Aquilino Morelle

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Aquilino Morelle
Biographie
Date de naissance 5 juin 1962 (52 ans)
Lieu de naissance Paris (France)
Nationalité Française
Conjoint Laurence Engel
Entourage Arnaud Montebourg
Manuel Valls
Profession Médecin
Inspecteur général des affaires sociales

Aquilino Morelle, né le 5 juin 1962 à Paris, est un médecin et homme politique français. Il a notamment été conseiller de Lionel Jospin, lorsque celui-ci était Premier ministre, de 1997 à 2002[1]. Du 15 mai 2012 au 18 avril 2014, il est conseiller politique au cabinet du président de la République François Hollande[2],[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et études[modifier | modifier le code]

Né dans une famille d'immigrés espagnols asturiens (des municipalités de Mieres et Langreo), Aquilino Morelle a vécu durant toute son enfance dans le quartier populaire parisien de Belleville, et une partie de son adolescence dans le 16e arrondissement de Paris, où il a découvert l'autre côté de la vie parisienne tout en poursuivant des études de médecine.

Son père, prénommé également Aquilino, était ouvrier affûteur chez Citroën à Nanterre[4] ; sa mère, Elena Morelle née Suarez, était femme au foyer[2] ; son épouse est mère au foyer[5]. Il a cinq sœurs aînées et un frère cadet.

Il est docteur en médecine et a effectué son internat aux Hôpitaux de Paris (1985 à 1988)[6]. Parallèlement à ses études de médecine (il n'a pour autant jamais exercé[5]), il intègre Sciences Po, puis réussit au concours d'entrée à l'ENA, dont il sort diplômé en 1992 dans la « promotion Condorcet »[2],[7].

Carrière[modifier | modifier le code]

Son premier poste le mène à l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS), où il se penche sur l'affaire du sang contaminé à travers une étude sur les collectes de sang en prison. Il tire de cette expérience l'ouvrage La Défaite de la santé publique. De 1997 à 2002, il est la « plume » du Premier ministre Lionel Jospin[4].

Aux élections municipales de 2001, il est candidat pour le Parti socialiste à la mairie de Nontron en Dordogne [8],[6], où il est battu au premier tour par le maire RPR sortant Pierre Giry.

Investi par le PS pour les législatives de 2002 dans la deuxième circonscription des Vosges, Aquilino Morelle renonce finalement à se présenter sous la pression de Christian Pierret, ancien député de cette même circonscription et ministre du gouvernement Jospin, qui lui demande de se désister en faveur du député PS sortant Claude Jacquot. Après l'élimination de Lionel Jospin au premier tour de l'élection présidentielle, Christian Pierret, considère que « la proximité d'Aquilino Morelle avec Lionel Jospin était un handicap »[2]. Claude Jacquot sera battu au second tour par le candidat UMP Gérard Cherpion.

Après 2002, Aquilino Morelle part travailler chez Euro RSCG[9] aux États-Unis (il officie dans la branche santé, pour le compte de laboratoires pharmaceutiques[5]), mais revient en politique à partir de 2004. En 2005, il soutient, avec Laurent Fabius notamment, le « non » au référendum sur le traité constitutionnel européen[4].

En 2004, il est placé en garde à vue, soupçonné d'avoir favorisé l'obtention d'une Légion d'honneur en échange d'un séjour à bas prix dans un hôtel de luxe à Venise, alors qu'il était conseiller de Lionel Jospin[5].

Aquilino Morelle est candidat aux élections législatives de 2007 sous l'étiquette du Parti socialiste dans la 6e circonscription de Seine-Maritime, où il est battu au premier tour, n'arrivant pas à s'imposer entre le communiste Jean-Paul Lecoq (qui sera finalement élu) et le député UMP sortant Denis Merville. Il réintègre alors l'Igas[5].

En 2011, après avoir corédigé[10] le rapport de l'IGAS sur l'affaire du Mediator[11], il est le directeur de campagne d'Arnaud Montebourg lors de la primaire présidentielle socialiste de 2011[4]. Celui-ci déclare à son sujet : « c'est un génie politique, Aquilino ! Il voit plus loin, plus fort que n'importe qui », participant à ce que le député de Saône-et-Loire se place comme le « troisième homme » de la primaire[5].

