Familles subsistantes d'ancienne bourgeoisie française

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Les familles subsistantes d'ancienne bourgeoisie française sont des familles françaises bourgeoises actuelles qui étaient déjà des familles notables sous l'Ancien Régime.

Ces familles roturières notables de l'Ancien Régime, appelées par certains historiens la bourgeoisie d'offices[1] se caractérisaient à partir du XVIe siècle par la possession de charges juridiques et d'offices royaux ou municipaux dans la magistrature, l'administration, les impôts ou les finances[2]. On en trouve aussi qui furent actives à partir du XVIIIe siècle dans l'armement maritime, les plantations coloniales, le négoce, la banque, ou les premières industries[1]. Beaucoup prirent une part active à la Révolution française qui consacra leur nouvelle position dominante[1].

Armoiries d'Adrien de Bray, marchand bourgeois d'Amiens dans l'Armorial général de France

Les familles les plus notables de France font l'objet d'inventaires à la fin du XVIIe siècle et du XXe siècle.

L'Édit de 1696 de Louis XIV qui impose de faire enregistrer leurs armoiries à tous « les officiers de robe, de finance et des villes, les ecclésiastiques, les gens du clergé, les bourgeois de nos villes franches et autres, qui jouissent, à cause de leurs charges, états et emplois, de quelques exemptions, privilèges et droits publics, [à] nos autres sujets qui possèdent des fiefs et terres nobles, les personnes de lettres et autres qui par la noblesse de leur profession et de leur art, ou pour leur mérite personnel, tiennent un rang d'honneur et de distinction dans nos états et dans leurs corps, compagnies et communautés, et généralement tous ceux qui se seront signalés à notre service. »[3], fait de l'Armorial général de France un inventaire presque exhaustif de toutes les personnes notables de la France de 1700, avec environ 80 000 entrées concernant des personnes physiques.

Depuis le XXe siècle de nombreuses familles de la bourgeoisie française sont inscrites dans le Bottin mondain ou ont un membre présent dans le Who's Who in France.

Dans un essai publié en 2013, Xavier de Montclos, fait l'hypothèse qu'un grand nombre des familles bourgeoises du XXe siècle ont une position qui est très ancienne et qui s'est souvent maintenue depuis le XVIe siècle[4].

Définitions[modifier | modifier le code]

Henriette Sélincart (1644-1680), fille d'un marchand drapier de Paris

Dans un Recueil généalogique de la bourgeoisie ancienne[5] publié en 1954, André Delavenne a constitué une liste de familles de la bonne bourgeoisie de son époque, qu'il jugeait suffisamment anciennes pour figurer dans son ouvrage. Contrairement à ce que peut faire croire le titre, il ne s'agit pas d'un inventaire à prétention exhaustive, mais d'un choix de quelques dizaines d'exemples, avec certaines familles dont l'ascension sociale ne remonte qu'au XIXe siècle.

En étudiant ces familles dans La Bourgeoisie selon le dictionnaire généalogique d'André Delavenne, Jacques Houdailles a remarqué qu'elles occupaient souvent avant la Révolution des professions et des positions similaires[6] : « À la période ancienne, les maires et échevins sont nombreux ainsi que les officiers du roi. Les gens de loi (avocats, juges, huissier) maintiennent leur importance au cours des deux siècles et plus. Les industriels apparaissent au début du XIXe siècle et prennent de l'importance dans la seconde moitié. »

De son côté, Xavier de Montclos ne propose pas de liste des familles notables anciennes qui font l'objet de sa part d'un essai publié en 2013 sous le titre de l'Ancienne bourgeoisie en France : Emergence et permanence d'un groupe social du XVIe siècle au XXe siècle, où il fait l'hypothèse d'une certaine permanence des familles de la bourgeoisie actuelle depuis plus de quatre siècles. Dans sa préface, l'historien René Rémond définit cette ancienne bourgeoisie comme étant :

« Un groupe intermédiaire entre la noblesse d'origine et ce qu'on appellerait les classes moyennes, qui est constitué au XVe siècle ou au XVIe siècle. (...) Ces familles sont presque toutes des dynasties provinciales dont l'ascension s'est tout entière accomplie dans leur région d'origine à laquelle elles sont généralement restées fidèles : aujourd'hui encore leurs descendants y sont présents. (...) Ces familles plongent leurs racines dans l'Ancien Régime. (...) Elles ont su assurer sur quatre ou cinq cents ans la transmission de leur héritage matériel comme de leur patrimoine de conviction et de valeur.(...) Ces familles sont toujours restées fidèles à la religion et se sont adaptées à la modernisation sans renier leurs valeurs. »

