DCNS

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DCNS

Description de l'image  Logo dcns.png.
Création 1631 naissance des premiers arsenaux
Dates clés 2003 : DCN devient une société anonyme
2007 : acquisition des activités navales de Thales et entrée de Thales dans le capital de DCN : DCN devient DCNS
Forme juridique Société anonyme
Slogan Sea the future
Siège social Drapeau de France Paris (France)
Direction Hervé Guillou
Actionnaires État Français : 64 %
Thales: 35 %
FCPE Actions DCNS: 1,01 %
DCNS Actionnariat: <0,01 %
Activité Conception, Construction et entretien de navires militaires de surface, de sous-marins, fournitures de services aux marines, énergies…
Produits Frégates, sous-marins nucléaires ou classiques, porte-avions, systèmes d'armes embarqués, systèmes propulsifs, services aux forces, systèmes pour les énergies (nucléaire civil, énergies marines renouvelables)...
Effectif 13 648 collaborateurs (2013)
Site web http://www.dcnsgroup.com
Chiffre d’affaires 3,358 Md d'euros (2013)
Résultat net 166 millions d'€ (2013)

Le groupe DCNS, dont le nom est une marque et n'est ni un sigle, ni un acronyme et n'a donc pas de signification abrégée , est une entreprise intervenant dans le domaine du naval militaire et de l'énergie. Il conçoit et construit des navires armés, des systèmes de combat, des infrastructures portuaires, et assure le maintien en conditions opérationnelles des forces. DCNS propose également depuis quelques années une large gamme de solutions dans l'énergie nucléaire civile et les énergies marines renouvelables.

Le groupe dont l’État français est actionnaire à hauteur de 64 % et Thales à hauteur de 35 % est devenu une société de droit privé en 2003. Il est l’héritier des arsenaux français et de la direction des constructions et armes navales (DCAN) devenue la DCN (direction des constructions navales) en 1991.

Historique[modifier | modifier le code]

Naissance des arsenaux[modifier | modifier le code]

En 1631, le cardinal de Richelieu, alors premier ministre de Louis XIII décide de développer les arsenaux afin de donner à la France une puissance maritime capable de rivaliser avec celle de la Grande-Bretagne, il crée ainsi l’arsenal de Brest. Cette volonté sera amplifiée par Colbert, ministre de la Marine qui développera plusieurs arsenaux névralgiques : arsenal de Toulon, arsenal de Brest, arsenal de Rochefort. Il sera imité ensuite par son fils Seignelay qui lui succédera[1].

En 1750, le marquis de Montalembert convertit une ancienne papeterie en forge à canon à Ruelle-sur-Touvre.

Le XIXe siècle voit se développer ces grandes infrastructures qui accompagnent la mutation de la marine à voile vers la motorisation. Les arsenaux se transforment donc en industrie mécanisée où le bois est de plus en plus remplacé par l'acier et les vergues par les lignes d'arbre.

L’arsenal de Rochefort ferme en 1926, puis en 1937 est créé l'établissement de Saint-Tropez[1].

Création de la DCAN[modifier | modifier le code]

Michel Debré crée en 1961 la délégation ministérielle pour l’Armement (DMA) qui deviendra en 1977 la délégation générale pour l'Armement (DGA, devenue depuis direction générale de l'Armement) ; il y intègrera l’ensemble des arsenaux au sein d’une direction appelée la « Direction des constructions et armes navales » (DCAN).

L'objectif de cette réforme était de centraliser et de regrouper l'ensemble des capacités de conception et de construction des administrations et des armées au sein d'une délégation interarmées directement sous l'autorité du gouvernement.

De la DCAN à la DCN, puis DCN et DCNS[modifier | modifier le code]

En 1991, la Direction des constructions et armes navales (DCAN) devient la Direction des constructions navales (DCN), la même année est créée la société anonyme DCN international pour les activités commerciales de promotion et de suivi des contrats à l'exportation de DCN (torpilles, systèmes SYLVER…). DCN international a également accompagné juridiquement DCN dans des projets de diversification industrielle à la fin des années 1990 dans le domaine du forage pétrolier offshore (Brest : modernisation en 1997 de la plateforme Sedco 707 et construction de plateformes pétrolières de type SFX). La Direction des constructions navales (DCN) demeure au sein de la DGA tout comme la DCAN précédemment. Cette direction fait l'objet en 1997 d'une première transformation substantielle, les activités étatiques sont intégrées dans le service des programmes navals (SPN), nouvelle entité créé à cette occasion pour assurer les responsabilités de maîtrise d'ouvrage des navires destinés au ministère de la défense, principalement à la marine nationale. Désormais la DCN n'est plus chargée que des seules activités industrielles ayant abandonné les activités étatiques au SPN, elle reste toutefois maintenue au sein de la DGA.