Lors de la campagne pour l'élection présidentielle française de 2012, il rédige des discours pour le candidat François Hollande[4]. Le journal Mediapart affirme qu'en réalité Aquilino Morelle aurait utilisé un nègre littéraire pour les écrire, l'ancienne plume Paul Bernard. « Alerté, le président a fini par sortir le nègre des griffes du conseiller en décembre 2012 », assure le journal[12],[13].

Conseiller du président François Hollande[modifier | modifier le code]

Le 15 mai 2012, Aquilino Morelle est nommé conseiller politique auprès du président de la République François Hollande[2]. Début février 2014, il est également nommé « chef du pôle communication » de l'Élysée[14],[15].

Le 17 avril 2014, une enquête du journal Mediapart met en évidence qu'il a conseillé des laboratoires pharmaceutiques pendant qu'il exerçait à l'IGAS[16]. L'enquête de Mediapart met aussi en exergue d'autres comportements critiquables dont l'utilisation de moyens de la République pour des affaires privées[17],[18]. Le 18 avril 2014, Aquilino Morelle démissionne de ses fonctions de conseiller à l'Élysée[19],[20]. « Aquilino Morelle a pris la seule décision qui s'imposait », déclare François Hollande[21]. Aquilino Morelle avait déjà été soupçonné en 2004[22], dans une affaire de trafic d'influence, après un séjour très bon marché dans un hôtel de Venise, alors qu'il était membre du cabinet de Lionel Jospin[23]. Les commentaires médiatiques très abondants dépassent rapidement la personne d'Aquilino Morelle pour décrire les effets de cette affaire sur l'image du pouvoir : Le Monde voit ainsi dans cette affaire « une tache » sur la « République exemplaire » proclamée par François Hollande[24].

Le 18 avril 2014, une enquête préliminaire visant l'ex-conseiller est ouverte par le parquet national financier, en rapport avec ses liens passés supposés avec des laboratoires pharmaceutiques[25],[26]. Il est remplacé dans sa fonction de conseiller en communication à la présidence par Gaspard Gantzer le 23 avril 2014[27]. Mi-mai, l'IGAS écrit à François Hollande pour exiger une procédure administrative à l'encontre d'Aquilino Morelle[28].

Le 10 septembre 2014, dans une interview accordée à l'hebdomadaire Le Point, Aquilino Morelle compare son éviction et celle d'Arnaud Montebourg au génocide du Rwanda[29]. À l'AFP il nie ses propos, mais à Europe 1 il les confirme[30] ; Étienne Gernelle, directeur du Point, les confirme également[31].

Autres fonctions[modifier | modifier le code]

En plus de ses fonctions socio-politiques, Aquilino Morelle est médecin pour les Hôpitaux de Paris. Il est également maître de conférences à Sciences Po et professeur associé à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne, depuis 2004[32].

Selon le journal Mediapart il aurait été, simultanément à ses fonctions à l'IGAS, un collaborateur du laboratoire pharmaceutique danois Lundbeck[33]. C'est à la suite de cette affaire, soit le lendemain des révélations publiées par Médiapart, qu'il donne sa démission de son poste de conseiller à la présidence de la République.

Distinction[modifier | modifier le code]

En 1998, Aquilino Morelle reçoit la distinction de « Young Leader » décernée par la French-American Foundation[6].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Aquilino Morelle a été marié à la journaliste Elizabeth Martichoux avec qui il a deux enfants.

Il est le compagnon actuel de Laurence Engel, énarque (Promotion Condorcet), conseillère à la Cour des comptes, et directrice de cabinet auprès d'Aurélie Filippetti au ministère de la Culture jusqu'au 15 mai 2014[2].