Selon lui, ces familles appartenaient sous l'Ancien Régime à la notabilité des villes et des campagnes[4]. Elles acquièrent à partir du XVIIe siècle des offices et des charges de judicature ou de finances, puis des seigneuries, certaines parviennent à se faire anoblir, soit avant, soit après la Révolution dans laquelle beaucoup jouent un rôle majeur.

Il est retenu comme parti éditorial de ne pas faire figurer dans cette liste les familles de robe anoblies, puisqu'elles se trouvent déjà dans la liste des familles subsistantes de la noblesse française.

Sources[modifier | modifier le code]

L'Armorial général de France a recensé, comme on l'a vu, la plupart des individus nobles ou notables de France vers 1696, il existe des index pour l'ensemble, et des éditions critiques des armoriaux régionaux.

Plusieurs ouvrages de sociologie familiale ont été publiés au milieu du XXe siècle, notamment le Dictionnaire des dynasties bourgeoises et du monde des affaires en 1975 par Henry Coston, et Les Responsabilités des dynasties bourgeoises (dans l'histoire récente) publié de 1943 à 1973 par Emmanuel Beau de Loménie, où l'on retrouve un nombre important de familles de la Bourgeoisie du XXe siècle qui participaient déjà à la vie économique avant la Révolution française.

Parmi les ouvrages généraux, on doit mentionner aussi pour le XXe siècle, le Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, de Gustave Chaix d'Est-Ange, qui est complété par de nombreux ouvrages régionaux ou spécialisés donnés dans la bibliographie.

Les différentes éditions du Bottin mondain et du Who's Who in France permettent de retrouver le nom de nombreuses familles notables sous l'Ancien Régime. On retrouve aussi leurs noms dans la liste des membres des cercles à vocation élitiste[7].

Liste alphabétique de familles subsistantes[modifier | modifier le code]

Cette liste restrictive ne comprend ni les familles qui n'ont pas au moins un membre ayant une page sur Wikipédia, ni celles qui ont été anoblies avant ou après la Révolution.

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Ozanam (1615-1679), receveur des terres de la seigneurie de Bouligneux.
  2. Jean-François Thierry (1743-1804), régisseur des douanes, Hangard, (Somme)

