Ingénieur

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Ingénieur
Image illustrative de l'article Ingénieur
Gustave Eiffel

Appellation(s) Ingénieur
Secteur(s) d'activité Physique,

Architecte,
Génie électrique,
Agroalimentaire,
Zoologiste,
Robotique,
Industrie,
Commercial,
Médical,
Génie civil,
Aérospatial,
Aéronautique,
Informatique,
Statistique,
Finance,
Logistique,
Agronomie...

Compétences requises Direction de Projet,

Innovation et création,
Animation d'équipes pluridisciplinaires,
Management de fournisseurs,
Assurance qualité...

Un ingénieur (le mot ingénieure est également employé dans certains pays[Lesquels ?]) est un professionnel exerçant des activités de conception, d'innovation et de direction de projets, de réalisation et de mise en œuvre de produits, de systèmes ou de services impliquant la résolution de problèmes techniques complexes[incompréhensible]. Ces responsabilités supposent un ensemble de connaissances techniques d'une part, économiques, sociales, environnementales et humaines d'autre part, reposant sur une solide culture scientifique et générale.

Ce terme revêt cependant des significations diverses selon les époques et les secteurs d'activité. Jusqu'aux années 1980, le terme « ingénieur » était spécifiquement réservé à des experts travaillant dans l'industrie et y exerçant une profession scientifique ou, au moins, technique. Au XXIe siècle, l'ingénieur travaille pour toutes sortes d'organisations :

mais également pour

  • des coopératives agricoles ;
  • des entreprises de la grande distribution ;
  • des banques et assurances ...

Le terme « ingénieur » et les fonctions qui y sont reliées se sont beaucoup élargies.

La technicité, l'autonomie requise et les coûts importants associés à certains équipements modernes amènent parfois le remplacement de techniciens ou de professionnels qualifiés par des ingénieurs. Le métier d'ingénieur exige également des compétences rigoureuses en gestion de projet.

Sommaire

Étymologie [modifier]

Origine du mot [modifier]

Le terme n'est attesté, sous sa forme actuelle, qu'à partir de la Renaissance. Il s'agit d'une réfection probable d'après "ingénier" du terme attesté en ancien français engigneor « constructeur d'engins de guerre », dérivé de « engin ».

Au Moyen Âge, le terme engineor est attesté au XIe siècle siècle dans le Domesday Book.

On parle parfois d'« espèce-ingénieur » pour décrire des espèces animales qui modifient leur environnement en créant de nouveaux habitats (ex : le castor qui grâce à ses barrages crée des zones humides, ou les vers de terre qui produisent l'humus et mélangent le sol.

Féminisation du mot [modifier]

Les Belges ont fait le choix de retenir l'emploi épicène tandis que les Québécois et les Suisses ont ajouté un « e » final, les Français emploient les deux, bien que les Éditions Larousse préconisent l'emploi épicène[1],[2],[3],[4]

En France, on peut noter que l'association qui regroupe les ingénieurs de sexe féminin a choisi en 1982 le nom de « femme ingénieur » et l'a conservé depuis[5] bien que l'on rencontre de nombreuses utilisations du mot « ingénieure » sur son site[6],[7] ou encore dans ses opérations « Ingénieure au Féminin »[8] ; quant à l'Office national d'information sur les enseignements et les professions (Onisep), organisme public français, il utilise l'expression « ingénieur(e) » dans ses fiches métiers[9].

Historique [modifier]

Article connexe : Histoire de la construction.
Un objet conçu par des ingénieurs : le moteur à combustion interne et son système bielle/manivelle.

De l'Antiquité à l'Age classique, ce sont les architectes-bâtisseurs-constructeurs-inventeurs qui sont les proto-ingénieurs, avec des figures telles qu'Imhotep, architecte de la plus ancienne pyramide à degrés du monde à Saqqarah en Égypte, Archimède, savant grec connu pour ses découvertes en mécanique (Poussée d'Archimède, Vis d'Archimède), les légions romaines et leurs œuvres de génie civil, les corporations de bâtisseurs des cathédrales européennes au Moyen Âge, Gutenberg et Léonard de Vinci et les inventions de la Renaissance, Denis Papin et la machine à vapeur.

Au-delà de références historiques d'essence militaire, l'ingénieur apparaît, dans sa version moderne, pour l'essentiel à partir du XIXe siècle (1re révolution industrielle), où il se confirme comme un acteur de premier plan du développement industriel. Les ingénieurs, dont le nombre augmente dès lors régulièrement, se constituent ainsi comme groupe social reconnu en France au sein de la population des cadres. Toutefois, la considération accordée aux ingénieurs varie sensiblement selon les pays : elle est ainsi très élevée en France et en Allemagne. Elle est moindre dans les pays anglo-saxons où les ingénieurs ont un profil plus spécialisé et technique et où le terme « engineers » recouvre simultanément les profils de techniciens (e.g. maçons, électriciens) et d'ingénieurs-concepteurs.