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Judith Perrignon, « Aquilino Morelle, 37 ans », Libération,‎ 9 novembre 1999 (lire en ligne)
  2. a, b, c, d, e et f Pierre-Alain Furbury, « Aquilino Morelle, si près du pouvoir », Les Échos,‎ 17 janvier 2013 (lire en ligne)
  3. http://www.elysee.fr/president/la-presidence/le-fonctionnement-de-la-presidence/le-cabinet-du-president-de-la-republique/le-cabinet-du-president-de-la-republique.13214.html
  4. a, b, c, d et e Cécile Amar, « Aquilino Morelle, la plume qui pense », Le Journal du dimanche,‎ 29 janvier 2012 (lire en ligne)
  5. a, b, c, d, e et f David Le Bailly et Mariana Grépinet, « Aquilino Morelle - Plus dure sera la chute », Paris Match, semaine du 24 au 29 avril 2014, pages 56-57.
  6. a, b et c « Aquilino Morelle, la plume du président », Libération,‎ 18 avril 2014 (lire en ligne)
  7. Source : Who's Who in France, édition 2002-2003
  8. Génération Jospin, Le Point, 22 janvier 2007
  9. La chute d'Aquilino Morelle, le conseiller politique de Hollande, lemonde.fr, 18 avril 2014
  10. Avec Anne-Carole Bensadon et Étienne Marie France (mission confiée par le ministre de la Santé, Xavier Bertrand).
  11. Enquête sur le MEDIATOR - IGAS - Inspection générale des affaires sociales, consulté le 18 avril 2014
  12. « Aquilino Morelle, proche conseiller de Hollande, accusé de conflits d'intérêts » Le parisien.fr - 17 avril 2014.
  13. « Élysée : la face cachée d’Aquilino Morelle, selon Mediapart » Les Échos.fr - 17 avril 2014.
  14. David Revault d'Allonnes et Thomas Wieder, « Aquilino Morelle, l'homme fort de la «com'» présidentielle », Le Monde,‎ 10 février 2014 (lire en ligne)
  15. « Elysée : comment Aquilino Morelle avait évincé ses rivaux », Le Nouvel Observateur,‎ 18 avril 2014 (lire en ligne)
  16. Michaël Hadjenberg, « Elysée: les folies du conseiller de François Hollande », Mediapart,‎ 17 avril 2014 (consulté le 17 avril 2014)
  17. « Aquilino Morelle, la face cachée du conseiller de François Hollande », Libération,‎ 18 avril 2014 (lire en ligne)
  18. Aquilino Morelle : le double discours permanent de la gauche morale, François-Xavier Bellamy, lefigaro.fr, 18 avril 2014
  19. « Aquilino Morelle annonce sa démission de conseiller à l'Elysée », Le Monde,‎ 18 avril 2014 (lire en ligne)
  20. Pierre-Alain Furbury, « Aquilino Morelle : la chute d’un homme de pouvoir », Les Échos,‎ 18 avril 2014 (lire en ligne)
  21. « "Aquilino Morelle a pris la seule décision qui s'imposait" (François Hollande) », France Info.fr - 18 avril 2014.
  22. « Vacances à prix d'ami? », Eric Pelletier et Jean-Marie Pontaut, l'Express.fr - 11 octobre 2004.
  23. « Quand Aquilino Morelle était en garde à vue à la Brigade financière » l'Express.fr - 18 avril 2014.
  24. L'affaire Morelle, la tache sur la « République exemplaire », lemonde.fr, 19 avril 2014.
  25. « Conflit d'intérêts: Aquilino Morelle visé par une enquête préliminaire » 20minutes.fr avec AFP - 22 avril 2014.
  26. « Conflit d'intérêt : Aquilino Morelle visé par une enquête préliminaire » LeParisien.fr avec AFP - 22 avril 2014.
  27. « Gaspard Gantzer remplace Aquilino Morelle à l'Élysée » Tristan Quinault Maupoil, Le Figaro.fr - 23 avril 2014.
  28. Anne Jouan, « Affaire Morelle : l'IGAS demande à Hollande une enquête », Le Figaro, vendredi 9 mai 2014, page 6.
  29. http://www.lepoint.fr/politique/morelle-hollande-et-les-toutous-10-09-2014-1862086_20.php
  30. http://www.europe1.fr/politique/la-froide-colere-d-aquilino-morelle-2227983
  31. http://www.liberation.fr/politiques/2014/09/11/aquilino-morelle-dit-a-l-afp-n-avoir-jamais-donne-d-interview-au-point_1098079
  32. cf. décret de nomination du 3 mars 2004 : http://www.legifrance.gouv.fr/jopdf/common/jo_pdf.jsp?numJO=0&dateJO=20040310&numTexte=69&pageDebut=04732&pageFin=04733
  33. Le conseiller de Hollande, Aquilino Morelle, ciblé par Médiapart. TF1, 17 avril 2014.

Lien externe[modifier | modifier le code]