En 2000, la DCN change de statut, cette administration se transforme en service à compétence nationale directement rattaché au ministère de la défense. En 2001, la DCN change à nouveau de statut pour se transformer en entreprise publique[2] le 1er juin 2003 avec le transfert des droits, biens et obligations de l’État à son profit. Depuis ce changement de statut, le nom de la société - « DCN » - n'est plus un sigle et ne signifie plus « direction des constructions navales ».

Enfin, DCN, société de droit privé à capitaux publics, devient DCNS, le 29 mars 2007 par l'acquisition par DCNS des activités navales France de Thales[3], d'Armaris, l'ancienne filiale commune détenue à parité, et MOPA2, la société chargée du projet du second porte-avions (le « S » de DCNS fait référence aux services et rappelle également la dernière lettre de nombreuses sociétés du secteur de défense comme par exemple Thales[4]).

Diversification dans l'énergie[modifier | modifier le code]

Ces dernières années, pour réduire son exposition au secteur militaire, DCNS cherche à se développer vers les secteurs liés à la production d'énergie en mer. Ces efforts comprennent cinq axes :

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Missions[modifier | modifier le code]

DCNS conçoit et développe des systèmes navals militaires dans tous les domaines (bâtiment de surface, sous-marins conventionnels et nucléaires, système de combat, torpilles…), tant pour l'entretien (maintien en condition opérationnelle : MCO) que pour les constructions neuves.

DCNS est également un innovateur dans l'énergie.

DCNS est chargé de mener à bien des projets dans le domaine du naval, de la défense et des infrastructures et notamment de la :

  • Programmation stratégique
  • Conception
  • Construction
  • Maintien en condition opérationnelle, entretien.
  • Exploitation

DCNS vend ses produits à la Marine nationale française, mais aussi aux marines étrangères pour les produits classiques avec autorisation du gouvernement français.

Enfin, DCNS propose une large gamme de solutions dans l'énergie nucléaire civile et les énergies marines renouvelables. Le développement de DCNS dans l'énergie s’inscrit dans la stratégie de croissance du Groupe qui vise le doublement de son chiffre d’affaires entre 2010 et 2020.

Quelques éléments clés[modifier | modifier le code]

DCNS conçoit, construit et assure l'entretien et le maintien en condition opérationnelle (MCO) notamment des navires de surface et sous-marins de la Marine nationale française.

DCNS propose aussi une large gamme de solutions dans l'énergie nucléaire civile et les énergies marines renouvelables. DCNS est l'un des seuls industriels au monde à explorer l’ensemble des technologies d’énergies marines renouvelables telles l' éolienne flottante offshore, l'hydrolienne, l'énergie thermique des mers (ETM) et l'énergie des vagues.

Organisation[modifier | modifier le code]

DCNS est organisé en quatre divisions opérationnelles et d'une business unit supportées par des directions fonctionnelles :

  • Division Services
  • Division Systèmes navals de surface
  • Division Sous-marins
  • Division Énergies et infrastructures marines
  • Business Unit Armes sous-marines

Actionnariat[modifier | modifier le code]

L'actionnaire principal reste la République française avec 64 % du capital de l'entreprise. En 2007, le groupe Thales cède à DCN son activité navale Thales Naval France et pour 250M€ acquiert 25 % de la nouvelle entité DCNS. Fin 2011, Thales monte à 35 % du capital de DCNS.

Évolutions possibles[modifier | modifier le code]

De nouvelles dispositions sont prévues pour ouvrir le capital de DCNS afin de préparer d'éventuels rapprochements avec d'autres groupes industriels. Cependant l'État français compte conserver le contrôle sur les activités de DCNS. Il a été envisagé l'entrée des Chantiers de l'Atlantique, comme évoqué par le président de la République française en septembre 2008[8]. À plus long terme, TKMS, BAe Systems, Fincantieri ou Navantia pourraient devenir des partenaires[9].