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/bourgeoisie/28294
  2. La Réforme Sociale, Les classes sociales sous l'Ancien Régime, René de France, Page 447
  3. Mémoires de la Société des antiquaires du Centre, vol. 12, Bourges, Société des antiquaires du Centre, (lire en ligne), p. 20.
  4. a et b Xavier de Montclos, L'ancienne bourgeoisie en France du XVIe au XXe siècle, Éditions Christian, , 258 p. (ISBN 9782864961352, présentation en ligne)
  5. André Delavenne (préf. le Duc de Brissac), Recueil généalogique de la bourgeoisie ancienne, Éditions S.G.A.F., (lire en ligne)
  6. La Bourgeoisie selon le dictionnaire généalogique d'André Delavenne, Jacques Houdaille, Population, 1988, page 311-329
  7. Baron de Tully, Annuaire des grands cercles et du grand monde, Paris, A. Lahure, (lire en ligne).
  8. Charondas, Le Cahier noir, édition Patrice du Puy, 2015, sans pagination. Famille issue de Pierre Courcol et qui donna des bourgeois et des échevins à la ville d'Arras. Les branches de cette famille qui ont accédé à la noblesse sont éteintes de nos jours. La famille actuelle est issue de Pasquier Courcol, fermier de l'abbaye d'Estrien. Les Courcol ont acheté la terre de Bailliencourt au XVIe siècle. Un rattachement à l'ancienne famille noble de Bailliencourt n'est pas prouvé ajoute Charondas.
  9. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z aa ab ac ad ae af ag ah ai aj ak al am an ao et ap Henri Frotier de La Messelière, Filiations bretonnes, St-Brieuc, 1912-1925
  10. Famille Barbou: Saussay (Manche) XVe siècle, imprimeurs à Limoges, Lyon et Paris du XVIe siècle jusqu'au XXe siècle
  11. a b c d e f g h et i Henri Beauchet-Filleau et Charles de Chergé, Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou (de A à L), Poitiers, 1909
  12. a b c d et e Charondas, Le cahier noir.
  13. Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, tome 6, pages 4 à 5 Boubée de Gramont.
  14. Tallandier, Dictionnaire de la Vraie/ Fausse noblesse, JULES TALLANDIER, (ISBN 2847344985 et 9782847344981)
  15. Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, tome 11, pages 128 à 130.
  16. Jarry de Mancy, Société Montyon et Franklin, Portraits et histoire des hommes utiles, bienfaiteurs et bienfaitrices de tous pays et de toutes conditions..., H. Lebrun, (lire en ligne), p. 79
  17. Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, tome 17, pages 46 à 47, Faget de Casteljau (de)
  18. Le simili-nobiliaire français, par Pierre-Marie Dioudonnat (Sedopols, Paris 2002)
  19. http://mesnil.saint.denis.free.fr/mathieu%20de%20reichshofen.htm
  20. « Famiglia du MESNIL du BUISSON (fasc. 6013) », sur www.archiviodistato.firenze.it (consulté le 15 avril 2019)
  21. http://www.boofzheim-fr.com/id16.htm
  22. André Delavenne, Recueil généalogique de la bourgeoisie ancienne, tome II, 1954
  23. Charondas, Un juge d'armes au Jockey-club, ICC, 2000, non paginé.
  24. Annuaire de la Réunion de la Noblesse Pontificale (RNP), année 2013.
  25. Emmanuel Beau de Loménie, Les responsabilités des dynasties bourgeoises, vol. 3 : Sous la troisième république, la guerre et l'immédiat après-guerre, Denoël, (présentation en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Recueils de généalogies[modifier | modifier le code]

Recueils nationaux[modifier | modifier le code]

  • Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, lettres A à Gau, Evreux, 1903-1929
  • André Delavenne, Recueil généalogique de la bourgeoisie ancienne, Paris, 1954
  • Charondas, Le cahier noir

Recueils régionaux[modifier | modifier le code]

  • Henri Frotier de La Messelière, Filiations bretonnes, 6 tomes, St-Brieuc, 1912-1925
  • Hubert de Vergnette de Lamotte, Filiations languedociennes, 3 volumes, Mémodoc, Versailles, 2006
  • Jean-Louis Ruchaud (dir.), Généalogies limousines et marchoises, 20 volumes, Editions Régionales de l'Ouest, 1982-2016
  • Gilles Le Barbier de Blignières (dir.), Généalogies périgourdines, 2 volumes, Patrice du Puy éditeur, Paris, 2014-2017
  • Aymar d'Arlot de Saint-Saud, Généalogies périgourdines, 4 volumes, Bergerac, 1898-1942
  • Bernard Mayaud, Dictionnaire des familles de l'Anjou, 16 volumes, Angers, 1996
  • Henri Beauchet-Filleau et Charles de Chergé, Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou (de A à L), Poitiers, 1909
  • Maurice Albert Léo Delcer de Puymège, éd. À la vieille France
    • Les vieux noms de la France Méridionale et Centrale (1939)
    • Les vieux noms de la France de l’Ouest (...) et d'outremer (1954)

Monographies, essais[modifier | modifier le code]

  • André Guirard, Les Anciennes Familles de France, 1930.
  • Augustin Hamon, Les maîtres de la France, 1938.
  • Xavier de Montclos, L'ancienne bourgeoisie en France, éditions A&J Picard, 2013.
  • Mathieu Marraud, De la Ville à l'État. La bourgeoisie parisienne XVIIe – XVIIIe siècle, Paris : Albin Michel, 2009.
  • Jean Duma (dir.), Histoires de nobles et de bourgeois. Individus, groupes, réseaux en France, XVIe – XVIIIe siècles, Paris : Presses Universitaires de Paris Ouest, 2011.
  • Nicole Brondel, « L’Almanach royal, national, impérial : quelle vérité, quelle transparence ? (1699-1840) », dans Bibliothèque de l'École des chartes, 166/1, 2008.
  • Yves Durand, Les fermiers généraux au XVIIIe siècle, 1971

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]