le républicain Greg Park (24 %) et le démocrate Larry Drown (7 %).

Durant ses mandats au Congrès, Sanders a voté pour l'amendement restreignant les poursuites pénales contre les fabricants d'armes à feu, pour l'interdiction du clonage humain, contre la guerre en Irak que ce soit en 1991 pour la libération du Koweït ou en 2003 pour renverser Saddam Hussein, pour le soutien aux troupes américaines en Irak, pour un système de sécurité sociale universelle et pour toutes les lois visant à protéger les travailleurs américains contre les délocalisations ou les conséquences sociales du libre-échange en matière de commerce. Il s'est aussi frontalement opposé à la politique économique libérale d'Alan Greenspan, alors président de la Réserve fédérale américaine.

Depuis 1992, Sanders a également apporté son soutien à chaque candidat démocrate à l'élection présidentielle. Il présida également pendant 8 ans le caucus des démocrates progressistes regroupant les 65 représentants les plus à gauche de la chambre des représentants.

Sénateur du Vermont[modifier | modifier le code]

Bernie Sanders, le 27 février 2006.

En 2006, Sanders annonça sa décision de concourir à l'élection au poste de sénateur du Vermont après le retrait de son ami, le sénateur Jim Jeffords (qui avait quitté le parti républicain en 2001).

Le sénateur Charles Schumer, président de la commission d'investiture démocrate, apporta immédiatement son soutien à Sanders, en dépit de nombreuses réticences au sein du Parti démocrate. Il reçut également le soutien du sénateur Harry Reid, du président du Comité national démocrate, Howard Dean, et du sénateur Barack Obama qui vint personnellement dans le Vermont faire campagne pour Sanders.

Néanmoins, Sanders déclina l'investiture démocrate tout en acceptant de recevoir leur soutien officiel. Sans concurrent démocrate, soutenu également par les Socialistes démocrates d'Amérique, Sanders est élu sénateur du Vermont, le 7 novembre 2006, avec 65 % des voix face à l'homme d'affaires républicain Richard Tarrant qui obtient 32 %. Certains démocrates espéraient qu'en échange il ferait pression sur ses amis du Parti progressiste du Vermont (6 sièges sur 150 à la Chambre des représentants du Vermont) pour que celui-ci ne présente pas de candidats à certains postes pour ces élections afin de ne pas prendre de voix aux candidats démocrates. Le Parti progressiste du Vermont a annoncé qu'il refusait ce marché[3], mais en fin de compte le candidat progressiste annoncé au siège de député fédéral, David Zuckerman, s'est retiré début 2006 et le démocrate Peter Welch a remporté cette élection.

A la Chambre du Sénat américain, le 10 décembre 2010, Bernie Sanders est bien décidé à prendre la parole contre la décision de Barack Obama de reconduire les exemptions d’impôts décidées par George Bush. Une parole qu’il ne lâchera que huit heures et demie plus tard en tentant de faire obstruction par la technique parlementaire dite du « filibuster ».

Bernie Sanders a été réélu le 6 novembre 2012 avec 71 % des voix face au candidat républicain John MacGovern [4]

Opinions[modifier | modifier le code]

Santé[modifier | modifier le code]

Il est un fervent supporter du système de santé universel.

Libre-échange[modifier | modifier le code]

Sanders s'oppose à ce qu'il nomme le libre-échange "absolu"[5]. Ce dernier, note-t-il, prive les travailleurs américains de leur emploi pendant que les travailleurs étrangers sont exploités dans des ateliers de misère.

Réforme des médias[modifier | modifier le code]

Bernie Sanders est un grand pourfendeur des empires médiatiques, cette concentration de médias dans les mains d'un seul homme[6]. À ce titre, il est apparu dans deux documentaires critiques: Orwell Rolls in His Grave et Outfoxed: Rupert Murdoch's War on Journalism[7].

Environnement[modifier | modifier le code]

Sanders reconnait que le réchauffement climatique est une réalité[8]. Dans un discours prononcé au Sénat, il réfute les allégations du sénateur James Inhofe: « Lorsque le sénateur Inhofe dit que le réchauffement climatique est un canular, il a tout à fait tort car une grande majorité des scientifiques du climat s'accordent sur ce phénomène »[9].