Ressources humaines[modifier | modifier le code]

DCNS a développé plusieurs partenariats étrangers par l'intermédiaire de ses filiales. L'entreprise emploie 13000 collaborateurs au 30 juin 2012 dont environ la moitié sont des ouvriers d'état et l'autre moitié des salariés de droit privé. DCNS est signataire du Pacte PME notamment en ce qui concerne ses relations avec ses fournisseurs.

Stratégie de développement 2010[modifier | modifier le code]

Le P-DG de DCNS, Patrick Boissier a annoncé en décembre 2009 que son entreprise souhaitait doubler son chiffre d'affaires entre 2010 et 2020. Pour ce faire il table sur un gain de performance de 30 % afin d'être de plus en plus compétitif sur la scène mondiale. De plus, DCNS développe également une offre dans le nucléaire civil ainsi que sur les énergies marines renouvelables. Patrick Boissier a également évoqué de possibles alliances au niveau européen pour gagner en compétitivité, cependant ces rapprochements ne sont qu'à l'état d'étude[10].

Implantations[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

DCNS dispose de 10 implantations en France et emploie 13000 personnes au 30 juin 2012 dont une part encore déterminante d'ouvriers d'état mise à disposition sans limitation de durée par l’État français.

Bagneux[modifier | modifier le code]

Le site regroupe notamment deux métiers majeurs de DCNS : système de combat et logistique des armées.

Brest - Base navale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Arsenal de Brest.

Le site est notamment affecté au maintien en condition opérationnelle (MCO) des navires de surface et des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE). DCNS assure également.des prestations de conception, d'exploitation et de maintenance des infrastructures industrielles et portuaires de la Marine nationale. Le Groupe est fortement impliqué dans le pôle de compétitivité Mer. La Division Services dispose également de nombreux bureaux au sein de la Base navale.

L'activité constructions neuves est abandonnée depuis la fin de la construction des bâtiment de projection et de commandement (BPC) Mistral et Tonnerre achevée en 2006, toutefois, ponctuellement ses capacités sont utilisées pour les programmes de construction neuve menés par d'autres sites (Lorient, Cherbourg…).

Brest - Île Longue[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Île Longue (Finistère).

Cherbourg[modifier | modifier le code]

Le site de Cherbourg est principalement affecté à la réalisation de sous-marins à propulsion nucléaire (Sous-marin nucléaire d'attaque (SNA) et Sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE) ou conventionnels de classe Scorpène.

Le premier arsenal militaire de Cherbourg a été fondé en 1793, puis remplacé en 1803 par un nouvel arsenal, au sein du port militaire voulu par Napoléon. Spécialisé dans la construction des bâtiments de surface à voile, puis à hélices, l'établissement se consacre dès 1898 à la construction de sous-marins.

La production est actuellement à 70 % destinée à la Marine nationale (SNLE type « Le Triomphant » et SNA type « Suffren »), et à 30 % en export (sous-marins à propulsion diesel-électrique de type Scorpène).

Lorient[modifier | modifier le code]

Le site est chargé des constructions neuves et de l'exportation des bâtiments de surface de moyen tonnage ainsi que de l'ingénierie qui se répartit sur les sites de Cherbourg, Brest et Le Mourillon (Toulon).

La partie Ingénierie intervient en termes de conception des navires armés et des systèmes navals complexes. Elle pilote et réalise l'intégration fonctionnelle et physique des systèmes.

Article détaillé : Arsenal de Lorient.

Nantes - Indret[modifier | modifier le code]

Article connexe : Fonderie d'Indret.

À l'origine, fonderie de canons, construite en 1777 sur décision de Sartine, elle devient manufacture royale de canons en 1781, puis de machines à vapeur pour la Marine en 1828.

Dans le cadre de la politique de dissuasion nucléaire, Indret se consacre dès les années 1960 à la propulsion nucléaire, pour fournir les sous-marins à propulsion nucléaire ainsi que le porte-avions Charles de Gaulle.

Le site de Nantes-Indret est spécialisé dans la conception et l'intégration des réacteurs nucléaires des sous-marins et bâtiments de surface. Un de ses axes de développement concerne les développements AIP (Air Independant Propulsion) et l'éco-conception (réduction de la consommation d'énergie par exemple).

Cofondateur du pôle de compétitivité EMC2 (Ensembles Mécaniques et Composites Complexes), ce site de DCNS est également un acteur régional important avec ses nombreux fournisseurs et sous-traitants, ainsi que par ses partenariats avec des laboratoires de recherche ou des grandes écoles locales (Polytech'Nantes, École centrale de Nantes, École navale, Audencia…)

Paris[modifier | modifier le code]

Outre la direction du groupe, le siège social regroupe l'ensemble des directions fonctionnelles, des directions transverses et des divisions opérationnelles.