Dans un sens vieilli, ce terme désigne donc celui qui construisait ou inventait des machines de guerre ou concevait et réalisait des ouvrages de fortification ou de siège de places fortes. Ainsi, Vauban et Léonard de Vinci étaient ingénieurs. À cette époque, l'ingénieur est en général un architecte-technicien, inventif et rationnel.

Dans l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, l'article concernant l'ingénieur en distingue trois types :

« Les uns pour la guerre ; ils doivent savoir tout ce qui concerne la construction, l'attaque & la défense des places. Les seconds pour la marine, qui sont versés dans ce qui a rapport à la guerre & au service de mer ; & les troisièmes pour les ponts & chaussées, qui sont perpétuellement occupés de la perfection des grandes routes, de la construction des ponts, de l'embellissement des rues, de la conduite & réparation des canaux. »

Dans la 6e édition du Dictionnaire de l'Académie française (1832-1835), l'article concernant l'ingénieur, évoque, outre l'ingénieur des fortifications militaires :

« Celui qui conduit quelques autres ouvrages ou travaux publics, tels que la construction et l'entretien des routes, l'exploitation des mines, etc. Ingénieur des ponts et chaussées. Ingénieur des mines. Ingénieur de la marine ou maritime. Ingénieur-constructeur de vaisseaux. Ingénieur géographe, celui qui dresse des cartes de géographie. Ingénieur pour les instruments de mathématique, Celui qui fait des instruments de mathématique. Ingénieur-opticien, celui qui fait des instruments d'optique. »

Le terme « génie » rassemble les processus et méthodes d'invention de solutions et de coordination technique permettant d'aboutir – par synthèses successives et approche pluri-disciplinaire – à des objets techniques complexes. Dans la pratique, on utilise les termes de génie de l'Air, génie chimique, génie civil, génie électrique, génie génétique, génie industriel, génie logiciel, génie maritime, génie mécanique, génie physique, génie rural, génie urbain, etc. dans des sens où en anglais on utilise le terme engineering. Le dictionnaire Hachette-Oxford donne d'ailleurs bien génie comme traduction correcte du terme engineering.

La création des grands corps techniques de l'État à partir de la Révolution Française a donné lieu, à l'époque contemporaine, à une définition statutaire du mot ingénieur, qui désigne dans le vocabulaire administratif les membres de ces corps. Ceux-ci conservent le titre d'ingénieur même quand leurs activités professionnelles n'ont pas de lien avec la technique.

Dans les entreprises, depuis le milieu du XXe siècle, le titre d'ingénieur recouvre des réalités très diverses, parfois éloignées de la définition théorique. Il est en effet appliqué aussi bien à des fonctions techniques de réalisation ne comportant aucune responsabilité de conception ou de conduite de projet, qu'à des fonctions commerciales ou de conseil en relation avec des produits ou services à caractère technique mais dont le contenu n'est pas essentiellement technique.

Accès au titre et à la profession [modifier]

Au Canada [modifier]

Au Canada, le métier d'ingénieur est une profession réglementée et l'accès à la profession nécessite une autorisation d'exercer. Au Québec, par exemple, le titre d'ingénieur est réglementé par l'OIQ.

En France [modifier]

En France, l'usage du titre d'ingénieur et l'accès à la profession sont libres[10] ; cependant le titre d'« Ingénieur diplômé » est réglementé : la délivrance d'un titre d'ingénieur diplômé par une école ou un organisme de formation professionnelle est en effet, depuis 1934, soumise à l'agrément de la Commission des titres d'ingénieur (CTI). Un étudiant d’une école habilitée par l’État à délivrer un diplôme d'ingénieur, devient après ses études « ingénieur diplômé ». Seuls ceux-ci ont ce titre. Depuis 1934, une personne usurpant le titre d'« Ingénieur diplômé » (le mot diplômé est ici important car il montre le rattachement du diplôme à la CTI) est passible d’un emprisonnement d’un an et d’une amende de 15 000 €[11].

Fonctions [modifier]

L'ingénieur intervient principalement au niveau de la recherche et développement ou de la fabrication de produits. Il apporte son expertise technique et sa créativité en tenant compte de contraintes de temps, de ressources, d'innovation, d'ergonomie et de respect de l'environnement et des réglementations.

Le métier d'ingénieur est très différent suivant les secteurs d'activité. Il intervient dans les domaines suivants :

  • Recherche et développement (R&D) : métier très large consistant à concevoir de nouveaux produits. L'ingénieur peut être concepteur, calculateur, responsable des essais, comme dans l'aéronautique, responsable de la veille technologique… ;
  • Application : l'ingénieur, dans ce cas, s'occupe de la partie industrielle. Il peut travailler pour les méthodes (définition des moyens de fabrication d'un produit), gérer les différents aspects d'une chaîne de production (approvisionnement, stock, délais…), gérer les nouvelles machines et planifier les opérations de maintenance dans une usine ;
  • Qualité : métier transverse, la fonction de l'ingénieur est d'améliorer la qualité et la fiabilité d'un produit, d'une chaîne de production, d'un processus ;
  • Sécurité : métier transverse. L'ingénieur édicte les règlements de sécurité, transcrit les normes de protection en fonction du métier et vérifie leur application ;
  • Vente : le rôle de l'ingénieur ici est de transcrire les besoins des clients en solutions techniques réalisables.