Puissance nucléaire[modifier | modifier le code]

Suite à l'accident nucléaire de Fukushima en 2011, Sanders a demandé un moratoire sur l'autorisation de nouvelles centrales nucléaires et le renouvellement des permis pour les installations existantes, dans le but de ralentir ce qui a été présentée comme une renaissance du nucléaire aux États-Unis[10]. Sanders a écrit au président Barack Obama pour lui demander de nommer une commission spéciale pour examiner la sureté des centrales nucléaires américaines. Pour lui, "dans un système de libre entreprise, l'industrie nucléaire devrait être tenu de s'assurer contre les accidents"[10].

Droits civiques[modifier | modifier le code]

Il défend le mariage pour tous et la législation en faveur de l'avortement[11]. Il a voté contre le Defense of Marriage Act (qui reconnait le mariage comme l'union d'un homme et d'une femme) à la Chambre des représentants[12].

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Bernie Sanders a un fils et est marié, en seconde noce, à Jane O'Meara, présidente du collège de Burlington.

Son frère, Larry Sanders (ne pas confondre avec le sportif américain), naturalisé britannique, est membre du Parti vert de l'Angleterre et du pays de Galles.

Son neveu, fils de Larry Sanders, est conseiller municipal écologiste de la ville d'Oxford dans le comté d'Oxfordshire en Angleterre.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Corinne Lesnes, Bernie, le socialiste « démocratique », Le Monde, 5 juin 2008
  2. Democrats pile pressure on Bush as glitches hit US poll, The Guardian, 8 novembre 2006
  3. Ross Sneyd, Progressives say no deals on 2006 elections, Associated Press, 12 mai 2005
  4. Sanders re-elected, polls close in Va., Ind. The Seattle Times
  5. « http://bernie.house.gov/trade.asp » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-03-21
  6. (en) John Nichols et Robert W. McEhsney, « The Battle Over Media Ownership is Far From Over », Common Dreams NewsCenter,‎ 3 juil. 2003 (consulté le 4 août 2009) — Members of Congress are finding they cannot avoid talking about media issues because people really are upset with what the FCC did and with the broader issue of who controls the media," says U.S. Rep. Bernie Sander, I-Vermont, a leading critic of the FCC rule changes [removing limits on the ability of individual companies to dominate more than 35 percent of television communications and to prevent "cross-ownership" schemes that allow corporations to buy up primary newspapers, radio and television stations and cable and Internet services in a city.] and a champion of media reform in the public interest.
  7. (en) « Vt. congressman interviewed for film », USA Today,‎ 26 juil. 2004 (lire en ligne) — Rep. Bernie Sanders has a burgeoning second job: movie star. Vermont's lone congressman is one of many legislators, journalists and media watchdogs interviewed for « Orwell Rolls in His Grave » by director Robert Pappas, and Robert Greenwald's latest film, « Outfoxed: Rupert Murdoch's War on Journalism ».
  8. (en) Shay Totten, « Sanders to push global warming legislation in Senate », Vermont Guardian,‎ 15 janv. 2007 (lire en ligne) — Sen. Bernie Sanders, I-VT, said Monday he was making good on at least one of a handful of campaign promises — introducing a bill designed to cut U.S. contributions to global greenhouse gas emissions in the next decade. ... Sanders added that construction of new power plants is “extraordinarily expensive” and he would prefer to see federal funding support used to expand the development of sustainable energy, as well as biofuels.
  9. (en) James Gerken, « Senator Bernie Sanders: Climate Change Is Real, Senator Inhofe Is 'Dead Wrong' », The Huffington Post,‎ 31 juil. 2012 (lire en ligne)
  10. a et b « US Sen. Sanders: Slow down on nuclear relicensing » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), March 21, 2011
  11. Matthew Rothschild, « A Socialist in the Senate? », The Progressive,‎ May 12, 2005 (consulté le January 7, 2009)
  12. « Final Vote Resulte for Roll Call 316 », Office of the Clerk, U.S. House of Representatives (consulté le May 1, 2011)

Lien externe[modifier | modifier le code]