Ruelle-sur-Touvre[modifier | modifier le code]

Le site de Ruelle-sur-Touvre, près d'Angoulême, est chargé de la conception et du développement des équipements des bâtiments de surface et des sous-marins (système automatisé, système de lancement d'armes SYLVER, manutention d'hélicoptères). Le département d'activités Équipement naval de DCNS est également expert dans le développement des systèmes de conduite et des simulateurs d'entraînement.

Ce département est à l'origine une fonderie de canons destinés à la Marine royale, fondée par Montalembert sous le règne de Louis XV. Son implantation sur la commune de Ruelle-sur-Touvre est due à la présence de la rivière la Touvre. Sa température ne variant pratiquement pas, la trempe des canons y était possible toute l'année. Ce procédé permettait d'obtenir des matériaux beaucoup plus résistants. La fonderie de Ruelle alimentait l'arsenal royal de Rochefort en canons, par le biais de transport des canons au port d'Angoulême, situé sur les bords de la Charente.

Article détaillé : Fonderie de Ruelle.

Saint-Tropez[modifier | modifier le code]

Le site est spécialisé dans l'étude, la conception, la réalisation et la maintenance de systèmes d'armes de lutte sous-marines.

Plus particulièrement, les torpilles lourdes de nouvelle génération (Blackshark et F21) utilisées par les sous-marins des marines françaises et étrangères, des torpilles légères (MU90) lancées depuis des bâtiments de surface ou des aéronefs, la maintenance programmée des armes sous-marines de la marine française, de la simulation numérique, des contre-mesures.

Toulon - Base navale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Port militaire de Toulon.

Le site est chargé principalement du maintien en condition opérationnelle des sous-marins nucléaires d'attaque, du porte-avions Charles de Gaulle et des bâtiments de surface.

Toulon - Le Mourillon[modifier | modifier le code]

L'activité du centre porte principalement sur les hautes technologies, le développement et l'intégration de systèmes complexes. Il s'investit en outre dans la numérisation du champ de bataille (mer-air-terre).

C'est dans cet arsenal que fut réalisé le Gymnote, premier sous marin moderne du monde. Mis en chantier le 20 avril 1887, baptisé le 31 janvier 1888 et lancé le 24 septembre 1888 par l'amiral Bergasse du Petit-Thouars est le premier sous marin à avoir navigué sous l'eau à une immersion constante.[réf. nécessaire]

Hors de France[modifier | modifier le code]

DCNS est implanté hors de France dans plusieurs pays : Arabie saoudite, Brésil, Bulgarie, Grèce, Italie, Inde, Malaisie, Singapour.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Rapport no 134 (2004-2005) d'Yves Fréville, fait au nom de la commission des finances, déposé le 21 décembre 2004, « Annexe 1, l’évolution du statut juridique de DCN », sur www.senat.fr
  2. article 78 de la loi no 2001-1276 du 28 décembre 2001
  3. et l'entrée de Thales dans le capital de DCNS à hauteur de 25 % « 2007 : une renaissance pour DCNS », sur le site de DCNS (consulté le 29 août 2012)
  4. « DCN change de nom et devient DCNS », sur le site meretmarine.com de la société Bretagne Online, filiale du Télégramme,‎ 2 avril 2007 (consulté le 29 août 2012)
  5. DCNS et STX France s’associent dans les énergies marines renouvelables, 7 février 2011[1]
  6. La Tribune [2]
  7. site officiel [3]
  8. Sarkozy évoque l’union des chantiers navals civils et militaires, in La Tribune du 5 septembre 2008, [lire en ligne].
  9. Vincent Groizeleau, « Interview : Jean-Marie Poimboeuf, président de DCNS », sur le site meretmarine.com de la société Bretagne Online, filiale du Télégramme,‎ 27 octobre 2008 (consulté le 29 août 2012) : « TKMS entre dans l'étude dont je vous ai parlé mais la piste franco-allemande n'est pas la seule. Il faut aussi regarder ce que nous pouvons faire avec les Britanniques, les Italiens et les Espagnols. Ensuite, ce sera aux actionnaires de décider. ».
  10. Un Plan pour conquérir de nouveaux marchés, Le Télégramme, 9 décembre 2009.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]