Les principaux domaines d'applications sont les suivants :

Quelques ingénieurs célèbres [modifier]

Pour leurs réalisations scientifiques, techniques et/ou industrielles

Ingénieurs canadiens Flag of Canada.svg

(ingénieurs québécois sur Wikipédia)

Ingénieurs européens Flag of Europe.svg

(ingénieurs européens sur Wikipédia)

Ingénieurs américains Flag of the United States.svg

(ingénieurs américains sur Wikipédia)

Ingénieurs japonais Flag of Japan.svg

(ingénieurs japonais sur Wikipédia)

Quelques réalisations par de célèbres ingénieurs [modifier]

Premier atterrissage de l'Airbus A380

Dans la littérature [modifier]

  • Auguste Detœuf, ingénieur lui-même et grand employeur d'ingénieurs, attribue dans ses Propos de O.L. Barenton, confiseur cette boutade à Rothschild : « Il y a trois façons de faire faillite [...] : le jeu, les femmes et les ingénieurs. La première est la plus rapide, la deuxième est la plus agréable et la troisième la plus sûre[12]! ».
  • Dans son roman Les Dompteurs de l'or, Paul d'Ivoi utilise le mot au féminin et écrit à plusieurs reprises « l'ingénieure » pour désigner son héroïne.
  • Jules Verne a choisi comme personnage principal de son roman l'Île mystérieuse un ingénieur américain nommé Cyrus Smith.

Formation d'ingénieur [modifier]

En 2006 :

le Maroc a formé 4 200 ingénieurs en 2005. En 2010 et à la suite d'un programme lancé par le gouvernement marocain, 10 300 ingénieurs ont été diplômés dans 54 établissements différents, à ce nombre s'ajoutent 300 ingénieurs diplômés des écoles et universités à l'étranger[14].

Évolution du métier [modifier]

Selon le président de l'association des Centraliens, l'ingénieur doit avoir une approche globale de toutes les problématiques qu'il est amené à traiter. Sa « compréhension des phénomènes physiques, chimiques, biologiques » est indispensable, à un moment où l'« on a tendance à oublier les réalités physiques »[Note 1]. L'ingénieur a en effet un schéma de pensée « analyser / caractériser / synthétiser / proposer des solutions pragmatiques » qui convient particulièrement bien pour affronter les défis que notre monde va affronter dans les décennies à venir[15].

Pour approfondir [modifier]

Bibliographie [modifier]

  • Jean C. Baudet, Les Ingénieurs belges, Éditions APPS, Bruxelles, 1986
  • Hélène Vérin, La gloire des ingénieurs. L'intelligence technique du XVIe au XVIIIe siècle, Albin Michel, Paris, 1993

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]

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Notes et références [modifier]

Notes [modifier]

  1. Usage fréquent du mot « immatériel »

Références [modifier]

  1. ingénieur, sur le site des Éditions Larousse. Consulté le 24 janvier 2013.
  2. Règlement relatif à l'usage de la forme féminine des noms de métier, de fonction, de grade ou de titre dans les actes officiels, arrêt du Conseil d'État de la République et canton de Genève, 1er janvier 1989, [lire en ligne].
  3. Guide d’aide à la féminisation des noms de métiers, titres, grades et fonctions, Centre national de la recherche scientifique, Institut national de la langue française, 1999, p. 24, [lire en ligne].
  4. Muriel Delforge, Un peu de linguistique : Ingénieur ou Ingénieure ?, Polytech News, 2009, p. 8, [lire en ligne].
  5. Qui sommes-nous ?, sur le site de l'association des Femmes Ingénieurs. Consulté le 24 janvier 2013.
  6. Futures ingénieures : où sont les meilleurs salaires ?, sur le site de l'association des Femmes Ingénieurs. Consulté le 24 janvier 2013.
  7. Augmenter la proportion de femmes ingénieures et scientifiques… Pourquoi ?, sur le site de l'association des Femmes Ingénieurs. Consulté le 24 janvier 2013.
  8. Des opérations « Ingénieure au Féminin », sur le site de l'association des Femmes Ingénieurs. Consulté le 24 janvier 2013.
  9. ingénieur(e) environnement, sur le site de l'Onisep. Consulté le 24 janvier 2013.
  10. [1]
  11. Article L642-12 du code de l’éducation et Article 433-17 du code pénal.
  12. Auguste Detœeuf, Propos de O.L. Barenton, confiseur, p. 124, Éditions du Tambourinaire, 1962.
  13. Observatoire de l’emploi des ingénieurs diplômés, enquête du CNISF, juin 2009.
  14. L’objectif 10 000 ingénieurs est atteint : 10 600 seront sur le marché en 2010.
  15. Philippe Bihouix et Benoît de Guillebon, avec l'association des Centraliens, Quel futur pour les métaux ? Raréfaction des métaux : un nouveau défi pour la société, EDP Sciences, préface de Marc Ventre, p. 7.